LA GOUVERNANCE DES PEUPLES

NON CELLE DES ÉTATS/NATIONS

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A propos de :

LA BOLIVIE

HOMMAGE DU NOUVEAU PRÉSIDENT BOLIVIEN À LA DÉESSE TERRE

A la veille de son investiture, Evo Morales, premier Amérindien à accéder à la présidence de la Bolivie, a rendu grâce à Pachamama, la déesse Terre, lors d'une cérémonie dans les ruines pré-Incas de Tiwanaku, près du lac Titicaca. Il tient dans sa main le bâton de commandement symbolisant les 36 nations indiennes de Bolivie.

TIWANAKU (AFP) - 21/1/6 - Pieds nus, vêtu d'un poncho rouge et ceint d'une couronne de fleurs blanches, le président élu de Bolivie Evo Morales a été intronisé samedi "chef suprême des indiens" des Andes par les prêtres du soleil aymaras sur le site des ruines pré-incas de Tiwanaku.
Quatre prêtres du soleil ont célébré une cérémonie mythique destinée à transmettre au futur chef de l'Etat, issu de l'ethnie aymara majoritaire en Bolivie, une "énergie positive" et des "pouvoirs telluriques et spirituels" pour l'aider à accomplir son mandat présidentiel de cinq ans.

"El Evo", comme l'appellent familièrement les indiens aymaras, a été salué à son arrivée à Tiwanaku par des milliers de paysans qui scandaient "vive Evo" et "Uka jacha uru jutasjiway" ("le grand jour est arrivé" en aymara).
De nombreux paysans, mastiquant la coca, petite feuille revigorante des Andes, brandissaient des "wipalas", drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel représentant les ethnies de la Bolivie, avec 9 millions d'habitants un des pays les plus pauvres du continent.

Bravant un froid vif venant du lac Titicaca tout proche, ils étaient venus très tôt, à pied, en charrette ou en autobus pour assister à la cérémonie.
Cette cérémonie indienne traditionelle et mythique, à laquelle n'avait jusqu'ici participé aucun des 65 présidents blancs ou métis qui ont gouverné la Bolivie, avait commencé samedi à 16H30 GMT en présence de 20.000 paysans de l'Altiplano dans un temple de l'ancienne cité de Tiwanacu (70 km de La Paz), située à 3.860 mètres d'altitude.

Officiellement, Evo Morales prêtera serment dimanche au parlement à La Paz en présence de dix présidents latino-américains, dont le Vénézuélien Hugo Chavez, l'Argentin Nestor Kirchner et le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, et d'une centaine d'invités de marque.
Le futur président, fils de paysans pauvres de l'Altiplano bolivien où il fut gardien de lamas, a été couronné du légendaire "unco", un bonnet à quatre pointes, et a reçu des mains d'un "amauta", prêtre du soleil et sage aymara de renom, un "transfert de pouvoirs telluriques et spirituels".

Dans le temple dédié au culte solaire de Kalasasaya, des "yatiris" (chamanes) ont purifié Evo Morales avant de lui remettre le bâton de commandement forgé de septs métaux et serti de pierres précieuses, symbole suprême de ses pouvoirs sur les peuples andins.
Le bâton est surmonté de deux têtes de condors représentant l'autorité hiérarchique sur les peuples indiens pasteurs de lamas de l'ouest de la Bolivie, du sud du Pérou et du nord du Chili.

Pour recevoir ses pouvoirs traditionnels, Evo Morales a gravi lentement les marches menant à la vieille pyramide, toujours pieds nus pour garder le contact avec la Pachamama (la terre nourricière).

"Aujourd'hui un jour nouveau se lève pour les peuples indigènes", a lancé Evo Morales, "une nouvelle vie où nous chercherons l'égalité et la justice, une ère nouvelle pour les peuples du monde", a-t-il ajouté.

"Je suis convaincu qu'avec seulement la force du peuple, avec son unité, nous allons en finir avec le modèle colonial et le modèle néolibéral".

"Nous allons avoir besoin du peuple. Je l'invite à me corriger en permanence, nous pourrons nous tromper mais jamais trahir la lutte du peuple bolivien (...) les indigènes sont les propriétaires absolus de cette terre", a martelé Morales en rappelant qu'il fallait suivre l'exemple de Che Guevarra, le guerillero argentin tué dans les maquis boliviens en 1967.

La cérémonie est suivie d'un banquet disposé sur une toile à même le sol, où les invités dégustent un "aptaphi", un plat comportant du fromage, de la viande de lama et différentes sortes de pommes de terre cultivées dans les Andes.

Evo Morales devait ensuite regagner rapidement La Paz pour accueillir ses premiers invités présidentiels qui assisteront dimanche au parlement à sa prise de fonction officielle.

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Avec Evo Morales, la Bolivie veut croire à une nouvelle ère

LA PAZ (Reuters) - 21/1/6 - Riches ou pauvres, les Boliviens espèrent que l'investiture d'Evo Morales, premier président issu de la communauté indienne, marquera dimanche le début d'une nouvelle ère de paix et de croissance après plusieurs années de troubles.

L'élection de cet indien Aymara, entré en politique par le biais de la défense syndicale des planteurs de coca, accentue le virage à gauche d'une Amérique latine où le libéralisme n'est pas venu à bout de la pauvreté.

Malgré son parcours atypique, le chef de l'Etat âgé de 46 ans, qui n'a pas fait d'études secondaires, a d'ores et déjà conquis nombre de sceptiques par son désir de réconcilier la majorité indigène et pauvre avec l'élite d'origine européenne.

"Je pense que la Bolivie est plus optimiste que jamais", se félicite David Escalier, un ingénieur qui avoue ne pas avoir voté pour Morales. "Avant Evo, nous savions que tous les politiques étaient plus ou moins les mêmes. Maintenant, on espère que les choses vont vraiment changer."

De vastes mouvements de protestation, contre la politique énergétique du gouvernement ou contre les privatisations, ont fait plusieurs dizaines de morts et contraint deux présidents, Gonzalo Sanchez de Losada puis Carlos Mesa, à écourter leur mandat entre 2003 et 2005.

Même la Maison blanche, que l'arrivée au pouvoir d'un socialiste n'enchante guère, a souhaité l'ouverture d'une nouvelle ère de stabilité. Durant la campagne qui l'a conduit à la victoire du 18 décembre, avec 54% des voix, Morales avait pourtant promis que son Mouvement vers le socialisme (MAS) serait le "cauchemar" des Etats-Unis.

Comme le Cubain Fidel Castro et le Vénézuélien Hugo Chavez, dont il s'est fait des alliés, l'ancien cocalero récuse le néolibéralisme des Etats-Unis. Il s'oppose en outre à la campagne d'éradication de la culture de la coca menée par Washington, tout en promettant de lutter efficacement contre le trafic de "drogue" [produits chimiques de la SIC, dont la cocaïne].

Le président, qui - enfant - gardait les lamas, tient désormais la clé de la prospérité future de son pays : la nationalisation du secteur gazier, qui repose sur les deuxièmes réserves naturelles d'Amérique latine, après celles du Venezuela.

Il s'agit de l'une des principales exigences de la communauté indienne, qui se dit spoliée des richesses de sa terre, qu'il s'agisse du gaz aujourd'hui ou de l'argent et de l'étain pendant la période coloniale.

"Nous avons besoin de partenaires, pas de maîtres", a-t-il déclaré au début du mois à Paris dans le cadre de sa tournée des "quatre continents" qui l'a conduit également au Venezuela, en Espagne, en Belgique, en Afrique du Sud, en Chine et au Brésil.

Le nouveau chef de l'Etat a toutefois exclu les expropriations et ne rechigne pas à faire la cour aux compagnies pétrolières étrangères qui ont injecté trois milliards de dollars dans l'économie bolivienne.

Le premier geste de cet "homme du peuple", tel qu'il s'est défini durant la campagne, a été de diminuer de moitié son salaire de président. Le week-end dernier, un sondage publié par La Razon le créditait de 65% d'opinions favorables.

Si de nombreux observateurs estiment qu'il aura beaucoup de mal à contenter à la fois les exigences de l'Altiplano, zone la plus pauvre du pays, et celles des provinces plus prospères de Santa Cruz ou de Tarija, qui réclament davantage d'autonomie, beaucoup voient l'élection de Morales comme un tournant dans l'histoire du pays.

"Evo représente une réelle renaissance, l'espoir né de l'échec des partis traditionnels discrédités et de la pauvreté généralisée", affirme Cesar Rojas, membre de la fondation UNIR.

Une douzaine de chefs d'Etat assisteront dimanche à son investiture qui ponctue une tournée mondiale marquée par la modestie que le président élu a affichée dans toutes les capitales qu'il a visitées.

Samedi, Morales a reçu la bénédiction de Pachamama, la déesse Terre, et lui a rendu grâce pour son élection lors d'une cérémonie Aymara dans les ruines pré-Incas de Tiwanaku, près du lac Titicaca.

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L'investiture d'Evo Morales bénie par les dieux indiens

Non au port de la cravate : symbole d'allégeance à la S.I.C.K !

TIAWANACU, Bolivie (AP) -22/1/6 - Lors d'une cérémonie dans les ruines d'un temple indien à la veille de son investiture, Evo Morales a promis samedi de débarrasser son pays des vestiges coloniaux du passé.

Premier amérindien à accéder à la présidence en Bolivie, M. Morales, très critique à l'égard de la politique latino-américaine des Etats-Unis, a qualifié son large succès électoral de victoire pour les peuples indigènes du monde entier.

"Avec l'unité du peuple, nous allons mettre fin à l'Etat colonial et au modèle néolibéral", a-t-il proclamé sous les applaudissements des dizaines de milliers de personnes venues assister à la cérémonie dans un temple datant de 5.000 ans avant Jésus Christ.

Issu de la majorité indigène de ce pays andin parmi les plus pauvres d'Amérique latine, M. Morales s'est exprimé en espagnol, tout en lançant des salutations en langue Aymara, l'idiome de son enfance.

Il a également fixé la date butoir pour la réécriture de la Constitution bolivienne par une assemblée constitutionnelle au 2 juillet prochain. Il avait déjà promis des réformes constitutionnelles qui doivent bénéficier à la majorité indienne du pays et renforcer le rôle de l'Etat dans la politique économique du pays, concernant notamment le contrôle de ressources naturelles comme le gaz.

Après la cérémonie, M. Morales a juré de changer un ordre économique mondial où les pays riches dominent les plus pauvres.

"Nous avons besoin de la force du peuple pour faire fléchir la main de l'empire", a-t-il déclaré. "Le moment est venu de changer cette terrible histoire de pillage de nos ressources naturelles, de discrimination, d'humiliation, de haine".

Des milliers d'indiens, dont certains mâchaient des feuilles de coca, avaient fait le déplacement pour voir "leur" chef d'Etat demander, pieds nus, la grâce et l'inspiration des divinités précolombiennes sur le site archéologique de Tiawanacu à une soixantaine de kilomètres de la capitale, La Paz.

Au début de la cérémonie, M. Morales a remercié la Terre nourricière pour sa victoire et promis "de rechercher égalité et justice".

La civilisation de Tiawanacu était florissante sur les rives du lac Titicaca il y a 7.000 ans. Elle a disparu sans laisser aucune trace écrite et sans que l'on connaisse par conséquent les causes de son anéantissement. C'est là qu'Evo Morales a choisi d'être béni par des prêtres indiens, les héritiers de cette culture ayant précédé la civilisation inca.

Wilfredo Silva, un père de famille de 32 ans, gérant de station-service, est arrivé au terme d'un trajet harassant de 25 heures avec ses deux jeunes enfants à bord d'autocars et de trains brinquebalants depuis une localité située à la frontière argentine. "C'est un jour important pour la Bolivie car il s'agit d'un changement monumental", expliquait-il au bord du sentier menant aux ruines, chemin qu'Evo Morales a emprunté un peu plus tard. "Les gens voulaient du changement, c'est maintenant le moment", ajoutait-il sous le regard attentif d'indiens vêtus de ponchos rouges foncés et de chapeaux de feutre.

Les amérindiens représentent 60% de la population bolivienne forte de 8,5 millions d'âmes. Ils estiment cependant être des citoyens de seconde zone dans ce pays dirigé jusque-là par les descendants des colons.

Evo Morales a d'abord marché jusqu'à la pyramide d'Akapana, endossé une tunique rouge décorée de motifs dorés et noirs avant d'accepter un bâton des prêtres symbolisant son pouvoir. Puis, il est entré seul, les pieds nus, dans le temple de Kalasasaya.

Après la cérémonie, une grande fête était prévue avec, en particulier, un gigantesque gâteau de quinoa, une sorte de graminée locale, et avec lequel on prévoyait de nourrir pas moins de 40.000 personnes. Le visage du nouveau président et la silhouette de la montagne sacrée Illimani devaient décorer cette pâtisserie digne du livre des records.

Dimanche, à La Paz, c'est une cérémonie plus classique qui est prévue, en présence de chefs d'Etat du continent, mais sans son ami, le Cubain Fidel Castro, et du prince hériter de la couronne d'Espagne. Contrairement à eux, il est certain que M. Morales ne portera pas de cravate et qu'il délaissera le costume trois pièces pour une tenue plus... "prolétarienne". Il vient d'effectuer une tournée mondiale, apparaissant invariablement vêtu de sa veste de cuir et de son chandail à rayures.

"La plupart des Boliviens ne portent pas de cravate et j'appartiens à cette majorité", a déjà expliqué Evo Morales qui a été à la fois loué et critiqué pour ses initiatives vestimentaires. "Ca me gênerait, c'est si serré autour du cou, j'aurais l'impression d'être pendu".

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Evo Morales réduit de moitié son salaire de président

LA PAZ (AP) - 27/1/6 - Evo Morales tient sa première promesse. Cinq jours après sa prise de fonctions, le président bolivien a réduit par décret de moitié son salaire présidentiel, et ordonné aux membres du gouvernement de ne pas recevoir de rémunération supérieure à la sienne.

Son salaire mensuel sera donc de 15.000 bolivianos (1.700 dollars, 1.397 euros) par mois. "Je demande (aux ministres) leur compréhension et leurs efforts pour tenter de remplir cette exigence, pas pour Evo, mais pour le peuple", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

L'argent ainsi économisé servira à créer un fonds pour embaucher des enseignants supplémentaires dans les écoles publiques. "Nous avons besoin de 6.000 professeurs supplémentaires, et il n'y a de l'argent que pour 2.200", a-t-il dit.

Le précédesseur de Morales touchait 34.900 bolivianos (3.900 dollars, 3.204,07 euros) mensuels.

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Bolivie : Evo Morales lance sa réforme agraire

LA PAZ (AP) - 3/6/6 - Le président Evo Morales lancera samedi sa réforme agraire en octroyant 20.000 km2 de terrains détenus par l'Etat bolivien à la population amérindienne démunie, ont déclaré les autorités.

L'annonce est intervenue vendredi après l'interruption des négociations entre le gouvernement et des dirigeants du secteur agricole au sujet de la "révolution agraire" de M. Morales, qui doit voir la redistribution de 200.000 km2 de terres sur les cinq prochaines années, un territoire correspondant à environ deux fois la superficie du Portugal. La plupart de ces terrains appartiennent à l'Etat et ne sont pas affectés.

La réforme agraire du président bolivien vise à réduire les inégalités entre les populations aisées des plaines et les populations des plateaux, pour la plupart amérindiennes.

Le vice-ministre des Terres, Alejandro Almaraz, s'est félicité des premières attributions qui seront faites samedi, assurant que le gouvernement garantira une gestion durable de ces terres, qui ne posent "aucun problème juridique", et que ni les forêts ni les réserves naturelles ne seront touchées.

Certaines parties de la réforme globale sont cependant controversées. Le gouvernement a annoncé par le passé qu'il procéderait à la redistribution de terrains privés dont l'exploitation est inefficace, qui ont été obtenus illégalement ou qui sont utilisés à des fins spéculatives.

Selon les autorités, un peu moins de 90% des terres boliviennes sont exploitées par 50.000 familles, ce qui en laisse peu -ou pas- pour plusieurs millions de Boliviens.

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Le président bolivien Evo Morales lors d'une assemblée générale de l'ONU, le 19 septembre 2006 à New York
Mardi, le président bolivien, Evo Morales, allié de Hugo Chavez en Amérique latine,
avait annoncé que le Venezuela avait accepté de se retirer en faveur de la Bolivie.

Don Emmert


Election à l'ONU : apparition éclair de la Bolivie et toujours l'impasse...

NEW YORK (AFP) - 26/10/6 - La Bolivie a fait irruption dans la course à l'obtention d'un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, toujours bloquée en raison de divergences persistantes entre le Guatemala, favori des Etats-Unis, et le Venezuela, leur bête noire.

Depuis le 16 octobre, 39 tours de scrutin ont eu lieu. Mercredi après-midi, les dernières consultations donnaient le Guatemala en tête devant le Venezuela mais sans atteindre la majorité indispensable des deux tiers des 192 membres de l'Assemblée générale, soit 123 voix.

L'élection vise à remplacer l'Argentine par un autre pays d'Amérique latine au Conseil de sécurité, à compter du 1er janvier et pour une durée de deux ans.
Une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères du Guatemala et du Venezuela, Gert Rosenthal et Nicolas Maduro, est prévue jeudi à New York pour tenter de débloquer la situation, selon l'ambassadeur équatorien à l'ONU, Diego Cordovez.

Outre un abandon de l'un des deux candidats - ce à quoi ils se refusent jusqu'à présent -, une solution de compromis est possible si le Venezuela et le Guatemala se mettent d'accord pour se retirer au profit d'un troisième pays.

Dernière proposition en date, le Venezuela a avancé le nom de la Bolivie.

"J'ai appelé Evo (Morales, président de Bolivie) et lui ai dit : Evo, es-tu prêt à chercher un compromis si le Venezuela et le Guatemala retirent leur candidature ?", a expliqué mercredi Hugo Chavez. "Evo m'a dit : "Chavez, je suis avec toi jusqu'à la mort", a assuré le chef d'Etat vénézuélien.

Disposant d'un très fort soutien des Etats-Unis, aux relations exécrables avec le Venezuela et délicates avec la Bolivie, le Guatemala n'a pas été convaincu des vertus de La Paz.

Peu avant l'organisation de nouveaux votes et après des consultations avec des pays d'Amérique latine, il a affirmé qu'il "maintenait sa candidature pour un siège de non-permanent au Conseil de sécurité pour la période 2007-2008".

Mardi, le président bolivien avait pourtant cru en ses chances. "Le camarade Chavez a indiqué que pour dégager un consensus, il laissait la place à la Bolivie", avait déclaré Evo Morales. "Nous sommes candidats au Conseil de sécurité. Nous espérons atteindre le consensus", avait-il ajouté.

Quelques heures avant que le Venezuela fasse savoir qu'il demeurait candidat, le ministre bolivien de la présidence, Juan Ramon Quintana, a jeté l'éponge en déclarant que "le gouvernement n'était pas disposé à relever ce défi" d'un siège au Conseil de sécurité.

La semaine dernière, Hugo Chavez avait accusé la Maison Blanche de faire pression pour torpiller sa candidature. Interrogé sur la candidature de la Bolivie, le département d'Etat s'était borné à indiquer mardi soir que tant que les pays du groupe Amérique latine/Caraïbes (Grulac) n'annonceraient pas de troisième candidat, "les Etats-Unis continueraient de soutenir la candidature du Guatemala".

En 1979, une compétition marathon avait opposé Cuba à la Colombie pour un siège au Conseil de sécurité. Au bout de deux mois et demi et de 155 tours de scrutin, c'est le Mexique qui l'avait finalement emporté.

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La Bolivie finalise ses accords de nationalisation avec les compagnies énergétiques étrangères

LA PAZ, Bolivie (AP) - 29/10/6 - Le président bolivien Evo Morales a parachevé son plan de nationalisation de l'industrie énergétique samedi soir, et était sur le point de signer des contrats permettant à plusieurs compagnies de poursuivre leurs opérations sous le contrôle de l'Etat.

Le gouvernement a finalisé ses discussions avec huit compagnies étrangères, dont le brésilien Petrobras et l'hispano-argentin Repsol YPF, a annoncé le porte-parole du président, Alex Contreras. Les huit groupes vont signer des accords de nationalisations avec les autorités boliviennes, lors d'une cérémonie qui devait avoir lieu peu avant minuit dans la capitale, La Paz.

La compagnie française Total et l'américaine Vintage Petroleum avaient signé de tels accords vendredi.

Le géant brésilien de l'énergie Petrobras et Repsol YPF sont les deux plus importants acteurs de l'industrie bolivienne du gaz naturel, dont ils contrôlent respectivement 47% et 27% des réserves, alors que Total en détient 16%.

Evo Morales avait annoncé le 1er mai qu'il nationalisait les industries du pétrole et du gaz de son pays. Il avait donné 180 jours aux compagnies étrangères pour céder le contrôle de leurs opérations en Bolivie ou quitter le pays.

Ces accords sont un succès politique majeur pour le président bolivien, qui a très critiqué pendant des mois en raison de la lenteur et de l'incertitude de son projet. Ils représentent également un atout important pour la Bolivie, qui dispose des plus grandes réserves de gaz naturel d'Amérique du Sud après le Venezuela.

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Un sommet pour rêver d'unité sud-américaine

AP - 8/12/6 - L'idée d'une zone régionale de libre-échange à l'européenne et la célébration des victoires électorales récentes de la gauche figurent en bonne place au programme du sommet des présidents de la Communauté sud-américaine des Nations (CSN), qui s'ouvrait vendredi en Bolivie pour deux jours.

Rafael Correa, le tout nouveau président-élu d'Equateur, devait participer à la réunion organisée à Cochabamba au côté du Vénézuélien Hugo Chavez et de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, tous deux récemment réélus à une forte majorité. La présidente de gauche chilienne Michelle Bachelet devait également participer au sommet dont l'hôte n'est autre que le chef d'Etat bolivien Evo Morales. Bien qu'élu cette année sur un programme de centre-gauche, le Péruvien Alan Garcia en délicatesse avec Hugo Chavez devrait se retrouvé isolé. Le sommet sera de fait pour les deux pays leur premier contact diplomatique depuis le rappel de leurs ambassadeurs respectifs en avril.

Le Colombien Alvaro Uribe, président conservateur étroitement lié aux Etats-Unis, devait, lui, être absent, tout comme le président argentin de centre-gauche, Nestor Kirchner.

En marge de cette réunion, Evo Morales a convoqué un sommet "complémentaire" regroupant des mouvements sociaux de tout le continent, dans l'espoir d'accorder aux groupes indiens, syndicats, paysans sans terre et producteurs locaux de coca d'Amérique du Sud une voix plus forte dans les années à venir.

"C'est seulement ensemble, avec les mouvements sociaux, que nous pouvons garantir (l'existence d')une véritable communauté sud-américaine, non seulement avec les Etats mais aussi avec leur population", a estimé le président bolivien jeudi devant la presse.

Créé en 2004 après l'échec du projet de Zone de libre échange des Amériques (ZLEA) soutenu par Washington, le sommet vise à promouvoir l'approche indépendante du continent dans le domaine des relations commerciales et internationales. L'objectif est de parvenir à des liens économiques plus étroits entre des pays, actuellement divisés, entre les accords commerciaux du Mercosur et de la Communauté andine des nations, et à terme, de créer une communauté sud-américaine sur l'exemple de l'Union européenne.

Le commerce avec les pays de l'autre côté de l'Atlantique devrait d'ailleurs figurer à l'ordre du jour des discussions de ce week-end. Le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) a déjà entamé des négociations avec les Vingt-cinq, et ce sera le tour de la Communauté andine des nations (Pérou, Bolivie, Colombie, Equateur, Venezuela) début 2007.

Les dirigeants présents à Cochabamba pourraient aussi s'entretenir de la création d'une nouvelle forme de financement du développement, une alternative à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international, dont les prêts ont excessivement endetté de nombreux pays du continent.

D'après des analystes, les entretiens du week-end devraient porter sur la volonté de favoriser une unité et la souveraineté de l'Amérique du Sud, sous l'oeil attentif de Washington et Bruxelles. "La grande peur est que les pays latino-américains en général commencent à jouer avec leurs propres règles", juge Joe Zacune, des Amis de la Terre, groupe présent à Cochabamba.

L'énergie devrait aussi tenir une place importante au sommet bolivien. AP

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La Bolivie impute les inondations andines aux pays riches

TRINIDAD, Bolivie (Reuters) - 3/3/7 - Voyant les dégâts causés par des inondations catastrophiques tant dans les Andes que dans les plaines d'Amazonie, le président bolivien Evo Morales a imputé ce phénomène à la pollution produite par les pays riches - ce que certains experts jugent plausible.

Les inondations, sécheresses et tempêtes de grêle qui se sont abattues en trois mois sur le pays le plus pauvre d'Amérique latine résultent d'El Nino, un phénomène météorologique qui pourrait être accentué par le réchauffement climatique, selon des climatologues.

Les inondations en Bolivie, les pires depuis 25 ans, ont fait 35 morts et affecté en tout 350.000 personnes, dissolvant littéralement les habitations en terre et emportant les quelques biens de populations déjà extrêmement pauvres.

Morales a déclaré l'état de catastrophe naturelle cette semaine après une visite dans la région de Beni, dans le nord-est du pays, fortement touchée par les intempéries.

Il a imputé ces dernières aux pays industrialisés "qui polluent l'environnement et modifient le climat".

Selon Spencer Wear, auteur de "La découverte du réchauffement climatique" (The Discovery of Global Warming), les pays pauvres sont effectivement plus exposés aux dégâts causés par le changement climatique.

"Personne ne peut dire qu'(El Nino) est le résultat du réchauffement climatique, mais nous pouvons dire à coup sûr que le réchauffement climatique rend ce type d'événement plus probable", a expliqué Wear à Reuters.

Le mois dernier, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a déclaré que dans le monde entier les pauvres, les populations les moins responsables du réchauffement climatique, étaient ceux qui en souffraient le plus.

Les pays pauvres sont les plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre, auxquels est imputé le changement climatique, mais ce sont aussi ceux qui ont le plus à craindre des changements de climat prévisibles, selon des experts.

ACTIONS EN JUSTICE

Les Etats-Unis produisent 25% des gaz à effet de serre émis à l'échelle mondiale mais n'ont pas signé le protocole de Kyoto, dont les signataires sont convenus de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone.

En Bolivie, le gouverneur de la région de Beni, Ernesto Suarez, s'est dit préoccupé par l'approvisionnement en nourriture, les inondations ayant tué 22.000 têtes de bétail et emporté récoltes, bétail et infrastructures à hauteur d'environ 115 millions de dollars.

Autour de la capitale régionale, Trinidad, 19.000 personnes évacuées de bidonvilles inondés vivent dans des abris provisoires exposés à la dengue et aux épidémies de dysenterie.

Sur les hauts plateaux, El Nino a détruit les récoltes servant de base à la nourriture des Indiens Aymaras, et dans le bassin agricole de Santa Cruz il a annihilé de grandes quantités de soja, principale denrée d'exportation du pays.

Ces derniers mois, des conditions climatiques extrêmes ont également causé des dégâts dans d'autres pays pauvres tels que le Mozambique et les Philippines.

Selon Wear, certaines grandes entreprises et des pays industrialisés ont commencé à agir contre le réchauffement climatique par peur d'être poursuivis en justice.

Lors d'une audience jeudi à Washington, la Commission inter-américaine des droits de l'homme a entendu des Inuits du nord du Canada expliquer que leur mode de vie était menacé du fait du réchauffement climatique, qui a réduit la banquise, tuant les animaux qu'ils chassent pour leur subsistance.

Lauren Baker, chercheuse du Centre pour le droit écologique international, qui conseille les Inuits dans cette affaire, pense que leur cas pourrait conduire d'autres pays à poursuivre en justice les producteurs de gaz à effet de serre.

"Le réchauffement climatique n'affecte pas que les Inuits ou la Bolivie, il affecte aussi d'autres pays d'Amérique en les exposant à des ouragans, à une hausse du niveau des océans, à des pénuries d'eau potable, à des déplacements de populations", a-t-elle expliqué.

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Photo prise le 18 mars 2007/REUTERS/Noah Friedman-Rudovsky

Evo Morales ne sera pas candidat à un scrutin anticipé en Bolivie
        

LA PAZ (Reuters) - Le président bolivien Evo Morales a annoncé qu'il ne serait pas candidat aux élections anticipées qui pourraient intervenir en 2008, deux ans après son arrivée au pouvoir.

Morales, premier Amérindien à accéder à la présidence bolivienne, a entamé un mandat de cinq ans en janvier 2006 en promettant de renforcer le contrôle de l'Etat sur les ressources naturelles et de convoquer une Assemblée constituante pour mettre le pays en conformité avec les traditions indiennes.

Il a créé la surprise vendredi en annonçant que son mandat pourrait prendre fin cette année, une fois que l'assemblée aurait défini un nouveau cadre politique, et que des élections anticipées devraient se tenir en 2008.

"Personne ne pense à une réélection, il me faut être responsable. Je pense personnellement que j'ai fait ma part dans le processus de changement", a dit Morales à des journalistes à Sucre, où siège l'assemblée.

Les dirigeants de l'opposition de droite ont exprimé la crainte que Morales cherche à proroger son mandat grâce à des élections anticipées.

"Nous devons promouvoir une profonde transformation grâce à l'assemblée constituante (...) S'il y a une nouvelle constitution cette année, il faudra qu'il y ait de nouvelles élections", a dit Morales.

Le président bolivien, issu d'une pauvre famille Aymara, a présenté l'assemblée comme la pierre angulaire de sa politique de restitution à la majorité amérindienne du pouvoir dont elle a été privée depuis la conquête espagnole, il y a cinq siècles.

Les travaux de l'assemblée ont été entravés par des luttes intestines. Le Mouvement vers le Socialisme (MAS) de Morales y détient la majorité, mais pas les deux-tiers requis pour faire adopter les réformes.

Les représentants de l'est du pays, dont la population est majoritairement d'origine européenne et où l'opposition à Morales est plus forte, veulent que la nouvelle constitution accorde davantage d'autonomie à leurs provinces.

La nouvelle constitution devra être soumise à un référendum lorsque le mandat de l'assemblée constituante sera venu à expiration, en août.

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Le capitalisme est "le pire ennemi de l'humanité", selon Evo Morales

et aussi, selon Roger Ripert !

Vive Evo et les Amérindiens !

LA PAZ (AP) - 23/5/7 - Evo Morales, premier président indien de Bolivie, a qualifié mardi le capitalisme de "pire ennemi de l'humanité".

"Les compagnies transnationales provoquent toujours des conflits pour accumuler du capital, et l'accumulation de capital dans quelques mains n'est pas une solution pour l'humanité", a déclaré le président bolivien lors d'une conférence d'intellectuels de gauche à La Paz. "Et je suis donc arrivé à la conclusion que le capitalisme est le pire ennemi de l'humanité".

Elu en décembre 2005 pour un mandat de cinq ans sur un programme de défense des populations opprimées, Evo Morales a depuis nationalisé l'industrie du pétrole et du gaz naturel en vue de redistribuer les richesses tirées de ce rachat.

Il a convoqué l'Assemblée constituante en août dernier, lui donnant un an pour réécrire la Constitution afin d'y inscrire les droits de la majorité indienne longtemps opprimée.

Il a indiqué mardi que la nouvelle constitution déclarait la Bolivie comme un Etat pacifiste refusant explicitement la guerre.

"Plutôt que fabriquer de nouvelles armes et balles pour tuer la race humaine, nous devrions nous concentrer sur une production de nourriture plus forte", a-t-il déclaré.

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L’assassin du Che, l’Opération Miracle et les médecins cubains

par Salim Lamrani

Mondialisation.ca, Le 1 octobre 2007

 

Ernesto Che Guevara

Mario Terán, ancien sous-officier bolivien à la retraite, tristement célèbre pour avoir procédé à l’exécution du légendaire guérilléro Ernesto Che Guevara le 9 octobre 1967, dans la petite école de La Higuera en Bolivie, vivait dans l’anonymat le plus complet à Santa Cruz. Plongé dans le dénuement le plus total, il subsistait uniquement de sa misérable pension d’ancien soldat et avait perdu la vue, victime d’une cataracte qu’il n’avait pu faire soigner faute de moyens (1). 
 
En 2004, le président cubain Fidel Castro a lancé une vaste campagne humanitaire continentale portant le nom d’Opération Miracle, soutenue par le Venezuela, qui consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires. En 30 mois, près de 600 000 personnes de 28 pays, y compris des citoyens étasuniens, ont retrouvé la vue grâce à l’altruisme des médecins cubains. L’objectif annoncé est d’opérer 6 millions de personnes d’ici 2016 (2).
 
L’élection d’Evo Morales à la présidence de la République en décembre 2005, et sa volonté à entreprendre une politique sociale destinée à améliorer le bien-être d’une des populations les plus pauvres du continent, a permis aux Boliviens d’accéder au programme humanitaire lancé par Cuba. Près de 110 000 Boliviens ont ainsi pu retrouver la vue sans débourser un seul centime (3).
 
Parmi ceux-ci se trouve Mario Terán, qui a ainsi pu se débarrasser de son grave handicap grâce aux médecins cubains. Pablo Ortiz, journaliste bolivien travaillant pour le quotidien El Deber de Santa Cruz, a rapporté l’histoire : «Terán avait des problèmes de cataracte et a été opéré grâce à l’Opération Miracle, par des médecins cubains, de manière totalement gratuite». Puis il a donné de plus amples détails : «Ce type est un parfait inconnu. Personne ne sait qui il est. Il est complètement ruiné et il s’est présenté à l’hôpital de l’Opération Miracle. Personne ne l’a reconnu et il a été opéré. C’est son propre fils qui nous l’a raconté, et qui s’est rendu à notre journal pour effectuer un remerciement public […] Cela s’est passé en août dernier [2006] (4) ».
 
L’histoire réserve parfois des surprises. Ainsi, l’assassin du Che a été soigné par des médecins envoyés par Fidel Castro, le plus fidèle et intime compagnon du «guérillero héroïque». Terán doit sa vue aux missionnaires de la santé qui suivent l’exemple internationaliste de l’homme qu’il a éliminé.
 
Selon l’ancien agent de la CIA Félix Rodríguez, qui avait participé à la capture du Che, Terán s’était porté volontaire pour exécuter le leader rebelle. Auparavant, il avait froidement assassiné tous les autres prisonniers (5). Mais, face au Che, le courage lui manqua :
 «Quand je suis arrivé dans la classe, le Che était assis sur un banc. En me voyant, il me dit :
 - Vous êtes venu pour me tuer ?
 Je me suis senti intimidé et j’ai baissé la tête sans répondre. Ensuite, il m’a demandé :
 - Qu’ont dit les autres ?
 Je lui ai répondu qu’il n’avait rien dit, et il commenta :
 - Quel courage !
 Je n’osais pas tirer. A ce moment-là j’ai vu le Che grand, très grand, énorme. Ses yeux brillaient intensément. J’ai senti qu’il m’écrasait et quand il me regarda fixement, j’ai eu un étourdissement. J’ai pensé qu’avec un mouvement rapide le Che pourrait me prendre mon arme.
 - Calmez-vous – me dit-il – et visez bien, vous allez tuer un homme.
 
Ensuite, j’ai effectué un pas en arrière, vers le seuil de la porte, j’ai fermé les yeux et j’ai tiré la première rafale […]. J’ai repris courage et j’ai tiré une seconde rafale, qui l’a atteint au bras, à l’épaule et au cœur. Il était mort désormais (6) ».
 
A l’aube du quarantième anniversaire de sa disparition, malgré l’exécrable campagne médiatique internationale destinée à ternir l’image d’un des plus grands révolutionnaires de l’histoire du XXe siècle, l’exemple du Che reste «grand, très grand, énorme» et continue de briller «intensément» grâce au sacrifice des dizaines de milliers de médecins cubains qui, dans l’anonymat de leur action héroïque, aux quatre coins de la planète, persistent à croire qu’un autre monde, moins cruel, est possible.
 

Notes
 
1 Héctor Arturo, « Che vuelve a ganar otro combate », Granma, 29 septembre 2007.
 
2 Operación Milagro, « Página Principal », 28 septembre 2007. http://www.operacionmilagro.org.ar/  (site consulté le 30 septembre 2007). Pour les citoyens étasuniens qui ont bénéficié du programme humanitaire voir Prensa Latina, « Oftalmólogo estadounidense reconoce valor de Operación Milagro », 19 janvier 2007.
 
3 Operación Milagro, « Bolivia. De las tinieblas a la luz : Operación Milagro devolvió la vista a más de 108 403 pacientes », 28 septembre 2007. http://www.operacionmilagro.org.ar/  (site consulté le 30 septembre 2007).
 
4 Juan Pablo Meneses, « ¡Primicia Mundial ! Entrevista a Pablo Ortiz », Crónicas Argentinas, 11 octobre 2006.
 
5 Claudia Márquez, « El Guerrero de las sombras. Entrevista a Félix Rodríguez », El Veraz, 19 août 2005.
 
6 Mario Terán, « Extrait », pas de date. http://fotolog.terra.com.ar/desdelaterraza:26  (site consulté le 30 septembre 2007).


 Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

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40 ans après sa mort, la mémoire du "Che" célébrée à Cuba et en Bolivie

Par Patrick LESCOT

LA HAVANE (AFP) - 8/10/7 - Pour les quarante ans de sa mort, Ernesto "Che" Guevara, figure mythique d'une révolution par les armes consignée au siècle dernier, ne recevra guère d'hommages qu'à Cuba - où plus qu'un héros, "l'Argentin" est une institution - et en Bolivie, terre de son exécution.

A Cuba, - où tous les écoliers commencent leur journée par prêter serment de "pionniers, pour le communisme, nous serons comme le Che" [sic] - le mausolée qui abrite les restes du "guérillero héroïque" depuis 1997 à Santa Clara (centre) sera le cadre des cérémonies commémoratives prévues pour l'anniversaire de sa disparition.

Fidel Castro, éloigné du pouvoir par la maladie depuis plus d'un an, ne devrait pas plus qu'à la fête nationale du 26 juillet apparaître pour ces commémorations. Son frère cadet Raul, qui assure l'intérim, pourrait le remplacer et rendre hommage à celui qu'il appelait l'"Argentin".

En Bolivie, une marche aux flambeaux se tiendra dans la soirée du 7 octobre à La Higuera, où le Che fut capturé quarante ans plus tôt, une flamme sera symboliquement allumée. Une "déclaration de Vallegrande", la ville voisine où ses restes ont été retrouvés en 1997, sera adoptée le lendemain, suivie le 9 d'une cérémonie politique.

Le 8 octobre 1967, l'armée bolivienne, accompagnée de deux agents de la CIA cubano-américains, capturait le Che à la tête d'une poignée de guérilleros encore en vie ayant survécu aux combats, à la faim et aux maladies.

Guevara fut conduit dans une école abandonnée où il passera sa dernière nuit. Le lendemain après-midi, le révolutionnaire sera exécuté sommairement par Mario Teran, un sergent bolivien. Le Che entrait dans la légende. Il avait 39 ans.

Un temps tombée en désuétude, la mythologie révolutionnaire, dont Che Guevara reste le symbole, a été ranimée en 1997 par la découverte de ses restes --dont l'identification demeure controversée-- et leur inhumation solennelle au mausolée de Santa Clara par Fidel Castro.

Dans le monde entier, l'image-culte du guérillero -- "la" photo du Cubain Alberto Korda prise en 1960 et la plus répandue au monde-- continue de faire l'objet d'une intense activité mercantile, reproduite sur des millions de T-shirts, de posters, de casquettes ou de sacs à main, prisés par la jeunesse des cinq continents mais aussi des stars du football ou de la chanson.

L'extrême-gauche européenne née des événements de 1968 et une partie de l'intelligentsia avaient largement contribué à sa popularisation.

Partisan déclaré de la violence politique, Ernesto Che Guevara, après des études de médecine en Argentine, avait fait la connaissance de Raul et Fidel Castro au Mexique avant de participer à la guérilla qui mena les "barbudos" au pouvoir à La Havane en 1959.

Après avoir supervisé pendant six mois la répression des "contre-révolutionnaires", il dirigea un temps la Banque centrale cubaine et le ministère de l'Industrie.

Artisan du rapprochement de la révolution cubaine avec Moscou, il s'éloignera ensuite des positions soviétiques favorables à la "coexistence pacifique" avec le bloc occidental pour défendre une stratégie de conquête du pouvoir par les armes, plus proche du maoïsme.

"D'autres terres du monde réclament la contribution de mes modestes efforts", écrira-t-il à Fidel Castro en quittant Cuba en 1965 pour porter le combat insurrectionnel en Afrique notamment.

S'ensuivirent des mois de "disparition" alors qu'il était au Congo à tenter d'y imposer la révolution armée, avant d'engager en Bolivie sa dernière guérilla.

"Le Che n'a pas échoué. Les peuples s'épuisent. Mais les révolutions restent possibles", a déclaré à l'AFP la fille aînée du révolutionnaire, Aleida Guevara March. Et si les socialistes ne sont pas parvenus à produire "d'autres Vietnam", comme le souhaitait son père en référence à la résistance vietcong aux Américains.

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Photo : RIA Novosti

 

Le journal de Bolivie de Che Guevara mis en ligne sur Internet


La Voix de la Russie - 10/10/12 - Le journal d'Ernesto Che Guevara écrit pendant les derniers mois de sa vie a été mis en ligne sur Internet.

En 2009 le ministère de la Culture de Bolivie a publié le Journal de Bolivie du Che retraçant la période allant de son arrivée dans le pays au 7 octobre 1967, deux jours avant sa mort. A présent le Journal est accessible sur le site www.chebolivia.org .

Ernesto Che Guevara est un symbole de la lutte révolutionnaire en Amérique latine. Le 9 octobre 1967 il a été capturé et exécuté par l'armée bolivienne.

Voir le site : CHE (en espagnol)

 

Evo Morales dénonce un complot commandé par l'ambassadeur des Etats-Unis

par Radio Havana Cuba

La Paz, 25 février, (RHC)--. Le Président bolivien, Evo Morales, a dénoncé ce dimanche un complot commandé par Philippe Goldberg, l'ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie contre les changements sociaux que prône son gouvernement.

Evo Morales a confirmé sa dénonciation au cours d'une rencontre avec des représentants de la Confédération des Peuples Indiens et de la Centrale Ouvrière Régionale d'El Alto, défenseurs de la constitution attaquée par l'ambassade des Etats-Unis.

"J'informerai, en toutes lettres, comment conspirent quelques agents à l'intérieur et à l'étranger conduits par l'ambassadeur des Etats-Unis qui s'opposent aux changements profonds que propose la nouvelle constitution pour atteindre l'égalité dans le pays" a-t-il relevé.

Il a signalé que Philippe Goldberg s'immisce constamment et ouvertement dans les affaires intérieures de la Bolivie à travers d'actions politiques destinées à discréditer la Constitution adoptée en décembre dernier par l'Assemblée constituante.

Ce texte interdit entre autres l'installation de bases militaires étrangères en Bolivie, c'est pourquoi les Etats-Unis financent des campagnes diffamatoires par l'intermédiaire de son Agence pour le Développement International (USAID).

Evo Morales a signalé que son gouvernement et les organisations populaires boliviennes empêcheront toute atteinte aux changements structuraux stipulés démocratiquement par la nouvelle constitution et il a demandé au Parlement d'adopter au plus vite les référendums nécessaires pour définir l'avenir des grandes propriétés terriennes et ratifier la nouvelle constitution.

© Copyright Radio Havana Cuba, Radio Havana Cuba, 2008
Mondialisation.ca, 26 fevrier 2008

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Dialogue à nouveau bloqué en Bolivie entre Evo Morales et les gouverneurs


Par Gilles BERTIN




LA PAZ (AFP) - 16/8/8 - Le président socialiste bolivien, Evo Morales, largement confirmé à son poste par un référendum, n'est pas parvenu à rétablir le dialogue avec cinq gouverneurs de l'opposition, qui réclament l'abandon d'une réforme d'un impôt sur les hydrocarbures et plus d'autonomie des régions.

Au cours de deux rencontres mercredi et jeudi entre M. Morales, qui a remporté dimanche plus de 67% de votes favorables lors d'un référendum révocatoire par lequel il remettait en jeu son mandat, et les gouverneurs de l'opposition libérale et conservatrice, chaque camp est demeuré sur ses positions.

Les réunions, de trois heures chacune, se sont rapidement crispées lorsque les gouverneurs ont exigé que le gouvernement revienne, au moins partiellement, sur une décision prise l'année dernière d'affecter les ressources provenant d'un impôt sur les hydrocarbures (IDH), soit 166 millions de dollars, aux retraites des personnes âgées.

Cet impôt était auparavant affecté aux régions et est considéré comme vital par les gouverneurs de l'opposition, qui dirigent notamment Tarija (sud) et Santa Cruz (est), les zones les plus riches de Bolivie (10 millions d'habitants).

Ces deux régions, qui représentent 40% du PIB du pays andin, détiennent de très importants gisements de gaz exploités par des compagnies pétrolières internationales comme Total (France), Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne) et British Gas (GB), ainsi que des cultures industrielles agro-alimentaires.

Les gouverneurs de Santa Cruz et Tarija, ainsi que ceux de Pando et Beni (nord), opposés au gouvernement socialiste, ont été, comme le président Morales, confortés par le référendum de dimanche. Ils ont aussi reçu le soutien de Mme Savina Cuellar, une indienne quechua élue en juin dernier gouverneur de Chuquisaca (centre).

Plusieurs spécialistes à La Paz estiment que pour une reprise du dialogue, les deux camps devraient ouvrir des négociations sous l'égide d'experts et d'organismes internationaux au lieu de convoquer des rencontres où "les chefs se mesurent" en réaffirmant chacun leurs positions.

Mais après l'échec des deux réunions, les gouverneurs ont appelé à une grève civique mardi dans leurs régions respectives.

Les représentants de l'opposition, qui luttent aussi pour une plus grande autonomie régionale, refusent par ailleurs le projet de Constitution du gouvernement socialiste en le qualifiant d'"indigéniste et étatiste".

Pourtant "Evo est en position de force pour faire passer la Constitution et bloquer l'IDH", a expliqué vendredi à l'AFP Franck Poupeau, sociologue à l'Institut de recherche et développement (IRD) basé à La Paz.

Avec 67% de voix favorables au président Morales, le référendum "n'a pas été un match nul", note le chercheur. Les gouverneurs "ont sous-estimé Evo Morales" et ce sont eux "qui ont rompu les négociations", ajoute-t-il.

Ce projet de Constitution permettrait une réélection de M. Morales et surtout de mettre en oeuvre une réforme agraire interdisant les propriétés agricoles de plus de 5.000 ou 10.000 hectares. Cette réforme toucherait de plein fouet les gros propriétaires de la région de Santa Cruz, à la tête d'exploitations pouvant aller jusqu'à 200.000 hectares.

Pour le sociologue Henry Oporto, le parti du président Morales, le Mouvement vers le Socialisme, fort de sa large victoire au référendum, va "lancer une grande offensive pour chercher un avantage décisif", renforçant ainsi "la possibilité de scénarios catastrophes".

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Copyright © 2008 AFP
Evo Morales le 8 septembre 2008 à La Paz

 

Evo Morales décrète persona non grata l'ambassadeur américain à La Paz

LA PAZ (AFP) - 11/9/8 - Le président bolivien Evo Morales a décrété mercredi persona non grata l'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, qu'il a accusé d'alimenter la division et le séparatisme en Bolivie.

Un porte-parole du département d'Etat américain, Gordon Duguid, a qualifié mercredi d'"infondées" ces accusations.

M. Morales lors d'une réunion au palais présidentiel à La Paz a déclaré : "Je demande au ministre des Affaires étrangères d'envoyer aujourd'hui (un message) faisant connaître la décision du gouvernement, du président afin qu'il regagne son pays".

"Celui qui cherche la division de la Bolivie, c'est l'ambassadeur des Etats Unis", a ajouté le dirigeant, accusant M. Goldberg d'encourager les troubles dans cinq des neuf départements du pays où est rejeté le projet de nouvelle Constitution que M. Morales entend faire approuver en janvier par un referendum populaire.

Le ministère des Affaires étrangères bolivien avait déjà manifesté son mécontentement fin août à la suite d'une réunion publique qui s'était déroulée entre le diplomate américain et préfet de la région de Santa Cruz, Ruben Costas, farouche opposant à Morales à la tête de l'opposition. Le gouvernement avait exigé qu'à l'avenir ne se reproduise plus ce type de rencontre, à l'heure où la Bolivie traverse une crise politique profonde.

L'opposition en Bolivie poursuivait mercredi des opérations de protestation contre la politique d'Evo Morales, au lendemain de manifestations violentes dans les régions qu'elle domine.

Des groupes de jeunes manifestants ont provoqué mercredi l'arrêt de la livraison de gaz naturel à l'Argentine et partiellement au Brésil en occupant une station de pompage d'un gazoduc du sud de la Bolivie.

Le porte-parole du gouvernement Yvan Canelas a accusé à nouveau les gouverneurs régionaux opposés au président Morales, de "chercher la guerre civile" au moyen d'"un affrontement avec les militaires et la police".

Des affrontements avec les forces de l'ordre avaient fait plusieurs blessés mardi soir à Santa Cruz (est), la région la plus riche du pays andin, et à Tarija (sud), province détenant la majorité des réserves d'hydrocarbures.

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Bolivie : les tensions font 8 morts et provoquent une crise avec Washington


LA PAZ (AFP) - 12/9/8 - Les Etats-Unis ont décidé jeudi d'expulser l'ambassadeur de Bolivie à Washington en réponse à l'expulsion de leur ambassadeur à La Paz alors que les tensions dans le pays ont fait au moins huit morts.

Quelques heures auparavant, le président Evo Morales a imposé un ultimatum de départ à l'ambassadeur américain en Bolivie, Philip Goldberg.

Celui-ci dispose de 48 à 72 heures pour quitter le pays à partir de ce jeudi après y avoir été déclaré la veille "persona non grata" par le président Evo Morales, a déclaré le ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca.

Alors que les manifestations anti-gouvernementales se poursuivent dans les cinq régions du pays, les heurts entre partisans du gouvernement socialiste et militants d'opposition ont fait jeudi au moins huit morts et plusieurs blessés dans le département de Pando (nord) selon le vice-ministre de l'intérieur Ruben Gamarra.

Devant les affrontements sporadiques mais violents en Bolivie, le président vénézuélien Hugo Chavez, proche allié de M. Morales, s'est autorisé lui-même à intervenir en Bolivie. "Si Evo était renversé ou tué, qu'ils sachent, les putchistes de Bolivie, qu'ils m'ont donné le feu vert pour soutenir tout mouvement armé" a prévenu M. Chavez dans un message télévisé tout en assurant qu'il voulait la paix.

Face aux manifestations anti-gouvernementales, le chef de l'Etat bolivien a averti l'opposition que "la patience a des limites". "Nous allons faire preuve de patience, de prudence, comme toujours tenter d'éviter la confrontation, nous allons faire le gros dos, mais la patience a des limites", a-t-il affirmé.

Le président socialiste avait exigé mercredi l'expulsion de l'ambassadeur américain, Philip Goldberg, accusé d'encourager les divisions.

"La décision du président Morales est une grave erreur qui a sérieusement mis à mal les relations bilatérales" a rétorqué jeudi le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

En signe d'apaisement, le ministre bolivien de la présidence, Juan Ramon Quitana, a assuré jeudi que la déclaration de persona non grata de l'ambassadeur n'entraînait pas "nécessairement" la rupture des relations diplomatiques.

Le gouvernement de gauche a dénoncé une "menace de guerre civile" de la part de "groupes fascistes".

Evo Morales, premier président indigène de l'histoire de la Bolivie, tenant de l'anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs provinciaux, qui refusent un projet de constitution qualifiée d'"étatiste et indigéniste" par les opposants de droite qui réclament la reconnaissance des autonomies régionales.

Ce projet devrait être soumis à un référendum le 7 décembre.

Depuis mardi, des manifestations sporadiques mais violentes, notamment de la part de groupes étudiants, ont éclaté dans les provinces de Santa Cruz, dans l'est du pays, et Tarija (sud), en soutien aux gouverneurs autonomistes de ces régions.

L'ambassadeur américain, Philip Goldberg, était depuis plusieurs mois dans la ligne de mire des autorités. Il n'a pas spécialement "le profil bas et incarne une diplomatie dure", a déclaré à l'AFP Hervé Do Alto, chercheur en sciences politiques basé à La Paz, estimant que la décision de le déclarer persona non grata faisait partie d'"un processus qui n'a rien de surprenant".

A plusieurs reprises, le gouvernement s'en était pris à l'ambassadeur à propos du rôle que les Etats-Unis entendent jouer dans la lutte contre la culture de la coca, qui sert à la fabrication de la cocaïne. Il avait également accusé l'USAID de rétribuer les opposants de droite.

Le gouvernement a été surtout irrité par une récente rencontre entre l'ambassadeur américain et le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, le plus farouche opposant libéral au président Morales.

L'approvisionnement du Brésil en gaz naturel a une nouvelle fois diminué jeudi à cause de la prise de contrôle par les manifestants d'une nouvelle station de pompage dans la région de Chuquisaca (sud-ouest) opéré par la compagnie franco-brésilienne Transierra.

Depuis trois jours la Bolivie ne parvient à fournir au Brésil que 11 millions de Mètres cubes par jours (MMCJ) sur un total de 31 MMCJ prévus.

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«Des forces obscures de l'Empire [US-OTAN] ont conspiré contre le gouvernement de Morales»

Le Honduras et le Nicaragua soutiennent la Bolivie et le Vénézuéla

TEGUCIGALPA - AP - 13/9/8 - Le Honduras a reporté vendredi sa réception des lettres de créance du nouvel ambassadeur des Etats-Unis, Hugo Llorens, à Tegucigalpa, en solidarité avec le Vénézuéla et la Bolivie qui ont demandé à leur ambassadeur américain de quitter leur capitale.

Le président hondurien, Manuel Zelaya, a déclaré pendant une conférence de presse, que son pays ne romptait pas ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis, mais que les petites nations devaient se serrer les coudes.

Le porte-parole de la Maison blanche, Sean McCormack, a condamné les expulsions des ambassadeurs américains des pays d'Amérique du Sud.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, un allié proche d'Evo Morales, a dit qu'il soutenait la Bolivie, même s'il n'a pas encore annoncé s'il allait lui aussi prendre une décision à l'encontre de son ambassadeur des Etats-Unis.

"Des forces obscures de l'empire ont conspiré contre le gouvernement de Morales", avait déclaré Daniel Ortega, jeudi, faisant référence aux Etats-Unis. AP

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Evo Morales déclare l'ambassadeur US «persona non grata» pour menées séparatistes

 

ALTERINFO - 12/9/8 - Depuis le moment où cet article à été publié, le Président Vénézuélien Hugo Chavez a décidé, par solidarité avec la Bolivie et pour les mêmes raisons sur le fond, d'expulser également son ambassadeur américain. Par ailleurs, on apprend que les séparatistes boliviens ont massacré hier 7 paysans (chiffre provisoire car d'autres paysans ont été enlevés) dans la localité de El Porvenir dans la région de Pando.

 

Evo Morales, Président constitutionnel de la Bolivie


La Paz - Le président Evo Morales a déclaré ce mercredi l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, «persona non grata» pour avoir conspiré contre la démocratie et favorisé la division de la Bolivie, et il a donné comme instruction au chancelier David Choquehuanca de notifier immédiatement au diplomate l’obligation de quitter le pays.
«Sans crainte de personne, sans crainte de l’empire, aujourd’hui devant le peuple bolivie, je déclare monsieur (Philip) Goldberg, ambassadeur des Etats-Unis, persona non grata», a déclaré Evo Morales au Palais Quemado à l’occasion du lancement du programme «Mon Premier Emploi», lequel a pour objectif d’augmenter les possibilités d’emploi pour les jeunes dans le pays.


Le chef de l’état a en outre donné comme instruction au chancelier bolivien, conformément aux règles légales et diplomatiques, de faire connaître dans la même journée à Philip Goldberg la décision du gouvernement bolivien et de son Président constitutionnel afin qu’il s’en retourne dans son pays.
«Nous ne voulons pas de gens qui favorisent le séparatisme et la division, ni qui conspirent contre l’unité du pays; nous ne voulons pas de gens qui portent atteinte à la démocratie», a affirmé le Mandataire [Evo Morales], au moment où il recevait les applaudissements des dizaines de personnes qui assistaient à la la réunion.
Dans toute l’histoire bolivienne, jamais un Président de la République n’avait déclaré «persona non grata» un ambassadeur américain; bien au contraire les diplomates de cette nation avaient tellement d’influence dans la politique interne de la Bolivie qu’ils allaient jusqu’à décider de la nomination des ministres, un fait que le Mandataire lui-même a dénoncé à plusieurs reprises.
À quelques heures du retour des Etats-Unis, mardi dernier, du dirigeant civil Branco Marinkovic, des hordes d’autonomistes et de délinquants ont semé la haine, la terreur, le pillage et causés des affrontements dans le centre de la ville de Santa Cruz et dans d’autres régions de la zone appelée «la demi-lune», prenant d’assaut des organismes d’état qui ont été pratiquement détruits.
Le mardi et le mercredi, les autonomistes et les délinquants ont pillé dans Santa Cruz l’Institut National de la Réforme Agraire (INRA), le Service des Impôts Nationaux (SANS), l’Entreprise Nationale de Télécommunications (Entel) et la Télévision bolivienne, le Centre d’Études Juridiques et de Recherche Sociale (CEJIS), et ont brûlé la porte du bâtiment de Radio Patria Nueva.
Dans d’autres régions de «la demi-lune» [les émeutiers] ont envahi plusieurs postes de douane, trois aéroports, la Superintendance des Hydrocarbures; ils ont attenté contre le gazoduc servant à l’exportation [de gaz] vers le Brésil; en Tarija, ils ont tenté de prendre d’assaut le Marché Paysan où fonctionne le Réseau Patria Nueva.


Goldberg - Kosovo
Le Président de la République a rappelé que l’actuel ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie, avant d’être accrédité dans le pays, avait été chef de la mission américaine à Pristina, au Kosovo, d’où il a consolidé le démembrement de ce qui avait été la Yougoslavie.
Goldberg avait présenté ses lettres de créances devant le président Evo Morales le 13 octobre 2006 avec un retard de deux semaines.
Mais trois mois avant son arrivée en Bolivie, alors qu’il était encore encore à Pristina comme chef de la mission des Etats-Unis au Kosovo, il se disait déjà que le nouvel ambassadeur américain désigné par George Bush pour la Bolivie viendrait pour prendre parti dans le processus séparatiste qui commençait à se développer pour abattre le régime bolivien, comme l’avaient alors expliqué plusieurs médias.
Evo Morales a déclaré aujourd’hui que dans le pays Goldberg représentait l’autorité externe (diplomatique) qui organise la division de la Bolivie et qui conspire contre la démocratie et l’unité du pays.
«Celui qui conspire contre la démocratie et surtout qui cherche à diviser la Bolivie, c’est l’ambassadeur des Etats-Unis, je veux vous le dire, soeurs et frères, ce monsieur est un expert pour ce qui est d’encourager les conflits séparatistes», a dénoncé le Président.


Qui est Goldberg ?
Selon le curriculum vitae distribué officiellement par l’Ambassade des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg a pris part aux débuts de la guerre civile yougoslave qui a explosé dans la décennie des années 90, jusqu’à la chute et à la mise en accusation du président serbe Slobodan Milosevic.
Entre 1994 et 1996 il s’est activé comme «fonctionnaire interne» du Département d’État en Bosnie, période dans laquelle a explosé le conflit entre les séparatistes albanais et les forces serbes et yougoslaves.
Dans cette même période il a travaillé comme collaborateur particulier de l’ambassadeur Richard Holbrooke, celui qui a été l’artisan de la désintégration de la Yougoslavie et de la chute de Milosevic. «Dans cette dernière fonction», a informé l’ambassade américaine «il a été membre de l’équipe de négociateurs américains dans la préparation de la conférence de paix de Dayton et chef de la délégation américaine à Dayton».
L’Ambassadeur Goldberg a aussi été fonctionnaire politique et économique à Pretoria en Afrique du Sud, puis ensuite fonctionnaire consulaire et politique à l’ambassade des Etats-Unis à Bogota en Colombie, où il a commencé à s’investir dans la politique latino-américaine.
Après avoir exercé la charge de conseiller à l’ambassade des Etats-Unis à Santiago du Chili de 2001 à 2004, Goldberg est retourné dans les Balkans pour diriger la mission américaine à Pristina, la capitale du Kosovo, où il a soutenu la mise en accusation devant le Tribunal de la Haye de l’ex-dictateur Milosevic (décédé le 11 mars 2006.

Du Kosovo à la Bolive
Selon les articles de presse, avant sa nomination en Bolivie, Goldberg a travaillé depuis le Kosovo pour la séparation entre la Serbie et le Montenegro qui s’est produite en juin de l’année passée et qui était le dernier symptome de la disparition de la Yougoslavie.
La disparition de la Yougoslavie s’est déroulée tout au long d’une sanglante décennie de guerre civile enclenchée à partir de processus «de décentralisation» et «d’autonomies» qui se sont finalement imposés avec l’intervention militaire américaine et la présence de troupes de l’OTAN et des nations unies qui ont occupé les Balkans pour «pacifier» la région.
La guerre civile yougoslave a eu comme caractéristique principale le «nettoyage éthnique» qui a consisté à expulser et détruire les anciens groupes éthniques qui composaient les territoires de l’ex-Yougoslavie. La plus cruelle de cette extermination ethnique s’est produite entre Serbes et Croates.


La Bolivie souffre actuellement d’un processus exacerbé de racisme et de menées séparatistes, très semblables à ce qui s’est produit dans les Balkans et qui s’est développé depuis la ville orientale de Santa Cruz où commande une élite composée, entre autres, par des chefs d’entreprise d’origine croate qui ont créé un mouvement fédéraliste appelé «Nation Camba».
Un des principaux chefs de ce mouvement séparatiste est Branco Marinkovic, chef d’une entreprise agro-industrielle et partenaire de capitalistes chiliens, qui est à la tête du Comité Civique de Santa Cruz, entité qui dirige ces menées séparatistes en exerçant de fortes pressions contre le gouvernement d’Evo Morales.


10 septembre 2008 - Agencia Boliviana de Informacion - Vous pouvez consulter cet article à : http://abi.bo/index.php?i=noticias_...
Traduction de l’espagnol : Brisa Marina

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Bolivie : 16 morts dans des affrontements, Morales recroise le fer avec les Etats-Unis


Par Philippe ZYGEL

 

LA PAZ (AFP) - 13/9/8 - Confronté à la pire crise de son régime, le président bolivien Evo Morales a recroisé samedi le fer avec les Etats-Unis, après avoir imposé la loi martiale dans une région rebelle du pays où les affrontements ont fait 16 morts cette semaine.

Le bilan des affrontements entre partisans et adversaires du président bolivien Evo Morales survenus cette semaine dans un village de la région de Pando (nord) a été révisé à la hausse à 16 morts, a annoncé samedi le gouvernement bolivien.

Au moment où les troupes tentaient de reprendre le contrôle de la région de Pando, dans le nord, en proie à de graves affrontements, le dirigeant socialiste a tenu à justifier l'expulsion de l'ambassadeur américain, accusé de fomenter son renversement.

Le renvoi du diplomate "obéit à la lutte des peuples indigènes, pas seulement en Bolivie, mais dans toute l'Amérique latine, qui ont combattu pendant 500 ans tous les empires", a lancé M. Morales, proche allié du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a aussi renvoyé l'ambassadeur "yankee".

"Là où il y a l'empire, il n'y a pas de développement. Quand les empires dominent un pays, il n'y a pas de sursaut, pas d'indépendance, pas de dignité", a asséné le chef de l'Etat bolivien depuis le palais présidentiel de La Paz, où il a remercié la communauté internationale pour "sa grande solidarité".

La président chilienne Michelle Bachelet a annoncé samedi une réunion extraordinaire de l'Union des Nations sud-américaines (Unasur) pour "soutenir les efforts du gouvernement bolivien".

L'Argentine et le Brésil, dépendants des exportations de gaz bolivien, ont également appuyé le régime de La Paz.

Les Etats-Unis ont expulsé les ambassadeurs bolivien et vénézuélien, en mesure de représailles.

Premier dirigeant amérindien de Bolivie, élu en 2006, M. Morales, un ancien planteur de coca de 48 ans, est confronté à une vague de violences dans les régions riches, dont les gouverneurs réclament un statut d'autonomie.

L'armée a difficilement repris samedi le contrôle de l'aéroport de Cobija, capitale de Pando, après un assaut nocturne contre des manifestants armés qui ont abattu un soldat, selon le ministre bolivien de la Défense, Walker San Miguel.

Des groupes armés occupent toujours des bâtiments publics et les rafales d'armes automatiques continuent de retentir, a rapporté la radio d'Etat Patria Nueva. En raison de l'état de siège, les réunions politiques y sont interdites, ainsi que le port d'arme ou la circulation de nuit en groupe dans la région.

Sous la pression de l'ONU, de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'Union européenne, le gouvernement de M. Morales et un porte-parole de l'opposition ont tenu une réunion marathon au palais présidentiel de La Paz.

"Nous sommes convenus de la nécessité de parvenir à la pacification du pays" et "à la réconciliation nationale", a déclaré Mario Cossio, gouverneur de la province de Tarija (sud), avant de consulter les autres provinces tenues par l'opposition, Santa Cruz (est), Chuquisaca (sud-est), Pando et Beni (nord).

Ces provinces rejettent le projet de Constitution socialiste et le projet de réforme agraire que M. Morales veut faire adopter par référendums dans ce pays de 10 millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du sud, habitué aux coups d'Etat.

L'instauration de la loi martiale a provoqué une levée de boucliers dans l'opposition. "Nous n'allons pas permettre cet état de siège", a déclaré le gouverneur de Pando, Leopoldo Fernandez.

La crise fait aussi ressurgir les tensions ethniques dans ce pays fracturé entre partisans du chef de l'Etat, en majorité des paysans pauvres des Andes, et la population métisse ou blanche qui vit dans les plaines de l'est et du sud où sont concentrées les terres fertiles et les hydrocarbures.

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Bolivie : les paramilitaires commettent un massacre

Agencia Boliviana de Informacion


ABI - 12/9/8 - A Cobija, les paysans sont tombés dans une embuscade tendue par les paramilitaires et Fernandez [préfet de la province de Pando qui refuse l’autorité centrale bolivienne et est entré en sédition en s’appuyant sur des groupes paramilitaires] a menti au sujet du massacre.

Un pont situé à sept kilomètres de Porvenir, où un millier de paysans marchaient vers Cobija en signe de protestation contre la violence initiée par le préfet, Leopoldo Fernández, a été la scène du massacre que des paramilitaires, entraînés et financés par le «cacique» pandino, ont commis jeudi contre des gens sans défense.

Les faits ont contredit le préfet Fernandez, qui avait assuré qu’il s’agissait d’un affrontement armé «déclenché» par le gouvernement.

Roberto Tito, l’un des travailleurs ruraux qui était sur ce pont lorsque le carnage a commencé contre les gens sans défense, a témoigné qu’ils marchaient sans armes, lorsqu’ils ont entendu les coups de feu et que des gens ont commencé à tomber mortellement blessés.

Les tireurs d’élite perchés à la cime des arbres tirèrent sur la foule sans regarder s’il y avait des enfants ou des femmes qui marchaient avec les paysans dont les seules armes étaient des bâtons et des machettes.

«Nous étions sans armes, au contraire de ce qu’ils disent. Nous nous sommes arrêté environ sept kilomètres avant Porvenir et ensuite ils nous ont attaqués lorsque nous étions à la hauteur du pont; ils nous ont tendu une embuscade et ont commencé à tirer avec des mitraillettes automatiques», a dit Tito, en deuil d’au moins 10 de ses camarades, car jusqu’à ce vendredi on a signalé un nombre indéterminé de victimes.

«Les camarades ont couru de tous les côtés. Ils n’ont épargné ni les enfants ni les femmes. Ca a été un massacre de paysans, c’est quelque chose qu’on ne doit pas tolérer», a déclaré le travailleur.

Le témoignage de Tito est appuyé par la version du sénateur Abraham Cuellar, qui a assuré que, à la hauteur du pont Cachuelita, il y avait un trou de 10 mètres de large et de profondeur afin de ne laisser passer ni les camions ni les gens. C’est dans ces circonstances qu’a commencé le carnage.

« Les gens qui étaient à pied ont été pris dans une embuscade préparée par la préfecture, réalisée avec de l’armement militaire, et le terrible résultat est qu’il y a eu de nombreux morts du côté des paysans, dont la majorité appartiennent aux communes de cette région, qui n’appartiennent pas au MAS (Mouvement d’Action Socialiste), mais qui font partie d’organismes qui soutiennent le gouvernement », a dit Cuellar.

Paramilitaires de Léopold Fernandez

Déjà en Septembre 2006, la ministre du gouvernement de l’époque Alicia Muñoz, avait dénoncé le fait que le préfet Leopoldo Fernández entraînait à Cobija au moins une centaine de paramilitaires, sous le couvert de la création d’une force «pour la sécurité publique.»

Bien que Fernandez ait nié la vérité de cette accusation, pour laquelle Munoz avait des preuves comme des photographies et des enregistrements vidéo, le chef de la sécurité des citoyens de la préfecture de Pando, Alberto Murakami, a admis la formation de civils.

Murakami a ensuite affirmé qu’il s’agissait d’une centaine de «voisins» formés pour effectuer les travaux de surveillance, à cause de la montée de la «délinquance» et du «manque d’effectifs dans la police.»

Munoz a avancé comme preuve que les préfets séditieux n’avaient pas respecté la loi comme ils l’avaient prétendu. Le temps puis le massacre de personnes sans défense ont malheureusement donné raison à cet ancien haut fonctionnaire de l’Etat.

En effet, deux ans plus tard, ces soldats de la « sécurité publique » ont accompli pleinement le rôle pour lequel ils ont été formés : ils ont tiré contre des gens sans défense. De plus, les paramilitaires, dont beaucoup de Brésiliens, ont séquestré ceux qui n’ont pu s’échapper.

Les victimes se sont échappées dans la montagne

Au moment du massacre les paysans n’ont eu qu’une seule alternative pour sauver leur vie et ils se sont retranchés dans la montagne, tandis que les paramilitaires déchargaient leurs armes sur la foule.

« Ce sont des gens de la préfecture et du service départemental des routes qui sont bien armés avec des mitrailleuses et avec parmi eux des tireurs d’élite, parce que du haut des arbres ils tiraient sans danger pour eux », dit Tito.

L’accusation du leader paysan a été corroborée par le sénateur Abraham Cuellar, qui a dit que ce vendredi, 24 heures après le massacre, la persécution des paramilitaires contre les paysans pandinos se poursuivait.

«Nous savons qu’il existe une persécution implacable à Philadelphie et Cachuelita, qui sont des provinces voisines de Cobija; les assassinats continuent, ils continuent de tuer des gens, des gens désarmés», a déclaré le député.

Il a accusé les assassins engagés par la préfecture de Pando et qui sont même armés de mitrailleuses, ce qui a obligé au moins une centaine de personnes à passer la frontière avec le Brésil pour y cehrcher refuge.

C’est un massacre

Dans ce contexte, il est évident qu’aujourd’hui même un grand nombre de personnes était encore sur la route de Porvenir - Puerto Rico, Porvenir - Philadelphie, et Porvenir - Cobija.

«Il y a des gens dans les montagnes et ils sortent sur la route pour chercher de l’aide, et c’est là qu’ils sont découverts, battus ou tués», a dénoncé Cuellar.

Par conséquent, le législateur a demandé en urgence que les autorités nationales prennent les mesures appropriées » pour sauver des vies qui sont en danger."

«Ce qui s’est passé c’est un massacre impressionnant, c’est un massacre, c’est un génocide contre des personnes innocentes, des personnes désarmées, des maires, des conseillers, des dirigeants paysans et de quartier sont persécutés », dit-il.

Aux plaintes de Cuellar s’en ajoutent d’autres qui ont signalé que dans la matinée de ce vendredi on avait trouvé d’autres corps dans la montagne et dans les rivières de cette région, bien que celles-ci n’aient pas été officiellement confirmées par les autorités.

L’impôt direct sur les hydrocarbures (IDH) n’est qu’un prétexte

Dans ce contexte, la mobilisation des gens de la préfecture, des paramilitaires et sicaires [tueurs à gages] recrutés par le préfet Fernandez, prétenduement pour réobtenir 30% des ressources de l’impôt direct sur les hydrocarbures, n’est qu’une façade pour mener une dure répression.

«Pando reçoit 8000 Boliviens par an et par personne tandis que chaque habitant de La Paz reçoit 240 boliviens venant de l’IDH, alors l’argument ne tient pas ; la vérité est qu’à Pando également il y a des problèmes de terre -; les terres sont privées, les paysans sont étranglés, et ce qui est en cause c’est les ambitions du préfet», accuse Cuellar.

Publié par Info-Palestine.net
Vous pouvez consulter cet article à : http://abi.bo/index.php?i=noticias_...
Traduction de l’espagnol : Charlotte

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Evo Morales suspend les opérations anti-drogue américaines en Bolivie

AP - 2/11/8 - Les relations entre Washington et La Paz se sont encore détériorées samedi : le président bolivien Evo Morales a suspendu les opérations du Service américain de lutte contre le narcotrafic (DEA), l'accusant d'espionnage et de soutien à des groupes criminels qui complotent contre son gouvernement.

Il a annoncé cette suspension sine die, tout en précisant que La Paz avait éradiqué depuis le début de l'année plus de 5.000 hectares de plantation illégale de coca, le minimum requis par une loi adoptée par la Bolivie en 1988 sous pression américaine.

L'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz a récemment été expulsé.

"Des agents du DEA travaillaient à de l'espionnage politique et au financement de groupes criminels afin qu'ils puissent attenter à la vie de membres des autorités, si ce n'est du président", a accusé Evo Morales.

Comme le DEA ne peut pas poursuivre sa mission, les Etats-Unis ont inscrit la Bolivie sur la "liste noire du trafic de drogue" [sic], mettant ainsi fin à certaines préférences commerciales.

La Bolivie, qui est le pays le plus pauvre d'Amérique latine, pourrait perdre à cause de cela jusqu'à 20.000 emplois.

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L'analphabétisme pratiquement éliminé en Bolivie, selon Evo Morales

Reuters - 21/12/8 - Le président bolivien Evo Morales a assuré que l'analphabétisme avait pratiquement disparu de Bolivie, au terme d'un projet en vigueur depuis trois ans, parrainé par Cuba et le Venezuela, deux alliés du pouvoir socialiste de La Paz.

Ce programme a permis à 820.000 personnes d'apprendre à lire et à écrire. Environ 97% de la population adulte de Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique latine, peut désormais lire et écrire, ont déclaré les responsables du projet.

"Grâce à l'aide de nos frères du Venezuela et de Cuba, aujourd'hui, nous éradiquons l'analphabétisme dans notre pays", a dit Morales au cours d'une cérémonie tenue pour annoncer que l'objectif avait été pour ainsi dire atteint.

Le projet a été mené à bien par des volontaires boliviens, vénézuéliens et cubains qui, par milliers, ont enseigné la lecture et l'écriture, essentiellement dans les zones rurales, en appliquant une méthode d'alphabétisation mise au point à Cuba.

Si la majeure partie des étudiants en Bolivie apprennent l'espagnol, 37.000 personnes ont appris à lire et écrire dans leurs langues indiennes, l'aymara et le quecha, grâce à ce programme.

Morales, qui est un Indien aymara, a rappelé que son père, comme la plupart des Indiens des campagnes dans les années 50, savait à peine écrire et lire et avait besoin de l'aide des instituteurs du village pour comprendre certains textes.

"Le projet bolivien est un exemple et sans aucun doute il incitera d'autres pays à mettre en oeuvre des programmes analogues", a déclaré un responsable de l'Unesco, Edouard Matoko, au cours de la cérémonie.

Environ 774 millions de personnes, soit un adulte sur cinq au monde, ne savent toujours ni lire ni écrire, selon des chiffres fournis par l'Unesco.

Eduardo Garcia, version française Eric Faye

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Pouvoir indigène en Bolivie

Copyright © 2009 Reuters

 

"Oui" à la constitution en Bolivie mais la droite ne désarme pas

Par Terry Wade

Reuters - 26/1/9 - Les électeurs boliviens ont approuvé dimanche par référendum une nouvelle constitution socialiste favorable aux indigènes, renforçant le président Evo Morales face à une opposition de droite qui ne baisse pas les bras.

Le "oui" l'emporte avec environ 60% des voix, selon les projections, soit sept points de moins que lors du référendum d'août dernier qui a confirmé Morales, le premier président indien du pays, à son poste.

"Maintenant, les exclus, ceux qui sont tenus à l'écart ont les mêmes droits que le reste de la population", a lancé dimanche soir un Morales radieux à la foule rassemblée devant le palais présidentiel de La Paz.

L'opposition de droite entend cependant poursuivre son offensive contre le chef de l'Etat et devrait mener une guerre de tranchées au parlement pour bloquer la mise en application de certaines réformes.

"Le vote 'non' a réussi à freiner les fous qui voulaient détruire notre pays", a déclaré le chef de cette opposition, Ruben Costas, satisfait du recul du soutien populaire à Morales par rapport à août dernier.

La nouvelle Loi fondamentale doit notamment autoriser le président Morales à briguer un second mandat cette année et accorde une meilleure représentation aux Indiens au Congrès.

Elle devrait en outre renforcer le contrôle étatique de l'économie, après une première vague de nationalisations dans les secteurs énergétique ou des télécoms.

Le texte installe ainsi une mainmise gouvernementale sur les ressources naturelles - qu'il s'agisse du gaz ou terres agricoles - et limite à 5.000 hectares la taille des exploitations.

"CODE MORAL"

Cette disposition n'affecte cependant pas les propriétés existantes, comme le prévoyait le projet initial de Morales, combattu avec virulence par les exploitants les plus riches.

Avec cette révision constitutionnelle, Morales poursuit l'offensive politique de la gauche sud-américaine en s'inscrivant dans les pas de ses homologues vénézuélien Hugo Chavez et équatorien Rafael Correa.

Les deux dirigeants socialistes ont eux aussi fait modifier la charte fondamentale de leur pays pour étendre leur pouvoir, combattre les inégalités ou mieux contrôler les ressources naturelles.

Le référendum a été largement approuvé dans les montagnes de l'ouest du pays, peuplée très majoritairement d'indigènes, alors que les populations métisses des plaines orientales ont plutôt vote contre.

Quatre des neuf provinces ont rejeté le texte, selon les sondages sortis des urnes.

Après des siècles de discriminations, les Indiens de Bolivie voient dans cette nouvelle constitution un moyen de renverser les structures traditionnelles du pouvoir, habituellement détenu par les élites descendant des colons européens ou métisses.

Edulcorée par Morales, qui souhaitait pouvoir briguer un troisième mandat s'il est réélu, mais s'est heurté à la puissante opposition de droite, la nouvelle constitution offre aux Indiens une meilleure représentation au Congrès.

Elle consacre en outre le code moral des Aymara - communauté dont est issu le chef de l'Etat -, "Ne soit pas fainéant, ne ment pas, ne vole pas", qui devient le principe éthique du pays.

Les pratiques spirituelles des Indiens s'en trouvent protégées par la loi et les communautés indigènes obtiennent le droit de poursuivre les criminels conformément aux traditions pré-colombiennes.

Certains responsables politiques seront en outre tenus, dans des circonstances définies, de parler le dialecte indigène.

Avec Diego Ore, version française Henri-Pierre André, Grégory Blachier et Guy Kerivel

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Bolivie : Morales proclame la "refondation" après sa victoire au referendum

Raul BURGOA

AFP - 26/1/9 - Le président bolivien de gauche, Evo Morales, a proclamé dimanche soir la "refondation de la Bolivie", plus tournée vers le monde indigène, après avoir obtenu dimanche par plus de 60% l'adoption par référendum d'une nouvelle Constitution, ont annoncé les chaînes de télévision.

Toutefois ce pays andin de 10 millions d'habitants demeure coupé en deux, l'opposition de droite ayant rejeté fermement le texte dans cinq régions plus tentées par l'autonomie.

Visiblement satisfait, le premier président indigène de Bolivie a proclamé du balcon présidentiel "la refondation de la Bolivie" et la fin de l'Etat colonial (...) grâce à la conscience du peuple bolivien".

"C'est la fin des immenses exploitations agricoles et des grands propriétaires", a-t-il ajouté devant une foule joyeuse massée sur la place d'Armes.

Cette constitution donne une place prépondérante aux communautés indigènes, à la justice sociale et au rôle de l'Etat.

Le texte, approuvé au niveau national par environ 60% des votes selon les derniers décomptes donnés dans la nuit de dimanche à lundi par les télévisions, est rejeté dans les cinq régions autonomistes de droite: Santa Cruz (est), Tarija et Chuquisaca (sud), et Pando et Beni au nord.

Selon la chaîne Unitel, le oui l'emporte au niveau national par environ 60% contre 40% dans l'ensemble du pays mais le non l'emporte dans la région de Santa Cruz, la plus riche du pays, par plus de 70% des voix. Dans les régions andines, les plus pauvres du pays, le oui arrive largement en tête.

La gouverneure de la région de Chuquisaca (sud-est), une indigène opposée au gouvernement de gauche, a appelé à la "désobéissance" face à cette nouvelle Constitution.

Mme Savina Cuellar s'est brouillée l'an dernier avec M. Morales, exigeant que Sucre (la capitale régionale) retrouve son rôle de capitale de la Bolivie.

Cette victoire permet à M. Morales d'entreprendre des changements profonds et de briguer un nouveau mandat fin 2009.

Dans la matinée, Evo Morales s'était rendu sans escorte au volant de son 4X4 blindé dans un village du Chapare (centre), son bastion politique, où il a voté.

Le président socialiste a averti que les changements seraient "irréversibles". Le projet de Constitution, qui donne un large espace au monde indigène aymara et quechua, renforce aussi les pouvoirs et prérogatives de l'Etat notamment sur les ressources naturelles du pays.

La Constitution prévoit aussi que l'Etat bolivien se sépare de l'Eglise catholique en devenant "indépendant" des religions qu'il reconnaît toutes mais sans statut particulier pour l'une d'entre elles.

Les gouverneurs des régions de Santa Cruz (est), Chuquisaca, Tarija (sud) et Pando (nord), dominées par l'opposition, avaient appelé à voter non, jugeant trop faible la place accordée à l'autonomie régionale sur laquelle ils avaient eux-mêmes organisé des référendums locaux non reconnus par le pouvoir central.

Le texte initial, qui a fait l'objet d'âpres négociations au Sénat entre l'opposition de droite et le gouvernement socialiste, a pourtant été largement remanié. Plus de 150 articles sur 400 ont été modifiés pour que le Sénat, dominé par la droite, accepte l'organisation du référendum.

Le mandat de M. Morales, élu en décembre 2005 avec 53% des voix, a été confirmé lors d'un référendum révocatoire en août 2008 avec 67% des suffrages.

Mais les affrontements autour du projet de Constitution ont mené le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud au bord de la guerre civile.

M. Morales devrait convoquer des élections générales en décembre 2009. Il pourra être réélu pour un seul nouveau mandat de cinq ans.

Les électeurs ont aussi voté pour que la taille maximale autorisée pour les grandes exploitations agricoles soit de 5.000 hectares.

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Le président bolivien Evo Morales et son homologue russe Dmitri Medvedev
au Kremlin le 16 février 2009

Copyright © 2009 AFP

 

La Russie et la Bolivie scellent leur coopération énergétique et militaire

Marina LAPENKOVA

AFP - 16/2/9 - La Russie et la Bolivie ont scellé lundi leur coopération militaire et énergétique lors de la visite à Moscou du président bolivien Evo Morales, Moscou réaffirmant ainsi sa présence en Amérique latine, une zone où les Etats-Unis exercent traditionnellement une forte influence.

La coopération avec l'Amérique latine, et notamment avec la Bolivie, est "un choix conscient fait par la Russie" qui ne "vise pas à entrer en concurrence avec qui que ce soit", a déclaré le président russe Dmitri Medvedev dans une allusion claire aux Américains.

"Nous voulons créer un système (international) plus juste", a-t-il ajouté lors de la signature au Kremlin d'une série d'accords bilatéraux.

M. Morales, premier dirigeant bolivien à se rendre en Russie, a de son côté salué le "retour de la Russie en Amérique latine" disant apprécier son rôle "pour l'établissement d'un monde multipolaire".

Il a remercié son homologue russe de son accueil, estimant qu'un "Indien ne méritait pas un tel accueil. J'ai été impressionné par vos forces armées", a ajouté M. Morales, 59 ans, d'origine indienne.

Il a estimé que sa visite en Russie était "historique" et constituait un évènement "inoubliable" pour son peuple et son pays.

Il s'est aussi dit prêt à "travailler ensemble pour sauver l'humanité", avec la Russie, "une des puissances mondiales".

Les deux pays ont signé des accords de coopération militaro-technique, sur la lutte contre le trafic de drogue et une déclaration commune qui prévoit un renforcement de la coopération énergétique.

"La Russie contribuera à la construction de gazoducs et à l'exploration de gisements en Bolivie", a déclaré M. Medvedev.

Gazprom pourrait investir trois milliards de dollars dans l'exploration de nouveaux gisements d'hydrocarbures en Bolivie, rapportait lundi le quotidien russe Kommersant citant des sources au sein du groupe russe ajoutant qu'un accord dans ce sens était en préparation.

Gazprom est déjà présent dans ce pays qui possède les deuxièmes plus grandes réserves de gaz d'Amérique latine (1,34 Mds de m3), derrière le Venezuela.

L'accord militaire prévoit notamment des livraisons à d'hélicoptères russes à La Paz. "Dans l'avenir la liste de produits pourrait s'élargir", a déclaré M. Medvedev.

La lutte antidrogue aux côtés de Moscou est cruciale pour la Bolivie, troisième producteur mondial de cocaïne, d'autant plus que M. Morales a cessé en novembre la coopération dans ce domaine avec les Etats-Unis qui étaient jusqu'à présent le principal partenaire de la Paz dans ce domaine.

Evo Morales a affirmé en novembre que l'Agence antidrogue américaine (DEA), dont il a ordonné l'expulsion, ne reviendrait pas en Bolivie tant qu'il serait au pouvoir.

Cet accord "illustre le succès de Moscou en Amérique latine, pré carré traditionnel des Etats-Unis", analysait Kommersant.

La Russie cherche à réaffirmer sa présence en Amérique latine, où M. Medvedev s'est rendu en tournée fin novembre, au moment où des manoeuvres marines militaires communes russes et vénézuéliennes se tenaient au large du Venezuela. Ces exercices ont marqué le retour de la présence militaire de Moscou dans les Caraïbes depuis la fin de la guerre froide.

En marge du sommet au Venezuela, MM. Medvedev et Morales ont eu une brève rencontre au cours de laquelle le président russe avait invité son homologue à se rendre en Russie.

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Evo appelle Obama à changer la politique des Etats-Unis en Amérique latine

 

AFP - 16/2/9 - Le président bolivien Evo Morales a estimé lundi que sa visite "historique" à Moscou allait encore changer le rapport de forces en Amérique et pousserait le président américain Barack Obama à revoir la politique de son prédécesseur en Amérique latine.

Les Boliviens sont "impressionnés par le fait qu'une puissance mondiale (la Russie) ait consacré un peu de temps à un petit pays comme la Bolivie", a déclaré M. Morales lors d'une conférence de presse à l'issue de sa visite à Moscou.

Grâce à la Russie qui "est aux côtés" des pays d'Amérique latine, "les relations avec les Etats-Unis commencent à changer", a estimé M. Morales.

Il s'est également félicité de la victoire du président Hugo Chavez, bête noire des Etats-Unis, au référendum constitutionnel dimanche, qui permettrait à ce dernier de se représenter à l'élection présidentielle sans limite de mandats.

"Le peuple vénézuélien a ratifié" le projet du président Chavez "qui a été auparavant critiqué et condamné par l'administration du président George Bush pour lequel il appartient, comme Fidel, à l'axe du mal", a poursuivi M. Morales.

"Espérons que la visite (en Russie) change le rapport de forces en Amérique latine face aux Etats-Unis", a-t-il encore dit.

"Je ne perds toujours pas l'espoir que le président Obama change la politique, en particulier dans les relations internationales", a-t-il conclu.

Le président bolivien a rencontré lundi au Kremlin son homologue russe Dmitri Medvedev. Des accords dans le domaines énergétique, militaire et de la lutte antidrogue ont été signés à cette occasion.

M. Morales s'est également vu attribuer le titre de doctor honoris causa de l'Université moscovite des sciences humaines RGGU, l'un des principaux centres d'études de l'Amérique latine en Russie.

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Le président bolivien Evo Morales lors d'une conférence de presse
sur l'importance de la culture de la coca le 9 mars 2009

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Le président Morales déclare non grata un autre diplomate américain

AFP - 9/3/9 - Le président bolivien Evo Morales, six mois après avoir expulsé l'ambassadeur américain à La Paz, a déclaré non grata lundi le deuxième secrétaire de l'ambassade, Francisco Martinez, le soupçonnant d'avoir conspiré contre le gouvernement bolivien.

"J'ai décidé aujourd'hui de déclarer persona non grata Francisco Martinez, un Nord-américain Mexicain (d'origine) qui travaille à l'ambassade des Etats-Unis", a déclaré M.Morales au palais présidentiel, lors d'un discours à l'occasion d'une passation de pouvoir à la tête de la police bolivienne.

M.Morales a accusé le diplomate d'avoir été "en contact permanent avec des groupes d'opposants, durant tout le processus de la conspiration" qui selon lui a eu lieu en septembre 2008, au moment de protestations violentes dans des provinces du pays tenues par l'opposition de droite au gouvernement de La Paz.

Le chef de l'Etat bolivien depuis 2005 entretient des relations conflictuelles avec Washington, qui ont culminé l'année passée avec l'expulsion de l'ambassadeur américain Philip Goldberg, puis en novembre de l'agence de lutte anti-drogue (DEA) après 35 ans de présence en Bolivie.

La même accusation de connivence avec les troubles dans des régions fiefs de l'opposition et hostiles au projet de Constitution socialiste de M.Morales -promulgué en février- avait été lancée à l'époque contre l'ambassadeur. Qui les avaient rejetées comme dénuées de tout fondement.

Dans le cas de M. Francisco Martinez, le diplomate incriminé lundi, le président Morales l'a accusé d'avoir été en contact avec d'ex-policiers qui opéraient avec une unité de renseignements de la police dissoute en janvier 2008.

L'ambassade américaine n'a pas souhaité réagir lundi à l'annonce d'Evo Morales, renvoyant vers le département d'Etat à Washington.

L'anti-libéral Morales, proche du Cubain Fidel Castro et du Vénézuélien Hugo Chavez, a régulièrement entretenu des relations très tendues avec la précédente administration américaine, mais le discours de La Paz avait connu ces dernières semaines une forme de décrispation.

M.Morales a ainsi évoqué son espoir que le nouveau président Barack Obama change la politique américaine en Amérique Latine, tandis que des ministres ont évoqué la disposition de la Bolivie à renouer les relations avec Washington, une disposition partagée par les Etats-Unis, selon La Paz.

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FRANCISCO "PANCHO" MARTÍNEZ ACUSADO DE SER AGENTE DE LA CIA Y QUE EJERCÍA COMO DIPLOMÁTICO DE EE.UU EN BOLIVIA FUE DECLARADO "PERSONA NON GRATA"


Source : http://www.patrianueva.bo/


La Paz, 9 de marzo.- El presidente, Evo Morales, declaró hoy "persona non grata" al diplomático de la embajada de Estados Unidos en La Paz Francisco Martínez, al que acusó de conspirar con sus opositores y que su Gobierno ha vinculado con la CIA.

"He declarado persona 'non grata' a Francisco Martínez que trabaja en la embajada de los Estados Unidos en La Paz, y pido comunicar esta decisión" a esa representación diplomática, anunció Morales en el acto de posesión del nuevo comandante nacional de la Policía, general Víctor Hugo Escobar.

Morales dijo que ese funcionario estadounidense de origen mexicano "era el contacto permanente con grupos opositores durante toda la etapa de conspiración", en alusión directa al "golpe de estado cívico-prefectural" que, según el Gobierno boliviano, intentó la oposición el año pasado.

"Era la persona de la embajada de EE.UU. que se contactaba con algunos ex policías que operaban en el Centro de Operaciones Especiales (de la Policía boliviana) y hoy día decidí declararlo 'persona non grata'", dijo Morales en un discurso en el Palacio de Gobierno de La Paz.

El mes pasado, funcionarios de Washington negaron las primeras acusaciones que en su momento hizo el Gobierno de Morales contra Martínez, que está acreditado como segundo secretario de la embajada estadounidense en La Paz.

Morales subrayó hoy que se han hecho "profundas investigaciones" sobre Martínez y pidió al ministro de Relaciones Exteriores, David Choquehuanca, comunicar a la embajada de EE.UU. su decisión "por la dignidad de los bolivianos y para acabar con la corrupción externa".

A fines del mes pasado, el Gobierno de Morales sostuvo que Francisco Martínez realiza en La Paz "labores de coordinación, enlace y articulación" con al menos un agente boliviano de la CIA (Agencia Central de Inteligencia).

Entonces, el ministro de Gobierno (Interior), Alfredo Rada, precisó que Martínez sostenía reuniones con Rodrigo Carrasco, ex capitán de la policía boliviana actualmente acusado de espionaje y de montar una red de corrupción en la petrolera estatal YPFB.

En septiembre del año pasado, Morales también declaró "persona non grata" al embajador de Washington en La Paz, Philip Goldberg, al que acusó igualmente de conspirar en su contra.

M.MARAÑÓN.A.

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Evo Morales défend la feuille de coca devant l'ONU

LeMonde.fr - 12/3/9 - Devant les responsables d'une cinquantaine de pays réunis depuis mercredi à Vienne, en Autriche, pour la 52e conférence de la commission des stupéfiants de l'ONU, le président bolivien Evo Morales n'a pas pris de gants. En prononçant un discours, jeudi 12 mars, M. Morales a sorti une feuille de coca, plante de laquelle est issue la cocaïne, et l'a mâchée, demandant son retrait de la liste des substances interdites.

"La feuille de coca n'est pas de la cocaïne, a expliqué le président bolivien, par ailleurs leader syndical des cultivateurs de coca dans son pays. Elle n'est pas nocive pour la santé, elle n'engendre pas de perturbations psychiques ni de dépendance."
Il a ensuite égrené ses arguments : les feuilles de cette plante sont cultivées depuis trois mille ans avant Jésus-Christ, elles ont un caractère sacré en Bolivie, où elle sont mâchées ou infusées.

Qui plus est, il a lui-même consommé de la coca 'pendant dix ans'. 'Si les effets étaient tels qu'on les décrit, je ne serais jamais devenu président de la République, s'est-il amusé. Si c'est une drogue, alors vous devez me mettre en prison.' La feuille de coca est, depuis de nombreuses années, un casus belli entre le gouvernement bolivien et Washington, qui veut éradiquer sa culture dans la région andine, où près de dix millions de personnes l'utilisent.

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GRÈVE DE LA FAIM DU PRÉSIDENT BOLIVIEN
POUR FAIRE ADOPTER LA LOI ÉLECTORALE


Copyright © 2009 Reuters

 

Le Congrès de Bolivie vote une loi électorale voulue par Morales

Par Eduardo Garcia

Reuters - 10/4/9 - Le Congrès de Bolivie a adopté "dans sa globalité" une loi électorale, quelques heures après l'annonce par le président Evo Morales qu'il entamait une grève de la faim pour protester contre les manoeuvres d'obstruction de l'opposition contre ce texte.

Il reste aux parlementaires à voter sur les détails de cette loi de réforme électorale, qui devrait aider le président socialiste à obtenir plus facilement le contrôle du Congrès lors des élections législatives qui doivent avoir lieu en décembre.

Morales avait commencé son jeûne quelques heures plus tôt, en accusant ses adversaires de droite de faire obstacle à cette loi électorale. A travers la Bolivie, des centaines de membres de groupes indigènes et des syndicalistes avaient également entamé une grève de la faim en soutien à Morales.

La tension est montée depuis la semaine dernière entre le Mouvement vers le socialisme (MAS, au pouvoir) et l'opposition au sujet de ce projet de loi, qui donnerait un coup de pouce au président en allouant davantage de sièges aux régions pauvres, rurales.

Les alliés de Morales contrôlent la chambre basse de Bolivie, mais l'opposition est majoritaire au Sénat, ce qui permet à ses opposants politiques de faire obstacle au projet de réforme électorale.

"Confronté à la négligence d'une poignée de parlementaires néo-libéraux, nous n'avons pas d'autre choix que de prendre cette mesure (la grève de la faim). Ils ne veulent pas adopter une loi qui garantisse l'application de la Constitution", avait expliqué Morales à la presse au palais présidentiel de La Paz.

Des parlementaires avaient échangé des insultes, jeudi soir, au cours d'un débat houleux sur le projet de loi. Certains opposants avaient qualifié le gouvernement de Morales de "totalitaire".

Une nouvelle Constitution, taillée sur mesure pour donner davantage de pouvoirs et de droits à la majorité indienne de Bolivie, a été approuvée en janvier par plus de 60% des électeurs. Morales est le premier président bolivien issu de cette majorité indigène.

La nouvelle Constitution prévoit que le Congrès approuve une loi électorale ratifiant la date du 6 décembre pour les prochaines législatives.

Or, l'opposition était hostile à texte de loi parce qu'il prévoit d'accorder 14 sièges à des groupes indigènes minoritaires, ce qui, dit-elle, revient à les accorder à Morales lui-même, étant donné que celui-ci s'est fait le champion des droits des Indiens.

Version française Eric Faye

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Evo Morales, un Président en grève de la faim

Par G.T.

 

Libération.fr - 10/4/9 - Lassé du bras de fer entre une Assemblée nationale contrôlée par le Mouvement vers le socialisme (MAS, au pouvoir) et un Sénat aux mains de l'opposition de droite, le président bolivien, Evo Morales, a entamé hier matin une grève de la faim pour faire pression sur les parlementaires.

Cette action, inédite pour un président, intervient alors que le Sénat tente de bloquer la nouvelle loi électorale qui permettrait la tenue d'élections générales en décembre. Les points de friction concernent le registre électoral, le vote des Boliviens de l'étranger (environ 300 000 ressortissants répartis dans une quinzaine de pays) et le nombre de sièges réservés au Parlement pour les minorités indiennes.

Lors de ces prochaines élections, Evo Morales, premier président bolivien d'origine indienne, briguera un nouveau mandat. La guéguerre entre le MAS et l'opposition illustre le climat de tension qui paralyse déjà, faute d'accord entre les deux chambres, la Cour suprême et le Conseil de la magistrature.

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Evo Morales dénonce la politique du complot menée contre lui par les Etats-Unis

Par Frank Bajak

AP - 19/4/9 - "La politique de complot" menée contre lui par Washington "continue", a déclaré samedi Evo Morales, appelant Barack Obama à condamner publiquement le complot d'assassinat du président bolivien que La Paz a annoncé avoir démantelé cette semaine.

S'exprimant lors d'une conférence de presse au sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, Evo Morales a déclaré avoir demandé à Barack Obama, lors d'une rencontre samedi matin, de condamner publiquement le complot visant à l'assassiner dont il dit avoir été victime.

Barack Obama a répondu qu'il ignorait le détail de l'incident, mais il a assuré au président Morales "que son gouvernement n'était pas impliqué" et il a tenu à "clarifier le fait qu'il ne soutient ni ne tolère l'usage de la violence contre les gouvernements démocratiquement élus", d'après un haut responsable de l'administration des Etats-Unis.

Evo Morales n'a pas évoqué une éventuelle implication américaine directe dans ce complot, mais a estimé que les promesses faites par le président américain lors de son discours vendredi au sommet sonnaient creux sans une dénonciation publique.

"Obama a dit trois choses: il n'y a pas de partenariat senior ou junior. Il a dit que les relations devaient être basées sur le respect mutuel, et il a parlé de changement", a déclaré Evo Morales. "En Bolivie (...) on ne sent pas le changement. La politique du complot continue".

Les autorités boliviennes ont annoncé avoir démantelé jeudi un groupe, composé principalement de mercenaires étrangers, qui prévoyait d'assassiner Evo Morales et son vice-président. La police a abattu trois de ces hommes, dont un Irlandais et un Roumain [voir ci-dessous : deux Hongrois et un Bolivien ?!].

Si Barack Obama ne condamne pas publiquement cette tentative d'assassinat, "je pourrais penser qu'elle a été organisée par le biais de l'ambassade", a affirmé samedi Evo Morales. "Je veux obtenir la confiance (...) Je ne veux pas qu'on se mêle des histoires de mon pays".

Un haut responsable de l'administration Obama a indiqué que "certaines questions d'intervention américaine passée" avaient été évoquées samedi matin lors de la rencontre entre Evo Morales et Barack Obama, mais qu'aucune n'était "dirigée vers le président ou son administration".

Evo Morales entretenait des relations tendues avec l'administration Bush, qu'il a plusieurs fois accusée de souhaiter son renversement. Le président bolivien avait expulsé en septembre dernier l'ambassadeur américain, ainsi que les équipes fédérales américaines de lutte contre la drogue le mois suivant, les accusant d'avoir comploté avec l'opposition pour inciter à la violence dans le pays.

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Le président bolivien dénonce une tentative d'assassinat

Par Frank Jack Daniel et Eduardo Garcia, version française Nicole Dupont

 

Reuters - 16/4/9 - Le président bolivien Evo Morales déclare que les forces de sécurité ont déjoué un complot visant à l'assassiner, ainsi que deux autres responsables, et que trois étrangers ont été tués lors d'une fusillade d'une demi-heure.

Le chef de la police bolivienne, Hugo Escobar, a déclaré que deux Hongrois et un Bolivien avaient été tués dans la fusillade, dans un hôtel de Santa Cruz, en Bolivie.

Morales, socialiste et premier Amérindien à avoir accédé à la présidence bolivienne, s'est heurté à une vive opposition dans les régions les plus prospères du pays, notamment Santa Cruz.

Le président, qui se trouve actuellement au Venezuela, a indiqué qu'un Irlandais pourrait figurer parmi les "mercenaires étrangers" impliqués et il a précisé que deux personnes avaient été arrêtées.

"Hier, j'ai donné l'ordre au vice-président de faire arrêter ces mercenaires et ce matin, j'ai été informé d'une fusillade d'une demi heure dans un hôtel de Santa Cruz - trois étrangers sont morts et deux ont été arrêtés", a dit Morales.

Il a ajouté que, selon ses informations, le complot visait à le tuer ainsi que le vice-président et un ministre.

Morales a dans le passé fait état de plusieurs complots dirigés contre lui, mais les résultats des enquêtes n'ont jamais été divulgués.

L'an dernier, des groupes de droite ont organisé de violentes manifestations contre un nouveau référendum donnant davantage de pouvoir à la majorité indigène.

Morales a expulsé en septembre l'ambassadeur des Etats-Unis qu'il a accusé d'avoir encouragé les manifestations pour tenter de le renverser.

Le président a arrêté mardi une grève de la faim de cinq jours après l'adoption par les députés d'une loi électorale accordant davantage de sièges dans les régions indigènes où il jouit d'un important soutien.

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Le Salar d'Uyuni, une plaque de sel unique au monde. Aussi grand que l'Ile-de-France, l'endroit contiendrait près de 40 % des réserves internationales de lithium,
le plus léger des métaux et l'élément essentiel pour le développement de la voiture électrique.
Crédits photo : Abaca

 

La Bolivie : pays du lithium

Par Patrick Bèle, envoyé spécial à Uyuni

 

Le Figaro-fr - 8/9/9 - Le pays possède plus du tiers des réserves mondiales de ce métal très convoité, utilisé pour la fabrication de batteries électriques.
Perdu au sud de la Bolivie, près de la frontière avec l'Argentine, accessible après plusieurs heures de piste dans un désert des sables dont la seule végétation consiste en de rares et chétives touffes d'herbes, le Salar d'Uyuni est unique au monde : il s'agit d'une plaque de sel de 12 000 kilomètres carrés (la surface de l'Ile-de-France !), d'une épaisseur de plus de 10 mètres. Il en rayonne une lumière aveuglante au milieu d'un silence total, toute présence végétale ou animale étant, bien sûr, impossible. Parsemé de petites îles rocheuses, le Salar est perché à 3 653 mètres d'altitude, au sud de l'Altiplano andin. Des vents violents et très froids y font descendre les températures jusqu'à - 30, - 40 °C. C'est l'harto frio (le «froid extrême») tant redouté des Boliviens. L'homme peine à trouver sa place ici et les activités sont rares aux alentours.

Il faut aller dans le petit village de Colchani pour trouver des récoltants de sel. Des centaines de petites pyramides blanches attendent sur le Salar la venue de camions hors d'âge. Le sel est ensuite séché dans des fours rudimentaires, chauffés en brûlant les rares broussailles que l'on peut ramasser alentour. Un peu plus loin, à Rio Grande, une vieille usine coopérative traite le borax destiné à la fabrication de l'acide borique, un antiseptique.

Mais les temps sont en train de changer et la région devrait bientôt se réveiller de sa torpeur salée. Une bataille de portée internationale va commencer ici autour d'une nouvelle ressource : le lithium dont le Salar d'Uyuni contiendrait près de 40 % des réserves mondiales. Ce qui fait de la Bolivie le «nouveau Moyen-Orient du lithium». Déjà utilisé dans les piles des petits appareils électroniques, il devrait être l'élément essentiel pour le développement de la voiture électrique. Le lithium est le plus léger des métaux et se recueille sous forme de carbonate de lithium, qui a l'aspect d'un sel très blanc. Pour l'instant, les principaux producteurs sont le Chili, avec le Salar d'Atacama (39,3 % de la production mondiale), la Chine (13,3 %) et l'Argentine (9,8 %), selon les statistiques du Meridian International Research.

La méfiance de la population locale

«Au début des années 1990, une entreprise américaine, Litco (Lithium Corporation), a voulu s'installer ici pour exploiter le lithium, rappelle Francisco Quisbert Salinas, secrétaire général de la Fructas, fédération des travailleurs paysans du sud de l'Altiplano. La population s'est mobilisée et a réussi à faire annuler le projet. Ils se seraient une fois de plus enrichis en ne nous laissant que des miettes. Si on exploite le lithium, ce sera pour nous faire sortir de la pauvreté.»

La méfiance de la population locale s'explique facilement. Chat échaudé craint l'eau froide. Nous sommes à quelques dizaines de kilomètres de Potosi, d'où les Espagnols ont extrait des milliers de tonnes d'argent qui ont servi à financer la Renaissance espagnole, sans aucune retombée locale, si ce n'est le «droit», pour les Indiens, de mourir dans les mines. La «tradition» s'est poursuivie, puisqu'il y a encore quelques années, avant que le président d'origine aymara, Evo Morales, change les règles du jeu, les compagnies pétrolières exploitaient le gaz bolivien en ne reversant que moins de 10 % de royalties.

Le nouveau trésor de la Bolivie suscite de nombreuses convoitises. Et le président Evo Morales ne manque jamais une occasion de faire monter les enchères. Lors de son voyage à Moscou, en février dernier, il avait invité les entreprises russes à lui faire des propositions. Quelques jours plus tard, il avait été reçu chez Bolloré et avait essayé la voiture électrique du constructeur français, la Blue Car.

La semaine dernière, lors de la visite de Lula en Bolivie, le lithium s'est invité dans la conversation entre les deux chefs d'État. Le Brésil pourrait avoir un intérêt particulier à s'engager dans cette exploitation, car, en extrayant le lithium de la saumure, on recueille aussi du potassium, un excellent fertilisant dont l'agriculture brésilienne a grand besoin.

Mais le président Morales pose ses conditions : pas question de se contenter d'extraire le lithium. «Cette activité doit servir l'industrialisation du pays, expliquait-il lors d'une conférence de presse à Paris, en février dernier. Il faut que se développe autour de l'extraction du lithium une vraie filière industrielle de construction de batteries et de voitures électriques.»

La Paz a déjà investi des millions de dollars

Le ministère des mines bolivien est en train de bâtir une usine pilote à Rio Grande, un village situé à une dizaine de kilomètres du Salar. «La construction doit s'achever en décembre et nous entamerons la production en janvier pour, à terme, extraire 40 tonnes par mois», explique Marcelo Castro, le patron de l'usine. Les 120 ouvriers qui travaillent sur le site sont tous emmitouflés dans des passe-montagnes sombres pour ne pas être brûlés par le froid, le sel, le vent et le soleil. Autour des piscines de décantation creusées dans la plaque de sel, ils prélèvent régulièrement des échantillons qui sont ensuite envoyés à La Paz pour être étudiés. La Bolivie a investi 6 millions de dollars dans ce projet. Il en faudrait 300 millions pour l'usine définitive. «Nous n'accepterons qu'une usine qui appartienne à 100 % à l'État bolivien, prévient Francisco Quiesbert. Pas question que des compagnies étrangères viennent s'enrichir avec nos matières premières. Par contre, s'ils veulent implanter des usines de batteries et de voitures, ils sont les bienvenus.»

Pour l'instant, les offres les plus sérieuses faites au gouvernement bolivien viennent du japonais Mitsubishi, du sud-coréen LG et du français Bolloré associé à Eramet. «Notre projet propose une assistance technique pour l'extraction du lithium, une association pour la construction d'une usine de carbonate de lithium, la construction d'une usine de batteries et une autre de voitures, explique Thierry Marraud, directeur financier du groupe Bolloré. C'est un projet d'envergure qui prendra du temps. Et il est fort probable que rien ne se décide avant l'élection présidentielle du 6 décembre prochain.»

La nouvelle Constitution bolivienne nationalisant les ressources naturelles, les compagnies étrangères ne peuvent les exploiter qu'en association avec l'État. Bolloré-Eramet, Mitsubishi et LG s'efforcent donc de proposer des contrats de partenariat conformes aux nouvelles règles du jeu. Pour l'instant, chacun s'observe et étudie les aspects techniques du projet. «Le processus de production de lithium est un cycle long. Dans le Salar d'Atacama, la saumure est laissée en bassin d'évaporation une année pour passer de 1 gramme de lithium par litre à 80 grammes, explique Philippe Bordarier, directeur du développement du groupe Eramet. Nous prévoyons plusieurs phases préliminaires qui prendront cinq à six ans. Nos compétences en matière d'électrométallurgie seront très utiles, même si pour l'instant nous ne sommes pas producteurs de lithium.»

De son côté, Mitsubishi se montre très discret. Le groupe japonais est déjà présent dans la région avec une usine d'extraction d'antimoine, de zinc et de plomb, à quelques kilomètres du site pilote du gouvernement. Evo Morales aurait beaucoup apprécié le volet industriel du projet Bolloré-Eramet.

La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique du Sud alors qu'elle possède de nombreuses richesses. Exportateur de gaz, elle recèle encore de ressources minières non négligeables. Le lithium représente un réel espoir pour le pays. Le directeur de l'usine pilote, Marcelo Castro, travaille depuis trois ans sur ce projet dans des conditions très difficiles et sans beaucoup de moyens. Mais il y croit et se fait prophétique : «Nos salaires sont faibles, nos conditions de travail difficiles, mais nous sommes fiers de participer à un projet qui permettra au pays de sortir de la pauvreté et à la planète d'être plus propre !»

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Le président bolivien sortant, Evo Morales, se rend au bureau de vote lors des élections du 6 décembre 2009
Crédit photo : AFP/Aizar Raldes

 

Morales se dirige vers un second mandat

Les Boliviens se rendent dimanche aux urnes pour élire leur prochain président

 

Radio-Canada.ca - 6/12/9 - La popularité du chef d'État sortant, Evo Morales, devrait être suffisante pour décrocher un second mandat à la présidence de la Bolivie.

Evo Morales, un indien aymara âgé de 50 ans, est le premier président d'origine indigène de l'histoire de la Bolivie. Lors de la présidentielle de 2005, il a obtenu 53,7 % des voix.

Fort de l'appui des classes défavorisées, et notamment des autochtones, M. Morales pourrait obtenir la majorité absolue (50 % + 1) et remporter le scrutin dès le premier tour. Selon les derniers sondages, il aurait plus de 30 points d'avance sur son premier rival.

Les opposants d'Evo Morales sont Manfred Reyes Villa, ancien gouverneur de la province de Cochabamba et ex-capitaine de l'armée bolivienne, et Samuel Doria Medina, ex-ministre de centre droit et l'un des hommes les plus riches du pays qui a fait fortune dans le ciment après avoir étudié aux États-Unis et en Angleterre.

Le scrutin, auquel sont convié près de 5 millions d'électeurs - dont 60 % d'autochtones - se déroule en présence de 55 000 policiers et militaires, 230 observateurs de l'Organisation des États américains et de l'Union européenne.

Les bureaux de vote fermeront à 16 h, et les premiers résultats sont attendus en début de soirée.

Allié du président vénézuélien Hugo Chavez, Evo Morales s'inscrit dans le courant de gauche radical d'Amérique latine. Le pays est notamment membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), un bloc antilibéral fondé par le Venezuela et Cuba en 2004.

Depuis son entrée en fonction en janvier 2006, il a dirigé un vaste programme de réformes démocratiques et sociales dans le pays le plus pauvre des Amériques. M. Morales a nationalisé des entreprises de télécommunication et d'exploitation minière et a augmenté les impôts des entreprises énergétiques étrangères afin d'accroître les dépenses sociales. Cette mesure a été très bien reçue parmi la population du pays le plus pauvre d'Amérique du Sud, où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.

Dimanche, nous aurons le choix entre deux voies: accompagner le changement pour le garantir, le consolider, pour l'approfondir et l'accélérer, ou revenir au passé, au néolibéralisme.

— Evo Morales

L'ancien syndicaliste entend également créer des entreprises publiques dans les secteurs de la cimenterie, des produits laitiers, et de la pharmaceutique.

Morales envisage déjà un troisième mandat

Malgré l'opposition de la droite, le président Morales est parvenu à faire accepter, en janvier 2009, son projet de référendum sur une nouvelle constitution.

La nouvelle constitution prévoit une place centrale à l'État, tout en accordant des droits sans précédent à la majorité indigène du pays.

Ce nouveau cadre législatif prévoit également la possibilité de briguer deux mandats consécutifs, ce qui a d'ailleurs fait dire au président sortant que sa réélection de dimanche peut être prise, « constitutionnellement, comme une première élection ».

L'enjeu véritable: le contrôle du Sénat

La réélection d'Evo Morales étant pratiquement acquise, le parti du président, le Mouvement vers le socialisme (MAS), vise à prendre le contrôle du Sénat, la Chambre haute du Parlement, détenu par l'opposition pendant son premier mandat. Si le MAS y obtient une majorité des deux tiers, il pourra mettre en oeuvre sans entrave la nouvelle constitution adoptée en janvier 2009.

La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres du continent. Grâce aux revenus du secteur des hydrocarbures, nationalisé en 2006-2007, le pays n'a pas connu les difficultés économiques de certains pays voisins et devrait enregistrer une croissance économique de 3 à 4 % en 2009, ce qui devrait être la plus forte d'Amérique latine.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters


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Les partisans d'Evo Morales à l'annonce de sa victoire à l'élection présidentielle le 6 décembre 2009 à La Paz (AFP)

 

Bolivie : le président Morales triomphalement réélu

Voila.fr - 7-12-9 - Le président socialiste de la Bolivie, Evo Morales, a été réélu triomphalement dimanche au premier tour de l'élection présidentielle, avec 61 à 63 % des voix et un contrôle total du Parlement qui, a-t-il dit, lui donne le devoir d'"accélérer le changement".

Morales, pilier de la gauche radicale d'Amérique latine, a été reconduit avec près de 10 points de plus que les prévisions des sondages pré-électoraux, confirmant l'assise populaire du premier chef d'Etat indien (aymara) de la Bolivie en 184 ans d'indépendance.

"Le peuple bolivien a de nouveau fait l'Histoire", a lancé Morales, du balcon du Palais présidentiel à plus de 3.000 partisans, qui depuis des heures célébraient sa victoire sur la place d'Armes de La Paz, dansant et scandant "Evo ! Evo !", "Evo de nuevo !" (de nouveau).

"Cette majorité de plus des deux-tiers des députés et sénateurs nous fait obligation, me fait obligation, d'accélérer le processus de changement" de la Bolivie, a-t-il affirmé.

Selon les sondages sorties des urnes de trois instituts, confirmés par des projections du décompte, Morales distance de près de 40 points son premier rival de droite, l'ex-militaire et gouverneur provincial Manfred Reyes Villa, à 23-25% des voix.

L'entrepreneur et ex-ministre de centre-droit Samuel Doria Medina, est crédité de 7% à 10%.

Le parti présidentiel, le Mouvement vers le socialisme (MAS), recueillerait 24 ou 25 des 36 sièges du Sénat, soit la majorité absolue des deux-tiers. Il était déjà majoritaire à la Chambre des députés.

Le contrôle du Parlement garantit au gouvernement une mise en oeuvre sans entrave de sa "refondation" socialiste et pro-indigène du pays, sur la base de la nouvelle Constitution adoptée en janvier 2009. Il lui permet surtout le cas échéant d'amender la Constitution, par exemple sur le nombre de mandats présidentiels -deux consécutifs actuellement.

Il lui donne enfin les mains libres pour les hautes nominations, dans la justice en particulier. Une toute-puissance du MAS est redoutée par l'opposition et préoccupe aussi des observateurs indépendants. La droite dénonce un risque de dérive despotique de la part de Morales, dans la lignée du président vénézuélien Hugo Chavez, son allié et mentor de la gauche radicale latino-américaine.

Morales a d'ailleurs laissé planer dimanche matin la possibilité d'un 3e mandat, estimant que sur la base d'une nouvelle Constitution, son 2e mandat peut-être considéré "comme une première élection".

L'Equateur du socialiste Rafael Correa, lui-même réélu en avril, a été le premier à féliciter Morales, qualifiant son élection d'"historique" et de "triomphe pour la démocratie bolivienne et de la région".

Les élections générales se sont déroulées dans un climat de "tranquillité et de paix" selon la mission d'observateurs de l'Union européenne. Le climat contraste avec la tensions de 2007-08, qui poussa le pays au bord de la guerre civile, après une fronde autonomiste dans l'Est prospère, fief de l'opposition, et des violences politiques qui firent des dizaines de morts.

"La polarisation politique continue", a dénoncé dimanche soir le candidat battu Reyes Villa, promettant de lutter au Parlement dans la "tranchée de la démocratie" contre des abus de pouvoir.

Le score de Morales fait de lui l'homme d'Etat le plus populaire en Bolivie depuis le nationaliste Victor Paz Estensorro il y a près de 50 ans. Cela alors que Morales, sa rhétorique anti-libérale, ses alliances (Venezuela, Iran), restent éminemment suspectes aux yeux de "l'Occident" [sic]. Tout comme le poids du narcotrafic en Bolivie, 3e producteur mondial de cocaïne.

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Un centre de soins gratuits dans une "casa de campaña" du MAS.
Copyright : Jean-Baptiste Mouttet

 

La santé au coeur du nouveau mandat d'Evo Morales

 

Blogue Solidaridad Latina

Par Julie Pacorel et Jean-Baptiste Mouttet

Reporters multimédia.
Elle, a collaboré à l’AFP, lui a participé au lancement de Youphil.

 

Youphil - 17/12/9 - Le vice-président bolivien l'a promis, 2010-2015 seront les années de la protection sociale. Aujourd'hui majoritaire au Parlement comme au Sénat, le parti au pouvoir veut réformer le système de santé.

“Soins dentaires gratuits”. Cette affiche en grosses lettres était accolée à l'une des “casas de campaña” (centres de campagne) du MAS (Mouvement vers le Socialisme), le parti au pouvoir en Bolivie.

En pleine campagne présidentielle, les Boliviens pouvaient obtenir des consultations médicales sans payer dans ces dispensaires. Aujourd'hui, à peine reconduit à la tête du pays, le gouvernement d'Evo Morales veut inaugurer ses premières mesures dans le domaine de la santé.

Une de ses grandes réussites lors de son premier mandat : le bono Juana Azurduy, destiné a assurer une surveillance médicale gratuite à plus de 200.000 femmes enceintes ou mères d'enfants de moins de deux ans. Une priorité dans un pays qui comptait encore, en 2006, un quotient de mortalité infantile de 61 enfants pour mille (contre 5 pour mille en France).

Aujourd'hui le gouvernement s'attaque au handicap. Dès janvier 2010, assure le ministre de la santé Ramiro Tapia, le plan “Moto Mendez” s'étendra à tout le pays. Cette grande enquête soutenue par Cuba et le Venezuela a déjà montré que le nombre de personnes handicapées a doublé dans les villes d'El Alto, Viacha et dans le quartier “Plan 3000” de Santa Cruz, par rapport à la dernière étude publiée sur le sujet.

L'objectif est aujourd'hui de l'étendre à toute la Bolivie pour connaître les besoins spécifiques de cette population.Caracas a déjà fait don à La Paz de 20 tonnes de matériel médical à leur usage, comme des fauteuils roulants ou des appareils auditifs.

Gratuité de l'insuline pour les diabétiques

Sur le front des épidémies aussi le gouvernement bolivien agit. Lundi une grande campagne contre la dengue a été lancée dans la région amazonienne du Pando, qui compte déjà 138 personnes infectées sur les 172 recensées dans le pays.

La semaine dernière, le Sénat a approuvé un projet de loi établissant la gratuité de l'insuline pour les diabétiques. Un texte qui doit encore passer devant le Parlement pour être appliqué, ce qui devrait se faire sans obstacle depuis que le MAS possède la majorité des sièges.

La Bolivie compterait plus d'un million de diabétiques, soit 12,5% de la population selon la fédération nationale du diabète. Son président détaille les difficultés auxquelles sont actuellement confrontées les personnes atteintes: “Pour le traitement chaque malade doit acheter un à deux flacons d'insuline par mois, et chacun coûte 140 bolivianos (environ 13,50 euros), sans compter le coton, l'alcool et la seringue, ce qui représente un budget mensuel d'au moins 260 bolivianos (environ 25 euros).”

Le gouvernement socialiste compte bien profiter de sa nouvelle et confortable position politique pour promouvoir des avancées sociales. Le ministre de la présidence, Juan Ramon Quitana, a assuré que la protection sociale serait au coeur des lois prioritaires pour 2010.

Parmi les premières propositions de loi examinées par l'Assemblée législative plurinationale, en janvier, figurera le système de “sécurité sociale universelle” à destination de tous les Boliviens privés d'assurance maladie. Ce texte garantirait “sur tout le territoire national, une couverture universelle, intégrale et gratuite au patient”.

Une première étape vers un modèle déjà dessiné, pour le ministre de la Santé bolivien, l'exemple cubain. Ramiro Tapia fait remarquer que grâce à l'aide des médecins cubains, le pays a atteint une couverture médicale supérieure à 70% contre 30% en 2006.

Ces professionnels de santé auraient dispensé 30 millions de visites gratuites en 4 ans selon Prensa Latina. Le ministre a remercié les “frères cubains” qui “nous ont appris à frapper à la porte des malades sans attendre que ceux-ci n'aient besoin de se rendre aux consultations pour que l'on s'occupe d'eux.”

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Après l’échec du Sommet de Copenhague, le président Evo Morales appelle à

une conférence mondiale en Bolivie contre le changement climatique

AUTEUR : ABI (Agence Bolivienne d'Information)

Traduit par Philippe Cazal

Culpina, Chuquisaca, 20/12/9 - Le président Evo Morales a annoncé ce dimanche qu’il appellera toutes les nations de la planète à une «grande mobilisation» en défense de l’environnement et qu’il convoquera, pour avril prochain en Bolivie, une conférence mondiale des mouvements sociaux, à la suite de «l’échec» du sommet de Copenhague.

«Le problème mondial (du changement climatique) est dû au développement industriel irrationnel des usines. C’est sur cela que nous devrions nous pencher. J’ai demandé des arguments techniques et scientifiques pour rendre possible, à partir d’ici, une grande mobilisation internationale pour défendre l’environnement, plus particulièrement l’eau. Il y aura lundi une conférence de presse internationale pour inviter les peuples du monde», a affirmé le président à Culpina, localité rurale du Sud-Est de la Bolivie.

À la suite du Sommet sur le Changement Climatique, qui a donné lieu à un maigre document de conclusions, «antidémocratique» selon Morales lui-même qui est rentré samedi de la capitale danoise, La Paz propose d’organiser en Amérique du Sud un forum alternatif à celui de Copenhague.

Ce forum, dont l’agenda est en cours de discussion, aura lieu le 22 avril, Journée Mondiale de la Terre.

Morales, qui a participé ce dimanche au 49e anniversaire de la fondation de Culpina*, où il a remis des fonds pour la réalisation de plusieurs projets d’irrigation, la construction d’une unité d’enseignement et d’équipements sportifs, pour un montant de 6 millions de bolivianos, invitera les forces sociales du monde entier à une réunion en Bolivie «pour la réalisation d’un grand événement où l’on proposera des solutions sur le changement climatique».

Le président a exprimé sa frustration du fait qu’aucun accord n’ait été atteint pendant le Sommet de Copenhague, tout en soulignant le succès qui consiste à avoir brisé l’hégémonie des pays développés sur cette manifestation.

Il a protesté contre la proposition de représentants des pays développés qui ont pris l’option d’une augmentation de deux degrés de la température de la planète alors qu’à l’heure actuelle, avec une augmentation de 0,7 % de la température moyenne de la planète, des lacs s’assèchent, les glaciers disparaissent et on craint la disparition d’îles, de régions situées à peine à 10 ou 20 m au-dessus du niveau de la mer du fait de la fusion des glaces continentales.

«Si nous ne prenons pas maintenant des décisions importantes, dans 30 ans nos enfants et les générations futures auront de sérieux problèmes. Des gens meurent déjà de chaleur en Europe. Et les pays capitalistes ne veulent pas changer leurs politiques pour éviter de plus grands dommages à la nature», a-t-il déclaré.

Et si eux (les puissances industrielles) ne veulent pas, «les peuples vont devoir les faire changer», a-t-il averti.

Le président a suggéré qu’à partir du moment où il y aura une invitation officielle pour la réunion internationale, les organisations sociales de Bolivie devront lancer immédiatement le débat parmi leurs adhérents, avec l’objectif de trouver des solutions à la problématique mondiale.

Il a dit que l’un des buts principaux de l’appel à cette mobilisation est de garantir l’alimentation mondiale, face à la famine qui sévit en divers lieux de la planète.

« J’ai même pensé à avoir des camarades dirigeants qui parlent anglais pour les envoyer éveiller les consciences, mobiliser et nationaliser les ressources naturelles dans le monde entier, y compris en Afrique où il y a beaucoup de souffrances, ce qui est déplorable », a conclu le Chef de l’Etat.

L’accord de Copenhague, proposé par les USA, qui ont obtenu l’appui de dernière heure de la Chine, reconnaît la nécessité de maintenir le réchauffement global en dessous de deux degrés, mais il ne contient aucun engagement sur les moyens d’y parvenir.

L’assemblée plénière a approuvé un document qualifié de ridicule par les organisations écologistes.

L’accord, non contraignant, est avant tout une déclaration de principes et il est très loin des objectifs initiaux.

Le Sommet de Copenhague sur le Changement Climatique, présenté depuis deux ans presque comme « la dernière opportunité » pour sauver la planète, a été un échec manifeste et, ce qui est plus grave, a représenté un changement par rapport au mécanisme accepté antérieurement.

 

* Plus précisément, le 49e anniversaire de la désignation de la commune de Culpina comme capitale de la 2e section de la province du Sud Cinti, département de Chuquisaca.

http://www.enlared.org.bo/portal/default.asp?cg2=6042 [NdT]

Source : Presidente Evo Morales Morales llama a una conferencia mundial en Bolivia contra cambio climático tras cumbre de Copenhague

Article original publié le 20/12/2009

Sur l’auteur (le traducteur)

Philippe Cazal est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9606&lg=fr

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Evo Morales détaille le contenu de la Conférence Mondiale des Peuples

sur le Climat et les Droits de la Terre Mère (avril 2010, Bolivie)

La revolucion vive, 6/1/10

Du 20 au 22 avril 2010, se tiendra en Bolivie la Première Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les droits de la Terre Mère, dont l’objectif sera de prendre des mesures pour défendre la vie et la survie de la planète.

Le président bolivien, Evo Morales, a fait part de cette décision lors d’une conférence de presse tenue au palais du Gouvernement, à la Paz. Il a souligné que ce sommet se tiendra dans la ville de Cochabamba au cœur de la Bolivie, à 400 km de la Paz.

Seront invités à cet événement des chefs d’Etat, des scientifiques, des représentants des mouvements sociaux et des organisations de peuples indigènes en défense de la vie. Constatant le grave danger, a-t-il déclaré, qui existe pour le monde et les écosystèmes du fait de la pollution de l’environnement et les émissions de gaz à effet de serre qui mettent en péril des populations entières, il est nécessaire que le monde entier puisse débattre de ces enjeux. Morales a souligné que les plus affectés par le changement climatique sont les populations pauvres de la planète, qui “verront détruits leur milieu de vie et leur source de survie, en étant obligés de migrer et de trouver refuge face aux menaces croissantes.”

Le mandataire bolivien a ajouté qu’il était désormais prouvé que 75% des émissions historiques de gaz à effet de serre proviennent des pays industrialisés du nord, et que le changement climatique est le produit du système capitaliste.

“Je déplore l’échec de la Conférence de Copenhague qui est dû à l’absence de volonté de la part de pays qui se disent “développés” de reconnaitre la dette climatique qu’il ont envers les pays en développement, envers les générations futures et la Terre Mère. C’est pour cela que j’ai opté pour convoquer cette nouvelle réunion mondiale.

Le président bolivien a exprimé sa conviction de la nécessité d’actions urgentes pour éviter des dégâts majeurs et des souffrances à l’humanité, la Terre Mère, et rétablir l’harmonie avec la nature. Il a ajouté que pour lui, les peuples du monde qui sont “guidés par des principes de solidarité, justice et respect de la vie" pourront sauver l’humanité et la Terre Mère..

Il a été décidé que cette rencontre de haut niveau se tiendra du 20 au 22 avril, soit la date de la journée internationale de la Terre Mère, créée par les Nations Unies.

Les objectifs de la Conférence Mondiale des Peuples seront d’analyser les causes structurelle et systémique qui provoquent le changement climatique et de proposer des mesures de fond qui puisse rendre possible un bien-être de l’humanité en harmonie avec la nature. On discutera également d’un projet de Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère.

Le troisième objectif sera d’accorder les propositions d’un nouvel engagement pour le Protocole de Kyoto et la conférence de Des Nations Unies sur le climat, qui guident l’action des gouvernements engagés avec la vie dans les négociations de changement climatique et dans tous les scénarios des nations unies en rapport entre autres avec la dette climatique, les réfugiés du climat, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation et le transfert de technologies, le financement, la reforestation, une vision commune, les peuples indigènes, etc ...

Le chef de l’Etat bolivien a souligné qu’un autre objectif de la Conférence de Cochabamba sera de travailler à l’organisation d’une référendum mondial des peuples sur le changement climatique, analyser et tracer le plan d’action et de mobilisation de la vie face au Changement Climatique et sur les Droits de la Terre Mère.

Morales a ajouté qu’à partir de mardi prochain, les ministères chargés de l’organisation du sommet feront connaitre au monde entier cet appel.

Enfin, cet événement se concluera le 22 avril par l’organisation d’une grande mobilisation mondiale pour demander aux pays du monde de trouver des solutions au problème qui met en péril sérieux l’existence de la vie humaine sur la Terre.

“De cette réunion nous tirerons des initiatives qui garantissent la réalisation du référendum mondial sur le changement climatique et la création d’un tribunal de Justice International qui sanctionne les pays qui portent atteinte à l’humanité. La défense des Droits de la Terre Mère c’est la défense des droits de l’humanité

Source : Agence Bolivienne d’Information

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/

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La ministre de la Justice bolivienne Nilda Copa Condori, le 23 janvier 2010 à La Paz

 

Morales nomme un gouvernement paritaire hommes-femmes

Voila.fr (AFP) - 23/1/10 - Le président bolivien Evo Morales, investi vendredi après avoir été triomphalement réélu en décembre, a nommé samedi un gouvernement strictement paritaire hommes-femmes, composé de vingt ministres, une première dans l'histoire de la Bolivie.

"Mon grand rêve s'est réalisé, la moitié de femmes au gouvernement, la moitié d'hommes", a déclaré M. Morales lors d'une cérémonie de passation de pouvoir entre son précédent et son nouveau gouvernement au palais présidentiel Quemado à La Paz.

Dix femmes, trois d'origine indienne, font partie de l'équipe ministérielle de M. Morales, dont la chanteuse folklorique et ex-militante socio-démocrate Zulma Yugar, nommée ministre de la Culture, ou Nilda Copa qui prendra la tête du ministère de la Justice.

Il y a aussi "pour la première fois une femme ministre du Travail", a ajouté le premier président indien de la Bolivie, réélu pour cinq ans le 6 décembre avec 64% des voix.

Seul précédent en Amérique latine en matière de gouvernements paritaires, la présidente du Chili Michelle Bachelet avait nommé après son élection en 2006 vingt-deux ministres, onze hommes et onze femmes, mais ce gouvernement n'avait duré que quelques mois.

Dans son discours, M. Morales a dit s'être inspiré de ses parents amérindiens : la femme, "mama thalla" et l'homme "tata mallku" qui "ont la même capacité pour satisfaire les demandes, les mêmes attributions."

M. Morales a confirmé trois hommes clefs à leur poste : le ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca, celui de l'Economie et des Finances publiques Luis Alberto Arce, qui a réussi à maintenir la stabilité économique du pays malgré la crise, et le ministre des Autonomies Carlos Romero, qui devra mettre en marche le processus de décentralisation.

Le président a changé ses ministres de la Présidence, de l'Intérieur et de la Défense, dont l'opposition avait demandé la démission et qui sont remplacés respectivement par trois autres hommes : Oscar Coca, Sacha Llorenti, Ruben Saavedra.

Evo Morales avait annoncé vendredi vouloir conduire la Bolivie vers le "socialisme communautaire", lors d'une cérémonie d'investiture au Parlement pour le début de son 2e mandat à la tête d'un des Etats les plus pauvres d'Amérique latine.

Depuis l'indépendance du pays en 1825, y compris sous le premier mandat de M. Morales, les gouvernements ont toujours été composés d'une majorité d'hommes.

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Conférence mondiale des peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre mère

En Bolivie, la société civile s'invite au débat sur le climat

Voila.fr - 19-4-10 - Un patchwork de 15.000 indigènes, scientifiques, syndicalistes, politiques et quelques stars hollywoodiennes, est attendu mardi en Bolivie pour une "Conférence des peuples" sur le réchauffement, réponse alternative aux négociations climat en souffrance.

Le rassemblement à Cochabamba, sur les plateaux du centre bolivien, devrait se situer à mi-chemin entre un "Porto Alegre du climat", sorte de version environnementale du Forum social mondial, et une tribune pour gouvernants antilibéraux d'Amérique latine.

Quatre chefs d'Etat participeront, aux côtés du Bolivien Evo Morales : le choeur de la gauche radicale régionale, le Vénézuelien Hugo Chavez, le Nicaraguayen Daniel Ortega, l'Equatorien Rafael Correa et le Paraguayen Fernando Lugo.

Mais la présence de VIPs de l'écologie, des droits de l'homme, de l'altermondialisme, et d'une poignée de stars devrait faire de la "Conférence mondiale des peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre mère" -son titre officiel- un des rendez-vous climat branchés de 2010.

L'intellectuelle canadienne Naomi Klein, le climatologue militant de la NASA James Hansen, le député européen José Bové ou le prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel sont attendus, comme l'acteur américain Danny Glover. James Cameron, réalisateur de la fable écologique "Avatar", est espéré.

Le forum intervient sur fond de négociations climat en pleine morosité, après l'accord a minima de Copenhague pour un réchauffement limité à 2 degrés et des espoirs limités pour le prochain round de discussions à Cancun (Mexique) en décembre.

Pour la Bolivie, qui se présente comme l'épicentre de la mobilisation pour "Pachamama" (la Terre Mère, dans la vision andine), "l'unique moyen de remettre les négociations climat sur les rails est de réassocier la société civile au processus", affirme son ambassadeur à l'ONU, Pablo Solon.

Le brainstorming andin se donne pour ambition d'infléchir l'agenda climat, de faire entendre la voix des "sans voix" en première ligne du réchauffement. Le tout au lendemain d'une réunion à Washington de 17 des principales écoonomies du monde, responsables de 80% des gaz à effet de serre.

Et Cochabamba ne manquera pas de rappeler qu'autour du forum, des glaciers fondent à vue d'oeil : selon la Commission économique d'Amérique latine (Cepal) de l'ONU, la Bolivie, l'Equateur ou encore le Pérou sont parmi les pays à la biodiversité la plus menacée par le réchauffement.

Au menu des débats : la "dette écologique" des pays industrialisés, l'instauration d'un "tribunal climatique", et un référendum planétaire pour dicter les choix sur le climat. Autant de points exposés par Evo Morales à Copenhague.

Au nom de leur "savoir bien vivre" avec la planète, les délégués indigènes demanderont formellement à être inclus à Cancun "non plus pour faire de la figuration ou en observateurs, mais comme participants", a déclaré Rafael Quispe, dirigeant indien aymara du principal conseil indigène de Bolivie.

Le programme du forum assume son fil rouge : "le changement climatique n'est pas qu'un problème environnemental, technologique ou financier, mais de mode de vie, de modèle occidental, de cupidité capitaliste".

Dans ces conditions, Cochabamba (2.500 m) sera-t-il un bol d'air entre Copenhague et Cancun, ou un simple défoulement anticapitaliste, sans pression de résultat, avec un final festif jeudi 22 pour la Journée de la Terre ?

Dans le doute, la municipalité de Cochabamba a pris un arrêté de "semaine sèche", interdisant la vente et consommation d'alcool dans l'agglomération.

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Equatorien

Un Equatorien arrive à la Conférence des peuples sur le climat à Tiquipaya, en Bolivie, le 20 avril 2010

 

Bolivie : au forum des peuples sur le climat, la solidarité des victimes

Voila.fr (AFP) - 21/4/10 - Débordante d'enthousiasme, mais limitée dans le débat ou les pistes nouvelles, la Conférence des peuples sur le climat en Bolivie fournit surtout un exutoire réconfortant aux premières victimes du réchauffement climatique.

"Nous sommes comme les canaris dans les mines, qui mouraient les premiers, avertissant ainsi les mineurs d'un gaz toxique", explique Faith Gemmill, représentante de l'ethnie Gwich'in, en relatant l'érosion du littoral qui menace les tribus indiennes d'Alaska.

"Un village entier de 700 habitants, Newtok, est forcé de se transférer à cause de la fonte du permafrost", ajoute Brad Garness, un Indien samish d'Alaska. "Et nos rivières, qui gèlent insuffisamment, ne peuvent plus être utilisées comme routes, comme on en a l'habitude. Nous avons eu trois noyades l'an dernier. Ces gens-là n'avaient pas pollué l'environnement..."

Montée des eaux ici, raréfaction ailleurs : dans la cordillère royale de Bolivie, des glaciers -source de 15 à 20% de l'eau de La Paz- meurent à vue d'oeil. Ainsi Chacaltaya, il y a 15 ans encore fière "piste de ski la plus haute du monde", à 5.300 mètres, et aujourd'hui un carré de neige devenu un lieu de pèlerinage écologique.

Les plus de 15.000 délégués à Cochabamba, dont une majorité issus de mouvements sociaux, paysans, peuples indigènes, partagent ce sentiment d'être "ceux qui ont le moins contribué au problème (du changement climatique), mais seront les plus affectés", comme l'a souligné lui-même le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, dans son message transmis au Forum mardi.

Dans les tables rondes de Cochabamba, la prise de parole est libre, et le défoulement manifeste, applaudi, sans forcément de lien avec l'ordre du jour : ici un long monologue sur "l'humanité carnivore" et sa consommation animale, là un réquisitoire sur l'acharnement minier du Canada.

Peu importe que sous "Pachamama" (la Terre mère), l'extraction continue de plus belle, ici-même en Bolivie, dont le gouvernement intensifie l'exploitation de son gaz naturel, de son cuivre, s'apprête à exploiter un des plus grands gisements de fer au monde sur 40 ans et négocie âprement l'industrialisation du lithium, son futur "or gris".

On vient à Cochabamba pour ressentir une solidarité sans questionnement, voire un sens au destin : "Ce qui se passe ici est un moment nouveau dans la vie de l'humanité", assure Tom Goldtooth, dirigeant indien Dakota du Indigenous Environmental Network. "Cela s'inscrit dans une de nos prophéties, qui veut que les dirigeants mondiaux commenceront à écouter les peuples indigènes sur les moyens de sauver la planète".

L'influence des délibérations de Cochabamba, qui seront transmises au prochain round de négociations climat de Cancun (Mexique) en décembre, est au mieux incertaine. Surtout si un "tribunal de justice climatique", aux farouches accents anticapitalistes, est en tête des propositions.

Mais même dans le partage d'une "impuissance citoyenne" face au réchauffement, le forum, ses rituels, sa symbolique "Terre mère", agit comme une catharsis, observe un habitué de ces réunions : "On recharge ses batteries, et en ce sens ces contre-sommets remplissent une fonction sociale. Ils permettent de faire baisser la soupape".

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Bolivie : les marcheurs indiens accueillis en héros, reçus jeudi par Morales

Indiens amazoniens dans la rue lors d'une marche, le 19 octobre 2011 à La Paz en Bolivie

Voila.fr - 19/10/11 - La capitale bolivienne la Paz a accueilli triomphalement mercredi quelque 2.000 indiens amazoniens qui ont parcouru 600 kilomètres à pied en deux mois pour protester contre un projet de route traversant un parc naturel.

Les marcheurs seront reçus dès jeudi par le président Evo Morales, qui s'est résolu à les appeler au dialogue mardi soir après avoir refusé d'aller à leur rencontre ces dernières semaines.

"Nous verrons demain (jeudi) si le président Morales" est prêt à répondre à nos exigences, a annoncé Fernando Vargas, un des leaders de La marche, dans une allocution pleine de détermination clôturant le parcours.

Au terme d'un périple entamé le 15 août à Trinidad (nord-est), les marcheurs ont été accueillis mercredi par des dizaines de milliers de personnes massées le long des rues escarpées de la capitale.

Les nombreux badauds et représentants de la société civiles et d'ONG ont accompagné le cortège avec des chants et des slogans, tout en brandissant des drapeaux tricolores boliviens et des banderoles blanches ornées du "patuju", une fleur amazonienne qui figure parmi les symboles nationaux du pays andin.

"Pourvu que cet accueil (de la population) serve de message" aux autorités, a exhorté M. Vargas.

Dans l'après-midi, les marcheurs ont atteint leur but, la place Murillo, où est situé le palais Quemado, siège de l'exécutif, avant de rejoindre la place de l'Eglise San Francisco, située à quelques centaines de mètres, pour y assister à une messe.

Ceux qu'on appelle "indigènes" en Bolivie exigent l'annulation pure et simple d'un projet contesté de route de 300 kilomètres reliant deux provinces enclavées et qui doit couper sur 177 kilomètres le parc naturel amazonien du Tipnis.

Ils ont adressé au gouvernement une liste de doléances en 16 points demandant la préservation de leur habitat et la réaffirmation de leur droit à vivre dans un milieu naturel préservé.

"Nous sommes venus dire (au gouvernement) que nous ne nous démobiliserons pas tant que le dernier des 16 points de notre plateforme ne sera pas satisfait". Quand à la route, "elle peut être construite, mais en dehors du Tipnis", a encore déclaré M. Vargas.

Le 25 septembre, les marcheurs avaient été victimes d'une tentative de dispersion musclée par la police ayant fait 74 blessés selon un bilan officiel.

Cet incident avait provoqué une vague d'indignation, une grève générale, et plusieurs démissions au sommet de l'Etat, dont celles de deux ministres.

Face à la pression des marcheurs et de l'opinion, le président socialiste avait suspendu le projet début octobre et promis une consultation dans les provinces concernées, mais il avait aussi suggéré que son résultat n'aurait pas valeur contraignante.

Au delà des dégradations provoquées par les travaux, les indiens craignent l'arrivée de planteurs de coca, voire d'entreprises d'exploitation d'hydrocarbures, qui selon eux convoitent certains terrains du Tipnis, parc naturel d'un million d'hectares et territoire ancestral de 50.000 indiens.

"Tipnis si ! Coca No !", scandaient en coeur les soutiens du cortège mercredi à La Paz.

Evo Morales, premier président amérindien (aymara) élu en 2005 et réélu en 2009, traverse une phase délicate en se voyant contesté par une partie de sa base indienne et de son électorat d'origine modeste fragilisé par la situation économique.

"La terre-mère, les zones protégées et les indigènes ne peuvent être détruits sous un gouvernement indigène", a insisté M. Vargas, tout en appelant la population à rester vigilante face à l'attitude du gouvernement pendant les négociations à venir.

Mercredi, Evo Morales était officiellement en déplacement dans son fief de Cochabamba (centre).

 

Le président bolivien Evo Morales embarque à l'aéroport international de Vienne, en Autriche, le 3 juillet 2013.

AFP PHOTO/PATRICK DOMINGO

 

Avion du président bolivien bloqué à Vienne :

Pour la Bolivie, «les ordres sont venus des Etats-Unis»

 

20minutes.fr - 3/7/13 - DECRYPTAGE - L'avion d'Evo Morales a été contraint de faire escale dans la capitale autrichienne après que plusieurs pays européens, dont la France, lui ont interdit le survol de leur territoire, soupçonnant qu'il transportait Edward Snowden...

Que s’est-il passé mardi soir ?

Mardi soir, à 21h40, l’avion du président bolivien Evo Morales a été contraint de faire escale à Vienne après que le Portugal lui a refusé une escale technique et la France le survol de son territoire, soupçonnant qu’il transportait l’analyste américain en fuite Edward Snowden, réfugié dans un aéroport de Moscou. «Les passeports ont été contrôlés et contrairement aux rumeurs qui ont circulées, Edward Snowden n’était pas à bord», selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur autrichien Karl-Heinz Grundboeck. L’avion n’a pas été fouillé car «il n’y avait aucune raison légale pour une fouille». La présence de Snowden a été démentie par La Paz et les autorités autrichiennes.

Pourquoi ces soupçons ?

L’imbroglio diplomatique s’est produit quelques heures après qu’Evo Morales a déclaré, en marge d’une visite mardi à Moscou, où il participait à une réunion des pays producteurs de gaz naturel, que son pays était prêt à accueillir le fugitif recherché pour espionnage par les Etats-Unis.

L’avion a-t-il pu repartir ?

Oui. L’avion a décollé vers 11h45 ce mercredi matin. La France, puis le Portugal et l’Italie ont finalement donné leur feu vert pour que l’avion du président bolivien puisse emprunter leur espace aérien. L’Espagne a fait de même, en autorisant une escale de l’appareil aux îles Canaries avant de rejoindre la Bolivie. Evo Morales avait auparavant indiqué que Madrid posait comme condition au survol de son territoire une inspection de l’appareil. «Aucune concession n’a été faite» sur ce point, a indiqué l’ambassadeur de la Bolivie auprès de l’ONU, Sacha Llorenti.

Comment a réagi la Bolivie ?

A La Paz, le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, a critiqué «les rumeurs infondées sur la présence de M. Snowden dans cet avion», déplorant un «énorme mensonge», ajoutant que «des explications seraient exigées» à Lisbonne et Paris et que «les lois du trafic aérien avaient été violées». Sacha Llorenti a indiqué que le blocage de l’avion du président est «interprété comme un acte d’agression», et qu’une «procédure» a été engagée par la Bolivie «pour dénoncer ces faits devant le Secrétaire général de l’ONU». Pour la Bolivie, il ne fait «aucun doute» que «les ordres sont venus des Etats-Unis».

Et les autres pays latino-américains ?

Les péripéties du président Morales ont indigné les alliés de la Bolivie en Amérique Latine. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Elias Jaua, a condamné une agression «brutale, grossière et inappropriée» contre le chef de l’Etat bolivien. De son côté, Ricardo Patiño, ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, l’un des 21 pays où Snowden a demandé l’asile politique, a estimé que «cela semblait être une terrible offense au président Morales».

Où est Snowden ?

Selon toute vraisemblance, depuis que les Etats-Unis ont révoqué son passeport, l'Américain est toujours réfugié dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo de Moscou. Cependant, personne ne l’y a vu, ni les dizaines de milliers de passagers qui la traversent chaque jour, ni les employés des restaurants et divers magasins du terminal. Il pourrait attendre dans l'un des deux hôtels de la zone de transit, mais les employés se bornent à dire qu'ils ne sont autorisés à faire aucun commentaire sur le sujet.

 

 

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