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LES PLANTES A L'ETAT PUR
(NON GENETIQUEMENT MODIFIEES)
ONIROGÈNES ET/OU ENTHÉOGÈNES
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L'ALTERNATIVE NATURELLE AUX "DROGUES" (PRODUITS CHIMIQUES)
DE LA S.I.C.K : Société Industrielle Capitaliste et de Konsommation
Voir : Les Drogues
Somnifères chimiques qui réduisent les périodes d'état de rêve, tranquillisants,
neuroleptiques, anti-dépresseurs et leurs "effets secondaires" [sic], "drogues dures", etc.
Comme dirait Evo Morales, le nouveau président amérindien de la Bolivie :
"Ne pas confondre la feuille de coca à l'état pur et la cocaïne !"
Abusus non tollit usum
*
Voir aussi :
Pierre-champignon des hautes terres guatémaltèques
(500 av. J.-C.) (coll. Edwin Janss, Jr., Thousand Oaks, Calif.)
Megalithic urn burial
Kudakullu of Kerala (India)
Indian iron age, about 1000 bc


"Je me souviens fort bien comment nous nous embarquâmes dans notre aventure mexicaine.
A l'automne 1952, nous apprîmes que les auteurs du XVIe siècle, dans leur description des cultures indiennes du Mexique, rapportaient que certains champignons jouaient un rôle divinatoire dans la religion indigène.
A la même époque, nous apprîmes que des objets lithiques précolombiens, affectant la forme d'un champignon, d'environ 30 cm de hauteur, étaient découverts en nombre croissant dans les hautes terres guatémaltèques. Faute d'un meilleur nom, les archéologues les appelaient «pierres-champignons», mais aucun n'avait fait la relation avec les champignons ou avec les rites décrits par les chroniqueurs du XVIe siècle dans la terre voisine du Mexique.
Ces pierres étaient une énigme, «pierres-champignons» était une appellation commode, sans plus. Certaines d'entre elles portaient à la base une effigie divine, humaine ou animale, et toutes ces pièces ressemblaient vraiment à des champignons.
Comme l'enfant qui dit que le roi est nu, nous prîmes la parole pour déclarer que ces soi-disant pierres-champignons représentaient vraiment des champignons, et qu'elles étaient le symbole d'une religion, exactement comme la Croix du Christ, l'Etoile de Juda ou le Croissant de Mahomet.
Si nous avions raison -- et les indices s'accumulent en notre faveur -- alors le culte indien d'un champignon divin, ce culte de la «chair des dieux», comme l'appelaient les Nahua avant la conquête, remonte, archéologiquement parlant, à 500 ou même 1000 ans avant notre ère. Le culte ancestral du champignon dans les hautes terres maya remonte donc au moins à l'époque de l'apparition de la pierre sculptée en Amérique centrale. "(Robert Gordon Wasson, extrait de «Le champignon divin de l'immortalité», in La Chair des dieux - L'usage rituel des psychédéliques, ed. du Seuil, Paris, 1974.)
Robert Gordon WASSON
Lire, ci-dessous, la version complète.
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Le Champignon divin de l'immortalité
Sur l’auteur :
Banquier de profession, R. G. Wasson est devenu le père de l'ethnomycologie.
En 1953, il est le premier occidental à être initié à Teonanacatl, le champignon sacré, par la guérisseuse mazatèque :Indépendant de toute institution, ses recherches sur le rôle historique et culturel des champignons psychédéliques au Mexique et dans l'Ancien Monde lui ont valu une réputation académique internationale.
En 1979, il proposa la notion d'enthéogène pour parler des plantes sacramentelles qui, selon lui, ont favorisé l'émergence du sentiment religieux chez l'homme. Il montre aussi que l'amanita muscaria pourrait être une composante du Soma de l'Inde, évoqué dans les textes sacrés. Il meurt le 23 décembre 1986.J'ai souvent raconté l'histoire de nos incursions dans les montagnes de la sierra Mazatèque en quête des traces de la survie du culte du champignon sacré. Plutôt que de me répéter ici, je vais prendre un peu de recul sur cet épisode de mon existence — c'est-à-dire tâcher d'exprimer ce qu’à mon sens les champignons psychédéliques mexicains signifient pour nous tous, et la place qu'ils ont peut être dans l'origine de l'idée religieuse chez les hommes dits primitifs. Il y a de nombreuses années que je ne suis allé dans la sierra Mazatèque, et l'on me dit que beaucoup de choses ont changé là bas.
Commençons par le commencement. Ceux qui ne connaissent pas l'histoire seront intéressés à savoir comment ma femme, maintenant décédée, qui était pédiatre, et moi même, banquier, en vînmes à entreprendre l'étude des champignons. Elle était d'origine russe et, comme ses compatriotes, avait acquis sur les genoux de sa mère un solide ensemble de connaissances empiriques sur les espèces communes, et conçu pour le monde des champignons un amour qui surprenait les Américains. Comme nous, les Russes aiment la nature – les forets, les oiseaux et les fleurs sauvages. Mais leur amour des champignons est autre chose, une impulsion irrésistible, une passion qui excède l'entendement. D'une certaine façon, ils aiment aussi les espèces neutres et même vénéneuses. Ils appellent les «mauvai» champignons paganki, «petits païens», et ma femme en faisait un massif coloré qu'elle déposait au milieu de la table, sur fond de mousses, de pierres et de morceaux de bois ramassés dans la forêt. De mon côte, de par mon ascendance anglo-saxonne, je ne savais rien des champignons. Je n'en connaissais aucun; je rejetais ces excroissances un peu répugnantes, ces formes parasitaires, ces manifestations de la décomposition. Avant mon mariage, je n'avais jamais posé les yeux sur un champignon. Bien entendu, chacun de nous deux considérait l'autre comme un peu anormal, ou plus exactement sous normal, tellement son expérience des champignons était opposée.
Certains diront que cette différence d'attitude psychologique envers les champignons sauvages n'était qu'un différend mineur. Mais ma femme et moi ne pensions pas ainsi, et durant plus de trente ans nous avons consacré une bonne part de notre temps libre à approfondir cette différence, à l'analyser, et à en chercher l'origine. La redécouverte, que nous avons faite, du rôle religieux des champignons psychédéliques au Mexique peut être rattachée à l'exploration de cette différence entre ma femme et moi, entre nos deux peuples, entre la mycophilie et la mycophobie — qui divisent en deux camps les peuples d'origine indo -européenne. Si notre hypothèse était fausse, alors elle a dû être d'une singulière fausseté pour donner les résultats que l'on sait. Pour ma part, je la crois fondée. Grâce aux progrès immenses réalisés dans l'étude du psychisme humain au cours du XXe siècle, nous savons de façon sûre que certaines influences, reçues au début de la vie, sont d'une importance déterminante pour toute l'existence, Lorsqu'une telle différence marque les attitudes de tribus et de peuples entiers, différence reste inaltérée tout au long des temps historiques, et en particulier lorsqu'elle oppose un peuple à son voisin, je crois que l'on est alors confronté à un phénomène culturel d' une importance exceptionnelle, dont la cause première ne peut être trouvée qu'à la source de l'expérience culturelle et de l'histoire.
On a souvent remarqué la différence dans l'attitude envers les champignons chez les peuples européens; certains mycologues anglo-saxons ont fulminé contre le préjugé de notre race, espérant desserrer son étreinte. Quel vain espoir ! On ne guérit pas un mal profond en appliquant du baume. De notre côté, nous n'avons jamais espéré modifier l'attitude des Anglo-Saxons envers les champignons. Nous considérons cette devinette anthropologique de façon amusée et détachée, certains qu'elle n'est pas près de se modifier ou de disparaître et qu'il y a là un champ de recherches pour les générations à venir.
Notre méthode d'approche était la suivante : chercher partout ce qui se rapportait aux champignons. Nous avons rassemblé les mots signifiant «champignon» et les différentes espèces dans toutes les langues connues. Nous en avons étudié l'étymologie. Parfois nous avons rejeté les étymologies officielles et nous en avons trouvé de nouvelles, comme dans le cas du mot champignon lui même ou du mot chanterelle. Nous étions prompts à saisir les métaphores dormant au fond de ces mots, parfois depuis des millénaires. Nous cherchions les champignons dans les proverbes de la vieille Europe. dans les mythes, les légendes et les contes de fées, dans les épopées, les ballades et les événements historiques, dans les lexiques obscènes et scabreux qui échappent d'habitude au savant, dans les écrits des poètes et romanciers. Nous étions sensibles à la valence positive ou négative des termes lexicaux, à leur contenu mycophilique ou mycophobique. Les champignons sont intimement associés aux mouches, aux crapauds, aux coqs, à la foudre : nous étudiions plus profondément ces éléments pour saisir l'association réalisée par nos lointains ancêtres. A chacun de nos voyages nous essayions d'entrer en contact avec des paysans illettrés et de connaître leur savoir sur les champignons — les espèces qu'ils distinguaient et leurs noms, l'usage qu'ils en faisaient, et leur attitude psychologique à l'égard des champignons. Nous nous sommes rendus au Pays basque, en Laponie, en Frise, en Provence, au Japon. Nous avons parcouru les galeries et les musées du monde entier en quête de champignons, nous avons dévoré les ouvrages d'archéologie et d'anthropologie.
Je ne veux pas laisser croire que nous nous aventurions dans tous ces sentiers du savoir sans être guidés Nous avions largement recours aux spécialistes dans tous les champs particuliers que nous explorions. Lorsque nous cherchions l'étymologie d'un nom de champignon, nous nous mettions toujours en relation avec un linguiste qui connût comme sa poche la langue considérée. Et nous faisions de mérité dans tous les champs du savoir. J'ai parfois l'impression que tout ce travail fut fait par d'autres que nous, et que nous jouions le rôle de «rapporteur». Dès le premier moment où nous entreprîmes de publier les résultats de nos travaux, les gens vinrent vers nous de tous les horizons sociaux, et en nombre sans cesse croissant, pour nous fournir des données ; et souvent les renseignements apportés par les plus humbles informateurs s'avéraient être de la plus haute valeur, comblant les lacunes de nos argumentations. Nous étions des amateurs, dépourvus de résistances universitaires, libres par là de déterminer l'ampleur et la portée de notre rayon d'action. au mépris des frontières qui compartimentent les rayons du savoir. Nous faisions oeuvre de pionniers, Nous connaissons, et nous avons toujours connu, mieux que les critiques, les défauts de notre travail, mais le principal thème de nos recherches, que nous esquissions timidement dans les Champignons, la Russie et l'Histoire (1957), a résisté aux assauts de la critique, Mon récent travail sur le Soma (1968) ouvre une direction de recherche que l'on pourrait qualifier d'ethnomycologique. Si Dieu me prête vie, une série de travaux sera publiée au fil des années qui viennent et, au bout du chemin, probablement, une réédition de notre premier ouvrage, dans une forme remodelée et simplifiée, avec une argumentation plus riche et plus rigoureuse.
Je ne me rappelle plus qui, de ma femme ou de moi, osa le premier formuler, dans les années quarante, l'hypothèse que nos lointains ancêtres, il y a de cela peut être 6 000 ans, rendaient un culte à un champignon divin. Nous voyions là la racine du phénomène mycophilie/mycophobie, dont la linguistique et le folklore nous avaient donné tant de preuves. Je ne me souviens pas non plus si nous eûmes cette intuition avant nu après avoir appris le rôle que jouait l'Amanita muscaria dans le chamanisme sibérien. Mais notre conjecture parait moins hardie aujourd'hui qu'elle l'était alors !
Je me souviens fort bien comment nous nous embarquâmes dans notre aventure mexicaine. À l'automne 1952, nous apprîmes que les auteurs du XVIe siècle, dans leur description des cultures indiennes du Mexique, rapportaient que certains champignons jouaient un rôle divinatoire dans la religion indigène. A la même époque, nous apprîmes que des objets lithiques précolombiens, affectant la forme d'un champignon, d'environ 30 cm de hauteur, étaient découverts en nombre croissant dans les hautes terres guatémaltèques. Faute d'un meilleur nom, les archéologues les appelaient «pierres-champignons», mais aucun n'avait fait la relation avec les champignons ou avec les rites décrits par les chroniqueurs du XVIe siècle dans la terre voisine du Mexique. Ces pierres étaient une énigme, «pierres-champignons» était une appellation commode, sans plus. Certaines d'entre elles portaient à la base une effigie divine, humaine ou animale, et toutes ces pièces ressemblaient vraiment à des champignons.
Comme l'enfant qui dit que le roi est nu, nous prîmes la parole pour déclarer que ces soi-disant pierres-champignons représentaient vraiment des champignons, et qu'elles étaient le symbole d'une religion, exactement comme la Croix du Christ, l'Étoile de Juda ou le Croissant de Mahomet. Si nous avions raison — et les indices s'accumulent en notre faveur — alors le culte indien d'un champignon divin, ce culte de la chair des dieux, comme l'appelaient les Nahua avant la conquête, remonte, archéologiquement parlant, à 500 ou même 1 000 ans avant notre ère. Le culte ancestral du champignon dans les hautes terres maya remonte donc au moins à l'époque de l'apparition de la pierre sculptée en Amérique centrale.Ainsi découvrons nous l'existence d'un culte du champignon au centre de l'une des plus anciennes civilisations d'Amérique latine. Les pierres fongiformes sont des objets très finement sculptés. On est tenté d'imaginer des génération de représentations en bois encore antérieures, du champignon sacré, depuis longtemps retournées à la poussière.
La mycologie, longtemps considérée comme la parente pauvre des sciences naturelles, ne prend elle pas une dimension nouvelle et complètement inattendue ? La religion a toujours été l'expression des plus hautes facultés humaines, et l’expérience religieuse a toujours été à la source des réalisations culturelles les plus accomplies. Nous contemplons maintenant l'humble champignon sous une tout autre lumière ne nous transmet il pas la noblesse de nos origines, l'ancienneté de notre lignée ?
Il nous restait à découvrir quelles espèces de champignons avaient été adorées, et pourquoi. Fort heureusement nous pûmes nous appuyer sur l'expérience sur le terrain de quelques prédécesseurs : Blas Pablo Reko, Robert J. Weitlaner, Jean Bassett Johnson, Richard Evans Schultes et Evnice V. Pike. Tous rapportaient que le culte était encore pratiqué dans la sierra Mazatèque, dans l'État d'Oaxaca. Aussi nous y rendîmes nous, en 1953. Pour autant que je sache, nous fûmes les premiers étrangers à manger des champignons, les premiers à être invités à participer à une agape de champignons sacrés. Je me propose maintenant de décrire sommairement le culte indien du champignon divin. Ce culte fut pour nous une révélation, au sens véritable de ce mot usé; pour les Indiens c'est un élément de la vie quotidienne, et c'est aussi le siège du sacré, la demeure du mystère de la Vie.
J'ouvrirai d'abord une parenthèse sur la nature des effets psychiques provoqués par l'ingestion du champignon. Les effets psychédéliques différent autant de ceux de l'alcool que le jour diffère de la nuit. Nous abordons un sujet que la langue française, et importe quelle langue européenne, est bien mal préparée à traiter. Il n’y a pas de mot pour parler de l'état provoqué par le champignon. Nous étions «champignonisés». Pendant des centaines, peut-être des milliers d'années, on a pensé la modification des états de conscience en termes d'alcoolisation, il faut maintenant briser les barrages édifiés par l’obsession alcoolique. Que nous le voulions ou non, nous sommes confinés dans la demeure étroite de notre vocabulaire quotidien. En usant d'habileté dans le choix de nos mots nous pouvons élargir des significations admises jusqu'à leur faire couvrir des sentiments et des pensées légèrement différents, mais lorsqu'un état de conscience est totalement nouveau, complètement différent, alors tous les vieux mots échouent. Comment parler de la vision à un aveugle ? L'image est pertinente, parce que l'homme champignonisé manifeste certains des symptômes apparents de l'ivresse. Mais tous les mots décrivant l'état d'ivresse, de l' «intoxication» (c’est-à-dire, littéralement, l'empoisonnement), aux innombrables termes familiers, ces mots méprisants et péjoratifs. Il est étonnant que l'homme civilisé moderne trouve un dérivatif à ses inquiétudes dans une drogue envers laquelle il ne témoigne apparemment guère de respect! Si nous employons, par analogie, les termes alcooliques, nous déprécions le champignon, et comme nous sommes peu nombreux, à ce jour, ) avoir été champignonisés, nous courons le danger de ne pas offrir une image fidèle de l'expérience. Il nous faudrait un vocabulaire spécial pour décrire tous les caractères d'une substance divinisante, et les qualités d'états de conscience radicalement nouveaux.
Les difficultés de communication ont parfois amené des situations cocasses. Deux psychologues, Timothy Leary et Richard Alpert, ont pris le champignon et connu l'expérience dans toute son ampleur, ils ont dès lors cessé d'être considérés comme «objectifs» par leurs pairs. Les gens se divisent en deux catégories : ceux qui ont pris le champignon, et sont disqualifiés par le caractère subjectif de leur expérience, et ceux qui ne l'ont pas pris, et sont disqualifiés par leur totale ignorance du sujet ! Quant à moi. qui suis un simple profane, je suis profondément reconnaissant envers mes amis indiens de m'avoir initié au terrible mystère du champignon. Pour décrire «ce qui se passe», j'utiliserai des mots de tous les jours en tâchant de donner une idée de l'état champignonique. Plus que quiconque. Je suis douloureusement conscient de l'inadéquation de mes mots, des mots quels qu'ils soient, pour évoquer cet état de conscience.
Transportons nous dans les villages indigènes des hautes terres du sud du Mexique. Seule une poignée d'habitants parle et comprend l'espagnol. Les Indiens s'y adonnent à l'alcool, mais pour eux la nature des champignons est d'une essence totalement différente. Comme nous, ils parlent de l'alcool avec une vulgarité de bon aloi, une familiarité dépréciative. Mais des champignons, ils préfèrent ne pas parler, particulièrement devant des inconnus. (Nous sommes dans les années cinquante, les conditions ont changé depuis.) Si l'on est malin on parlera de quelque chose, d'autre chose. Ensuite la nuit tombe et l'on est seul dans l'obscurité avec un vieille femme dont on a gagné la confiance, à la lueur d'une bougie, et en chuchotant, on aborde le sujet. On va savoir comment les champignons sont récoltés sur le flanc de la montagne par une jeune vierge lorsque la nature est caressée par le souffle qui précède et annonce l'aube. Les champignons sont enveloppes dans des feuilles, soustraits aux regards indiscrets et, dans certains villages, portés d'abord à l'église, où ils demeurent quelque temps sur l'autel, dans une jícara, ou calebasse votive. On ne les vend jamais sur la place du marché, on se les passe de main en main selon ce qui a été convenu. Je pourrais m'étendre longuement sur les vocables utilisés pour les désigner par les divers peuples qui connaissent ces champignons.
Avant la conquête, les Nahua les appelaient chair des dieux, "teonanacatl". Ai-je besoin d'attirer l'attention sur un troublant parallélisme, le langage de notre eucharistie : «Prenez et mangez en tous car ceci est mon corps.»
Mais tandis que les catholiques sont livrés à leur foi pour accepter le mystère de la transsubstantiation — c'est-à-dire pour croire que la chair et le sang de dieu sont présents sous les espèces du pain et du vin — , le champignon des Nahua n'a pas besoin de renfort extérieur : celui qui le prend est là pour témoigner du miracle.
Chez les Indiens mazatèques, le champignon sacré est appelé 'nti’sitho. La particule "nti" exprime le respect et l'affection, "sitho" signifie « ce qui s’élance ». Notre muletier avait passé sa vie sur les chemins de montagne, il comprenait l'espagnol et pouvait le parler. Nous lui demandâmes pourquoi l'on appelait le champignon «ce qui s'élance». Je cite mot pour mot sa réponse saisissante, comme il nous l'a donnée :« El honguillo viene por si mismo. no se sabe de donde. corno el viento que iliene sin saber de donde ni porqué. »
« Le petit champignon vient de lui même, nul ne sait d'où, comme nul ne sait d'où vient le vent, ni pourquoi il souffle. »
Lors de notre premier voyage au Mexique, ma femme et moi nous nous savions sur le chemin d'un mystère antique et sacré, comme des pélerins à la recherche du Graal. C'est une telle attitude qui, je crois, nous a valu le couronnement de nos efforts. Tout n'a pas été facile pour autant. Cela fait quatre siècles et demi que le Mexique est gouverné par des hommes d'origine ou, tout au moins, de culture hispanique — ces hommes ne sont jamais entrés dans les vues des Indiens, et l'Eglise réprouve comme idolâtre la sacralisation du champignon.
Les actuels missionnaires protestants sont plus enclins à prêcher la Bible qu'à pénétrer la religion des Indiens. Et la plupart des anthropologues ne valent guère mieux pour ce genre de travail. Cela fait plus de quatre siècles que les Indiens gardent dans leur coeur le secret du champignon divin, à l'abri des profanations du conquérant blanc. De nombreux curanderos continuent à assurer le culte, chacun selon ses talents; certains, qui ont atteint un haut degré d’expérience, célèbrent les anciens rites dans des cabanes écartées, devantune minuscule assistance. Avec le temps, ils vont disparaître et, comme leur pays est forcé de s’ouvrir, le culte va s'évanouir. Ces curanderos, on ne les atteint pas facilement. Ils ne parlent en général pas l'espagnol. Pour eux, l'acte de célébrer le culte devant des étrangers s’apparente à une profanation. Ils refusent de vous rencontrer. acceptent encore moins de parler des champignons, et sont complètement étrangers à l’idée de célébrer le culte devant vous. Ne pensez pas que ce soit une question d’argent : No hicimos esto por dinero «Nous ne l’avons pas fait pour de l’argent» me dit Guadalupe après que nous eûmes passé la nuit avec sa famille et la curandera Maria Sabina. (Pour qui connaît les Mazatèques, cette déclaration naïve est d'autant plus remarquable que l'argent est rare dans la sierra, et que les Mazatèques sont réputés pour être un peu avares.)
Peut-être vous donnera-t-on les noms de beaucoup de fameux curanduros, peut-être même vos messagers arrangeront-ils des rendez-vous, mais vous attendrez, et personne ne viendra. Vous les croiserez sur la place du marché, ils vous connaîtront mais vous ne les connaîtrez pas. Le juge de paix peut être l'homme que vous cherchez. Vous passerez la journée avec lui sans jamais deviner qu’il est curandero.Après tout, qui agirait différemment ? Quel prêtre célèbrera la messe à la seule fin de satisfaire la curiosité d'un païen ? Le curandero d'aujourd'hui qui accepte de célébrer le rite pour un étranger, contre monnaie sonnante et trébuchante, est un faussaire et un simoniaque, sa cérémonie ne vaut pas plus que la messe d'un prêtre défroqué. Dans les temps modernes, la religion est souvent quelque chose de fade et d'étiolé. une activité sociale impliquant une vague éthique de la tiédeur. La religion dans les sociétés «primitives» véhicule la terreur et l'émerveillement, elle est terrible au sens originel de ce mot galvaudé, elle imprègne toute l'existence et culmine dans des cérémonies dont le profane est proscrit. Telle était la cérémonie du Psilocybe dans les confins reculés du Mexique.
Les mystères de l'Antiquité nous apparaissent souvent comme les manifestations d'une religion « primitive ». Il y a plus d'un point commun entre notre rite mexicain et les Mystères pratiqués à Eleusis un millénaire avant Jésus Christ et probablement encore bien plus tôt.
En pays mazatèque, la meilleure saison pour «consulter le champignon» est la saison des pluies, de juin à août. On célébrait les Mystères d'Eleusis, rite initiatique et de purification lié aux divinités de la Terre, en septembre ou au début d’octobre, c'est-à-dire à l'époque des champignons en Europe.
Un secret gît au coeur des Mystères d'Eleusis. Il y est fait de nombreuses allusions dansles textes qui nous restent mais nul part on ne trouve la clef. Pourtant des Mystères comme ceux d'Eleusis jouaient un rôle majeur dans la civilisation grecque, et les initiés se comptaient par milliers. Les textes grecs, les fresques de Pompéi nous indiquent que l'initié buvait une potion. Ensuite, dans les profondeurs de la nuit, il avait des visions, et le lendemain il était encore tellement saisi qu'il avait le sentiment qu'il ne serait plus jamais le même homme. Ce dont il faisait l'expérience était nouveau, surprenant, inaccessible à la conscience rationnelle. Un auteur du deuxième siècle avant J. C., du nom d'Aristide, entrouvrit un bref instant le rideau en donnant la description fragmentaire que voici :Eleusis est un haut lieu de toute la Terre, et, de toutes les choses divines qui nous entourent, c'est à la fois le plus terrible et le plus lumineux. Nulle part une nouvelle aussi merveilleuse n’a été annoncée, de nulle part n'a jailli une aussi profonde émotion, nulle part l'oeil et l'oreille n'ont été autant sollicités.
Et il continue en évoquant les «visions ineffables» qu'il a été donné à d'innombrables générations d'hommes et de femmes de contempler.
Attardons nous un instant sur cette description. N'est il pas frappant que les mystères antiques et le rite mexicain s'accompagnent, dans les deux sociétés, d'un déploiement de réticences qui coïncident point par point ? Les paroles d'Aristide conviennent parfaitement à ce qui se passe dans la sierra Mazatèque. Les Grecs avaient coutume de nommer les champignons «nourriture des dieux» Broma theon (••••• ••••), et Porphyre les appelait «surgeons des dieux» theotrophous (•••••••••).
Les Grecs de l’époque classique étaient mycophobes. Peut-être à un moment donné les Anciens ont ils jugé qu'il y avait danger à trop tâter de la chair des dieux et ont ils institué un tabou ?En tout cas, il ne fait aucun doute pour moi que le secret d'Éleusis réside dans une substance psychédélique naturelle. J’aimerais pouvoir affirmer que l'agent était un champignon, et beaucoup d’indices me le suggèrent, mais de nos jours le monde des plantes nous dérobé beaucoup de secrets qui étaient probablement fort bien connus de nos ancêtres illettrés. Les hiérophantes d'Eleusis avaient affaire à des substances naturelles susceptibles d'élargir le champ de la conscience, et il semble qu'ils étaient bien approvisionnés puisque le culte n'ajamais dépéri faute de potion magique.
Les révélations murmurées, comme celle d'Aristide sur Éleusis, la terreur et l'émerveillement, la résistance instinctive, tout cela masque et indique à la fois l'expérience psychédélique. Cette résistance mérite d'être examinée attentivement. Je la crois spontanée, surgissant chez l'initié à l'approche du grand Mystère. Elle a prévalu dans tout le monde grec.
N'importe qui pouvait devenir un initié, à deux conditions : parler la langue grecque, et ne pas être un meurtrier impuni. Même les Slaves pouvaient se présenter aux Mystères. Ainsi la résistance n’était-elle pas la règle que s'impose une élite pour protéger un secret de l'accès du profane, comme ce fut le cas chez les Aryens de l'Inde. Certes, on châtiait sévèrement, à Athènes. les transgressions du secret. Alcibiade, un jeune Athénien, populaire, riche, et beau, une « star » de la haute société, osa prendre les apparences d'un prêtre d'Eleusis lors d'une fête qu’il donnait chez lui. Un décret lui ôta toute sa fortune. Mais, plus qu'à la, force était au silence, à la loi du silence, Je crois que le silence s’imposait de lui-même, il était spontané. Je crois que c’est le même silence, que nous avons trouvé chez les Indiens mazatèques lorsque nous leur rendîmes visite en 1953-1955. C'est le silence nu de la confrontation de l’homme avec son visage originel, indicible, vraie lumière dans la nuit éternelle.Qu’aurions-nous appris si les initiés d’Éleusis avaient été bavard ? Peut-être seulement des détails sur la tenue de l'expérience, tandis que le secret des secrets. l'identité de la substance active, de l'agent psychédélique naturel, serait peut-être restée l'arcane du prêtre, la part de mystère du rite. Selon George Mylonas, le culte d'Eleusis s’est maintenu florissant, sans interruption, pendant deux millénaires, Quel qu'il fût, l'agent psychédélique n'a, apparemment, jamais manqué. Ses effets sur l'initié ressemblent fort à ceux du peyotl, de l’ololiuqui, du yagé, ou du Psilocybe (le teonanacatl mexicain). Il se peut fort bien que fleurissent dans le bassin méditerranéen des plantes chimiquement parentes des plantes psychédéliques de l'Amérique indienne — et dontles propriétés nous soient maintenant inconnues. A présent j'ai tendance à croire que le breuvage d'Eleusis ne contenait pas de jus d'amanite tue-mouche de la ceinture forestière eurasienne, le Soma des Aryens. L'effet de l'amanite tue-mouche sur l'organisme humain est différent : il y a d'abord une période de somnolence, puis le sujet se sent stimulé pour accomplir des hauts faits physiques que l’on trouve célébrés à la fois en Sibérie et dans les hymnes du Rig Véda. Il n'est pas question de tels effets dans le breuvage d'Eleusis. L'action chimique de la muscarine (principe actif de l'amanite tue mouche), n’est pas celle de la mescaline (principe actif du peyotl), ou de la psilocybine.
Aujourd'hui où nous luttons sans succès contre l'accoutumance aux drogues dangereuses, voyons comment nos parents «primitifs» maniaient la part de danger inhérente à toute drogue. Chez les Aryens, seuls les Brahmanes étaient admis au secret du soma; eux seuls savaient le préparer et l'absorber, De même dans la vallée de l'Ob, en Sibérie, les Vogul avaient édicté un interdit sévère sur l'ingestion de l'amanite tue-mouche : seul le chamane et son aide pouvaient consommer le champignon en toute sûreté — quiconque d'autre à s'y risquer, encourait un mortel danger.
En Grèce, les initiés ne participaient en principe aux Mystères qu'une seule fois, quoique quelques uns obtinssent la permission de revenir l’année suivante.
Au Mexique, ce sont les chamanes (curanderos) et leur entourage qui savent quelles plantes ont des effets psychédéliques. Chez les Huicholes, tout le monde connaît jícuri, le peyotl, mais le mara’akáme (chamane) communique avec l'esprit de la plante et répartit entre les «chasseurs» la «chair du Frère aîné». Dans le pays mazatèque, les curanderos prescrivent la dose à prendre. Tout au long de mes séjours au Mexique, je fus averti que les champignons divins étaient muy delicados, «très délicats» à manier, et leur consommation est entourée de toutes sortes de règles et d'interdits, qui changent d'un village à l'autre. Comme je l'ai dit, les Indiens n'abusent jamais des champions (pas plus qu’ils n'abusent du peyotl ou des autres psychédéliques naturels). Ils considèrent et traitent la plante avec le plus grand respect — n'en prenant (n'en sacrifiant) jamais plus qu'il n'en est exactement besoin. Pendant une session nocturne, le curandero (ou la curandera) surveille avec sollicitude ceux qui ont pris le breuvage, et il (ou elle) est capable d'agir avec un grand esprit de décision si quelqu'un éprouve le moindre malaise. On enjoint aux participants de ne quitter la hutte sous aucun prétexte aussi longtemps que la plante fait effet. Il y a toujours une personne (ou deux) qui ne participe pas à l'agape et qui reste prête à intervenir en cas d'irruption extérieure ou de perturbation à l'intérieur de la cabane. Le lendemain, les participants échangent des confidences chuchotées sur les événements de la nuit. Tous ceux qui ont communié ensemble se sentent proches les uns des autres, ayant partagé des heures inoubliables.Il n'est certes pas dans mon propos de laisser entendre que seules les substances psychédéliques — qu'on les trouve dans la nature ou qu'elles soient recomposées en laboratoire — sont porteuses de clairvoyance et d'extase, que seules elles sont le véhicule de la vision et de l'illumination.
Tout au long de l'évolution humaine de nombreux mystiques et de nombreux ascètes (en particulier aux Indes) ont eu des visions, des extases et des révélations fort analogues aux « messages » transmis lors des mystères antiques ou véhiculés par les agapes maya. Je ne suis pas en train de suggérer que saint Jean à Patmos a pris de la potion magique avant d’écrire l'Apocalypse ou que Bouddha doit aux champignons son illumination. Mais les tableaux de l'Apocalypse, comme les visions du futur Bouddha sous son arbre participent d'états de conscience qui ne sont pas sans évoquer pour moi l’état « champignonisé ». Je ne prétends pas un instant que Blake avait ingéré des amanites tue mouche lorsqu'il écrivit sur la «Vision» : «Les prophètes décrivent leur vision comme quelque chose de bien réel, qu'ils ont vu avec leur oeil immortel; il en est de même des apôtres, l’oeil de lumière perçoit distinctement les objets. Un Esprit, une vision ne sont pas, contrairement à ce qu'en pense la philosophie moderne, des phénomènes nébuleux, ou du néant : ce sont des phénomènes qui procèdent d'un degré d'organisation dépassant infiniment les pouvoirs de la nature mortelle. Celui qui ne "voit" pas plus distinctement, plus clairement, plus fortement et plus lumineusement qu'avec son oeil mortel, celui là ne "voit" pas. »Ces lignes peuvent sembler incompréhensibles à qui ne partage pas la Vision de Blake, ou n'a point pris le champignon. L'avantage du champignon est qu'il permet à tout un chacun (ou presque) d'atteindre les états de conscience d'un Blake ou d'un saint Jean à Patmos, sans avoir à passer par les mêmes austérités. Le champignon, comme toutes les substances psychédéliques naturelles, nous permet de voir, plus fortement et plus lumineusement qu'avec notre oeil mortel, bien au delà des horizons de cette vie passagère; il nous permet de voyager dans le temps, de traverser d'autres niveaux de réalité, de connaître d'autres plans d'existence, commedisent les Indiens, il permet de voir dieu. Quoi d'étonnant à ce que les participants se sentent indissolublement lies à l'agape ? Quoi d'étonnant à ce que la personnalité soit éclipsée, dès lors que le corps et l'esprit sont restaurés dans un état natif! Tout ce que l'on voit cette nuit là baigne dans la clarté de l'origine : le paysage, les maisons, les ustensiles quotidiens, les animaux, tout est calmement irradié par la lumière primordiale; on dirait que les choses viennent juste d'être fabriquées par le Créateur! Cette totale nouveauté — on dirait l'aube de la création — vous submerge et vous enveloppe, vous dissout dans sa beauté inexprimable. Et, naturellement, vous avez le sentiment d'être pris dans un événement, de participer d'une dimension qui transcendent infiniment le traintrain de la vie quotidienne. Ici et maintenant, je vois pour la première fois, je vois directement, sans l'aide des yeux mortels.
(Platon nous dit qu'au delà des apparences éphémères de ce monde illusoire, il y a un monde idéal, le monde des Idées, où les choses existent avec leur visage originel, dans leur forme éternelle. Pendant deux millénaires, les philosophes se sont acharnés à peser et à discuter sa «théorie». D'où Platon tire-t-il ses conceptions ? Pour moi, la chose est claire, comme elle l'était aussi pour ses contemporains. Platon avait bu le breuvage à Eleusis et il avait eu la Vision cette nuit-là.)
Et pendant tout le temps que vous « voyez ». la prêtresse chante, elle ne chante pas fort, mais avec autorité. Les Indiens n’ont pas l'habitude de manifester leurs états intérieurs, sauf en des occasions comme celle ci.
Une nuit, ma curandera concentra son attention sur son fils âgé de 17 ans, qui semblait être retardé mentalement. Elle chanta «sur» lui, et l'on eût cru le choeur tragique de toutes les mères, depuis le commencement des temps, la lamentation de la mère souffrante. Elle chantait sans aucun artifice, sans aucun respect humain dû à la présence d'un étranger, sans résistance ; la nudité de son être atteignait la plénitude de la Mère divine.Sous l'influence du champignon, le chant prend des accents d'une douceur et d'une tendresse infinies. C’est comme si vous l’entendiez avec l’oreille de votre esprit, avec une écoute pure. Vous êtes assis sur une natte à même le sol, sur un matelas dur — ou peut être confortablement installé dans votre sac de couchage sur un matelas pneumatique. Il fait noir. Toutes les lumières ont été éteintes. Des braises rougeoient près des pierres du foyer. Un encens se consume dans un tesson de poterie, Tout est calme, La cabane, la chaumière est à l'écart du village. Au coeur de l'obscurité et du silence la voix plane dans la hutte. Voici quelle vient de devant vos pieds. Puis à votre oreille. Et maintenant elle provient d’une distance infinie. Et puis on dirait qu'elle sort de votre ventre. C'est là un type de perception commun aux champignons. Quiconque se «champignonise» devient familier de ces voyages hors de l'espace et du temps quotidiens. Les Sibériens par exemple, qui mangent l'Amanita muscaria et voyagent magiquement, guidés par le tambour arc-en-ciel de leur chamane. De la même façon, Maria Sabina, ma chamane mazatèque, déclencha un rythme de percussion extrêmement complexe. Avec ses mains, elle se frappait la poitrine, les cuisses, le front, les bras, chaque point du corps rendant un son différent : elle tenait un rythme subtil, modulait la percussion, syncopait même parfois les coups. Votre corps repose dans l'obscurité, lourd comme du plomb, mais on dirait que votre esprit s’envole comme un oiseau, prend son essor au dessus de la hutte et file à la vitesse de la pensée, voyageant dans le temps et l'espace, libre comme l'eau des rivières ou les nuages dans le ciel, accompagné et guidé par le chant et les percussions du chamane. Ce que vous voyez et ce que vous entendez ne fait qu'un la musique prend des formes harmonieuses, le son des couleurs brillantes, l'harmonie suscite la vision, et la vision est celle de l'harmonie. Musique des sphères. «Nulle part l'oeil et l'oreille ne sont autant sollicités.» Et combien la confidence d'un initié d'Eleusis s'apparente-t-elle à l'expérience de Maria Sabina! Tous vos sens sont éveillés. Vous allumez une cigarette dans la nuit et vous avez l’impression de fumer pour la première fois. Un peu d'eau dans un bol devient une boisson infiniment plus délicieuse qu'une coupe de champagne.
J'ai écrit autrefois que la personne champignonisée rayonne à travers l'espace/temps tel un oeil immatériel, un organe de lumière; le champignon est l'instrument de la «visio», le canal de l' «autre réalité».
Les cinq sens transcendent les limites du corps, ils se confondent de façon infiniment harmonieuse. Débarrassé de ses scories, le corps devient un pur réceptacle de vibrations. (Vous êtes un étranger, par force, vous recevez les vibrations qui sont autour de vous; mais les participants, eux, communiquent avec Maria Sabina, dans un dialogue improvisé, d’essence religieuse. Maria Sabina fait jaillir d'eux des réponses spontanées, l’énergie du groupe circule dans une parfaite harmonie, dans le déroulement du chant sacre et des réponses. Cette communication est un élément essentiel de l'accomplissement du rite. Pour faire, dans sa plénitude, l'expérience des effets du champignon dans une communauté indienne, il est nécessaire de participer à une telle cérémonie — d être associé au culte, seul ou avec un ou deux compagnons.) Votre corps est étendu dans l'obscurité. Votre esprit est libre. Vous êtes éveillé comme vous ne le fûtes jamais. Vous vivez une éternité dans une nuit, vous voyez l'infini dans un grain de sable. Ce que vous voyez et entendez se grave dans votre mémoire, y est gravé à jamais. Enfin vous connaissez l'ineffable, vous savez ce que c'est que l'extase !L'extase ! L'esprit revient au sens originel du mot. En Grèce, ekstasis désigne le vol de l'âme libérée du corps. Y a-t-il un meilleur mot pour parler de l'état champignonisé ? Dans le langage quotidien, pour les gens qui n'en ont pas fait l'expérience, l'extase est de la jouissance, et l'on me demande souvent pourquoi je ne prends pas des champignons toutes les nuits. Mais l'extase n’est pas la jouissance. Dans notre existence quotidienne nous séparonstout en bon ou mauvais, plaisir ou douleur. Il y a une troisième catégorie, qui, pour la plupart d'entrenous, demeure à jamais une inconnue.
Le champignon divin vous introduit dans l'extase. Votre propre esprit est soudain saisi et secoué — comme une cloche — jusqu'à ce qu'il rende un son. Vous avez soudain peur de ne plus jamais retrouver la stabilité de départ. Après tout, n’est-ce pas vous qui allez rester planté sur le seuil terrifiant, ou choisir de passer cette porte de lumière qui si ouvre dans la nuit ? Lumière divine, il nous faut revenir à la plénitude originelle du mot, à l'expérience nue, qu’il désigne. Ouelques heures plus tard, c'est le matin et vous êtes en forme pour vaquer à vos affaires. Mais des activités qui vous paraissaient jusque-là très importantes ne pèsent plus lourd après les événements bouleversants de la nuit ! Si vous en avez la possibilité, vous préférez rester près de la cabane, retire vos notes, et échanger avec vos compagnons d'extase des exclamations émerveillées.
Au cours de la période immense de la préhistoire, à un certain stade de l'évolution humaine, un jour vint où nos très lointains ancêtres découvrirent les vertus merveilleuses du champignon et d’autres plantes psychédéliques poussant à l'état sauvage dans la nature. Cette découverte dut être pour eux une véritable révélation, coup de tonnerre dans un ciel bleu, étincelle pour l'âme. Ils conçurent envers ces plantes des sentiments de respect et d'amour infinis, les sentiments les plus hauts que puisse concevoir l'espèce humaine. La plante leur permettait de voir ce qui restera toujours caché à un oeil mortel. Combien les Grecs avaient raison d'entourer ce Mystère, l'absorption du breuvage, d'une barrière de silence ! Ce qui est pour nous le produit paradoxal de l'industrie chimique du XX siècle, un dérivé de l'ergot de seigle découvert par hasard en laboratoire, par exemple, étaient à leurs yeux un prodigieux mystère, qui fécondait leur poésie, leur philosophie et leur religion.
Peut-être qu'avec toute notre science nous n’avons plus besoin des champignons. Peut-être aussi en avons nous plus besoin que jamais ! Il est des gens pour s'indigner que la clé d'une expérience religieuse puisse être trouvée dans un vulgaire champignon, dans une substance psychédélique. Il est pourtant vrai que l'expérience de l'élargissement du champ de la conscience reste un prodigieux mystère.
« Ce petit champignon vient de lui même, nul ne sait d'où, comme nul ne sait d'où vient le vent, ni pourquoi il souffle. »
Une simple plante ouvre les portes, déclenche l'ineffable, amène l'extase. Ce n'est pas la première fois dans l'histoire de l'humanité que les formes les plus humbles de la vie accouchent du divin. Du silex jaillit l’étincelle. Pourdéroutante qu'elle soit, la merveille que j'annonce vaut d'être entendue par les hommes.
Combien un helléniste ne donnerait il pas pour être transporté aux Mystères d'Eleusis, pour s’entretenir avec la prêtresse ? Avec quel respect sacré ne s'avancerait il pas dans le couloir sombre avant de pénétrer dans la chambre obscure ? Vivant des textes révérés par les scribes durant des millénaires, il serait dans les meilleures dispositions d'esprit pour prendre le breuvage ! Ces rites, ils sont encore pratiqués — et l'on peut y participer.
Le culte du champignon divin n'a pas disparu. Les professeurs et les penseurs ne le connaissent point. Il se pratique dans une cahute à l’écart du village, une humble chaumière sans fenêtres, loin des sentiers battus, dans la montagne profonde, au coeur de la sierra Mazatèque, dans le silence de la nuit, brisé peut être par l'aboiement lointain d'un chien, ou le braiment d'un âne. Comme on est pendant la saison des pluies, il est fort possible que le Mystère soit accompagne de pluies torrentielles, et ponctué par les éclats terrifiants de l'orage.
Alors, comme vous êtes allongé là, en proie au champignon, à voir la musique et à écouter la Vision, votre esprit éclate avec la foudre, votre âme navigue avec l'éclair, et vous vous rappeliez que certains peuples dits «primitifs» croient que les champignons, les champignons sacres, sont engendrés par la Foudre d’En-Haut qui vient féconder la tendre Terre-Mère.*
Du même auteur :
Mushrooms, Russia and history, New York, Pantheon books, 1957. WASSON R. Gordon & Valentina Pavlovna
• Les champignons hallucinogènes du Mexique, Paris, Éditions du Musée National d’Histoire Naturelle, 1958. WASSON R. Gordon et HEIM Roger.
• Nouvelles investigations sur les champignons hallucinogène, Paris, Éditions du Musée National d’Histoire Naturelle, 1967. WASSON R. Gordon et HEIM Roger.
• Soma : Divine Mushroom of Immortality, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1971. WASSON R. Gordon
• The Road to Eleusis, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1978. WASSON R. Gordon, HOFMANN Albert et RUCK Carl.
• The Wondrous Mushroom: Mycolatry in Mesoamerica, New York, McGraw-Hill, 1980. WASSON R. Gordon
• Persephone’s Quest : Entheogens and the Origins of Religion, New Haven, Yale University Press, 1986. WASSON R. Gordon
Council on Spiritual Practices
Un enthéogène [«en-theo-gene», qui engendre dieu ou lesprit à lintérieur de soi] est un sacrement psychoactif : un fruit de la nature pris lors dune expérience spirituelle ou mystique, pas une "drogue", produit chimique issu de la SIC (société industrielle et de consommation).
Exemples :
Les champignons sacrés/divins («teonanacatl» : litt.,
la «chair des dieux») utilisés notamment par les Amérindiens
mazatèques au Mexique ou le peyote tel quil est utilisé
chez les Hopis - la «Native American Church» (lEglise originelle
américaine), ou bien encore l'ayahuasca (le yagé), pris
par les fidèles de l'Eglise de Santo Daime (une décision du 21
mai 2001 du "Disctrict Court" d'Amsterdam vient d'autoriser sa consommation
rituelle). Faut-il ajouter le vin de messe, pris de manière rituelle
par les prêtres de l'Eglise catholique ?
![]() ![]() |
A
noter que le Psilocybe semilanceata, dit Liberty Cap/ Chapeau
de la liberté (voir les photos à gauche), semble être
en Europe le seul champignon sacré relativement commun. Il pousse en groupe dans les herbages, de septembre à novembre, près des bouses de vache et/ou des crottins de cheval... |
Le but du CSP, qui a son siège à San Francisco, est de regrouper systématiquement les connaissances sur les effets immédiats et à long terme des pratiques spirituelles intégrant des enthéogènes et détudier comment les communautés spirituelles peuvent utiliser les enthéogènes légalement, sans risque et de manière bénéfique.
Un excellent site américain où les enthéogènes
se conjuguent harmonieusement avec spiritualité, culture et liberté.
La plus grande communauté et bibliothèque entheogénique planétaire.
Un autre site américain avec animations et forums axé sur les plantes enthéogènes.
Un site espagnol vendeur de nombreux bons ouvrages.
Fondée en 2001 par le Dr Alain Barbier, la société panthéiste ayahuasca s'est installée au Brésil pour y cultiver l'Unicité.

L'église brésilienne "O Centro Espirita Beneficiente Uniao do Vegetal"
Conscious
Dreams (Rêves conscients/lucides)
Un réseau de boutiques néerlandaises...
Kosmic
Kitchen (La Cuisine Cosmique)
Le site d'une petite boutique sympa et bien achalandée située au centre d'Enschede (au nord-est des Pays-Bas, près de la frontière allemande).
Amazing Nature (Stupéfiante Nature)
Le site pour redécouvrir le monde sacré
des plantes : leur pouvoir de guérison et d'évolution spirituelle.
Un catalogue très complet pour passer commande à bon prix.
Le Collectif d'Information et de Recherche Cannabique (Association
Loi 1901).
Selon ses statuts, le Circ a pour but «de collecter et de diffuser, à
titre préventif, toute information culturelle, sociologique, scientifique,
juridique... liée à l'usage du cannabis»
.
![]() |
TOLERANCE 00 75 artistes fêtent les 10 ans du Circ ! 2 CDs à commander pour soutenir la nouvelle campagne pour la dépénalisation... |
Une loi de 1970 et l'article L.3421-4 (ex L630) interdisent toute opinion présentant le cannabis de manière positive. |
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Yannick Noah - La voie des sages
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| Quand je ne crois plus à mes rêves Ou que je vis ceux des autres Quand moins souvent mon poing se lève Que je ne suis plus des vôtres Et quand j'oublie ce que je crois Ils me redonnent la foi Alors j'entends, j'entends
|
Quand l'amour n'est plus qu'un
devoir Ou quand mon regard se détourne Quand je préf?ère ne pas savoir Ou que mon âme devient sourde Et quand j'oublie ce que je dois Ils me remontrent la voie Alors j'entends, j'entends J'entends la voie des sages Et je chante Je chante avec eux No more fighting No more killing {x2}
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{Choeurs}
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TRYO Le quator français de reggae akoustik avec Manu, Mali, Guizmo et Daniel |
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J'ai pensé que peut-être J'ai compris en fumant
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Refrain Alors c'est bon bek boum, j'ai la solution : |
J'ai compris que pour du chichon, Refrain
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Un site en anglais pour en savoir plus sur la" War drug" (la guerre contre la drogue) menée par le gouvernement US.
A propos de la dépénalisation des enthéogènes
La Belgique, après les Pays-Bas, est le deuxième pays européen à prendre la décision de dépénaliser la consommation de cannabis :
La décision de dépénaliser la consommation
de cannabis, prise le jeudi 18 janvier 2001 par un conseil restreint du gouvernement
de Guy Verhofstadt, est typiquement le fruit d'un compromis «à la
belge». Les libéraux et socialistes flamands étaient favorables
à une politique de simple tolérance, les socialistes francophones,
les Verts francophones et flamands prônaient une dépénalisation,
et les libéraux francophones se situaient entre ces deux positions...
La consommation et la détention de cannabis pour un usage individuel
sont donc autorisés, puisque cette plante est désormais considérée
comme une «drogue douce», assimilée au tabac et à l'alcool.»
Laurent Zecchini, in "Le Monde" du 20/1/2001.
A noter encore que la Confédération helvétique
(la Suisse), le premier producteur européen de chanvre, est en bonne
voie de légaliser la culture, la vente et la consommation du cannabis
:
«Aucune recherche ne montre que le cannabis soit plus dangereux ou davantage
une source d'accoutumance que l'alcool et/ou le tabac», a déclaré
récemment Georg Amstutz, porte parole du Bureau fédéral
de la santé publique.
En attendant, le cannabis est discrètement en vente libre dans la Suisse allemanique (à Zürich, Berne, etc.).
George W. Bush ne veut pas de... thé hallucinogène à l'église
WASHINGTON (AP) -2/12/2004 - L'administration américaine a remporté mercredi une victoire devant la Cour suprême des Etats-Unis, qui a temporairement interdit à une église du Nouveau-Mexique d'utiliser du thé hallucinogène, un produit illégal et potentiellement dangereux selon le gouvernement.
Les autorités américaines se sont engagés depuis longtemps dans une bataille judiciaire avec l'église brésilienne "O Centro Espirita Beneficiente Uniao do Vegetal" sur du thé hoasca ["ayahuasca", en fait], fabriqué à partir de plantes trouvées dans le bassin du fleuve Amazone.
Le chef de l'église a engagé une action judiciaire contre le gouvernement américain après que les agents fédéraux eurent lancé un raid contre son bureau à Santa Fe et saisi près de 115 litres de thé d'"hoasca", qui contient du DMT, une substance illicite.
L'église avait remporté le bras-de-fer devant une cour d'appel du Denver, qui avait estimé que la liberté religieuse permettait l'usage de ce thé. L'affaire a ensuité été portée devant la Cour suprême des Etats-Unis.
Pour le gouvernement Bush, autoriser l'église à utiliser ce thé revient à violer "un traité international désigné pour empêcher le trafic des "drogues" dans le monde" [sic], selon le procureur général Paul Clement.
La Cour suprême n'a pas statué sur le fond mais a imposé une interdiction temporaire de l'usage du thé en attendant que les deux parties préparent leurs arguments pour juger l'affaire sur le fond...
*
Le Conseil national du sida demande la dépénalisation du simple usage des "drogues" [sic]
Paris (AP) 6/9/2001 - Le Conseil national du sida (CNS) a rendu public jeudi un rapport intitulé ''Les risques liés aux usages de drogues comme un enjeu de santé publique'', dans lequel il préconise la dépénalisation de la simple consommation de toutes
les drogues, ''dans une logique de santé publique''. Le CNS motive sa demande de dépénalisation en raison de ''l'amplification des risques sanitaires à laquelle peut participer l'action répressive''. Dans un communiqué diffusé jeudi, le CNS estime en effet que ''le maintien d'une politique hésitant entre soins et répression, largement imputable à l'état de la législation française sur les stupéfiants et aux préjugés à l'encontre des usagers de drogues, constitue aujourd'hui encore une entrave au déploiement de la stratégie de réduction des risques''.
En conséquence, le CNS ''suggère'' trois mesures :
- ''que soit envisagée un abandon de l'incrimination pénale de l'usage personnel de stupéfiants dans un cadre privé'';
-- ''que soit confirmée l'exclusion de toute peine d'incarcération au chef du seul usage de stupéfiants, y compris en public ou avec plusieurs consommateurs'';
- enfin que soient prises ''des dispositions législatives garantissant pour tous et en tout lieu la mise en oeuvre de soins et de mesures de réduction des risques et dommages liés à la consommation de drogues, quel que soit le contexte, et notamment en milieu carcéral''.
Le CNS, organisme tout à fait officiel créé en 1989 par décret pour fournir des conseils en matière de lutte contre le VIH, n'est cependant qu'un organisme consultatif et ses avis n'obligent en aucun cas les pouvoirs publics à prendre
une décision allant dans le même sens.
The Good News (les Bonnes nouvelles) : Cannabis and cannabis products are slowly getting more accepted in Europe. In March the Belgium government legalized the possession and growing of cannabis (marijuana). Selling it, however, is still illegal. In the same month Switzerland legalized cannabis (including the trade). Finally, passed June, the English government took the decision not to hunt for pot smokers anymore. The small user will be left alone by the police from now on. Even better, two weeks ago the UK police (!) asked the government to allow coffeeshops. This to organize the marijuana trade. Meanwhile the Government of Morocco (major supplier of cannabis products for Europe) said they will destroy the complete national marijuana production before 2008. But, a government spokesman also said: "There are some European countries which legalized marijuana and Morocco would gain much if they could reach a common policy on this". Still a view countries to go....
The Bad News : Denmark banned the Magic Mushroom in June. Even the mushroom spores are now illegal !
Also Germany banned the spores of the Magic Mushroom strains. This was quit unexpected because since 3 years Germany has a government formed by Social Democrats and the Green party. Half of the German States already practice, or want to practice, a more liberal policy towards cannabis and other drugs. We receive confused reports from our friends in Germany. Some of them write there must have been made some mistake somewhere. And some of them believe the Red-Green government will legalize the magic mushroom spores soon again. Meanwhile honest shops in Denmark fear they have to close doors. And professional German traders in mushroom growing supplies are packing to move to Austria. And we? We are still searching for the logic behind drug policy.
Bad news (Mauvaises nouvelles)
Samedi 1er décembre 2001, 17ème jour de grève de la faim et de détention pour Bernard Rappaz et Claude Rey. La justice valaisanne leurs reprochent surtout d'avoir vendu du chanvre, qualifié de thérapeutique, à des malades au bénéfice d'ordonnances. Aujourd’hui, samedi 1er décembre 2001, journée mondiale contre le sida, des centaines de milliers de malades à travers le monde atténuent une partie des symptômes et des effets secondaires du traitement chimique de cette terrible maladie grâce au cannabis. Dans la plupart des pays, ces patients - mais aussi ceux des autres pathologies où le chanvre est efficace - en sont réduits à une automédication clandestine, coûteuse et parfois dangereuse.
Grâce à Bernard Rappaz et Claude Rey, pionniers du chanvre global, la Suisse expérimentait un modèle enfin humain et rationnel, un médecin garantissant l’intérêt thérapeutique de la prescription et un chanvrier assurant la constante qualité du produit et un prix raisonnable. Bernard Rappaz devait se rendre bientôt en Hongrie et en Pologne au titre d’expert auprès de ces gouvernements pour l’organisation de la production de chanvre thérapeutique.
Le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas sont en train de réglementer l’usage médical du cannabis. Même la France, bastion prohibitionniste, va mener quatre protocoles d’études, courant 2002. Est-ce parce qu’ils ont contribué à améliorer la qualité de vie de patients atteints de graves maladies que Bernard Rappaz et Claude Rey sont aujourd’hui traités comme de dangereux criminels ? ! ? Depuis plusieurs années, la société Valchanvre proposait ces dérivés du chanvre à usage thérapeutique dans son catalogue et Bernard Rappaz a évoqué cette part son activité dans des dizaines d’interviews. Une simple convocation pour lui signifier l’interdiction suffisait à tout stopper.
La police et la justice valaisanne ont préféré user du style " war on drugs " de la DEA américaine. Cette attitude est incompréhensible, le monde entier croyant à tort que la Suisse avait déjà réglementé avec succès son marché du cannabis. La Confédération se montre progressiste et sociale à l’extérieur, intransigeante et rétrograde dans les cantons. Ce double langage n’est plus tolérable.
Les associations et les entreprises qui militent en France pour un chanvre global de l’industriel au médical s’associent au mouvement de protestation suisse pour réclamer la libération immédiate de Bernard Rappaz et Claude Rey, l’amnistie pour les délits cannabiques, l’adoption sans délais d’une réglementation internationale permettant la prescription médicale de dérivé de chanvre, la réglementation du marché du cannabis récréatif.
La Grande-Bretagne assouplit sa législation sur le cannabis
LONDRES (AFP) - Jeudi 11 juillet 200- Le gouvernement britannique a annoncé mercredi un assouplissement de sa législation anti-drogue et notamment un déclassement controversé du cannabis qui sera assimilé à un simple anti-dépresseur. "Je demanderai que le cannabis soit rétrogradé (de la classe B) à la classe C avant le mois de juillet de l'année prochaine", a déclaré le ministre de l'Intérieur, David Blunkett, à la chambre des Communes. M. Blunkett a précisé qu'il ne s'agissait nullement d'une dépénalisation, soulignant que la consommation ou la détention de cannabis, tout comme son trafic ou son commerce, demeuraient un délit. "Nous ne légalisons, ni dépénalisons aucune drogue", a-t-il dit. Le cannabis sera ainsi rétrogradé de la classe B, celle des drogues douces, à la classe C, celle
des tranquillisants et des stéroïdes.
La détention de petites quantités de cannabis ne sera plus passible d'une arrestation par la police, qui se contentera de confisquer la drogue et de donner un "avertissement". "Le message pour les jeunes et les familles doit être ouvert, honnête et crédible", a souligné le ministre. "C'est pourquoi j'avais demandé au Conseil consultatif sur la consommation de drogues (ndlr: un comité d'experts) de revoir la classification du cannabis", a expliqué M. Blunkett. Cet organisme "estime que la classification actuelle est disproportionnée par rapport au caractère nocif et à la nature" du cannabis. Cette mesure revient à étendre à l'ensemble du pays une opération-pilote menée depuis un an dans l'arrondissement "difficile" de Lambeth, dans le sud de Londres, considéré comme le "supermarché de la drogue" dans la capitale britannique. L'objectif principal de cette expérience est de permettre à la police de se concentrer sur la lutte contre les drogues dures.
La France chiraquienne/conservatrice, dernier bastion prohibitionniste ?
Pour sortir de l'impasse, quelques conseils personnels :
1. Prendre modèle sur la politique néerlandaise et sa riche expérience en la matière.
2. Adopter une politique européenne à dimension sociale, indépendante du lobby américain de la DEA, visant à éliminer le trafic maffieux des "drogues" en dépénalisant la consommation des enthéogènes. Le meilleur moyen de réduire l'insécurité grandissante liée justement à ce trafic juteux.
3. Maîtriser la dépénalisation des enthéogènes en distinguant bien les "drogues" (produits chimiques à mettre en vente, sous certaines conditions, dans les "drugstores" - les pharmacies), des enthéogènes (plantes et végétaux) à mettre en vente, sous certaines conditions, dans les "chamaneries" (herboristeries) et les cannabistros (pour ce qui est du chanvre indien).
Le nouveau rapport "Drogues et dépendances"
de l'OFDT * est arrivé !
* l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies.
En voici quelques extraits repris d'un article publié par "Lemonde.fr" le 17/1/2 :
"La consommation de cannabis s'est nettement étendue au cours des dernières années, particulièrement chez les jeunes". En 2000, un Français sur cinq a déjà expérimenté le cannabis. Mais à 18 ans, ce sont 59 % des garçons et 43 % des filles qui déclarent y avoir goûté (34 % et 17 % en 1993). "C'est un cap symbolique. Pour la première fois, ce comportement devient majoritaire dans une classe d'âge", commente Jean-Michel Costes, le directeur de l'OFDT. Majoritairement occasionnelle chez les plus jeunes, la consommation de cannabis devient également avec l'âge "de plus en plus régulière et intense". Sur une population de 9,5 millions "d'expérimentateurs" du cannabis en 2000, on comptait 3,3 millions d'usagers occasionnels (entre une et neuf fois par an) et 280 000 consommateurs quotidiens. C'est globalement environ 50 % de plus qu'en 1993.
- Les interpellations pour usage de cannabis ont d'ailleurs quadruplé depuis 1990 pour dépasser dix ans plus tard les 82 000, sur un total annuel de 90 000 arrestations de consommateurs de drogues illicites. En revanche, le nombre d'incarcérations pour usage affiche une baisse constante au cours des années 90.
- Parallèlement à cet engouement, qui place les jeunes Français "en pôle position" en Europe, relève M. Costes, l'image du "pétard" a beaucoup évolué. Dans la hiérarchie de "dangerosité", le cannabis est aujourd'hui quasiment en fin de liste : 41 % citent en premier lieu l'héroïne, devant la cocaïne (20 %), l'ecstasy (17 %), l'alcool (6 %), le cannabis (3 %), le tabac (2 %) et les médicaments pour les nerfs (2 %).
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Message solennel relatif à la situation politique française.
Considérant que les élections présidentielles sont tronquées dans leur légitimité,
Considérant l'interdiction formulée relative à la Marijuana March prévue ce jour,
Considérant les déclarations faites hier 3 mai par Jacques Chirac qui s'est
déclaré définitivement contre la dépénalisation du Cannabis,
Considérant que toutes ces dispositions violent les principes des libertés fondamentales,
et Considérant la position prise par le Conseil National des droits de l'homme
(cndh),
Nous ne donnons aucune consigne pour le vote de demain 5 Mai. Le prolongement de nos activités militantes se fera désormais depuis l'étranger, nos délégués et adhérents recevront prochainement les coordonnées de contact. Nous invitons tous nos adhérents et sympathisants à voter cannabis lors des prochaines élections législatives, les bulletins seront bientôt disponibles sur nos sites web. Permettre l'alcoolémie et interdire le cannabisme est une ségrégation Jean-Georges D'Ancoisne
Président
A découvrir : Passeport pour le Cannabis, Le Nouveau Manifeste pour une dépénalisation et une libéralistaion intelligents dans l'objectif de réduction des risques Kahn-Abysses@ifrance.com
Contact Conseil National des droits de l'homme cndh@ifrance.com
Greenstock l'Association Ligne Verte Greenstock@club-internet.fr
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Les fumeurs-jardiniers font le succès du cannabis "made in France"
Le Monde, 13/8/2 - Le souci d'échapper aux dealers et aux ennuis judiciaires motiverait bon nombre de consommateurs à se lancer dans la culture illicite de cette plante, dans leur potager ou leur salon. Cette production artisanale représenterait désormais la moitié du marché français. Confidentielle il y a encore quelques années, la culture clandestine du cannabis en France se développe à grande échelle. Une cinquantaine de boutiques proposent désormais sur tout le territoire le matériel nécessaire à cette nouvelle forme de jardinage domestique,
qui compterait plusieurs dizaines de milliers d'adeptes selon la centrale d'achats spécialisée Ananda et Cie.
Cet engouement est également perceptible dans la multiplication des ouvrages, des revues et des sites Internet consacrés à sa culture, comme dans les manifestations destinées à promouvoir sa forme légale, le chanvre, dénué de toute substance psychoactive. Celui-ci a déjà donné son nom à un Salon européen, qui se tient depuis deux ans à Paris, à une ligne de cosmétiques grand public ou encore au festival folklorique de Montjean-sur-Loire (Maine-et-Loire). Pendant cinq jours, du 14 au 18 août, cette capitale du chanvre va célébrer pour la septième année consécutive les vertus d'une plante "symbole de la vallée de la Loire", fumée par 7 millions de personnes dont 3,3 millions de consommateurs réguliers (contre 44 millions pour l'alcool et 16 millions pour le tabac).
Au ministère de l'intérieur, le chef de la mission de lutte anti-drogue, Michel Bouchet, s'inquiète de ce "marketing" cannabique, auquel il attribue l'"augmentation continue" du nombre de plantations interdites. A l'heure où le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, s'oppose à toute dépénalisation de l'usage de stupéfiants et conteste le terme même de "drogue douce" [comme dirait les cafetiers : "l'alcool n'est pas une drogue !"], le nombre de pieds de cannabis saisis par les forces de l'ordre n'a en effet jamais été aussi élevé : il est passé de 1 591 pieds arrachés en 1990 (sur 48 affaires) à 41 000 en 2001, au cours de 681 interventions.
"On peut dire sans trop se tromper qu'en dessous d'une ligne Brest-Mulhouse on trouve un cultivateur de cannabis dans chaque petit village", commente Me Francis Caballero, spécialiste du droit de la drogue, inapplicable en la matière. La loi considère en effet la culture du cannabis comme une production de stupéfiants, un crime systématiquement requalifié en délit par les tribunaux... C'est notamment pour éviter les démêlés avec la justice qu'une partie grandissante d'usagers se lancerait dans l'autoproduction. Alors que le cannabis représente, selon M. Bouchet, 85 % de la consommation de drogues prohibées en France, "c'est surtout la culture hydroponique [hors sol] en intérieur qui se développe, parce qu'elle est moins facile à déceler". Ce phénomène se vérifie notamment dans le commerce en forte expansion des pots hydroponiques et des lampes à sodium, utilisés pour la culture en placard. Pour une somme de 500 euros, l'équipement complet permet d'obtenir sur une petite surface jusqu'à six récoltes par an, contre deux en extérieur. Ces produits, qui sont discrètement distribués dans une cinquantaine de magasins de jardinage, constituent le fonds de commerce d'une demi-douzaine de boutiques spécialisées à Paris, Lyon, Montpellier, Toulouse ou Rennes. Les cultivateurs de cannabis viennent y chercher leur engrais de "guano de chauve-souris", mais aussi des conseils qu'ils trouvent aisément en librairie.
Depuis la publication, en 1990, de Fumée clandestine, de Jean-Pierre Galland (60 000 exemplaires vendus), les techniques de culture font l'objet d'une profusion de best-sellers, dont l'un des derniers en date, Culture en placard, d'Ed Rosenthal (édition Le Lézard), s'est vendu à 20 000 exemplaires.
Interdites à la vente, les graines de cannabis sont plus difficiles à obtenir. Les clients désireux de s'épargner un voyage à Amsterdam peuvent toutefois trouver des "graines pour oiseaux de compétition" dont le prix varie entre 3 et 150 euros selon la qualité. Sur le paquet, il est indiqué qu'elles ne doivent pas être plantées. "On est dans un créneau en pleine explosion, où la publicité ne sert à rien", résume Kshoo, gérant de la boutique Mauvaise graine, à Montpellier (plus de 100 000 euros de chiffre d'affaires) et secrétaire de la centrale d'achat Ananda. "On est même obligés de calmer tous ceux qui arrivent pour acheter l'équipement intégral, poursuit le cofondateur du Collectif d'information et de recherche cannabiques (CIRC).
Par l'autoproduction, on veut faire en sorte que les gens légalisent le cannabis par eux-mêmes, puisque c'est toujours prohibé et que les politiques ne font rien, à part en rajouter dans la répression. Alors on s'est organisés." A l'en croire, cette production artisanale ne donnerait que très rarement lieu à un commerce à grande échelle, hormis celui d'une poignée de gros trafiquants cultivant dans des hangars et quelques néoruraux partis s'installer en Ardèche ou dans les Cévennes dans les années 1970. Brigitte Almin, du CIRC Languedoc, cite ainsi le cas d'un cultivateur pyrénéen "qui dort dans son champ avec un fusil et embauche des potes pour la surveillance avant la récolte", ses 30 kg d'herbe lui assurant ses revenus annuels.
Le cannabis cultivé en placard ne permet d'alimenter qu'un petit cercle d'amis, lassés des dealers et de la mauvaise qualité du haschich marocain, inévitablement coupé à la paraffine, aux médicaments ou à l'huile de vidange. Mais à raison de 5 000 lampes vendues chaque année dans le seul réseau des boutiques associatives, et considérant qu'une installation fonctionne sous la vigilance de deux à quatre personnes, il y aurait ainsi "au minimum" 100 000 cultivateurs de cannabis en France, calcule Eric Chapel, président de l'association PAKA, qui gère une boutique spécialisée à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en face de la gendarmerie. La production hexagonale aurait pris une importance telle qu'elle suffirait désormais à alimenter plus de la moitié du marché français, à un prix oscillant entre 2 et 7 euros le gramme. "Il y a même des Français qui remontent en Hollande vendre leur production, confie M. Chapel. Là-bas, ils ne produisent que de la qualité industrielle pour l'exportation. Pour l'herbe de luxe, le marché est ouvert à tout le monde."
Alexandre Garcia
En Europe, des lois plutôt souples
France
La loi du 31 décembre 1970, qui interdit la consommation, la détention, le transport ou la présentation sous un jour favorable des stupéfiants, prévoit une peine d'emprisonnement d'un an ou une amende de 3 750 euros pour un simple consommateur. L'usage est toutefois dépénalisé de fait depuis la circulaire Peyrefitte de 1978, complétée par une circulaire Badinter de septembre 1984, deux textes qui enjoignaient aux parquets de ne plus poursuivre les simples usagers de cannabis.
Suisse
Un projet de loi qui pourrait être adopté en 2003 prévoit la dépénalisation de la consommation, de la possession, de la culture, de la fabrication ou de l'achat de cannabis pour un usage personnel. Il indique que les enquêtes policières et les poursuites pénales pourraient être abandonnées pour la culture et la vente à des fins commerciales.
Espagne, Italie, Luxembourg et Portugal
Dans ces quatre pays, la détention de cannabis en vue de la consommation personnelle n'est pas considérée comme une infraction pénale et son achat ou sa détention à cette fin ne sont passibles que de sanctions administratives.
Pays-Bas
Des lois sévères y répriment l'usage et la possession de stupéfiants [chimiques] par des peines de prison. La vente de cannabis à concurrence de 5 grammes par personne y est toutefois autorisée dans les coffee-shops.
Belgique
La consommation et la détention de cannabis sont autorisées depuis 2001 pour un usage individuel, sauf en cas de consommation excessive ou de trouble à l'ordre public.
Grande-Bretagne
Le ministre de l'intérieur, David Blunkett, a annoncé, le 10 juillet, un assouplissement de la législation antidrogue britannique, notamment un déclassement du cannabis, qui sera assimilé à un simple antidépresseur.
Grèce, Finlande, Suède
Ces trois pays interdisent strictement toute consommation.
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Canada : une commission parlementaire recommande la légalisation de la marijuana
OTTAWA (AP) - 4/9/2 - La marijuana devrait être légalisée au Canada, recommande mercredi dans son rapport final une commission spéciale du Sénat canadien sur les drogues illicites. Au terme d'une étude approfondie de deux ans, cette commission assure, preuves scientifiques à l'appui, que la marijuana est beaucoup moins nocive que l'alcool et devrait être traitée comme une question sociale plutôt que criminelle".
Le président de la commission, le sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin, soutient que la marijuana devrait être légalisée et réglementée par l'Etat tout comme la bière et le vin.
La marijuana pourrait ainsi être vendue dans des établissements sous licence. La vente serait toutefois interdite au moins de 16 ans et réservée aux ressortissants canadiens pour ne pas favoriser le narco-tourisme.
Les parlementaires recommandent par ailleurs d'offrir l'amnistie à quelque 600.000 Canadiens qui ont un casier judiciaire pour possession simple de cannabis.
Le sénateur Nolin a reconnu que son pays deviendrait le premier au monde à légaliser la marijuana.
D'autres pays comme les Pays-Bas ont établi plutôt des régimes de tolérance.
Pur une information plus détaillée, voir : http://www.parl.gc.ca/illegal-drugs.asp online
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Canadian Justice Minister Calls for Marijuana Decriminalization Next Year, Rejects Legalization
Newsbrief (DRCNet) : http://www.drcnet.org/wol/254.html#cauchon
Justice Minister Maurice Cauchon told reporters September 5
that Canada's pot laws are senseless and should be liberalized, but that marijuana
should not be made legal. "[Decriminalization] probably would be feasible
as a first step," said Cauchon, who had made similar remarks in July, possibly
attempting to preempt the Senate report's expected call for legalization (http://www.drcnet.org/wol/246.html#mauricecauchon).
"I feel there is strong support" for decriminalization, Cauchon said. "To
keep the law the way it is now doesn't make any sense to me in the year 2002."
But he said the Senate panel call for legalization went too far. "The legislation
actually is a sort of disconnect with Canadian reality," he claimed. He also
said international treaties would prevent Canada from moving to legalize the
weed. "The notion of legalizing marijuana is not possible from an international
point of view," he said.
[Editor's note: This is false for at least two reasons. First, it ignores the option of amending the drug treaties by international agreement -- a step called for by the Senate panel. Second, it ignores the option that Canada and any nation has of giving notice and withdrawing from the treaty. Politics is one thing, but Canada has perfectly legal options for legalizing marijuana or any drug without violating its treaty agreements.] Cauchon added that he is awaiting the report of the House committee studying the non-medical use of drugs before moving toward a new policy. That report is due in November. After that, Cauchon told reporters, he will move quickly to implement decrim, possibly as early as the beginning of next year.
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Drug Czar on Anti-Marijuana Crusade -- Threatens Canada, Unleashes New Propaganda Offensive
DRCNet (http://www.drcnet.org/wol/255.html#walterscrusade).
Drug czar John Walters is a busy man these days. Between engineering
yet another installment in the Office of National Drug Control Strategy's
(ONDCP) bizarre series of ads linking marijuana users to terrorism and
violence, trotting out a new offensive aimed at curbing teen pot use,
trying to put out brush fires in places like California and Nevada, and threatening
to disrupt cross-border trade with Canada if marijuana were legalized there,
Walters appears to have a full-blown case of marijuana mania.
THE NEW AD CAMPAIGN :
Beginning this week, TV viewers around the country are being treated to the
latest version of the notorious Superbowl "drugs aid terror" commercials,
this time targeting marijuana. The text of one ad is as follows: "This is
Dan. This is the joint that Dan bought. This is the dealer that sold the joint
that Dan bought. This is the smuggler that smuggled the pot to the dealer
who sold the joint that Dan bought. This is the cartel that uses the smuggler
that smuggled the pot to the dealer who sold the joint that Dan bought. And
this is the family that was lined up by Dan's cartel and shot for getting
in the way." A second ad features teen pot-smoker "Stacey," then shows an
image of her dealer, then moves up the chain to the person who supplies the
dealer. But the final image is of a bed-ridden woman: "This is Carla, who
was hit by a stray bullet from Stacey's supplier and paralyzed for life," the voiceover intones ominously.
Walters, who recently had to announce that earlier ONDCP propaganda campaigns
had flopped, said this one was different. "These ads are different," he told
Good Morning America as part of his media blitz. "We toughened up the behavior
not only to look at the harms drugs can do to young people, but using their
idealism, their drug buying to things they care about." But Good Morning America
also talked to young people about the ads, and some of their responses cannot
be encouraging for Walters. Elisa Roupenian, a college student interviewed
on the program, said her friends objected to linking drug use here to violence
in other countries. "It made people mad because they pointed the finger at
teenagers," she said. "Some people think that if the government didn't create
the war against drugs that made such a huge black market, the terrorists and
the drug cartels wouldn't be able to make such a tremendous profit," she said.
Nevertheless, expect more such ads to follow.
The drug czar has a $1 billion propaganda budget for the next five years.
THE NEW ANTI-MARIJUANA CAMPAIGN DIRECTED AT PARENTS : Walters and Surgeon General
Richard Carmona on Tuesday kicked off this new effort with a Washington, DC,
press conference and an "open letter" advertisement that began appearing in
newspapers around the country this week. "Did You Know? Marijuana puts kids
at risk," the copy reads. "It is the most widely used illicit drug among youth
today and is more potent than ever. Marijuana use can lead to a host of significant
health, social, learning and behavioral problems at a crucial time in a young
person's development. Getting high also impairs judgment, which can wreak
havoc on teens in high-pressure social situations, leading to risky decision-making
on issues like sex, criminal activity or riding with someone who is driving
high. And don't be fooled by popular beliefs. Kids can get hooked on pot.
Research shows that marijuana use can lead to addiction. More teens enter
treatment for marijuana abuse each year than for all other illicit drugs combined." "There's a myth that marijuana isn't as dangerous as smoking," asserted Carmona
at the press conference. "That's not true. It's dangerous and addictive."
Carmona and Walters were able to get 17 national medical, educational, and
anti-drug groups to sign onto their letter, including the American Medical
Association, the American Academy of Pediatrics and the National PTA. The
DC dog and pony show was interrupted, however, when DC Statehood Party candidate
Adam Eidinger jumped onstage as Walters spoke. Holding a sign saying "Free
Bryan Epis," the California medical marijuana provider scheduled to be sentenced
to federal prison next month, Eidinger denounced the prosecution of Epis and
the persecution of medical marijuana users, throwing out flyers until he was
ejected by Secret Service agents (http://www.drugwar.com/pczarinterrupted.shtm).
FIGHTING MARIJUANA INITIATIVES : Walters also announced this week that he plans
at least three trips to Nevada to lobby against that state's initiative to
remove civil and criminal penalties for the possession of up to three ounces
of marijuana.
THREATENING CANADA : Aside from accusing the Canadian Senate's
panel that recommended legalizing marijuana of being fools, Walters has also
blustered about the impact Canadian legalization could have on cross-border
trade. Walters called the Canadians "na·ve" to believe that marijuana has
any medical uses. "The claim that marijuana is an efficacious medicine is
a lie," he told a Detroit news conference. "It is used by people who want
to legalize marijuana, cynically." In his Detroit appearance Walters warned
that the US would take unspecified additional actions at the border if Canada
legalized pot. "We will do what is necessary to protect this country," he
said. Throughout the past two weeks Walters has repeatedly made such claims
as "marijuana is a dangerous drug," "American drug users contribute to terrorism,"
that US pot prohibition is based on scientific evidence, and "today more young
people are being admitted and presented for treatment of marijuana than for
alcohol." While some academics, activists and drug reformers are attempting
a point-by-point rebuttal of Walters' lies, half-truths, and distortions,
others are arguing that it is an exercise in futility. "Walters is a rabid
dog and chronic pathological liar," said NORML's Allen St. Pierre. "But the
drug reform movement does not have the media access to rebut him line by line,
except on the Internet," he told DRCNet. "He is a bullshit factory; to reply
in kind would take too long and wouldn't be heard." That doesn't mean the
movement should just lie back and let itself be slandered, St. Pierre said.
"We can respond in two ways. First, everyone who thinks this campaign is stupid
and a waste of money can get on the phone and tell Congress to cut funding,"
he suggested. "We can also contact the media that are running these ads and
threaten to boycott them. We can write letters saying, 'I saw you run this
ad and I will not tolerate it and I will boycott your stations and tell your
other advertisers that I'm not seeing their ads because I'm not watching your
stations,'" St. Pierre suggested.
For Kevin Zeese of Common Sense for Drug Policy, the anti-pot offensive is
a sign that the prohibitionists are running scared. "They know they're
losing the education war on marijuana. With a higher percentage of the
population having had personal experience with marijuana as the population
ages, the public is catching onto the truth," he told DRCNet. "So Walters
has to resort to false statements. What they don't want to face up to is the
fact that no matter how safe or unsafe a drug is, the sensible policy option
in to bring it within the law, regulate it and control it." The debate about
marijuana's safety is irrelevant, Zeese argued. "All of these claims have
been refuted before," he said. "We have to focus on the reality that the most
sensible policy is legal control."
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Nicolas Sarkozy prône la "tolérance
0"
contre les petits consommateurs de "drogue"
PARIS (AP) - 24/4/2 - "Il n'y a pas de "drogue" douce ou de "drogue" dure". "Il n'y a que des drogues interdites"... Dénonçant la "complaisance" de la gauche et des milieux "branchés", le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a préconisé mercredi la tolérance zéro contre les petits consommateurs de "drogue" et la création d'une panoplie de sanctions graduées pour rafraîchir la loi de 1970 qui est, selon lui, périmée. "Il n'y a pas de drogue douce ou de drogue dure. Il n'y a pas de petite consommation personnelle.
Il n'y a pas d'expérience individuelle. Il n'y a pas des jeunes entre guillemets libres et branchés. Il n'y a que des drogues interdites et des usagers qui mettent en péril leur santé et qui transgressent la loi", a-t-il déclaré lors d'une audition devant la commission d'enquête du Sénat sur la politique nationale de lutte contre les drogues illicites.
Préconisant une "politique de rupture", M. Sarkozy a donc proposé de dépoussiérer la loi de 1970 "qui a vieilli" et prévoit des sanctions "peu adaptées et trop lourdes" pour être appliquées.
Ainsi, seuls 8% des 71.667 usagers de "drogue" interpellés en 2001 ont été condamnés. Il a donc suggéré de supprimer la disposition "la plus critiquable", à savoir la possibilité de prononcer des peines de prison à l'encontre des simples consommateurs.
En contrepartie, il a préconisé la création d'une "panoplie de sanctions adaptées à l'âge" du contrevenant, qui permette de le punir "réellement et rapidement".
"Je suis contre durcir les sanctions, je suis pour les rendre plus efficientes", a-t-il expliqué. Parmi ces nouvelles sanctions destinées notamment aux plus jeunes, il a évoqué la confiscation temporaire du scooter, du permis de conduire.
Egalement auditionné, le ministre de la Santé Jean-François Mattéi a estimé que le "toilettage" de la loi de 1970 pourrait passer par une simple proposition de loi. "Je suis pour le maintien de l'interdiction de la consommation de cannabis [chanvre indien] et naturellement d'"autres drogues", mais je souhaite simplement qu'on revoit l'échelle des peines" pour "aller vers une proportionnalité", a-t-il dit. Nicolas Sarkozy a brandi le risque d'une "nouvelle épidémie de consommation" chez les mineurs : 50% des jeunes ont déjà consommé du cannabis et 25% en consomment régulièrement, a-t-il rappelé. "Entre 2000 et 2002, le nombre de jeunes gens ayant expérimenté l'ecstasy a doublé, tel est également le cas pour la cocaïne".
"Nous sommes devant un phénomène de banalisation", a-t-il craint. A cet égard, il a montré du doigt la politique "complaisante" de la gauche, qui a "entraîné une grande confusion des esprits" en mettant sur le même plan la dépendance aux drogues illicites, au tabac ou à l'alcool. "Tolérer la consommation, c'est favoriser le travail des trafiquants", a-t-il fustigé. Il a également critiqué le financement public des associations pratiquant le "testing" des pilules d'ecstasy. Outre le consommateur, le locataire de la place Beauvau a promis d'"engager la guerre aux trafiquants". Pour ce faire, le travail des groupes d'intervention régionaux sera facilité cette année grâce à la levée du secret fiscal "sous certaines conditions" et aux infiltrations des réseaux. En matière de lutte contre la drogue, les GIR ont effectué depuis leur création 335 opérations,
2.500 arrestations, saisi une tonne de résine de cannabis, 25.000 comprimés d'ecstasy et 24 kilos d'héroïne et de cocaïne. Enfin, Nicolas Sarkozy a précisé qu'il se rendrait "avant l'été" au Pakistan et en Colombie pour évoquer la question des trafics avec ses homologues.
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GENEVE (AFP) - 5/1/6 - La consommation de cannabis a doublé ces dix dernières années en Suisse, où les jeunes fument leur premier joint de plus en plus tôt, selon une étude publiée jeudi par l'Office fédéral de la santé publique.
Entre 30% et 50% des personnes interrogées dans différentes études indiquent avoir déjà fumé un joint, contre 15 à 25% au début des années 1990, selon ce rapporte. La moitié des jeunes âgés de 13 à 29 ans a déjà fumé du cannabis.
L'Office fédéral s'inquiète particulièrement du fait que les jeunes semblent commencer à fumer des joints de plus en plus tôt. Ils ont aujourd'hui en moyenne 14,7 ans alors qu'en 1995, l'âge moyen était encore de 16,5 ans.
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Ne pas confondre la feuille de coca et la cocaïne (drogue artificielle de la SICK) !
Le président bolivien appelle à Paris à "changer le modèle néolibéral"
Paris (AFP) - 6/1/6 - Evo Morales, chef syndical des planteurs de coca, a réaffirmé qu'il allait se battre pour que les Nations unies retirent "la feuille de coca de la liste de poisons ou de stupéfiants".
"La feuille de coca à l'état pur ne nuit pas à la santé", a-t-il assuré. "Ce n'est pas possible que l'on puisse en faire du Coca-Cola et qu'on ne puisse pas s'en servir dans le monde andin pour faire du thé, du dentifrice ou un produit pour lutter contre l'obésité".
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A propos de la SMCS :
Le pasteur David a été arrêté et emprisonné en Suisse le 8 juin 2006
Il est sorti de prison le 10 août 2007 !
On 8th June 2006 the chairman of a religious group, calling himself Pastor David, has been imprisoned on remand in Switzerland. This association calls itself SMCS (Sacred Mushroom Church of Switzerland). Pastor David, whose full name is David Jan Schlesinger and who has German citizenship, is active in the application of psilocybin-containing mushrooms since many years. The followers of the SMCS regard these mushrooms as holy, because they allow spiritual experience and make lasting improvements of the whole psychical and physical health condition possible.
We won't explain the mode of functioning of the mushrooms in detail here, but many people don't have doubts, that these mushrooms change the consciousness in a way, that they can be applied as a cure against different forms of mental illness and have the power to lead their users to religious experiences.
The imprisonment of David Schlesinger is taken by us as a clear infringement of the human rights, because it is based on laws, which limit the freedom of religion, guaranteed by international human right and national constitution, and these laws are obviously specifically designed to limit this freedom.
Citation du Pasteur David :
Le mot "église" est employé pour exprimer l'idée d'une communauté spirituelle, d'aucune construction ou endroit particulier. Les amis du Champignon Sacré n'éprouvent ni le besoin d'un endroit de culte particulier (cathédrale), ni le besoin de personnes spécifiques (prêtres, papes), pour pratiquer leur religion - le seul être dont ils aient besoin pour faire l'expérience de la religion est le Champignon Sacré.
Le mot "religion" signifie "ré-alignement [à Dieu]".
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Le comble de la répression et de l'atteinte aux libertés individuelles
Sanction pour Patricia Tabram, une grand-mère anglaise de 68 ans qui cuisine au chanvre indien !
LONDRES (AFP) - 8/3/7 - Une grand-mère anglaise récidiviste, qui cuisinait avec du cannabis pour lutter contre la dépression, a été condamnée mercredi à 250 heures de travaux d'intérêt général après avoir été reconnue coupable par un tribunal de Carlisle (nord-ouest).
Le jury n'a mis que 15 minutes pour juger coupable, à l'unanimité, Patricia Tabram, 68 ans, qui cultivait quatre pieds de chanvre indien [cannabis] dans une armoire à son domicile de Humshaugh (Northumberland), en violation d'une condamnation à six mois de prison avec sursis.
"Je vais continuer à me soigner avec du cannabis. Ce tribunal n'est pas compétent et je vais faire appel et déposer plainte car je n'ai pas eu droit à un avocat", a déclaré Mme Tabram après sa condamnation, disant qu'elle n'avait pas peur d'aller en prison.
La police était intervenue chez elle en septembre 2005 sur dénonciation et avait trouvé, outre les plants, un bocal de poudre de cannabis près de la cuisinière.
Mme Tabram, auteur du livre "Mamie mange du cannabis" et deux fois grand-mère, avait également indiqué à la police que son congélateur était rempli de plats cuisinés et de glaces contenant du cannabis, qui n'ont pas été confisqués pour ne pas la priver de nourriture.
Elle a expliqué au tribunal qu'elle utilisait le cannabis pour lutter contre la dépression dont elle souffre depuis 1975, lorsqu'elle avait découvert son fils de 14 ans mort dans son lit, et soulager des douleurs persistantes dues à deux accidents de voiture. Ajouter du cannabis à une tasse de chocolat chaud lui donne, selon elle, cinq heures de répit alors que les médicaments ont de nombreux effets secondaires.
"Je suis vieille et fatiguée. (...) Je suis déçue de l'attitude du tribunal vis-à-vis de quelqu'un de mon âge avec mes problèmes de santé et la façon dont je les gère", a-t-elle déclaré.
Après sa première condamnation, elle avait été candidate lors des élections législatives de 2005 avec un programme pro-cannabis.
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PARIS - AP - 7/8/7 - Dominique Voynet plaide à nouveau pour la "légalisation contrôlée du cannabis" en France, estimant "hypocrite et inefficace" la politique actuelle de prohibition. "La légalisation contrôlée ne signifie pas du tout l'encouragement à l'usage", souligne la sénatrice de Seine-Saint-Denis mardi dans "Libération", qui est opposée à une simple dépénalisation qui "n'empêcherait pas cette économie souterraine et parallèle".
"Si le cannabis était considéré comme une drogue légale, on pourrait avertir plus clairement sur les dangers, les problèmes respiratoires par exemple", plaide-t-elle, remarquant qu'en matière de campagne de prévention, les jeunes actuels "ont l'impression d'entendre un message totalement décalé par rapport à la réalité".
Or, estime-t-elle, "le mode de production actuel n'a plus rien à voir avec celui du "baba cool qui faisait pousser quelques plants de chanvre sur son balcon. Maintenant, il s'agit de 'cultures industrielles' avec un éclairage artificiel servant à enrichir la plante en THC", la substance active du cannabis qui agit sur le cerveau.
"S'il assumait la responsabilité de la légalisation, l'Etat pourrait notamment avoir un encadrement sur les concentrations en THC de ces produits", soutient Mme Voynet, médecin-anesthésiste, rappelant que "la position des Verts a toujours été en faveur d'une légalisation contrôlée du cannabis". AP
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AMSTERDAM - AP - 12/10/7 - La politique des Pays-Bas en matière de drogue sera désormais un peu moins permissive. Le gouvernement néerlandais va interdire la vente de champignons hallucinogènes, a annoncé vendredi un porte-parole du ministère de la Justice.
Cette décision va entrer en vigueur dans les mois qui viennent et ne nécessite pas de feu vert parlementaire, a précisé Wim van der Weegen. "Nous avons l'intention d'interdire la vente de champignons magiques", a-t-il affirmé. "Cela veut dire que les magasins qui le feront seront fermés".
Dans le cadre de la politique très tolérante des Pays-Bas en la matière, la marijuana et le haschisch sont en principe illégaux, mais la police ne poursuit pas les gens pour la possession de petites doses, et ces produits sont vendus ouvertement dans certains cafés.
La possession de drogues dures comme la cocaïne, le LSD et l'ecstasy est illégale. Les champignons sont considérés comme à peu près à mi-chemin entre drogues dures et drogues douces.
"Le problème avec les champignons, c'est que leurs effets sont imprévisibles. Il est impossible d'estimer quel montant produit quel effet", a expliqué M. Van der Weegen.
Cette nouvelle mesure d'interdiction fait suite aux remous suscités par le décès d'une jeune Française de 17 ans, Gaëlle Caroff. En mars dernier, elle avait sauté d'un bâtiment à Amsterdam après avoir mangé des champignons hallucinogènes, alors qu'elle effectuait un voyage aux Pays-Bas avec son école.
Les parents de la jeune fille ont attribué sa mort aux hallucinations provoquées par les champignons, bien qu'elle avait souffert de problèmes psychiatriques dans le passé. Des photographies de Gaëlle avait été publiées dans les journaux néerlandais.
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Alix RIJCKAERT
AFP - 21/11/8 - Jonathan, un étudiant belge qui vient se fournir en cannabis du côté néerlandais de la frontière, au coffee shop Liberty II de Roosendaal, ne craint pas sa fermeture prochaine. "On ira dans une autre ville, il y des coffee shops partout!", affirme-t-il.
Excédé par les nuisances provoquées par 13.000 touristes de la drogue belges et français qui chaque semaine envahissent Roosendaal (sud), le maire a décidé de fermer d'ici deux ans les quatre coffee shops de sa ville de 67.000 habitants.
Il espère ainsi mettre fin au ballet incessant des voitures étrangères et aux activités de quelque 75 rabatteurs qui, selon lui, tentent d'écouler drogues dures et douces.
Au comptoir du Liberty II, les habitués néerlandais sont atterrés. "Il faudrait mettre un autocollant sur la porte disant +Interdit aux Belges et aux Français+", fulmine l'un d'eux, en tirant à pleins poumons sur son joint.
Au fond du bar, les clients attendent leur tour pour commander au guichet herbe ou résine, à 8 euros environ le gramme. La drogue est pesée et livrée dans des petits sachets en plastique.
Certains restent boire un jus de fruit ou un café à l'une des tables en bois, et goûter l'herbe en écoutant la musique ou en nouant un brin de conversation.
Jonathan vient chaque semaine d'Anvers (nord de la Belgique) avec un ami acheter la quantité maximale autorisée, 5 grammes par personne. "Ca nous fait une petite sortie en bagnole, on s'achète notre +beu+, on se roule un joint en buvant tranquillement un thé, puis on repart", raconte-t-il en mélangeant herbe et tabac sur une feuille de papier à rouler.
"Je préfère venir jusqu'ici au lieu de payer de petites frappes bruxelloises qui te vendent un truc pourri", explique Christophe, un ingénieur du son de 30 ans.
Le patron du Liberty II est révolté. "On a proposé au maire de déplacer les coffee shops en dehors du centre, mais il n'a rien voulu entendre", s'énerve-t-il : "il ne fait que repousser le problème, les gens iront à Etten-Leur", à quelques kilomètres de là.
"Le déplacement des coffee shops ne réglerait pas le problème de la criminalité, générée par l'afflux de touristes. Les sommes d'argent qui circulent sont gigantesques", se défend le maire de la ville Michel Marijnen. Il se plaint aussi de nuisances "inacceptables".
"Les touristes se fichent de bloquer la circulation, ils sont agressifs et il y a de petits dealers qui font la loi", confirme Toon, un habitant du quartier, qui se dit "ravi" de la fermeture.
De janvier 2007 à juillet 2008, 1.300 personnes commettant un délit en relation avec les coffee shops ont été arrêtées à Roosendaal, et des stupéfiants, d'une valeur estimée à 35 millions d'euros, ont été saisis.
Depuis quelques années, des organisations criminelles contrôlent la culture du chanvre, la vente de cannabis en dehors des coffee shops et le transport, explique à l'AFP Inge Rijgersberg, porte-parole de la police régionale.
Les Pays-Bas ont décriminalisé en 1976 la consommation et la possession de moins de cinq grammes de cannabis, vendus dans des coffee shops titulaires de licence. Mais leur approvisionnement se fait dans l'illégalité : la culture et la vente en gros de cannabis sont interdits.
Vendredi, les maires d'une trentaine de communes néerlandaises affrontant des problèmes similaires devaient se réunir à Almere (nord-est d'Amsterdam) pour appeler le gouvernement à agir.
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On December 1 all psychoactive mushrooms have been made illegal in the Netherlands.
According to the Public Prosecutor, the prohibition “focuses primarily on the commercial cultivation and sales.”
Users of magic mushrooms can theoretically continue their use, as long as they cultivate the fungi themselves.
On November 28 the Dutch court decided that the ban on magic mushrooms will go into effect as of December 1 after all. The VLOS (the national association of smartshops) tried to fight the decision in court only a few days before it would go into effect, but their arguments were ignored by the judge. So far no detailed explanation for the judge’s decision has been given, but spokesman of the VLOS, Paul van Oyen, replied that they might appeal to the higher court in a final attempt to undo the ban.
This means that as of December 1, it will no longer be possible for the Dutch to buy fresh mushrooms in smartshops. A big leap backwards for a country that once had a progressive drug policy. Most politicans still seem to be oblivious to the increased risks that this ban brings along , such as the chance of people consuming poisonous mushrooms, dosing wrong due to lack of (objective) information, etcetera.
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LEMONDE.FR - 2/3/9 - Le débat sur la marijuana thérapeutique est relancé aux Etats-Unis. Au cours de sa campagne, Barack Obama avait déclaré qu'il arrêterait les raids de la police fédérale contre les centres qui distribuent du cannabis à usage médical. Une décision confirmée, mercredi 25 février, par le nouveau ministre de la justice, Eric Holder.
La culture et la cession de cannabis sont formellement prohibées par la loi fédérale américaine, mais treize Etats ont adopté des lois autorisant l'usage de la marijuana thérapeutique, notamment pour des traitements antidouleur. Les cliniques qui distribuent ces produits sont en conflit permanent avec la Drug Enforcement Administration (DEA), l'agence fédérale antidrogue américaine.
Cette évolution de la politique américaine soulage les militants du cannabis thérapeuthique, comme l'association antiprohibitioniste NORML, qui propose à ses adhérents de remercier Eric Holder par email. Mais la nouveauté est relativisée par l'hebdomadaire conservateur US News and World Report : "Il semble peu probable qu'Obama fasse des choix radicaux. Durant toute sa campagne, il a répété qu'il n'était pas favorable à la légalisation de la marijuana."
LÉGALISER ET TAXER LE CANNABIS EN CALIFORNIE
Deux jours avant la déclaration d'Eric Holder, un député californien, Tom Ammiano, a provoqué un tollé en déposant un projet de loi visant à légaliser et taxer le cannabis en Californie, dans le but de récolter 14 milliards de dollars de recettes fiscales par an. Il propose d'appliquer les mêmes règlementations que pour la vente d'alcool.
Cette proposition, en contradiction totale avec les lois fédérales américaines, a suscité une vive opposition. L'argument économique est rejeté dans les colonnes du quotidien Los Angeles Times par Calvina Fay, directrice de l'ONG Save Our Society From Drugs : "Légaliser la drogue créerait de nouveaux coûts pour notre société." Pour John Lovell, un lobbyiste qui représente trois syndicats policiers californiens,cité par le Wall Street Journal, " cette proposition est basée sur l'idée fausse que si on légalise la marijuana, on obtiendra un paradis social et fiscal."
Si cette initiative a peu de chance d'aboutir, l'opinion américaine a évolué sur ce sujet. En 2009, trois sondages ont révélé qu'un grand nombre d'Américains soutiennent la légalisation de la marijuana : 40 % selon Rasmussen, 41 % selon CBS News et 44 % selon Zogby. Il y a vingt ans, ce chiffre ne dépassait pas les 20 %.
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LeMonde.fr - 12/3/9 - Devant les responsables d'une cinquantaine de pays réunis depuis mercredi à Vienne, en Autriche, pour la 52e conférence de la commission des stupéfiants de l'ONU, le président bolivien Evo Morales n'a pas pris de gants. En prononçant un discours, jeudi 12 mars, M. Morales a sorti une feuille de coca, plante de laquelle est issue la cocaïne, et l'a mâchée, demandant son retrait de la liste des substances interdites.
'La feuille de coca n'est pas de la cocaïne, a expliqué le président bolivien, par ailleurs leader syndical des cultivateurs de coca dans son pays. Elle n'est pas nocive pour la santé, elle n'engendre pas de perturbations psychiques ni de dépendance.' Il a ensuite égrené ses arguments : les feuilles de cette plante sont cultivées depuis 'trois mille ans avant Jésus-Christ', elles ont un caractère 'sacré' en Bolivie, où elle sont mâchées ou infusées. Qui plus est, il a lui-même consommé de la coca 'pendant dix ans'. 'Si les effets étaient tels qu'on les décrit, je ne serais jamais devenu président de la République, s'est-il amusé. Si c'est une drogue, alors vous devez me mettre en prison.' La feuille de coca est, depuis de nombreuses années, un casus belli entre le gouvernement bolivien et Washington, qui veut éradiquer sa culture dans la région andine, où près de dix millions de personnes l'utilisent.
ÉCHEC DES POLITIQUES ANTI-DROGUE DEPUIS DIX ANS
La sortie d'Evo Morales intervient à un moment où les Nations unies laissent entendre que leur politique anti-drogue pourrait être entièrement revue. Mardi, un rapport indépendant, commandé par la Commission européenne, arrivait à la conclusion que, depuis dix ans, la lutte mondiale contre la drogue a été un échec. Le levier répressif a été particulièrement mis en cause par les experts qui ont rédigé ce rapport. 'La majorité des dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des drogues elles-mêmes', a résumé Peter Reuter, professeur à l'Université du Maryland, soulignant que les prix des drogues dans le monde 'ont chuté de pas moins de 10 à 30 % depuis 1998'. Toutefois, aucune recommandation n'a été faite par les auteurs, qui précisent qu''il appartient désormais aux gouvernements de tirer des conclusions'.
A Vienne, les constats d'échec se sont succédé. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) a reconnu que la politique onusienne avait indirectement conduit à la création d''un marché criminel autour du trafic de drogue d'une valeur estimée de 300 milliards de dollars (233 milliarsd d'euros) par an'. Son président, Antonio Maria Costa, a demandé que 'la santé [soit] au centre des politiques anti-drogue', ce qui implique qu'elle n'était que périphérique jusqu'ici. 'Nous avons besoin de faire respecter les lois, mais le point le plus important est de replacer la santé, la prévention, les traitements au centre des politiques anti-drogue. Ce n'est pas le cas dans beaucoup de pays', a-t-il enfin conclu.
Des possibilités comme la dépénalisation de certaines drogues ou le financement de produits de substitution à une grande échelle sont évoquées ici ou là, mais ont été rapidement écartées car elles ne font pas l'unanimité. 'Il faut que l'on apprenne à vivre avec les drogues', a par exemple confié à El Pais le Brésilien Rubem Cesar Fernandes, membre de la commission latino-américaine sur les drogues et la démocratie, qui participe au sommet. 'La réduction des risques doit être une partie d'une solution (...), mais elle ne peut se faire aux dépens d'autres mesures ou remplacer d'autres mesures', a souligné fermement l'Onudc.
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Par Jean-Pierre Galland
Rue89 - 15/6/9 - Le manifeste publié en 1976 par quelques journalistes de Libération étant toujours d'actualité dix-sept ans plus tard, le Circ, collectif d'information et de recherche cannabique, décida de relancer «l'Appel du 18 joint» en organisant en 1993 un premier rassemblement au Parc de La-Villette, à Paris.
Seize ans ont passé. Le 18 juin reste le seul jour de l'année où les amateurs de cannabis peuvent fumer des pétards sans risquer dix ans de prison, la peine prévue pour usage et détention. C'est aussi le seul jour de l'année où tout citoyen peut revendiquer pour cette plante appréciée en France par plus d'un million de personnes issues de toutes les classes sociales, un autre statut que celui de stupéfiant.
En 1995, l'année où Jacques Chirac devint président de la République, le préfet de police eut la bonne idée d'interdire le rassemblement de «l'Appel du 18 joint». Cette interdiction, et celles qui suivirent, permit au Circ de nouer de solides alliances avec les politiques, en particulier avec les Verts, et d'amener des associations, par exemple la ligue des Droits de l'homme, à se positionner sur le problème des drogues. C'était le temps où la seizième chambre correctionnelle de Paris servait de tribune au Circ pour exprimer ses idées sur les multiples effets pervers de la prohibition.
Les fumeurs de cannabis, du citoyen lambda à l'ennemi de l'intérieur
Depuis 1998, «l'Appel du 18 joint» est toléré à Paris, mais aussi dans les quelques villes où il se déroule, même si chaque année le responsable du rassemblement parisien est convoqué par la brigade des stupéfiants à la demande du parquet qui ne donne pas suite.
Trop souvent présenté comme un rassemblement de nostalgiques, de babas cools ou de gauchistes, «l'Appel du 18 joint» est pourtant l'occasion unique de démontrer par le nombre que les fumeurs de cannabis sont des citoyens comme les autres. Or, bon an mal an, à Paris seulement deux mille personnes répondent à l'appel du Circ et quelques centaines à Lyon.
Aujourd'hui, la politique des drogues est plus que jamais axée sur la tolérance zéro. En quelques années, à coup de campagnes de prévention caricaturales, alors que les médias s'autocensuraient et donnaient rarement la parole aux partisans de la légalisation, Etienne Apaire (un des artisans de la loi sur «la prévention de la délinquance») et président de la Mildt peaufinait son «plan gouvernemental et triennal de lutte contre les drogues et les toxicomanies».
Avec ce plan sorti en juillet 2008, la Mildt entend imposer son discours unique sur les drogues, chargeant le CSA de traquer les téléfilms présentant les stupéfiants sous un jour favorable ou proposant de former des « spécialistes » chargés de délivrer la bonne parole dans les collèges, les lycées, les universités, les entreprises, les stades, les familles, les prisons…
Afin de mieux contrôler l'information, la Mildt promet aussi de s'attaquer aux sites internet qui «font la promotion de l'usage du cannabis et vendent du matériel destiné à la culture». Elle n'a pas encore trouvé la parade pour éradiquer la vente de graines, mais ça ne saurait tarder… En attendant, elle va doter la police «de moyens de détection innovants» et traquer le nouvel ennemi de l'intérieur : le cannabiculteur [1].
Toujours d'après ce plan, tout usager pris le pétard au bec aura droit à son « stage de sensibilisation sur les dangers des produits stupéfiants » et le gouvernement va multiplier les consultations jeunes consommateurs, « y compris dans les zones rurales ».
Permis de conduire retiré pour six mois… même si vous avez fumé la veille !
Cette politique a déjà porté ses fruits puisqu'elle s'est traduite en 2008, par 177 954 interpellations pour infraction à la législation sur les stupéfiants dont 90% concernent le cannabis. Et attention aux peines planchers ! Condamné une première fois pour usage et détention (une infraction en théorie punie de dix ans de prison), vous serez automatiquement condamné à quatre ans de prison ferme si on vous interpelle une seconde fois en possession de quelques grammes.
Le gouvernement a déclaré la guerre aux amateurs de cannabis. Aujourd'hui, tout fumeur prenant le volant doit s'attendre à tomber sur un gendarme lui demandant de se plier à un test salivaire. Positif, le malheureux sera traîné à l'hôpital, et au cas où la prise de sang révèlerait quelques nanogrammes de THC, son permis de conduire lui sera retiré pour une durée de six mois… Qu'importe si son dernier joint, il l'a fumé la veille !
Plus que jamais, «l'Appel du 18 joint» est d'actualité. Le débat autour du cannabis que l'on croyait à jamais enterré a resurgi lors des élections européennes avec la candidature sur la liste Europe écologie d'Anne Coppel (fondatrice de l'Association Française de Réduction des risques) et la constitution de la liste «Cannabis sans frontières». Composée à quelques semaines du scrutin, superbement ignorée par les médias, disposant de moyens dérisoires, la liste «Cannabis sans frontières» a tout de même recueilli 3988 voix dans la région Ile-de-France [2].
Que vous soyez amateur de cannabis ou simple citoyen, si vous en avez marre d'un gouvernement qui veut vous dicter vos plaisirs, un gouvernement qui privilégie la politique de la matraque au détriment de la prévention et de l'éducation, «l'Appel du 18 joint» est l'occasion, inespérée… Après, il sera trop tard, pour dire non à la politique de tolérance zéro pour le cannabis.
Notes :
[1] http://www.rue89.com/2008/06/17/cannabis-la-prohibition-terreau-fertile-de-lautoproduction
[2] http://www.rue89.com/droguesnews/2009/06/09/4000-petits-votes-pour-cannabis-sans-frontieres
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Photos Audrey Cerdan
Rue89 - 19/6/9 - Quelques centaines de partisans de la légalisation du cannabis s'étaient donnés rendez-vous ce jeudi, comme tous les ans depuis 1993, au Parc de la Villette, à Paris, pour célébrer comme il se doit l'Appel du 18 joint : pétard à la bouche.
Ce qui n'est évidemement pas du goût des forces de l'ordre, car la simple consommation de cannabis tombe toujours sous le coup de la loi en France. Traditionnellement, la brigade des stupéfiants se déplace pour l'événement mais se contente d'observer, voire de converser avec les organisateurs.
Une fois n'est pas coutume, d'autres représentants de la loi ont cette fois débarqué en moto, en voiture et… à cheval. Après avoir contrôlé l'identité de jeunes fumeurs qui attendaient le début des agapes, les policiers (apparamment rattachés au commissariat du XIXe arrondissement) ont tenté de placer en garde à vue Jean-Pierre Galland, président du Circ (le Collectif d'information et de recherche cannabique [1]).
Après l'intervention de la direction de la Villette, les forces de l'ordre ont opéré un retrait en désordre et sont finalement reparties bredouille. Du côté de la police, on affirme aujourd'hui « qu'aucun fait notable n'a été signalé ». Tout est bien qui finit bien.
Note :
[8] http://www.circ-asso.net/
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Arnaud Aubron
En novembre 2006, j'ai créé Drogues News,
un blog spécialisé dans les politiques nationales et internationale des stupéfiants,
aujourd'hui transféré sur Rue89, dont je suis l'un des fondateurs.
Par Arnaud Aubron
RUE89 - 11/3//9 - Un rapport de la Commission constate l'échec total de dix ans de stratégies répressives. L'ONU en débat ce mercredi à Vienne.
«Un monde sans drogues c'est possible.» Vertueux slogan derrière lequel se rangèrent, en juin 1998, au siège de l'ONU, les chefs d'Etat du monde entier, promettant rien moins que d'éradiquer en dix ans pavot, coca et cannabis de la surface du globe.
C'est pour évaluer, et éventuellement adapter, cette énième «guerre à la drogue» que se réunit ce mercredi à Vienne, après une année de réflexion, la Commission des stupéfiants de l'ONU, sorte de Parlement mondial de la lutte contre les drogues.
«La majorité des dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des drogues elles-mêmes»
Autant dire qu'à la veille de cette importante réunion, la publication, mardi, par la Commission de Bruxelles, de son « Rapport sur les marchés mondiaux des drogues illicites (1998-2007) » fait plutôt désordre. L'économiste américain Peter Reuter, du think tank Rand, qui a mené les travaux, y conclue en effet :
«Aucun élément ne permet de dire que le problème des drogues a reculé sur la période 1998-2007. […] La situation s'est plutôt améliorée dans les pays riches, mais a empiré dans les pays en transition.»
Truisme pour qui connaît un peu la question, mais dans un rapport officiel de ce niveau (même s'il n'engage que ses auteurs : des experts internationaux réputés plutôt connus pour leurs sympathies antiprohibitionnistes), c'est un sérieux pas en avant. D'autant que le réquisitoire est aussi argumenté qu'implacable :
« Le nombre d'usagers d'héroïne et de cocaïne a augmenté. Le nombre d'usagers de cannabis a probablement reculé. […] Les prix au détail des drogues ont baissé dans les pays occidentaux, y compris dans les pays qui ont durci leur législation contre les dealers, comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. […] Aucun élément ne permet de dire que les drogues sont plus difficiles à se procurer. […] Il n'y a aucune preuve que le contrôle des zones de production puisse réduire l'offre ou enrayer le trafic de drogues illicites. »
Petit coup de griffe au passage à l'imagerie des incorruptibles traquant les Al Capone des temps modernes :
« Les marchés des drogues illégales sont concurrentiels et ne sont pas dominés par des cartels ou de gros dealers. Les liens avec le terrorisme ou des insurrections armées sont importants, mais seulement dans quelques endroits, comme en Colombie ou en Afghanistan. »
Avant d'enfoncer le clou au cas où un prohibitionniste aurait survécu à la charge :
« La prohibition des drogues a provoqué des dégâts involontaires importants, dont beaucoup étaient prévisibles. »
Bref, la guerre à la drogue est non seulement inutile et coûteuse, mais en plus, elle favorise la corruption, la grande criminalité et la prise de risques sanitaires par les usagers. Devant la presse, le Pr Reuter a ainsi résumé sa pensée : «La majorité des dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des drogues elles-mêmes. »
Une conjonction de signes positifs
Reste à savoir ce que feront les Etats membres de ce brûlot, qui, ironie du sort, a été commandé par le vice-président de la Commission, Jacques Barrot, représentant l'un des Etats européens les plus répressifs. A en croire la coalition européenne d'ONG antiprohibitionniste Encod :
« L'évaluation était disponible en décembre 2008, mais pour des raisons obscures n'a pas été diffusée et [n'a été] publique qu'à l'ouverture de la session de la Commission des stupéfiants. Autant dire qu'il y a peu de chances que cette évaluation ait une influence sur les résultats. »
Et comme l'a souligné mardi Carel Edwards, directeur des politiques antidrogues à Bruxelles :
«Une chose est sûre : le monde n'est pas prêt à se diriger vers une libéralisation. Ni les Nations unies, ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne.»
Attention toutefois, de ce point de vue les choses changent. Lentement mais elles changent. D'abord, comme l'ont souligné les auteurs du rapport, les politiques de réduction de la demande (qui consistent à soigner et à prévenir) s'imposent partout dans le monde. Même les politiques de réduction des risques (produits de substitution, échanges de seringues…) progressent elles-aussi, y compris dans les pays qui étaient le plus hostiles, comme… la France, les Etats-Unis, l'Iran ou la Chine.
Mais c'est surtout le changement de climat politique à Washington qui est vécu comme LA grande nouvelle par les antiprohibitionnistes du monde entier. Encod demande ainsi un «moratoire sur la politique des drogues». Et ce essentiellement afin que l'équipe Obama ait le temps de mettre au point une nouvelle stratégie.
Washington a en effet jusque-là veillé à ce qu'aucun pays ne dévie de la stricte orthodoxie prohibitionniste.
Barack Obama, qui a lui-même consommé herbe et cocaïne, semble vouloir défendre une politique basée sur la santé publique. Il a déjà promis que les raids fédéraux contre les dispensaires de marijuana cesseraient en Californie. Reste à savoir jusqu'où iront ses envoyés à Vienne, où l'on prend chaque année le pouls de la planète en matière de lutte antidrogues.
Un assouplissement américain trouverait en tous cas un écho favorable chez ses voisins du Sud. Le Bolivien Evo Morales, ancien leader des planteurs de coca, compte ainsi demander la déclassification de la feuille de coca (pas de la cocaïne) afin d'en accroître le commerce.
Tandis que trois anciens présidents latino-américains (le Brésilien Cardoso, le Colombien Gaviria et le Mexicain Zedillo) signaient, fin février, dans le Wall Street Journal un article intitulé : « La guerre à la drogue est un échec. »
Par Arnaud Aubron
RUE89.FR - 12/7/9 - Le conseil municipal de Copenhague envisage d'ouvrir des coffee shops dans la capitale danoise, tandis qu'une mission mise sur pied par le gouvernement néerlandais préconise de rendre légale la culture de cannabis pour les coffee, qui ne seraient plus accessibles qu'aux seuls habitués.
Alors qu'en France, l'un des cinq pays de l'Union où la simple consommation de cannabis peut conduire en prison [1], le débat sur le statut de cette drogue en reste au stade pénal (il est interdit de le « présenter sous un jour favorable » et donc très difficile de débattre du bienfondé de la prohibition sans tomber sous le coup de la loi), ailleurs en Europe, les choses bougent.m
On en avait eu un premier aperçu au niveau de l'Union européenne au mois de mars. Dans son « Rapport sur les marchés mondiaux des drogues illicites (1998-2007) », la Commission de Bruxelles allait jusqu'à affirmer [2] :
« La prohibition des drogues a provoqué des dégâts involontaires importants, dont beaucoup étaient prévisibles. »
Un rapport qui n'a pas dû faire bondir de joie à Paris mais qui semble refléter l'Etat d'esprit de plus en plus de capitales européennes. Partant du constat, détaillé dans le rapport de la Commission, que sous le régime actuel de prohibition « aucun élément ne permet de dire que le problème des drogues a reculé sur la période 1998-2007 », plusieurs gouvernements cherchent une voie moyenne centrée non pas sur la répression mais sur la santé publique.
Des coffee shops au Danemark ?
Quitte à faire des allers-retours. Ainsi au Danemark, six ans après la fermeture du squat de Christiania, où le hasch était en vente libre, le comité des affaires sociales de la municipalité recommande aujour'hui « d'envisager sérieusement » une décriminalisation de l'usage et/ou de la vente de cannabis.
Partant du constat que « rien ne prouve qu'un accès facilité au cannabis entraîne plus d'utilisateurs ou d'accros », le comité recommande de mettre fin à la prohibition afin de lutter contre la violence des gangs, qui s'est accrue depuis six ans.
Une mesure soutenue par une majorité des partis représentés au Conseil miunicipal, dont certains défendent même un système de coffee-shops à la néerlandaise « pour tarir l'une des sources de revenu des gangs ».
Des coffee shops sur abonnement aux Pays-Bas
Aux Pays-Bas, justement, l'heure est également à la réflexion. Si les autorités se félicitent des résultats de leur politique de tolérance initiée en 1976 en termes de santé publique (les jeunes Néerlandais sont parmi les Européens qui consomment le moins de cannabis), reste que les gouvernements voisins continuent à mal supporter que les plus jeunes de leurs ressortissants passent leurs week-ends dans les 700 coffees bataves.
Résultat, afin de mettre un terme à une situation qui est «devenue hors de contrôle», une commission mise spécialement sur pied par La Haye préconise de «rendre aux coffees shops leur vocation initiale» de diffusion du cannabis à une petite échelle en en réservant l'accès aux seuls membres. Une politique déjà envisagée dans certaines régions frontalières.
Toujours dans l'idée de lutter contre le marché noir qui finance, y compris aux Pays-Bas, la grande criminalité, la commission recommande également que la production pour vendre à ces mêmes coffee shops soit légalisée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, rendant le système juridiquement bancal.
Ces recommandations serviront de base à une réforme de la politique des drogues qui sera présentée au Parlement en septembre.
Liens :
[1] http://www.rue89.com/droguesnews/le-cannabis-en-france-plus-de-repression-et-de-fumeurs
[2] http://www.rue89.com/droguesnews/2009/03/11/la-guerre-a-la-drogue-a-echoue-cest-leurope-qui-le-dit
[3] http://www.rue89.com/droguesnews/2009/03/11/la-guerre-a-la-drogue-a-echoue-cest-leurope-qui-le-dit
[4] http://www.rue89.com/droguesnews/2009/04/14/la-grande-bretagne-pourrait-economiser-15-milliards-en-legalisant
[5] http://www.rue89.com/droguesnews/le-cannabis-en-france-plus-de-repression-et-de-fumeurs
[6] http://www.rue89.com/tag/cannabis
[7] http://www.liberation.fr/monde/0101345588-a-christiania-les-babas-coulent
[8] http://stopthedrugwar.org/chronicle/593/copenhagen_cannabis_hash_coffee_shops
[9] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jKzY6xIBlijtIDrx1O7C7EOeqRag
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Par Nathalie Kantt
L'EXPRESS.FR - 9/9/9 - Au Mexique, puis en Argentine, les juges ont décidé de ne plus pénaliser les faibles quantités de cette drogue destinées à la consommation personnelle. La tendance s'étend à d'autres pays latino-américains. Le but : se consacrer aux "gros poissons".
Roberto Ledesma a 27 ans et huit grammes de marijuana dans sa poche. Il se promène avec, en toute liberté, raconte le quotidien argentin Pagina 12. Arrêté par la police, risque-t-il de se retrouver en prison ? Non : la Cour suprême d'Argentine vient de le relaxer, pour respecter la jurisprudence établie quelques jours auparavant. La possession de faibles quantités de stupéfiants destinées à la consommation personnelle n'est en effet plus punie de cette façon.
La Cour suprême revendique ainsi le concept d'autonomie individuelle: ne pas pénaliser des conduites privées si elles ne nuisent pas aux autres. Jusqu'alors, la possession de petites quantités de n'importe quelle drogue était pénalisée avec un maximum de deux ans de prison.
Cette nouvelle décision vient changer un critère établi depuis 20 ans en Argentine, selon lequel les consommateurs sont considérés comme le premier maillon d'une chaîne qui conduit tout droit au dealer.
Dans ce contexte, la Cour a aussi exhorté l'Etat à réformer les politiques contre le trafic de drogues. Et le gouvernement de la présidente Cristina Fernandez de Kirchner travaille déjà sur le sujet: il reçoit des projets pour réformer la loi antidrogue.
Se concentrer sur les "gros poissons"
La décision de la Cour argentine, très attendue, était néanmoins quelque peu prévisible. Il a un peu plus d'un an déjà, le gouvernement parlait de relativement se désintéresser des petits consommateurs pour concentrer l'attention des autorités sur les "gros poissons".
Autres exemples en Amérique Latine
Le Brésil et l'Uruguay n'envisagent plus la prison pour les personnes arrêtées en possession de faibles quantités de drogues. Néanmoins, la possession de drogues est encore considérée comme un crime au Brésil.
En Equateur, le président Rafael Correa a amnistié l'année dernière 1500 "mules" (on appelle ainsi aux gens qui transportent la drogue) qui avaient été condamnées.
Dans un pays où 440 000 personnes se disent consommateurs habituels, selon des sources officielles, l'Argentine s'écarte de la politique qu'elle partageait avec les Etats-Unis et adopte des critères plus flexibles tels que ceux considérés au Brésil ou en Uruguay.
Le Mexique est allé un peu plus loin que l'Argentine : une loi anti-drogues existe déjà. Elle dépénalise la possession de 500 milligrames de cocaïne, 50 mg d'héroïne, 40 mg d' anphétamine, 2 g d'opium ou 5 g de marijuana, entre autres.
Pour la justice mexicaine, c'est une façon d'inciter les accros à chercher des soins qui seraient financés par le gouvernement.
Mais cette décision suscite l'inquiétude, aux Etats-Unis... "Les milliers d'étudiants américains qui partent chaque année au Mexique pour le "spring break" choisiront maintenant cette destination pour obtenir des drogues", estime un chef de police.
Pourtant, malgré cette inquiétude, ces premiers changements de politiques au Mexique et en Argentine n'ont pas été critiqués outre mesure aux Etats-Unis. Dans quelques Etats américains, la possession de petites quantités de marijuana n'est pas non plus condamnée.
C'est de Colombie qu'est venue la critique la plus franche. Le président colombien Alvaro Uribe a en effet fustigé la dépénalisation : "légaliser la consommation aux drogues incite les jeunes au crime" [sic] , dit-il.
Le magazine argentin THC, quant à lui, s'écrie "enfin libres" (voir ci-dessous). La seule limite, selon un juge argentin qu'il cite, étant de ne pas faire du prosélytisme...

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