EFFET DE SERRE
ET RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE PLANÉTAIRE

 

PARTIE I : LES FAITS

 

 

Ouvrons les yeux : arrêtons la politique de l'autruche !

 

Je ne sais pas pourquoi les Etats-Unis font l'autruche et se mettent la tête dans le sable.

Gary Harrison, chef du Conseil Athabaskan de l'Arctique

 

Il n'y a pas d'autre alternative pour freiner l'effet de serre que de mettre un terme, au plus tôt, à la S.I.C.K (Société Industrielle Capitaliste et de Konsommation !) qui en est la cause.

Développons au plus tôt les sources d'énergie inépuisables et contraignons, pour le moins, l'Empire US-OTAN à signer le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre !

Roger Ripert

 

 

Réchauffement climatique : second record de chaleur sur la Terre en 2005

 

TOKYO (AFP) - 2/2/6 - La température moyenne de la Terre en 2005 a atteint son second plus haut niveau en l'espace d'un siècle, en raison du réchauffement climatique induit par l'augmentation des gaz à effet de serre, a affirmé jeudi l'Agence météorologique japonaise.
En 2005, la température moyenne de la planète était supérieure de 0,32 degrés Celsius par rapport à la moyenne enregistrée entre 1971 et 2000, a indiqué l'Agence météorologique dans un communiqué.

Il s'agit du deuxième record de chaleur depuis 1891, derrière celui de 1998 (0,66 degrés Celsius de plus que la moyenne).

Cette tendance à la hausse des températures existe depuis le milieu des années 80, a noté l'Agence.

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Premier bilan climatique de 2005 :
une année bien chaude...

 

La température moyenne à la surface du globe en 2005 présente actuellement une anomalie positive de 0,48°C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 (14°C), d'après les relevés des Membres de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

À ce jour, 2005 se place au deuxième rang des années les plus chaudes depuis 1861, date du début des relevés, et il est probable que cette année fera partie des quatre années les plus chaudes qu'ait connues l'humanité depuis cette date, mais les chiffres officiels ne seront publiés qu'en février. Le record est toujours détenu par 1998, année où, selon des estimations précises, la température globale en surface était supérieure de 0,54°C à la moyenne relative à cette même période. L'incertitude afférente à la moyenne mondiale des températures, qui découle essentiellement des lacunes du réseau d'observation, est telle que 2005 pourrait être l'année la plus chaude mais pourrait aussi se placer au huitième rang des années les plus chaudes depuis le début des relevés. À l'exception de 1996, les dix dernières années (1996-2005) font partie des années les plus chaudes jamais observées. Calculées séparément, les températures globales en surface dans l'hémisphère Nord (0,65°C au dessus de la moyenne), et dans l'hémisphère Sud (0,32°C au dessus de la moyenne), en 2005, devraient occuper respectivement le premier et le quatrième rang des températures les plus élevées depuis le début des mesures instrumentales, en 1861.

À l'échelle du globe, les mois d'octobre et de juin 2005 ont été les plus chauds qui aient jamais été observés, dépassant respectivement les records établis par octobre 2004 et juin 1998. Des températures nettement supérieures à la normale ont été constatées dans de vastes régions, en Afrique, en Australie, au Brésil, en Chine et aux États-Unis d'Amérique, et elles ont été aussi particulièrement élevées dans l'Atlantique Nord et la partie tropicale de l'océan Indien, ainsi que dans le golfe de l'Alaska. Les températures de surface de la mer en 2005 dans l'Atlantique Nord pulvériseront probablement tous les records. Le phénomène climatique à large échelle que constitue El Niño peut jouer un rôle dans cette chaleur anormale, comme ce fut le cas lors du très puissant épisode de 1997/98, mais alors qu'un épisode El Niño peu marqué avait pris naissance en 2004 dans le Pacifique équatorial, des conditions quasiment neutres s'étaient déjà rétablies en mars 2005 et l'impact sur la température globale a donc été faible.

La température moyenne à la surface du globe a accusé une hausse comprise entre 0,6 et 0,7°C durant le XXe siècle, mais cette progression n'a pas été continue. Depuis 1976, la hausse s'est nettement accélérée, atteignant 0,18°C par décennie. Les années 90, marquées par une anomalie positive moyenne de 0,38°C dans l'hémisphère Nord et de 0,23°C dans l'hémisphère Sud, représentent la décennie la plus chaude qui ait été observée.

Disparités régionales

Des données préliminaires donnent à penser qu'en Australie, 2005 sera l'année la plus chaude que ce pays ait connue depuis le début des relevés, en 1910 : les températures moyennes ont été supérieures à la normale sur environ 97 % du continent. Entre janvier et mai, les températures maximales les plus élevées qui aient jamais été enregistrées sur cette période ont aggravé une sécheresse déjà exceptionnelle. À l'échelle du territoire, l'anomalie positive a été de 1,75°C durant les cinq premiers mois de l'année, dépassant de 0,57°C le précédent record.
En Inde, au Pakistan et au Bangladesh, les températures ont connu des pics compris entre 45 et 50°C en raison des vagues de chaleur extrême que ces pays ont connues aux mois de mai et de juin. La mousson du sud-ouest et les pluies qui l'accompagnent ayant tardé à venir, la vague de chaleur a persisté jusqu'en juin, faisant au moins 400 victimes en Inde.
Une forte vague de chaleur a sévi durant la première quinzaine de juillet dans le sud-ouest des États-Unis d'Amérique, où de nombreux records de température ont été battus, et le centre du Canada a connu l'été le plus chaud et le plus humide de son histoire.
En Chine, la température moyenne de l'été 2005 compte parmi les plus élevées que ce pays ait connues depuis 1951.
Des températures très élevées ont été également enregistrées au mois de juillet dans une grande partie de l'Europe méridionale et de l'Afrique du Nord. En Algérie, la température a atteint 50°C en juillet. À l'opposé, la région des Balkans a connu des températures extrêmement basses durant la première quinzaine de février, et au Maroc, les températures ont plongé à –14°C durant la vague de froid qui s'est abattue sur ce pays en janvier.Sécheresse persistante dans certaines régions
La région de la corne de l'Afrique, notamment le sud de la Somalie, l'est du Kenya, le sud-est de l'Éthiopie, le nord-est de la Tanzanie et Djibouti ont continué à subir les effets d'une sécheresse persistante. La saison des pluies, qui s'étend habituellement de mars à juin, a été moins arrosée que d'ordinaire dans cette région, tandis que le Zimbabwe, le Malawi, l'Angola et le Mozambique n'ont connu que des pluies sporadiques lors de la saison humide 2004/05, ce qui s'est traduit par des récoltes céréalières nettement déficitaires. Au moins 5 millions de personnes ont été menacées par la famine au Malawi en raison de la pire sécheresse que ce pays ait connue depuis dix ans. La sécheresse a également sévi dans une grande partie de l'Europe occidentale durant les mois de juillet, d'août et de septembre.

Entre octobre 2004 et juin 2005, les précipitations ont été inférieures de plus de 50 % à la normale dans certaines régions du Royaume-Uni, de la France, de l'Espagne et du Portugal. En France, c'est l'ouest qui a été le plus touché, tandis que l'Espagne et le Portugal subissaient la pire sécheresse que ces pays aient connue depuis la fin des années 40, sécheresse qui a exacerbé les incendies de forêts. Les mois de janvier à mai 2005 ont été exceptionnellement secs dans une grande partie de l'Australie, 44 % du territoire enregistrant des précipitations dans la fourchette des 10 % inférieurs (c'est-à-dire le premier décile) des totaux pluviométriques.

Durant cette période, l'Australie n'a reçu en moyenne que 168 mm de précipitations, soit le deuxième cumul le plus bas pour les mois de janvier à mai depuis le début des relevés, qui remonte à 1900. Aux États-Unis d'Amérique, une sécheresse modérée à forte a persisté dans certaines régions du nord-ouest situées entre l'océan Pacifique et les montagnes Rocheuses. À la fin de l'hiver, une grande partie de cette zone (72 %) subissait une sécheresse modérée à extrême. Le déficit pluviométrique que connaît le sud du Brésil depuis décembre 2004 a entraîné une grave sécheresse qui a mis à mal les cultures de maïs et de soja. C'est l'État du Rio Grande do Sul, le plus méridional du pays et l'un de ceux où l'agriculture est la plus prolifique, qui a été le plus touché. Quant à l'État de l'Amazonas, il n'avait pas connu de sécheresse semblable depuis près de 60 ans, et le débit de l'Amazone n'y avait jamais été aussi faible.

Fortes précipitations et inondations dans beaucoup d'autres régions

La mousson du sud-ouest, qui dure d'ordinaire de juin à septembre en Asie, a déversé des quantités de pluie sans précédent sur l'ouest et le sud de l'Inde et causé des inondations très étendues qui ont touché plus de 20 millions de personnes et fait plus de 1800 victimes. Le 27 juillet, 944 mm de pluie se sont déversés en 24 heures sur la ville de Mumbai (Bombay), ce qui est un record absolu pour cette ville. Après une mousson du sud-ouest quasi normale, des pluies abondantes ont continué de s'abattre sur le sud de l'Inde en causant des inondations dévastatrices qui ont touché plus de 2 millions de personnes et fait au moins 200 victimes. Les fortes pluies d'octobre ont entraîné aussi des inondations catastrophiques dans le nord du Bangladesh et au Viet Nam. Durant la troisième semaine de juin, les tempêtes de pluie qui se sont succédé dans certaines régions de Chine méridionale ont touché quelque 21 millions de personnes et fait au moins 170 victimes. Au début et au milieu du mois de juillet, de fortes pluies se sont abattues sur le bassin supérieur de la Houai. Les fortes pluies qui ont persisté de mai à août ont entraîné des inondations destructrices en Europe orientale, en particulier en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie, où les infrastructures et l'agriculture ont notamment beaucoup souffert. Vers la mi-août, des pluies torrentielles ont causé des inondations en Suisse, en Autriche, dans le sud de l'Allemagne et en République tchèque. Le pays le plus touché a été la Roumanie, où les inondations ont causé la mort de 66 personnes et où les dommages se chiffrent à au moins 1,9 million de dollars É.-U. En avril et en mai, le sud de la Russie a subi un grand nombre d'inondations et de glissements de terrain qui ont touché plus de 4000 personnes. Au début du mois de janvier, des tempêtes hivernales ont entraîné des chutes de pluie et de neige et des inondations d'une ampleur exceptionnelle dans le sud-ouest des États-Unis d'Amérique. La ville de Los Angeles, en Californie, a connu le deuxième hiver le plus humide de son histoire. En janvier, une grande tempête a déversé plus de 30 cm de neige sur le nord-est du pays. À l'automne 2005, des chutes de pluie record se sont abattues sur le nord-est des États-Unis d'Amérique, qui a subi en octobre les assauts de trois tempêtes. Au Canada, les inondations ont entraîné d'importantes pertes économiques. En juin, le sud de l'Alberta a subi trois grosses chutes de pluie qui ont représenté la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire de la province. L'année 2005 a été la plus arrosée que le Canada ait connue. En Nouvelle-Zélande, des chutes de pluie sans précédent ont entraîné des inondations phénoménales dans la baie d'Abondance, causant des dommages de grande ampleur à la ville de Tauranga. Durant la deuxième quinzaine de juin, de fortes pluies se sont abattues sur les régions de l'est de l'Australie jusqu'alors frappées par la sécheresse, provoquant des inondations dans le sud-est du Queensland et l'extrême nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Les fortes pluies de janvier et de février ont entraîné d'énormes inondations à Georgetown, capitale du Guyana et dans les régions avoisinantes, touchant plus de 290 000 personnes. En février, des pluies abondantes ont persisté pendant au moins deux semaines en Colombie et au Venezuela, où les inondations et les glissements de terrain qui en ont résulté ont entraîné la mort d'au moins 80 personnes. Dans le sud-ouest de l'Asie, les basses températures et les fortes chutes de neige qui ont persisté en janvier et février ont causé des avalanches. Dans certaines régions du Tadjikistan, deux mètres de neige se sont accumulés en deux semaines. En février, certaines régions du nord du Pakistan et du nord de l'Inde ont connu de fortes chutes de neige, décrites comme étant les pires des 20 dernières années. En Inde, au moins 230 personnes sont mortes en raison des conditions hivernales extrêmes, et dans le nord-ouest du Pakistan, les inondations, les glissements de terrain et les avalanches auraient causé la mort de 360 personnes en février. Au mois de mars, de fortes pluies ont provoqué des inondations dans l'ouest du Pakistan et en Afghanistan, qui ont fait plus de 200 victimes.

Nombre record d'ouragans meurtriers

En 2005, la saison des ouragans dans l'Atlantique a été marquée par un nombre record de tempêtes tropicales ayant reçu un nom – 26 au total – qui ont semé la dévastation en Amérique centrale, dans les Caraïbes et aux États-Unis d'Amérique. Quatorze de ces systèmes dépressionnaires ont atteint la force d'un ouragan et sept d'entre eux d'un ouragan «majeur» (catégorie 3 ou supérieure sur l'échelle Saffir-Simpson). En moyenne, dix tempêtes auxquelles on attribue un nom se forment dans le bassin de l'Atlantique, dont six deviennent des ouragans. La saison cyclonique de 2005 a battu les records précédents pour ce qui est du nombre de tempêtes nommées (21 en 1933) et du nombre d'ouragans (12 en 1969). On constate en effet, depuis 1995, une augmentation sensible du nombre annuel de tempêtes tropicales dans le bassin de l'Atlantique, qui reflète une situation cyclique. En Amérique centrale et dans les Caraïbes, ce sont les ouragans Dennis, Emily, Stan, Wilma et Beta qui ont fait le plus de dégâts. Sept tempêtes dont quatre ouragans ont frappé les États-Unis d'Amérique, Katrina étant l'ouragan le plus meurtrier que ce pays ait connu depuis 1928 : au moins 1 300 personnes ont trouvé la mort, pour la plupart dans les États méridionaux de la Louisiane et du Mississippi, et la partie centrale de la côte du golfe du Mexique a subi des dégâts très étendus. Quant à l'ouragan Wilma, c'est le plus puissant qui ait jamais été observé dans le bassin de l'Atlantique. En revanche, l'activité cyclonique a été plus faible que la normale dans le nord-est du Pacifique. Quinze tempêtes «baptisées» y ont pris naissance durant l'année, contre une moyenne de 16, et il y a eu moins de tempêtes violentes. Sur ces 15 systèmes dépressionnaires, sept ont atteint la force d'un ouragan dont deux d'un ouragan «majeur». Dans le Pacifique Nord-Ouest, 23 tempêtes baptisées se sont formées, contre une moyenne de 27, 13 d'entre elles ayant atteint la force d'un typhon. Le typhon Talim a balayé le sud-est de la Chine, causant d'importants dégâts et faisant au moins 150 victimes. Au début du mois de septembre, le typhon Nabi a causé d'importantes destructions dans l'ouest du Japon, qui a reçu en trois jours une hauteur de pluie record de 1321 mm. Quant au typhon Longwang, il a provoqué des crues éclair et entraîné la mort d'au moins 80 personnes dans le sud-est la Chine. Enfin, le cyclone tropical Ingrid, observé du 5 au 16 mars, est le premier cyclone connu qui ait atteint la catégorie 5 au large de trois États australiens (Queensland, Territoire-du-Nord et Australie-Occidentale).

Déperdition d'ozone accrue au-dessus de l'Antarctique et de l'Arctique

Cette année, la taille du trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique, proche des valeurs de 2003, était bien supérieure à la moyenne établie pour la période 1995-2004. Il a atteint son étendue maximale (24,4 millions de km2) durant la troisième semaine de septembre et s'est refermé à la mi-novembre, c'est-à-dire plus tôt que d'ordinaire. D'après les donnés recueillies par satellite, le trou d'ozone de 2005 n'a été surpassé, en étendue, que par ceux observés en 2000 et 2003. Cette année, une plus grande déperdition d'ozone a été constatée au-dessus de l'Arctique : pendant le printemps boréal, sur une grande partie de la région, les valeurs moyennes de l'ozone total étaient inférieures de 30 à 45 % à celles du début des années 80.

Le recul des glaces de mer dans l'Arctique s'accélère

Septembre est le mois de l'année où l'étendue des glaces de mer est la plus faible dans l'Arctique. À la fin du mois de septembre 2005, l'étendue des glaces de mer était bien inférieure à la moyenne calculée pour la période 1979-2004, et ce pour la quatrième année consécutive. Le déficit était d'environ 20 %, soit le plus important jamais constaté depuis 1979, date du début des observations par satellite. D'après les données satellitaires, l'étendue des glaces de mer dans l'Arctique à cette période de l'année aurait accusé un recul général d'environ 8 % au cours du dernier quart de siècle. L'accélération du recul des glaces de mer en 2005 est due principalement à des températures plus élevées que la moyenne dans cette région et à l'arrivée précoce de la saison de la fonte des glaces.
Notes
L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau. Les informations préliminaires dont on dispose pour 2005 reposent sur les observations effectuées jusqu'à fin novembre par des réseaux de stations météorologiques terrestres, de navires et de bouées. Les données sont recueillies et diffusées en permanence par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux des pays Membres de l'OMM.

Il convient de noter que, conformément à la pratique établie, les analyses de la température à l'échelle du globe sont réalisées par l'OMM à partir de trois jeux de données distincts. Le premier est constitué par les séries de données, pour lesquelles on calcule une moyenne optimale à l'échelle du globe et de chaque hémisphère, qui sont tenues à jour par le Centre Hadley du Service météorologique national du Royaume-Uni et d'où proviennent les valeurs officielles. Viennent ensuite le jeu de données combinées provenant de ce même centre et de la Section de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia (Royaume-Uni), d'où sont dérivées les valeurs les plus récentes, et un jeu de données de l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA), relevant du Ministère du commerce des États-Unis d'Amérique. Les résultats fournis par ces deux jeux de données sont comparables.

 

 

Réchauffement de la planète :

deux scientifiques de renom sonnent l'alarme


MONTREAL (AFP) - 27/10/5 - Deux scientifiques canadiens de renom, l'astrophysicien Hubert Reeves et le généticien David Suzuki, ont sonné l'alarme mercredi quant au réchauffement de la planète, au cours d'une conférence visant à sensibiliser l'opinion publique sur ce phénomène.

S'exprimant devant un public jeune et enthousiaste de quelque 3.500 personnes, les deux conférenciers ont souligné à plusieurs reprises que la surexploitation de la planète cause un réchauffement qui pourrait entraîner une disparition de l'homme.

"Nous pourrions faire partie d'une nouvelle extinction d'espèce" a déclaré Hubert Reeves après avoir évoqué la disparation passée de nombreuses espèces animales, dont les dinosaures.

Pour M. Reeves, il n'en tient qu'à l'homme de résoudre cette situation puisqu'"il est clair que le réchauffement de la planète est dû à au moins 90% à l'activité humaine et il faut en tenir compte".

Quant à David Suzuki, il a accusé le gouvernement canadien de ne pas faire sa part en matière de réduction de gaz à effet de serre, et ce malgré les accords signés au Sommet de Rio en 1992 et à Kyoto en 1997.

"Le Canada a continué d'augmenter ses émissions de gaz a effet de serre et il faudrait aujourd'hui réduire celles-ci de 30% pour respecter nos engagements" a-t-il déclaré.

L'intervention des deux hommes avait été organisée l'organisme Équiterre, qui a été chargé par l'ONU d'accueillir quelque 3.000 ONG qui participeront à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques.

Celle-ci aura lieu à Montréal du 28 novembre au 9 décembre prochain

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Alerte climatique

27/10/5 - Paraphrasant André Malraux, Hubert Reeves a déclaré que le «XXIe siècle sera vert, ou ne sera plus !».
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L'astrophysicien Hubert Reeves et le généticien David Suzuki, animateur de l'émission à la CBC The Nature of Things, ont fait salle comble mercredi soir au Palais des congrès de Montréal, où ils prononçaient une conférence sur les changements climatiques.

Plus de 3400 personnes ont payé 25 $ pour entendre les deux sommités plaider l'urgence d'agir pour freiner les changements climatiques qui menacent l'existence même de l'humanité.

L'environnement : une priorité

David Suzuki, généticien et animateur de l'émission The Nature of Things à CBC.
Au cours de leurs exposés, Hubert Reeves et David Suzuki ont prononcé d'importants plaidoyers pour que l'environnement devienne une priorité autant pour les pouvoirs publics que pour les individus.

Leur constat est clair : si rien n'est fait pour endiguer le réchauffement de la planète, le péril climatique qui s'ensuivra conduira à la disparition pure et simple de la vie humaine sur la Terre.

Aline Gobeil a assisté à la conférence.

« Si l'humanité continue business as usual, il n'y a aucun doute que l'humanité disparaît » a déclaré Hubert Reeves, habituellement connu pour son optimisme.


Le temps des discours est révolu


Pour les deux hommes, il est évident que le temps des paroles est définitivement révolu et qu'il est grand temps d'agir. « Ça fait 40 ans que les scientifiques s'inquiètent des changements climatiques et personne n'a agi », a déclaré David Suzuki.

Il a également rappelé que le Canada était loin d'atteindre les objectifs de Kyoto. Selon lui, considérant le laisser-faire des autorités canadiennes au cours des dernières années, le pays devra réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre pour atteindre les objectifs de Kyoto. En effet, au lieu de réduire leurs émissions, les provinces, dans l'ensemble, les ont plutôt augmentées.

Or, de l'avis des deux hommes, les objectifs de Kyoto ne sont qu'un début puisqu'il faudrait réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre sur la planète pour endiguer le réchauffement de l'atmosphère.

Hubert Reeves, de son côté, a plaidé pour le développement de sources d'énergie propres comme les éoliennes en ajoutant qu'il ne souhaitait pas qu'Hydro-Québec aille de l'avant avec la rénovation de la centrale nucléaire de Gentilly.

Tous les profits récoltés lors de la soirée ont été remis à l'organisme Équiterre.

 

 

Les États-Unis "opposés" aux discussions sur les suites de Kyoto :

opposons-nous aux "NEOCONS" qui les gouvernent !

 

MONTRÉAL (AFP) - 30/11/5 - Les États-Unis ont rejeté mardi à Montréal les initiatives de la communauté internationale visant à donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, suscitant la colère des écologistes.

Réunis dans la métropole québécoise jusqu'au 9 décembre dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, quelque 10.000 délégués et membres d'ONG environnementales discutent des suites au protocole de Kyoto, qui arrivera à échéance en 2012.

"Les États-Unis sont opposés à toutes ces discussions", a déclaré lors d'un point de presse Harlan Watson, le chef de la délégation américaine, réaffirmant la position de son pays. Il a précisé que les Américains ne voulaient pas d'une approche incluant des "objectifs" et un "calendrier" pour réduire les émissions des gaz à effet de serre.

Les États-Unis ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto invoquant notamment que cet accord prévoyant la réduction de 6% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990, comprenait des mesures restrictives pour les pays industrialisés, sans contrepartie de la part des pays en voie de développement.

Washington s'est doté en 2002 d'une politique pour réduire de 18% ses émissions, "sans avoir d'impact dévastateur sur l'économie américaine", a remarqué M. Watson qui a salué le succès des mesures mises en place par l'administration Bush.

Responsables de 25% des émissions à effets de serre avec moins de 5% de la population mondiale, les Etats-Unis misent sur des accords plus ciblés et bilatéraux, plutôt que sur un cadre international pour régler l'épineuse question du réchauffement planétaire.

"Il s'agit d'une position irresponsable qui est erronée d'un point de vue scientifique. Les preuves d'un changement climatique s'accumulent littéralement chaque semaine", a sermonné Bill Hare, directeur des politiques sur les changements climatiques chez Greenpeace.

"Lors des discussions à la conférence, les délégués (des différents pays) disent qu'il y a plusieurs enjeux majeurs au programme, mais soulignent qu'il y a un réel problème : les États-Unis", a-t-il ajouté en qualifiant l'attitude de Washington de "politiquement irresponsable".

Lors de son discours d'ouverture, le ministre canadien de l'Environnement Stéphane Dion, président de la conférence, avait déclaré : "fixons-nous pour objectif une approche du changement climatique, internationale, efficace, à long terme et plus large". Il faisait ainsi allusion à la nécessité d'associer les Etats-Unis et les pays émergents à un nouvel accord.

Le représentant de Greenpeace au Canada, Steven Guilbeault, a invité mardi le président de la conférence à "laisser les Américains de côté" pour assurer le "succès de la rencontre de Montréal".

 

 

 

Protéger le climat, plutôt que s'attaquer aux symptômes

 

ANDERMATT (AFP) -11/5/5 - La station de sports d'hiver d'Andermatt, en Suisse centrale, a emballé son glacier du Gurschen, sur une surface de 2.500 m2, afin de réduire sa fonte et de préserver les pistes de ski, a annoncé la société Andermatt Gotthard Sportbahnen. Cette mesure a été critiquée par les organisations de protection de l'environnement qui la juge inutile. La bâche, qui recouvre le glacier situé dans le canton d'Uri, est épaisse de 3,8 millimètres et composée de matériaux synthétiques qui protègent la couche de neige des rayons du soleil. Ce revêtement, qui est censé empêcher en grande partie la fonte de la neige et du glacier dans cette zone, sera retiré à l'automne 2005, entreposé, puis réutilisé l'été suivant. Au cours des quinze dernières années, le glacier du Gurschen s'est affaissé d'une vingtaine de mètres au départ de la station du Gemsstock, selon la société des remontées mécaniques. Selon le Fonds mondial pour la nature WWF, "recouvrir les glaciers ne va pas résoudre la problématique du réchauffement climatique". Seules les mesures de protection du climat - notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre - sont utiles, a précisé l'ONG dans un communiqué. Huit militants de Greenpeace se sont pour leur part rendus sur le glacier pendant la nuit pour y déployer des banderoles. "Protéger le climat, plutôt que s'attaquer aux symptômes", pouvait-on lire sur une des pancartes.

Un glacier suisse au frais

La station de ski d'Andermatt, en Suisse, a décidé de lutter à son échelle au réchauffement climatique qui affecte le glacier du Gurschen. Cette station a en effet décidé d¹emballer une partie du glacier, haut lieu de ski en hiver, pour le mettre à l¹abri des rayons du soleil. Les glaciers alpins ont beaucoup souffert de la canicule et des températures en hausse de ces dernières années. Les bandes de mousse de PVC qui vont recouvrir le Gurschen coûte 20 euros le m2. La première partie de'l¹opération, avec 3.000 m2 emballés va donc coûter plus de 60.000 euros à Andermatt. Si les résultats sont concluants, si la couverture isole efficacement le glacier de la chaleur, une autre partie du Gurschen sera également recouverte, selon les informations de l¹hebdomadaire suisse SonntagsZeitung. D¹autres stations pourraient imiter Andermatt.
Selon les responsables de la station, le Gurschen recule dangereusement. D¹après une étude menée par des chercheurs de l¹Université de Zurich, les glaciers suisses ont perdu 18% de leur surface entre 1985 et 2000, contre 1% entre 1973 et 1985. Les températures auraient gagné 1,2°C en 150 ans dans les Alpes. L¹été caniculaire de 2003 a été particulièrement néfaste aux petits glaciers. La perte de glace a atteint jusqu¹à 3 mètres en 2003, contre 30 cm en période normale, précisaient alors ces chercheurs. Cécile Dumas (22/03/05)

http://sciences.nouvelobs.com/

 



Vue aérienne de la côte du Groenland près de la ville de Nuuk
Photo d'archives/REUTERS/Andy Clark

Il a fait froid en Europe, mais pas au Groenland

COPENHAGUE (Reuters) - 15/3/5 - L'hiver a été rude sur la majeure partie de l'Europe mais pas au Groenland, où un festival annuel de sculpture sur neige a dû être reporté sine die faute de neige.
"La neige a fondu en raison de la douceur du climat et ensuite, la semaine dernière, nous avons eu plusieurs jours de pluie," a déploré le responsable de l'office du tourisme de la ville de Nuuk, où le festival aurait du se tenir du 18 au 21 mars.
Le Groenand, une province danoise semi-autonome en bordure de l'océan Arctique, est normalement recouvert de neige et de glace presque toute l'année mais l'hiver y a été particulièrement clément avec des températures de 15 degrés celsius le mois dernier.




Un iceberg situé à 150 Km au nord du cercle arctique en septembre 2004

La glace de l'Arctique, à moins d'une réduction rapide des rejets de CO2, aura complètement disparu en été vers la fin de ce siècle, provoquant une hausse du niveau des océans et la disparition probable d'espèces telles que l'ours polaire, affirme une étude à paraître la semaine prochaine.
Slim Allagui

Sauf réduction des rejets de CO2, l'Arctique fondra d'ici un siècle

OSLO (AFP) - 2/11/4 - La glace de l'Arctique, à moins d'une réduction rapide des rejets de CO2, aura complètement disparu en été vers la fin de ce siècle, provoquant une hausse du niveau des océans et la disparition probable d'espèces telles que l'ours polaire, affirme une étude à paraître la semaine prochaine.
"Il n'y a plus de doute que des changements climatiques se produisent dans l'Arctique et que ces changements se produiront plus rapidement et plus intensément si la planète ne parvient pas à réduire ses émissions de CO2 (dioxyde de carbone)", a assuré mardi le Fonds mondial pour la nature (WWF) en publiant certaines conclusions du rapport.
Réalisée par plus de 250 chercheurs à la demande du Conseil arctique, l'étude --la plus détaillée jamais entreprise sur la question-- présente plusieurs scénarios qui augurent, sur la base du rythme actuel, d'une disparition probable de la glace arctique, en période estivale, à la fin du 21ème siècle. Combinée à la fonte des glaciers et du permafrost, la fonte de l'Arctique pourrait entraîner une hausse d'un mètre du niveau des océans, affectant l'habitat de quelque 17 millions de personnes, a souligné le WWF.
Par ailleurs, un tel phénomène ouvrirait un "passage nord" pour le trafic maritime entre les océans Pacifique et Atlantique, ainsi que de nouveaux espaces à la pêche et à l'exploitation minière. La fonte de la glace du Groenland, qui devrait elle prendre plusieurs centaines d'années, pourrait pour sa part contribuer à un relèvement de sept mètres du niveau des eaux.
La disparition de la glace dans l'Arctique est aussi susceptible de provoquer la disparition de certaines espèces de poissons et de mammifères. "L'ours polaire pourrait complètement disparaître d'ici à la fin du siècle. Il a peu de chances de survivre lorsque la glace estivale est réduite à sa portion congrue", a précisé le WWF. L'ours blanc se nourrit en effet essentiellement de petits phoques lovés dans des cavités de la calotte glaciaire que le roi de la banquise brise en bondissant dessus.
Le rapport, dont des éléments ont aussi déjà filtré dans la presse américaine, doit être présenté dans son intégralité le 8 novembre [2004].
Les huit pays du Conseil arctique --Etats-Unis, Canada, Russie, Japon, Finlande, Suède, Islande et Norvège-- sont responsables à eux seuls d'environ 30% des émissions humaines de CO2, selon le WWF.
"Nous devons réduire les émissions de CO2 dès aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Samantha Smith, directrice du programme arctique du WWF. "La rapidité et l'intensité du réchauffement de l'atmosphère peuvent être limitées" par de telles réductions, a-t-elle souligné. Si la Russie a décidé le mois dernier de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, permettant ainsi au traité d'entrer en vigueur, les Etats-Unis continuent pour leur part de s'y refuser.

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Un plan timide contre la fonte de l'Arctique adopté en Islande

par Alister Doyle

REYKJAVIK (Reuters) - Huit pays disposant de territoires dans l'Arctique se sont mis d'accord sur un plan assez vague visant à contrer la fonte de la calotte glacière, mais les peuples autochtones ont accusé les Etats-Unis de bloquer des initiatives plus efficaces.
Réunis mercredi en Islande, les représentants des Etats-Unis, de Russie, du Canada et de cinq autres pays nordiques ont pris connaissance avec inquiétude d'un rapport de 250 scientifiques relevant que l'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du Globe. Ils ont promis de prendre ces conclusions en compte aussi bien dans la recherche que dans l'aide aux populations indigènes.
"Il nous faut tous intensifier nos efforts contre la pollution dans l'Arctique", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Cependant, les écologistes, les peuples autochtones et une partie des pays concernés souhaitaient un accord imposant une forte réduction des émissions par les voitures et les usines des gaz à effet de serre tenus responsables d'un réchauffement susceptible de faire fondre la glace du Pôle Nord d'ici l'été 2100. En termes des besoins de la planète, c'est loin d'être assez, a déploré Sheila Watt-Cloutier, présidente de la Conférence circumpolaire des Inuits, représentant 155.000 personnes au Canada, en Alaska, au Groënland et en Russie. Elle a cependant reconnu que le document politique de sept pages dépassait ce qu'elle attendait du Conseil de l'Arctique, basé sur le consensus. Les Etats-Unis, qui se refusent à s'engager sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre, sont, des huit pays, les seuls à n'avoir pas signé le protocole de Kyoto, qui réunit 128 pays. "Je ne sais pas pourquoi les Etats-Unis font l'autruche et se mettent la tête dans le sable", a déclaré Gary Harrison, chef du Conseil Athabaskan de l'Arctique, qui représente des milliers d'habitants du Canada et d'Alaska. Paula Doriansky, sous-secrétaire américaine chargée des Affaires globales, a rejeté ces critiques en affirmant que la politique de son pays est basée sur la science et que Washington prendra en compte les conclusions du rapport. Mais des écologistes, tels que le groupe WWF, ont regretté que les huit pays, qui contribuent à hauteur de 40% aux émissions de gaz à effet de serre, aient laissé échapper une chance de ralentir le réchauffement du climat.

 

Augmentation alarmante des émissions de gaz à effet de serre

SYDNEY (AFP) - 29/3/4 - Des chercheurs australiens ont fait état lundi d'une augmentation alarmante des émissions de gaz à effet de serre au cours des deux dernières années, dont l'origine est presque totalement imputable à la consommation de combustibles fossiles.
Le CSIRO, agence de recherche scientifique du gouvernement australien, a estimé que 18,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre considéré comme responsable du réchauffement mondial, avaient été rejetées dans l'atmosphère en 2002 et 17,1 milliards de tonnes l'an dernier.
Au cours des dix dernières années, la moyenne annuelle est de 13,3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone rejetées dans l'atmosphère, avec un pic à 23 milliards en 1998, en raison notamment d'immenses feux de forêts en Indonésie, a indiqué le CSIRO.
Le responsable de ces travaux, Paul Fraser, s'est dit alarmé de cette nouvelle escalade des rejets de CO2 "en dépit des efforts au niveau mondial pour tenter de réduire ces émissions de gaz". "Ces résultats sont inquiétants parce que le dioxyde de carbone est le principal responsable des changements climatiques", a-t-il indiqué dans un communiqué. "Je suis assez surpris que les niveaux soient si élevés sans l'apport d'émissions dues aux feux de forêts", a-t-il indiqué, précisant que la consommation de combustibles, comme le gaz, le charbon ou le pétrole étaient en cause.
Les données du CSIRO viennent conforter des résultats similaires d'un organisme scientifique américain, qui a annoncé la semaine dernière des pics saisonniers d'émisisons de dioxyde de carbone relevés l'an dernier à Hawaï. Le gouvernement australien fait l'objet de critiques des organisations écologiques en raison de son refus, à l'instar des Etats-Unis, de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

 

LES MAUVAISES NOUVELLES DU CIEL

Record de chaleur dans le monde en septembre 2005

WASHINGTON (AP) - 14/10/5 - Le globe a connu son mois de septembre le plus chaud depuis que les archives des températures existent, selon les données publiées vendredi par le centre des données climatiques du Service océanique et atmosphérique américain.

Avec en moyenne 0,63 degrés Celsius de plus que la normale, septembre 2005 est le mois le plus chaud depuis 1880, début des archives fiables. La deuxième position est celui de septembre 2003.

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Canicules "cinq fois plus nombreuses" en France dans quelques décennies

Paris (AFP) - 21/9/3 - Le président de Météo-France, Jean-Pierre Besson, estime dimanche que les canicules risquent d'être "cinq fois plus nombreuses" dans les décennies à venir qu'aujourd'hui en France et que les événements climatiques extrêmes vont se multiplier à l'échelle planétaire.

Interrogé sur France-Inter sur ses prévisions à l'horizon 2050-2100, M. Besson relève qu'il y aura en France comme à l'échelle mondiale "une instabilité de l'atmosphère beaucoup plus grande qu'elle ne l'est" actuellement. "Il est en effet hautement probable qu'il y ait beaucoup plus d'événements météorologiques extrêmes que l'on en a aujourd'hui", ajoute-t-il dans une allusion aux tempêtes de 1999, aux inondations de 2001-2002 et à la canicule de l'été 2003.
"Les pics de canicule, tels que celui que nous avons connu cet été, pourraient être accrus d'un facteur cinq, être cinq fois plus nombreux qu'aujourd'hui". Le responsable de Météo-France estime que "les phénomènes météorologiques exceptionnels que nous voyons de plus en plus en tous les endroits du monde sont déjà la manifestation du changement climatique".
Ce jugement ne fait pas l'objet d'un consensus au sein des experts de l'ONU sur le climat et relève "plus du domaine de la conviction que de la certitude", observe-t-il.
La température moyenne à la surface du globe, rappelle-t-il dans une allusion aux rapports de ces experts, s'est déjà réchauffée de 0,6 à 0,8 degré depuis le début de l'ère industrielle.
En France, le réchauffement a été "de l'ordre de un degré" en 100 ans, ce qui est "beaucoup", avec des disparités entre le nord du pays où le thermomètre "a peu bougé" et le sud où il a grimpé en moyenne "de 1,2-1,4 degré".
"Il est clair que ce réchauffement (en France comme dans le monde, ndlr) est du pour l'essentiel à l'activité de l'homme" et qu'"il se poursuivra, quelles que soient les mesures prises par les politiques", souligne M. Besson.
Le président de Météo-France rappelle les scénarios de l'ONU, selon laquelle la température moyenne à la surface du globe doit grimper de 1,4 à 5,8 degrés d'ici 2100 par rapport à 1990.
En France, indique-t-il, une hausse de deux degrés "conduirait à ce que l'olivier remonte jusqu'à Lyon, la vigne jusqu'à Lille et le maïs jusqu'à Hambourg" en Allemagne du nord.
"Le sud de la France serait d'un climat semi-aride du type Nord-Afrique et le nord conserverait un climat tempéré mais plus sévère" qu'aujourd'hui.

 

EXTREME HEAT ON THE RISE

Climate model predicts more stifling summers

The heatwave that paralysed Europe last summer was hailed as a harbinger of global warming by many, including climatologists who predicted wilder extremes in floods, droughts and storms thanks to climate change. Results from a climate model now add evidence to the idea that extreme temperature events are set to rise - for Europe at least.
More than 20,000 people are thought to have died as a result of Europe's heatwave last year. During June and July, temperatures across much of the continent topped 40 °C.
Christoph Schär of the Swiss Federal Institute of Technology, Zurich, and his colleagues calculate that, based on average temperatures since 1990, a European summer such as that of 2003 should come along only once every 46,000 years - even after taking global warming into account.
"Statistically, this event should not have happened," Schär says.
The researchers therefore reasoned that greenhouse gases such as CO2 might boost weather variability as well as the overall temperature. Using predicted greenhouse-gas levels for the end of this century, they ran a regional computer climate simulation to estimate the spread of future temperatures in Europe.
The simulation showed that extreme temperatures will indeed be more common in the future. "I wouldn't bet on how much the variation will increase," says Schär, "but I'm confident that it will."
Changes in variability are more difficult to predict than average temperature trends, says Gabriele Hegerl, who studies climate change at Duke University in Durham, North Carolina. But she believes that Schär's idea may well be correct. "The summer of 2003 would be very hard to explain without increased variability," she admits. Freak event Jens Christensen, a climate expert at the Danish Meteorological Institute in Copenhagen, agrees that "we will see more summers like last year". But others say that killer heatwaves may simply be mere freaks. John Christy, director of the Earth System Science Center at the University of Alabama, Huntsville, says he doesn't see any evidence of increasing temperature variability in his own American data. "I am not an alarmist - I deal with real data and the data don't show this kind of effect," he says.
Schär says that the summer of 2003 is the only evidence of increased variability he has seen so far. Schär thinks that a similar fate could befall any area in which a semi-arid climate borders a wetter region. During the European heatwave, much of temperate central Europe took on a drier, 'Mediterranean' pattern as plants and soil lost their moisture. This worsened the heatwave, Schär explains. With less water in the plants, less of the Sun's energy went towards evaporation, and more towards heating the air. Effects such as this are difficult to represent in climate predictions, however, he adds.
He nevertheless remains convinced that Europe has more wild weather in store. "The summer of 2003 is proof that this kind of thing can happen not too far from the current climate," he says.

References
1. Schär, C. et al. The role of increasing temperature variability in European summer heatwaves.

 

 

Le glacier d'Ilulissat au Groeland, chef-d'oeuvre menacé par le réchauffement


ILULISSAT (AFP) - 22/8/5 - Une large coulée de glaces de plusieurs kilomètres, aux formes déchiquetées, s'étend à l'horizon. Au bout un impressionnant mur blanc se profile : le front du glacier d'Ilulissat, dans l'ouest du Groenland, une des merveilles du monde, classé en 2004 par l'Unesco au patrimoine de l'humanité.
"Nous sommes témoins de l'un des exemples les plus frappants du réchauffement climatique en Arctique", constate l'expert américain Robert Corell en survolant le glacier à bord d'un hélicoptère.

Le bord du glestcher, extrémité inférieure du glacier, "a reculé de plus de 10 km en 2-3 ans (de 2001 à 2003) après avoir été relativement stable depuis les années 1960", explique-t-il.

Président de l'"Etude sur l'impact du climat sur l'Arctique" (Artic Climate Impact Assessment, ACIA), un rapport de 1.400 pages réalisé par plus de 250 scientifiques et publié en novembre dernier, le Docteur Corell a emmené sur les lieux quelque 22 ministres et délégués de l'Environnement réunis du 16 au 18 août à Ilulissat pour des discussions informelles sur les changements climatiques.

"On ne peut trouver d'exemple aussi concret et parlant du réchauffement de l'Arctique qui est deux fois plus rapide que celui du reste du monde", a-t-il déclaré à l'AFP, en notant qu'"en 12 mois (entre 2002 et 2003), le front du glacier a reculé de 7 km".

Il montre "comment le front glaciaire en vêlant (détachement de blocs de glace) fait tomber en cascades des morceaux géants qui avancent à une vitesse d'environ 35 mètres par jour ou quelque 13 km par an, pour devenir des icebergs dans la mer".

"Le problème est que le front du glacier recule de plus en plus, et un glacier qui recule est un glacier qui diminue en extension, signe évident du réchauffement" qui s'est accéléré notamment ces dernières années dans l'Arctique, selon ce chercheur reconnu de l'American Meteorological Society à Washington D.C.

Ce réchauffement est également constaté par le professeur Jason Box du Byrd Polar Research Center de l'Ohio State University, qui vient d'effectuer des recherches financées par la Nasa (l'agence spatiale américaine) sur ce glacier, avec le soutien logistique de l'organisation écologiste Greenpeace.

Ayant placé un petit bateau gonflable muni d'équipements de surveillance pour mesurer la profondeur des lacs de la calotte glaciaire, il a observé que la production d'eau avait augmenté de plus de 30% en 17 ans seulement.

"Nous avons constaté une augmentation de la vitesse de la fonte des glaces au cours des dernières années, qui confirme le réchauffement mesuré par des stations météorologiques placées le long des côtes" de l'île, a-t-il souligné, dans un reportage vidéo de Greenpeace.

L'organisation a dépêché pendant près de 2 mois son navire "Arctic Sunrise" au Groenland pour sa campagne de sensibilisation sur le réchauffement climatique, qui s'est achevée dans le fjord d'Ilulissat.

"De plus en plus d'eau circule dans le système de l'inlandsis groenlandais, et il apparaît qu'il existe un lien entre un accroissement des eaux de fonte et l'augmentation observée dans l'accélération de la vitesse de déplacement des glaces", a-t-il souligné.

Le volume d'eau de fusion de l'indlandsis est important car il joue un rôle dans l'accélération du mouvement des icebergs vers la mer, et affecte par conséquent le niveau des océans.

Pour M. Corell, "cette question cruciale n'est pas une question à traiter demain, mais aujourd'hui".

"Il n'y a pas de temps à perdre", a renchéri Martina Krueger, chef de l'expédition de Greenpeace.

En effet, si le réchauffement se poursuivrait, comme le prédisent les experts, la calotte glaciaire du Groenland viendrait à fondre dans quelques centaines d'années, augmentant de 6 à 7 mètres le niveau des océans, et menaçant plus de 1,2 milliard de personnes, vivant à moins de 30 km de la mer.

 

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Un glacier du Groenland fond 3 fois plus vite depuis 15 ans

COPENHAGUE (AFP) - 11/8/5 - Le glacier Kangerdlugssaq, sur la côte Est du Groenland, est devenu l'un des plus rapides au monde, reculant à une vitesse annuelle de 14 km, confirmant l'accélération des changements climatiques, a affirmé jeudi Greenpeace.
Une équipe de chercheurs indépendants de Climate Change Institute de l'université du Maine (Etats-Unis), à bord du bateau de Greenpeace, "Artic Sunrise", a constaté le 20 juillet que la vitesse de fonte de ce glacier, qui était de 5 km par an en 1988, a presque triplé, passant à quelque 14 km aujourd'hui.

En outre, ce glacier a reculé d'environ 5 km depuis 2001 après avoir maintenu une position stable au cours des 40 dernières années.

"C'est une découverte dramatique" selon le scientifique Gordon Hamilton qui a effectué des mesures de haute précision du glacier, lequel à lui seul transporte ou draîne 4% de la glace de la calotte glaciaire.

Une semaine après cette découverte, les scientifiques ont observé qu'un autre glacier, toujours à l'est de l'île, Helheim, a reculé de plus de 40% au cours des 4 dernières années.

"Ces nouveaux résultats suggèrent que la perte de glace de la calotte groenlandaise, à moins d'être compensée par une augmentation équivalente de chutes de neige, pourrait être plus importante et plus rapide qu'estimé précédemment", a-t-il déclaré, cité par le communiqué de Greenpeace.

"Ceci pourrait avoir de sérieuses implications sur le niveau des océans", a-t-il averti.

La banquise du Groenland pourrait fondre si le réchauffement climatique en Arctique dépasse les 3 degrés, selon Greenpeace, avec pour conséquence "une augmentation dramatique du niveau de la mer".

Cela aura "un impact significatif sur la planète où plus de 70% de la population mondiale vivent dans les plaines côtières, et 11 des 15 plus grandes villes du monde se trouvent sur les côtes ou les estuaires", selon Greenpeace.

"La réduction des glaciers du Groenland envoient un signal urgent au monde selon lequel on doit agir maintenant pour stopper les changements climatiques" a indiqué de son côté Martina Krueger leader de l'expédition Greenpeace au Groenland.

Cet appel est lancé à quelques jours de la réunion (16-19 août) à Ilulissat (ouest du Groenland) de quelque 25 ministres de l'Environnement des pays industrialisés et en développement pour évoquer le défi des changements climatiques.

 

Climat : "s'adapter" [sic] dès maintenant à des "conséquences colossales"

Aux armes, citoyens !
Empêchons-les sans attendre et par tous les moyens ("les" = les dirigeants de la société industrielle et ceux qui la soutiennent encore) de doubler la concentration de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère.

Roger Ripert

PARIS (AFP) - 24/6/5 ) - Le changement climatique aura "des conséquences colossales" en France et les pouvoirs publics doivent dès maintenant les anticiper et élaborer une stratégie pour les atténuer, estime un rapport d'experts gouvernementaux publié vendredi à Paris. Il sera beaucoup plus prononcé en Europe et notamment en France que dans d'autres pays développés, relève l'Observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC) dans son premier rapport depuis sa création en 2002.
Il se traduira par une hausse moyenne du thermomètre au XXIème siècle "de 2 à 4 degrés en hiver et de 4 à 7 degrés en été" en France contre 3 degrés à l'échelle mondiale, selon un scénario fondé sur un bon doublement des concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère (850 parties par million en 2100 contre 380 ppm actuellement).
Aucun scénario "ne prévoit un adoucissement des conditions météorologiques ou climatiques" pour la France. Le réchauffement aura des "conséquences sociales, économiques, sanitaires et environnementales colossales", poursuit l'ONERC. Il sera "porteur d'éléments de déstabilisation de l'économie comme de changements profonds sur les modes de vie des Français". "Les simulations prévoient en France une aggravation générale des événements extrêmes de grande échelle" (canicules, inondations et sécheresses, d'une durée relativement longue et affectant une superficie importante). Elles "demeurent plus incertaines" pour les "événements extrêmes de courte durée et de forte intensité" (tempêtes, orages sévères, cyclones tropicaux). Le gouvernement doit finaliser le plus vite possible la stratégie nationale d'adaptation aux conséquences du changement climatique qu'il a prévue dans son Plan climat 2004, a observé le sénateur Paul Vergès, qui préside l'ONERC, en présentant le rapport à la presse. "Force est de constater qu'en l'absence de mesures réelles d'adaptation, la France n'est pas à l'abri de nouvelles catastrophes", a-t-il averti. L'Observatoire préconise un "fonds spécifique pour financer les actions d'adaptation au changement climatique en France".
Il propose 90 indicateurs pour suivre localement les impacts (eau, énergie, habitat, transports, santé, agriculture, biodiversité). Des "scénarios climatiques régionaux de référence" devront être établis pour permettre aux décideurs "à tous les niveaux" d'anticiper le réchauffement dans l'urbanisme et l'aménagement du territoire. "Le changement climatique doit être pris en compte dès aujourd'hui" dans les documents de planification et donc dans la conception des bâtiments et des infrastructures.
Les "systèmes très sophistiqués", "extrêmement sensibles aux variations du climat ainsi qu'aux événements extrêmes", devront être inclus "dans l'évaluation systématique de la vulnérabilité", souligne l'ONERC, dans une allusion aux centrales (thermiques et nucléaires) et aux TGV. Des actions de formation devront être engagées, notamment en direction des collectivités. Chaque ministère devra développer "une expertise et des ressources" pour faciliter la prise en compte de l'effet de serre dans chaque décision gouvernementale. Enfin tout événement météorologique extrême devra faire l'objet d'une "évaluation systématique des dommages". L'Observatoire promet de son côté de se pencher dans ses prochains rapports sur "les impacts secteur par secteur" et "région par région". "L'attentisme, martèle-t-il, aurait un coût autrement plus onéreux que la mobilisation des moyens nécessaires" à l'adaptation.

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Le réchauffement de la planète menace la faune marine

LONDRES (Reuters) - 30/6/5 - Des milliers d'espèces marines sont menacées par le réchauffement de la planète en raison de l'acidification croissante des océans, estiment des experts de la British Royal Society dans un rapport publié à une semaine du sommet du G8 à Gleneagles, en Ecosse.
Selon leurs travaux, les étendues océaniques absorbent actuellement une tonne de dioxyde de carbone par personne et par an et atteignent progressivement les limites de leur capacité d'absorption. Le dioxyde de carbone (CO2 = gaz carbonique) est le principal gaz à effet de serre.
Les experts de la Royal Society exhortent les dirigeants du monde industrialisé [et, en particulier, le couple BB (Bush/Blair] à prendre des mesures "décisives et significatives" pour réduire les émissions de dioxyde de carbone afin de renverser la tendance [malheureusement, au vu des dernières déclarations du couple BB axées sur la lutte contre le "terrorisme", le G8 n'en prend pas encore le chemin...!].
Selon l'océanographe John Raven, "ne rien faire impliquerait qu'il n'y aura plus de place à l'avenir dans les océans pour de nombreuses espèces et écosystèmes que nous connaissons aujourd'hui".
"Le rythme du changement chimique observé dans les océans est des centaines de fois plus rapide qu'il ne l'a été durant des millions d'années", ajoute Raven.

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La montagne accouche d'une souris !

Accord a minima au G8 sur le changement climatique

Les représentants de la SICK (Société Industrielle Capitaliste et de Konsommation)
n'entendent pas couper la branche sur laquelle ils sont assis !

L'aigle de l'Empire US pétro$ n'entend pas réduire son effet de serre(s), au contraire !

Et nous, simples Terriens, que faisons-nous ?

Roger Ripert

Les membres du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Japon, Italie, Royaume-Uni, Russie) négociaient séparément entre eux jeudi matin avant de retrouver en fin de matinée les cinq grands pays émergents invités au sommet de Gleneagles (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique).

GLENEAGLES (Ecosse) (Reuters) - 7/7/5 - Les dirigeants du G8 sont parvenus à un accord a minima sur le changement climatique qui ne fixe aucun objectif chiffré et n'inclut qu'une référence symbolique au protocole de Kyoto, selon un projet de déclaration obtenu en marge du sommet de Gleneagles.
"C'est un texte minimal qui a le mérite de renouer le dialogue sur le changement climatique", a résumé jeudi sans enthousiasme un diplomate français.
La seule concession notable consentie par les Etats-Unis, premiers pollueurs de la planète, est la reconnaissance de la responsabilité humaine dans le phénomène du réchauffement climatique et de la nécessité d'agir de "façon urgente" [sic].
"Le changement climatique constitue un défi grave et à long terme qui est susceptible d'affecter tous les points du globe", peut-on lire. "Nous savons que l'augmentation des besoins et de la consommation d'énergies fossiles, ainsi que d'autres activités humaines, contribuent en grande partie à l'accroissement des gaz à effet de serre liés au réchauffement de la surface de la Terre", est-il souligné. "Nous agirons avec détermination et de façon urgente pour atteindre nos multiples objectifs communs : réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer l'environnement mondial, renforcer la sécurité énergétique et diminuer la pollution de l'air", déclarent les Huit.
"Si des incertitudes subsistent dans notre compréhension de la science du climat, nous en savons assez pour agir maintenant afin de commencer à ralentir et, pour autant que le science le justifie, à freiner et à inverser l'augmentation des gaz à effet de serre", soulignent-ils.
Pour autant, la référence - un temps envisagée - à la déclaration commune rendue publique en mai par les Académies des sciences du G8 et celles de Chine, d'Inde et du Brésil pour appeler les gouvernements à une "réponse urgente" au défi du réchauffement climatique est inexistante.
En pointe dans les discussions sur le réchauffement climatique face à des Américains inflexibles, les Français jugeaient "inenvisageable" un accord qui ne contienne pas "une mention claire et explicite" au protocole de Kyoto.
Le projet de déclaration, qui devait être entériné jeudi, mais dont l'adoption a été repoussée à vendredi en raison des attentats de Londres, n'est pas à la hauteur de leurs attentes, bien que Jacques Chirac ait salué jeudi "un pas important", mais "pas décisif".
"Ceux d'entre nous qui ont ratifié le protocole de Kyoto se félicitent de son entrée en vigueur et oeuvreront pour en assurer le succès". Telle est la référence au texte entré en vigueur en février. Les Etats-Unis, qui produisent 45% des gaz à effet de serre, sont le seul pays du G8 à ne pas avoir ratifié le protocole du 11 décembre 1997 qui impose de réduire de 5,2% d'ici à 2012 les émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane...) dans le monde par rapport aux niveaux de 1990.
Autre "concession", le paragraphe sur la demande énergétique, mis entre parenthèses lors des négociations entre "sherpas", est finalement maintenu. "La demande énergétique mondiale devrait augmenter de 60% au cours des 25 prochaines années, ce qui risque d'entraîner un accroissement significatif des émissions de gaz à effet de serre liées au changement climatique", précisent les Huit. "L'augmentation de la demande énergétique mondiale constitue un problème pour la sécurité énergétique du fait d'une dépendance accrue à l'égard des marchés mondiaux de l'énergie", ajoutent-ils.
Les Américains, qui souhaitaient réorienter le débat sur le développement des nouvelles technologies en manière de "remède", obtiennent en partie gain de cause. Les pays membres du G8 s'engagent à prendre des mesures "pour promouvoir l'innovation, l'efficacité énergétique", et "accélérer le développement de technologies plus propres".
La Maison Blanche, qui affirme que l'application du protocole de Kyoto provoquerait une flambée des prix de l'énergie et coûterait cinq millions d'emplois à l'économie américaine, a décidé d'un programme d'investissement de 20 milliards de dollars dans ce domaine pour enrayer la pollution industrielle.
Les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète ont par ailleurs décidé de "lancer un dialogue sur le changement climatique", en coopération avec les pays émergents, comme l'Inde ou la Chine. "Il est de notre intérêt à tous de travailler ensemble et en partenariat avec les grandes économies émergentes pour trouver les moyens de réduire de manière substantielle les émissions de gaz à effet de serre", déclarent-ils.
Ce projet de déclaration, a estimé jeudi Jacques Chirac lors d'une conférence de presse, "a une vertu essentielle", celle de "rétablir le dialogue et la coopération entre les sept et les Etats-Unis sur un sujet capital".

 

Patrimoine planétaire en péril !

Edmund Hillary demande à l'UNESCO de protéger l'Everest du réchauffement climatique

JOHANNESBURG (AP) -11/7/5 - L'alpiniste néo-zélandais Edmund Hillary, le premier à avoir conquis l'Everest avec le sherpa Tenzing Norgay, a demandé lundi à l'UNESCO d'inscrire le "toit du monde" dans sa liste du patrimoine mondial en péril. "Le réchauffement de l'environnement de l'Himalaya a visiblement augmenté au cours des 50 dernières années. Cela a provoqué plusieurs fontes de glacier graves et de fortes perturbations pour l'environnement et les habitants", a-t-il souligné dans un communiqué publié lundi. "Le seul moyen d'empêcher des catastrophes est de drainer les lacs avant qu'ils n'atteignent un niveau dangereux".
Lors de la 29e session du Comité du patrimoine mondial, qui s'est ouvert dimanche jusqu'au 17 juillet à Durban en Afrique du Sud, 42 sites doivent être proposés pour inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette liste contient déjà 788 sites, dont 35 sont considérés en péril, c'est-à-dire menacés par la pollution, le pillage, la guerre, le tourisme anarchique, le braconnage ou tout autre danger.
Alimentés par la fonte des glaciers, les lacs himalayens ne cessent de voir leur niveau monter, soulignent les écologistes qui demandent que la chaîne de montagnes et notamment l'Everest (qui culmine à 8.848m) soient inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Edmund Hillary, qui avait conquis le plus haut sommet du monde le 29 mai 1953, s'est joint au collectif écologiste qui a lancé une campagne en novembre dernier pour que le Parc national de l'Everest, au Népal, soit inscrit sur cette liste. Ce collectif comprend des alpinistes, des montagnards népalais, des membres de l'organisation Les Amis de la terre et du Climate Justice Program ou encore l'écologiste britannique Sir David Attenborough.

 

 

Climat : la fonte du permafrost sibérien pourrait [traduction : Va ! ] accélérer le réchauffement climatique

et nous mener à la Katastrophe planétaire...

Que faire ?

LONDRES (AFP) - 11/8/5 - Une très grande partie de la Sibérie occidentale connaît actuellement un dégel sans précédent qui pourrait [sic] accélérer le réchauffement climatique, rapporte l'hebdomadaire britannique New Scientist.

Des scientifiques de retour de cette région russe ont déclaré que la plus vaste zone gelée de la planète était en train de fondre, pour la première fois depuis sa formation il y a 11.000 ans.

En fondant, le permafrost d'un million de kilomètres carrés - soit la superficie de la France et l'Allemagne réunies - pourrait [sic] libérer dans l'atmosphère des milliards de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre, indique le magazine sur son site internet.

La découverte a été faite par Judith Marquand de l'université britannique d'Oxford et le botaniste Sergueï Kirpotine de l'université de Tomsk, en Russie.

M. Kirpotine a estimé que ce phénomène était "probablement irréversible et sans aucun doute lié au réchauffement climatique".

Toute la région sub-arctique de la Sibérie occidentale a commencé à fondre, a-t-il ajouté, et cela "s'est produit au cours des trois ou quatre dernières années".

Des climatologues se sont inquiétés de cette découverte et ont averti que les prévisions concernant la hausse les températures à l'échelle planétaire pourraient avoir besoin d'être révisées.

"Quand vous commencez à perturber ce genre de systèmes naturels, vous pouvez aboutir à des situations où (le phénomène) ne peut plus être arrêté. Il n'y aucun frein que vous puissiez utiliser", a déclaré au quotidien The Guardian David Viner, chercheur à l'Unité de recherche sur le climat de l'université britannique d'East Anglia.

Le "comité intergouvernemental sur le changement climatique", dans son dernier rapport global de 2001, avait estimé que les températures pourraient augmenter dans le monde de 1,4 degré Celsius à 5,8 degrés Celsius entre 1990 et 2100...

 

50 millions de "réfugiés environnementaux" d'ici 2010

Et d'ici la fin des années 2000 (ou avant ?) :

sur quelle planète les Terriens iront-ils se réfugier ?!

OSLO (Reuters) - 11/10/5 - La détérioration de l'environnement dans le monde pourrait conduire une cinquantaine de millions de personnes à fuir leurs zones d'habitation d'ici 2010, et la communauté internationale doit, face à ce phénomène, définir une nouvelle catégorie de réfugiés "environnementaux", conclut l'Onu dans une étude.

La désertification, la montée du niveau des mers, les inondations et tempêtes liées aux changements climatiques pourraient entraîner des déplacements massifs de population, selon le rapport établi par l'Institut pour l'environnement et la sécurité humaine, qui dépend de l'Onu.

"Nous tirons une sorte de sonnette d'alarme scientifique et politique", a déclaré à Reuters Janos Bogardi, directeur de cet institut, dont le siège se trouve à Bonn en Allemagne. "Nous devons agir", ajoute-t-il.

Selon lui, le chiffre de 50 millions de réfugiés "environnementaux" est une estimation haute. Il n'en évalue pas moins que d'ores et déjà, 20 millions de personnes ont été déplacées par des problèmes liés à des formes diverses de dégradation de l'environnement, de l'érosion des terres arables à la pollution des nappes phréatiques.

De tels bouleversements affectent déjà des millions d'habitants de l'Afrique subsaharienne, d'Inde et du reste de l'Asie, déclare Bogardi.

Entre autres menaces, le désert de Gobi, en Mongolie et dans le nord de la Chine, progresse de plus de 10.000 km2 par an. Sur le front de la montée du niveau des océans, le micro-Etat de Tuvalu, dans le Pacifique, a passé un accord avec la Nouvelle-Zélande en vertu duquel Wellington acceptera l'arrivée de sa population - 11.600 habitants - si la progression de la mer rend la vie intenable sur l'île.

 

 

Les gouvernements trop passifs face aux catastrophes dites "naturelles"

[des catastrophes provoquées en fait par la S.I.C.K - la Société Industrielle de Consommation et de la Katastrophe - en partie tout au moins].

M. Gordon McBean, vous avez certes raison de vous en prendre à la passivité des OG (Organismes Gouvernementaux), mais au lieu de parler des "caprices de la Nature" contre lesquels on ne pourrait rien faire, selon vous, ne serait-il pas plus sage de s'attaquer d'urgence aux véritables causes du mal en réduisant les gaz à effet de serre émises par la SICK ?

CMS, le 20/10/5

Roger Ripert

OSLO (Reuters) - 20/10/5 - Les gouvernements sont trop passifs face aux risques de "catastrophes naturelles" [sic] et leurs efforts de prévention insuffisants alors qu'une meilleure planification pourrait épargner des vies et économiser des milliards de dollars, estime le Conseil international pour la science (ICSU).

Dans un rapport publié jeudi, cette ONG internationale souligne que, durant le siècle écoulé, le nombre de catastrophes naturelles enregistrées dans le monde est passé d'une centaine par décennie à 2.800.

En 2004, "les caprices de la nature" [sic] ont tué, blessé ou privé de foyer des millions d'êtres humains, ajoute l'ICSU qui estime pour cette seule année à 140 milliards de dollars les pertes économiques qu'ils ont entraînées.

Le bilan humain et économique devrait probablement être plus lourd encore en 2005, avec les conséquences du tsunami du 26 décembre en Asie, l'impact du passage des ouragans Katrina, Rita et Wilma dans le sud des Etats-Unis et le séisme du 8 octobre au Pakistan.

"Il est temps de changer la façon de voir les choses des gouvernements, qui ont tendance à se préparer trop faiblement à des "catastrophes naturelles" [sic] , estime Gordon McBean, qui a dirigé cette étude.

"On ne peut pas stopper les ouragans, les tsunamis et les autres événements extrêmes", poursuit le chercheur, qui occupe une chaire de politique à l'Institut de prévention des sinistres catastrophiques, rattaché à l'université canadienne de l'Ontario.

"Mais nous avons découvert de nombreuses éléments établissant que les décideurs politiques peuvent parfois agir avec ignorance ou simplement ne pas tenir compte des éléments scientifiques pertinents sur ce qui est nécessaire pour se préparer aux dégâts provoqués par un événement naturel et prévisible, comme un ouragan, ou les prévenir", ajoute-t-il.

Si La Nouvelle-Orléans avait été protégée par des digues plus élevées, la ville n'aurait peut-être pas été inondée après le passage de l'ouragan Katrina et la brutale montée des eaux du lac Pontchartrain. Dans le même ordre d'idée, un meilleur entretien des mangroves d'Asie aurait réduit la vulnérabilité des rivages de l'océan Indien à la vague sismique du 26 décembre.

Or, relève McBean, "les investissements consacrés à la réduction des vulnérabilités sont presque toujours considérablement moins élevés que les dépenses consacrées à l'après-catastrophe, dans un rapport qui va peut-être de 2 à 5".

NUL N'EST À L'ABRI

L'expansion démographique à l'échelle de la planète, le phénomène de déplacement des populations vers les plaines inondables et les côtes, la modification des pratiques liées à l'agriculture et le changement climatique ont accru la vulnérabilité de toutes les sociétés humaines, quel que soit leur niveau de développement, aux risques naturels, souligne encore le chercheur.

"Mais les gouvernements appréhendent les choses d'un point de vue limité au court terme", poursuit Gordon McBean, dont l'étude met en évidence l'insuffisance des investissements dans la totalité des domaines portant sur la prévention (immeubles résistant aux tremblements de terre, lignes électriques capables d'affronter des vents cycloniques).

La construction des polders aux Pays-Bas ou d'une digue sur la Tamise protégeant Londres sont parmi les rares exemples de prévoyance relevés par McBean et son équipe.

Ils y ajoutent le fossé de drainage creusé par la municipalité canadienne de Winnipeg après les inondations de 1950. Initialement considéré comme un gâchis financier, ce canal a prouvé depuis son efficacité.

Réunis en Chine pour leur 28e assemblée générale, les membres de l'ICSU ont approuvé mercredi la création d'un comité de planification dont la tâche sera d'agir auprès des gouvernements pour améliorer leur compréhension des risques liés aux "catastrophes naturelles" [sic].

 

 

Réchauffement : les niveaux de CO2 n'ont jamais été aussi hauts en 650.000 ans

 

PARIS (AFP) - 24/11/5 - Les niveaux de gaz carbonique, le principal coupable du réchauffement de l'atmosphère, sont actuellement 27% plus élevés qu'à n'importe quel moment au cours des 650.000 dernières années, a déterminé une équipe de chercheurs internationaux dans une étude publiée jeudi.
Cette étude, qui repose sur l'analyse de carottes de glace extraites des zones les plus hostiles de l'Antarctique, semble démontrer le rôle majeur de l'homme dans les récentes modifications du climat de la planète, objet de la conférence internationale qui s'ouvre lundi à Montréal (Canada).

Un groupe de scientifiques européens, dont des équipes du CEA et du CNRS français, a effectué sur le site de Dome Concordia (Dome C), dans l'est du continent blanc, le forage sur glace le plus profond jamais réalisé jusqu'ici.

Mené dans des conditions extrêmes, au milieu des blizzards et par des températures moyennes de l'ordre de -54°C, ce forage a permis de ramener à la surface des carottes de glace produite par l'accumulation de neige tombée il y a quelque 650.000 ans, bien avant l'apparition de l'homme moderne.

L'analyse du gaz carbonique piégé dans ces carottes de 10 centimètres d'épaisseur n'a pas permis de retrouver des concentrations de C02 dans l'atmosphère comparables à celles d'aujourd'hui (380 ppm).

Les niveaux de gaz carbonique dans l'atmosphère ont commencé à s'accroître avec la révolution industrielle, avec l'utilisation à grande échelle du charbon comme source d'énergie. Au cours des dernières décennies, le rythme s'est accéléré avec l'industrialisation de nombreux pays et la multiplication des automobiles.

Avant les débuts de l'industrie, la concentration de CO2 ne dépassait pas 278 ppm. Ses niveaux d'aujourd'hui sont supérieurs de 27% à leur niveau le plus haut des 650.000 dernières années, selon l'étude publiée dans le magazine scientifique américain Science.

Les forages effectués au Dome C par les scientifiques des 10 pays européens participant au projet EPICA ("European Project for Ice Coring in Antarctica"), a permis de battre de 210.000 ans le précédent record, qui était jusqu'alors détenu par un autre forage antarctique, à Vostok.

"Nous avons ajouté un autre élément d'information montrant que les périodes pendant lesquelles les hommes ont changé la composition de l'atmosphère sont extrêmement courtes au regard des cycles naturels du système climatique", a commenté l'auteur principal de l'étude, Thomas Stocker, de l'Institut de Physique de l'Université de Berne (Suisse).

Les adversaires de la théorie du réchauffement soulignent qu'au cours de son histoire, la Terre a connu une alternance de phases chaudes et froides, avec notamment plusieurs âges glaciaires dont le dernier s'est terminé il y a quelque 11.000 ans. Mais ces dernières années, les scientifiques ont accumulé une série d'indices attestant de la réalité du phénomène et 2005 semble parti pour devenir l'année la plus chaude de l'histoire.

La réunion de Montréal, qui rassemble les pays signataires de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC), étudiera les suites à donner après l'expiration, en 2012, du protocole de Kyoto, qui cherche à réduire la pollution au gaz carbonique.

 

 

Les océans montent de plus en plus vite, le CO2 est plus présent

WASHINGTON (Reuters) - 25/11/5 - Le niveau des océans augmente plus rapidement que lors des siècles précédents et une partie de cette hausse liée au réchauffement climatique est imputable à l'homme, affirme un rapport publié par le journal Science.

Cette étude réalisée sous la direction du professeur de géologie Kenneth Miller montre que le niveau des océans a augmenté deux fois plus rapidement au cours des 150 dernières années que lors des cinq millénaires précédents.

En moyenne, ce niveau s'accroît désormais de deux millimètres par an contre un seul auparavant, précisent les chercheurs, à l'issue de 15 ans de travaux.

Si la Terre est certes entrée dans une période plus chaude, les activités humaines qui libèrent du dioxyde de carbone contribuent aussi à cette hausse du niveau des océans, jugent ces scientifiques.

"La moitié de la hausse actuelle (...) avait lieu de toute façon. Mais cela signifie qu'une moitié du phénomène n'est pas due à l'évolution normale. Elle est provoquée par l'homme", a déclaré Miller.

Les chercheurs ont analysé cinq échantillons prélevés à 500 mètres de profondeur pour étudier des fossiles, des sédiments et diverses variations dans la composition chimique de la surface terrestre, ce qui leur a fourni des données sur les 100 millions d'années écoulées.

Ils ont également accompli diverses mesures sur les marées et à base de données prises par satellite.

UNE HAUSSE 200 FOIS PLUS RAPIDE

"Cela nous a permis de comprendre les mécanismes d'évolution du niveau de la mer avant l'intervention de l'homme", a ajouté le professeur Miller.

Ces recherches ont également permis de conclure que le niveau de la mer à l'époque des dinosaures était inférieur aux estimations jusque là généralement acceptées. L'équipe de Kenneth Miller pense que le niveau de la mer était alors supérieur de 100 mètres à son niveau actuel, et non pas de 250 mètres.

La revue Science a publié une autre étude menée par des chercheurs européens, qui devrait aussi alimenter le débat sur le réchauffement climatique et la responsabilité de l'homme.

Ces scientifiques ont étudié trois grands échantillons de calotte glaciaire prélevés à 3.000 mètres de profondeur dans l'Antarctique. Ils se sont notamment intéressés aux bulles contenues dans la glace, ce qui leur a fourni des informations sur l'atmosphère terrestre à des périodes remontant jusqu'à il y a 650.000 ans.

Ils en ont conclu que la quantité de dioxyde de carbone avait été relativement stable jusqu'à il y a deux siècles.

Or, "la hausse que nous connaissons aujourd'hui est environ 200 fois plus rapide que n'importe quelle autre hausse révélée" par ces échantillons, a déclaré l'auteur de cette étude, Thomas Stocker, dans une réponse à un courrier électronique de Reuters.

"Cette étude ne porte pas directement sur le réchauffement climatique. Mais nous apportons une base nouvelle importante pour les modèles climatiques à l'aide desquels nous étudions le réchauffement climatique", a ajouté ce professeur de sciences environnementales et climatiques à l'Université de Berne.

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Forte réduction de la calotte glaciaire arctique

WASHINGTON (AFP) - 28/11/5 - La calotte glaciaire arctique s'est fortement réduite cette année et ce pour le quatrième été consécutif, ont indiqué mercredi des scientifiques américains, selon lesquels ce phénomène, attribué au réchauffement du climat, va probablement s'accélérer.
"Etant donné le bas niveau record des glaces cette année à l'approche de la fin septembre, 2005 va presque certainement surpasser 2002 pour la plus faible superficie de glace dans l'Arctique depuis plus d'un siècle", a déclaré Julienne Stroeve du Centre National des données sur les neiges et glaces (NSIDC).

Ces observations et mesures sont effectuées à l'aide de satellites de la Nasa, l'agence spatiale américaine.

"A ce rythme, l'Arctique n'aura plus de glace pendant la saison d'été bien avant la fin de ce siècle", a-t-elle ajouté.

La zone gelée de l'océan arctique est normalement réduite à son minimum en septembre, à la fin de la fonte d'été. Le 21 septembre 2005, la banquise n'était que de 5,32 millions de km2, soit la plus faible superficie jamais mesurée par les satellites d'observation, ont précisé les scientifiques dans un communiqué.

"Avec quatre années consécutives de faible superficie de la glace arctique, on peut penser avec une assez grande certitude qu'un phénomène de fonte durable est en train de se produire", a expliqué Walt Meier, un autre climatologue du NSIDC.

"Cela indique clairement (...) qu'il ne s'agit pas d'une anomalie de courte durée", a-t-il ajouté.

Les experts du NSIDC ont calculé, en intégrant les dernières mesures de septembre 2005, que la calotte glacière de l'Arctique se réduisait de 8% environ tous les dix ans.

Ils ont également constaté qu'il y avait eu environ 20% de moins de formation de glace durant l'hiver au cours des quatre dernières années comparativement à la période 1978-2000.

Cette réduction de la superficie gelée de l'océan arctique représente approximativement 1,3 million de km2, soit environ l'équivalent de deux fois la France.

La disparition grandissante des glaces arctiques correspond à une hausse des températures au cours des dernières décennies, a souligné le NSIDC.

La température moyenne à la surface de l'océan arctique était entre janvier et août 2005, de 2 à 3 degrés Celsius plus chaude qu'au cours des cinquante dernières années.

Cet été, le passage légendaire du Nord-Ouest dans l'Arctique canadien entre l'Europe et l'Asie était complètement navigable à l'exception d'une bande de 90 Km où flottaient des blocs de glaces.

La route du Nord-Est, au nord de la côte sibérienne, était totalement dépourvue de glace du 15 août au 28 septembre, ont aussi relevé les scientifiques du NSIDC.

 

 

 

Le protocole de Kyoto est devenu complètement "opérationnel" [sic]

MONTREAL (AFP) - 30/11/5 - Le protocole de Kyoto est devenu pleinement opérationnel mercredi avec l'adoption formelle des règles de fonctionnement de l'accord sur la réduction des gaz à effet de serre, lors d'une séance plénière de la Conférence de l'Onu sur le changement climatique à Montréal.
"Le protocole de Kyoto est maintenant pleinement opérationnel. C'est une étape historique", a souligné dans un communiqué le président de la conférence, le ministre canadien de l'environnement Stéphane Dion.

Le protocole, qui impose à 34 pays industriels de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2012, a été conclu en 1997 et est entré en vigueur le 16 février 2005.
En pratique, il ne pouvait s'appliquer qu'après adoption formelle d'une série de modalités de fonctionnement, élaborées essentiellement entre 2001 et 2004.

Ces modalités ont été entérinées en bloc, mercredi en fin de matinée par consensus par les délégués des 156 pays ayant ratifié le protocole, dans le cadre de la Conférence de Montréal, qui a commencé lundi. Sur ces 156 pays, seuls 34 pays industriels ont des obligations de limitation de leurs émissions.
Les Etats-Unis et l'Australie, qui ne veulent pas ratifier Kyoto, ont assisté en observateurs à la session de la Conférence qui a pris la décision.

Les modalités, complétant Kyoto et adoptées mercredi, fixent notamment les règles des échanges de droits de pollution. Elles allègent aussi les obligations en prenant en compte le "stockage du CO2 par les arbres en croissance".

Il demeure cependant un point à régler d'ici la fin de la conférence le 9 décembre, l'adoption des dispositions prévoyant des mesures contre ceux qui n'auraient pas respecté les engagements du protocole à son expiration en 2012.

La question est de savoir si le système quasi-juridictionnel de suivi et de sanction des engagements, mis au point dans les accords de Marrakech (novembre 2001), sera adopté par une "décision" de la conférence ou par un "amendement" au protocole.

La seconde solution, visant officiellement à renforcer la portée juridique du système de sanctions, demanderait une ratification de chacun des pays partie au protocole, ce qui prendrait beaucoup de temps et aurait pour conséquence de retarder d'autant l'adoption du système de sanctions.

L'Arabie saoudite demande la solution de l'amendement. La discussion sur les modalités d'adoption devait commencer mercredi en fin de journée et se poursuivre dans les prochains jours.

Le plus haut responsable de l'Onu pour le dossier climat, Richard Kinley s'est cependant montré très optimiste sur son issue.

"Je suis tout à fait confiant que le système sera adopté la semaine prochaine", d'ici la fin de la conférence, a-t-il dit lors d'une rencontre avec quelques journalistes.

A la question de savoir si l'on pouvait malgré cela considérer le protocole opérationnel dès mercredi, M. Kinley a répondu : "Il est pleinement opérationnel".

"C'est un grand jour pour ceux qui veulent protéger le climat. Après 7 années de dur labeur, les gouvernements qui sont partie au protocole de Kyoto ont approuvé une série de 21 décisions qui mettent en place le cadre détaillé de la façon dont le protocole va fonctionner jusqu'en 2012", a-t-il ajouté

Responsables de 25% des émissions à effets de serre avec moins de 5% de la population mondiale, les Etats-Unis misent sur des accords plus ciblés et bilatéraux, plutôt que sur un cadre international pour régler l'épineuse question du réchauffement planétaire.

 

 

PIPEAU ET COMPAGNIE

 

Le sieur James Connaughton, président du conseil de la "Maison blanche" US, chargé de la qualité environnementale,
inaugure la première réunion du pacte des 6 (SIX - SICKS) sur le climat !

Le beurrre ne leur suffit pas,
ils veulent aussi l'argent du beurre...
Et pourquoi pas aussi les cuisses de la crémière !

Roger Ripert

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SYDNEY (Reuters) - 10/1/6 - Les six pays qui ont forgé l'été dernier un pacte visant à lutter contre le réchauffement climatique par l'utilisation de nouvelles technologies, sans remettre en cause le développement économique [la SICK, sic], se retrouvent mercredi pour la première fois à Sydney afin de définir leur "stratégie commune".

La réunion inaugurale du "Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat", qui regroupe les Etats-Unis, l'Australie, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et l'Inde, se concentrera sur les réformes spécifiques à mettre en place dans le secteur industriel pour diminuer la pollution.

Les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto imposant selon eux des quotas d'émission de gaz à effet de serre inconciliables avec leur croissance économique, promouvront lors de ce sommet l'adoption d'objectifs non contraignants, notamment dans les secteurs de l'industrie lourde et des mines.

"Chacun des six pays se présentera à la table des négociations avec son propre portefeuille de mesures", a déclaré James Connaughton, président du Conseil de la Maison blanche chargé de la qualité environnementale.

"Chaque pays a déjà commencé à identifier une série d'actions pour améliorer sa sécurité énergétique, réduire la pollution et diminuer l'émission de gaz à effet de serre", a-t-il ajouté dans un entretien accordé à Reuters.

"ALLER PLUS LOIN QUE KYOTO ! "

A eux six, les pays membres du partenariat représentent environ 50% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
La Chine, les Etats-Unis et l'Inde étaient en 2004 les principaux consommateurs au monde de charbon, le combustible le plus polluant.

Mais Connaughton, rejetant les critiques, a réaffirmé que le charbon était un combustible essentiel pour la croissance économique mondiale à court terme.

"C'est un fait qu'une grande portion de l'économie mondiale repose sur des combustibles fossiles. Nous devons accepter cela et travailler pour rendre ces combustibles plus propres et améliorer leur rendement."

Les organisations de défense de l'environnement se sont plaintes d'avoir été exclues du sommet de Sydney, auquel ont été conviés 80 responsables des plus grandes sociétés consommatrices d'énergie au monde, comme l'industrie d'aluminium américaine Alcoa ou le spécialiste de l'acier sud-coréen Posco.

Les environnementalistes redoutent par ailleurs que ce pacte à six n'interfère avec le protocole de Kyoto, une allégation dont se défendent l'Australie et les Etats-Unis, seuls pays industrialisés ayant refusé de ratifier l'accord.

"Kyoto ne présente aucune stratégie d'actions. (Notre partenariat) va au-delà de Kyoto parce qu'il traite de la pollution de l'air et du rendement qui aidera à promouvoir (...) différentes sources d'énergie pour sortir les gens de la pauvreté", estime Connaughton.

Le protocole de Kyoto, signé en 1997 et entré en vigueur en février dernier avec la signature de la Russie, contraint les 38 principaux pays industrialisés à réduire les émissions de six gaz de 5,2% par rapport au niveau de 1990. L'objectif doit être atteint dans la période 2008-2012.

Le Panel intergouvernemental des Nations unies sur le changement climatique (IPCC) estime que la hausse de la température moyenne à la surface du globe sera comprise entre 1,4 et 5,8 degrés d'ici 2100.

La fonte des glaces polaires qui en résultera provoquera un dérèglement de nature à entraîner une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, tels que des ouragans ou des sécheresses. D'après des scientifiques, la température moyenne a déjà augmenté de 0,6°C en un siècle.

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2005, année la plus chaude depuis plus d'un siècle, selon la Nasa

WASHINGTON (AFP) - 25/1/6 - 2005 a été l'année la plus chaude à la surface du globe depuis la fin du 19e siècle quand on a commencé à mesurer et prélever les températures scientifiquement, a annoncé mardi la Nasa, l'agence spatiale américaine.
La température moyenne dans la zone arctique, où l'on a observé une accélération de la fonte des glaciers, a été notablement élevée, relève également le Goddard Institut pour les études spatiales de la Nasa qui a effectué les analyses des données.

Cinq des années les plus chaudes ont été enregistrées au cours de la dernière décennie avec le précédent record, très près de celui de 2005, en 1998.

Mais cette année-là, El Nino, le courant marin du Pacifique, avait été le plus chaud en un siècle, entraînant une hausse de la température moyenne sur l'ensemble de la planète, explique la Nasa dans un communiqué publié sur son site internet (http://data.giss.nasa.gov/gis temps/2005/).

Or en 2005, la nette hausse de la température moyenne sur le globe est intervenue sans l'influence d'El Nino, ce qui est d'autant plus remarquable.

Les autres années particulièrement chaudes depuis dix ans ont été, outre 1998 et 2005, 2002, 2003 et 2004.

Au cours des 30 dernières années, la Terre s'est réchauffée de 0,6 degré Celsius et de 0,8 degré Celsius depuis cent ans. Le 21e siècle pourrait voir des hausses de température de 3 à 5 degrés, selon des scientifiques de la Nasa.

"Cette récente montée de la température coïncide avec un accroissement rapide des émissions de gaz à effet de serre atmosphérique résultant de l'activité humaine", souligne la Nasa dans ce même communiqué.

Les modèles climatiques sur ordinateurs correspondent aux prévisions, ajoute l'agence spatiale. "De ce fait, le réchauffement rapide observé rend urgentes des discussions sur la manière de ralentir les émissions à effet de serre atmosphèrique", insiste la Nasa dans ce même comuniqué.

Ces émissions - dioxyde de carbone, méthane et oxyde nitreux - ont augmenté de 2% aux Etats-Unis en 2004, selon les derniers chiffres publiés en décembre par le département américain de l'Energie.

Ces gaz émis dans l'atmosphère, ont totalisé 7,12 millions de tonnes contre 6,98 millions en 2003. Ce volume représente un accroissement de 16% comparativement à 1990 et de 1,1% annuellement en moyenne.

Le dioxyde de carbone a compté pour environ 80% des gaz à effet de serre (5,87 millions de tonnes). Il est produit par la combustion des hydrocarbures (transports), du gaz naturel et du charbon, surtout par les centrales électriques et d'autres industries manufacturières.

Les statistiques du département de l'Energie ont été publiées peu après la fin de la conférence de l'Onu sur le climat à Montréal début décembre durant laquelle les Etats-Unis et aussi la Chine - les deux plus grands émetteurs de ces gaz - ont refusé de se joindre à toute discussion sur l'imposition de limites contraignantes à ces émissions après l'expiration du Protocole de Kyoto en 2012.

Ce protocole, rejeté par le président George W. Bush en 2001 et entré en vigueur en février 2005, contraint les quelque 150 nations signataires - sauf les pays en développement comme la Chine ou l'Inde -, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% par an d'ici à 2012.

La Chine et l'Inde, plus gros pollueurs après les Etats-Unis qui comptent pour 25% du total mondial, avaient adhéré à Kyoto mais sans obligation de réduire leurs gaz à effet de serre.

Au rythme actuel, les Etats-Unis verront leurs émissions à effet de serre augmenter de 25% en 2012 par rapport à 1990.

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Un hiver polaire parfaitement compatible avec le réchauffement planétaire

Oui, mais aucune hypothèse pour l'expliquer ?
Si ce n'est la déstabilisation du Gulf stream (voir ci-dessous)

Roger Ripert

GENEVE (AFP) - 26/1/6 - La descente aux enfers du thermomètre, observée en Europe de l'est, est parfaitement compatible avec le réchauffement global de la planète, selon des experts interviewés en marge d'un colloque sur le changement climatique à Genève.
"En présence d'un hiver très froid, il peut paraître paradoxal de parler de réchauffement mais ce n'est pas du tout contradictoire", observe le climatologue suisse Martin Béniston, de l'Université suisse de Fribourg.

"Comme tout ce qui touche à la climatologie, ajoute-t-il, il faut regarder le long terme et la tendance moyenne des 20, 30 ou 50 dernières années à l'échelle de la planète, qui est à la hausse, et non un épisode local" comme la vague de froid qui sévit actuellement sur une partie du vieux continent.

"Un hiver froid ne va pas renverser la tendance générale au réchauffement, tout au plus pourrait-il la ralentir momentanément", estime M. Béniston.

"Le réchauffement est un phénomène global de long terme qui ne sera vraiment visible que dans quelques décennies", relève de son côté le climatologue français Hervé Le Treut, de l'Institut Pierre-Simon Laplace.

"Il n'exclut nullement les fluctuations de très court terme, à l'échelle locale ou même d'un continent. Même dans un climat très chaud, une semaine ou deux d'air polaire seront toujours possibles".

D'une manière générale, note M. Béniston, il ne faut pas confondre météo et climat.

La météorologie s'intéresse uniquement à l'évolution de l'atmosphère sur quelques jours et à un endroit donné.

La climatologie passe au crible les évolutions du passé et anticipe celles à venir, à une toute autre échelle temporelle (année, dizaine d'année, siècle voire millénaire) et spatiale (ensemble du globe, continent).

Elle n'examine pas seulement les paramètres de l'atmosphère étudiés en météo (pluies, précipitations notamment) mais aussi la composition de l'atmosphère, la végétation terrestre et les océans. Elle étudie surtout les interactions entre ces différents éléments de la "machine climatique".

Au delà des caprices quasi-quotidiens de la météo, il y a la "variabilité naturelle du climat", affectant toute une région sur une échelle de temps allant de quelques semaines à quelques siècles. Le changement des saisons en fait partie.

Pour le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le Français Michel Jarraud, l'hiver glacial que connaissent la Russie et l'Europe de l'est pourrait ressortir de la variabilité naturelle du climat. "Il est impossible pour l'instant de l'attribuer au changement climatique".

Ce dernier phénomène se traduit par un réchauffement moyen de l'atmosphère, lié au rejet de gaz à effet de serre comme le CO2 par les activités humaines, rappelle le responsable de l'OMM. Le réchauffement moyen a atteint 0,6 degré en un siècle à l'échelle mondiale, "un chiffre relativement faible par rapport à la variabilité naturelle du climat qui peut atteindre plusieurs degrés d'un hiver à l'autre".

Il n'en a pas moins déjà eu des conséquences très sensibles comme la hausse du niveau de la mer et le recul des glaciers, souligne M. Jarraud.

Le colloque de Genève, qui dure jusqu'à vendredi, est organisé par la Fondation européenne pour le développement durable des régions (FEDRE), une ONG suisse financée notamment par le Conseil de l'Europe et l'ONU.

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Gulf Stream : Généralités


        

Le Gulf Stream est un très grand courant océanique permanent et chaud de l'Atlantique Nord. Il est en fait une partie d'un plus grand courant, grossi par d'autres déplacements d'eaux affluents. Ce courant se forme dans le golfe du Mexique, où les eaux sont chaudes. Les courants permanents ainsi que les vents très puissants permettent d'amorcer des mouvements océaniques. Ce courant passe entre Cuba et la pointe de Floride. C'est à ce niveau que le courant atteint sa largeur maximale, d'environ 80km, et une profondeur de 640m. Sa vitesse varie alors de 100 à 150 km/jour. A ce niveau, son débit est estimé à 85 millions de mètres cube d'eau à la seconde et sa température varie de 30 à 35°C. Il longe la pointe de Floride, vers le nord puis il change de direction, vers le nord-ouest, donc vers l'intérieur de l'Atlantique, car poussé par les eaux froides du courant du Labrador qui refroidit et ralentit beaucoup le Gulf Stream (température : 25°C, vitesse 8km/jour). Aux abords de l'Europe, il se sépare en deux ramifications; une dirigée vers l'Islande, et l'autre vers l'île des Açores soufflent
Arrivées à l'extrême Nord de la Norvège, et au niveau des côtes du Portugal, les deux ramifications du Gulf Stream ont refroidi (alors à environ 2°C), leur salinité a fortement augmenté en raison de l'évaporation, leur densité augmente énormément, entraînant leur plongée dans les couches océaniques inférieures. On ne parle plus alors de Gulf Stream.

Rôle : il maintient la douceur des climats de l'Europe occidentale. L'appel des eaux tièdes qui rendent supportables nos hivers européens pourrait fluctuer sur des échelles de temps beaucoup plus courtes.
La situation actuelle du tapis roulant serait au bord de l'instabilité, c'est-à-dire qu'une petite augmentation des apports d'eau douce en cette région suffirait pour bloquer la circulation en tapis roulant.
Si le réchauffement global entraîné par le renforcement de l'effet de serre conduit à une augmentation des précipitations sur la mer de Norvège, ou à des fontes de glace aux marges du Groenland, risquons-nous un refroidissement un Europe ?

Les courants marins vont-il changer ?

Source : Jean-Marc Jancovici, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation.

Cela est parfaitement possible, car ces courants ne sont pas indifférents aux conditions climatiques du moment, et nous avons par ailleurs la trace de nombreux épisodes d'arrêt des courants marins profonds dans le passé.

Il existe deux grandes catégories de courants marins :

La circulation océanique horizontale, notamment celle à grande échelle, comme par exemple le Gulf Stream (c'est celle-là que l'on voit dessinée sur les cartes, en général).

Les courants qui vont des profondeurs des océans vers la surface puis replongent vers les profondeurs. Ils sont basés sur des différences de température (l'eau froide est plus dense que l'eau chaude) et de salinité (l'eau salée est plus dense que l'eau douce) entre les différentes couches de l'océan. Les plus profonds portent le nom de courants thermohalins (voir ci-dessous), et ceux qui vont un peu moins en profondeur portent le nom de circulation thermocline. Il est facile de voir que l'on retrouve dans ces deux termes la racine "thermo", qui désigne la chaleur.

Or ces courants verticaux (on parle aussi de courants convectifs) sont très sensibles à des petites variations de température. Par exemple, le phénomène El Niño commence par un réchauffement modeste (2 ou 3°C) de la température de surface des eaux d'une région du Pacifique, réchauffement qui affecte la circulation thermocline et provoque par enchaînement des perturbations très significatives dans de grandes régions du monde.

Or à l'avenir de telles évolutions pourraient se produire à encore plus large échelle. En effet, nous avons vu que :

- le réchauffement sera particulièrement marqué près des pôles, et concernera donc la mer de Norvège de manière significative, or si l'eau s'y réchauffe en surface elle deviendra moins dense,

 - le changement climatique devrait se traduire par une augmentation de la pluviométrie aux hautes latitudes (notamment dans le Nord de l'Europe et du Canada), ce qui va provoquer un apport d'eau douce dans l'Atlantique Nord, qui va diminuer la salinité et donc la densité sous ces l'attitudes.

Ces deux phénomènes pourraient atténuer, ou supprimer, la plongée des eaux en mer de Norvège, et déstabiliser par la suite l'ensemble de la circulation mondiale.

Voir : http://www.alertes-meteo.com/vague_de_chaleur/stream.htm

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La Niña refait son apparition


Le phénomène de refroidissement périodique des eaux océaniques dans la zone équatoriale du Pacifique, connu sous le nom de la Niña, a refait son apparition, a annoncé le 2 février le Centre des prévisions climatiques de l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques des États-Unis (NOAA).

La Niña est, selon l'OMM, un "Phénomène caractérisé par une anomalie négative de la température de surface de la mer (par rapport à la période de référence 1971-2000), dans la région Niño 3.4 du Pacifique équatorial, dans la mesure où cette anomalie est supérieure ou égale à 0,5°C selon une moyenne calculée sur trois mois consécutifs".
Le phénomène inverse est plus connu, il s'agit d'El Niño.

Selon le communiqué de presse que la NOAA a diffusé à ce propos, des spécialistes du Centre des prévisions climatiques ont observé, il y a trois semaines, les débuts de ce phénomène, qui peut avoir des effets sur le climat dans diverses parties du monde.

"Au milieu de janvier, l'atmosphère au-dessus du nord-est du Pacifique et de l'ouest des États-Unis a commencé de montrer les signes caractéristiques de la Niña à la suite du refroidissement de la zone centrale du Pacifique dans les tropiques", a indiqué le directeur de la NOAA, M. Conrad Lautenbacher.

La température des eaux de surface de l'océan Pacifique a rempli les conditions définies pour le phénomène de la Niña durant la période de novembre 2005 à janvier 2006. Selon la NOAA, il est probable que ce phénomène se poursuivra jusqu'à la fin du printemps, voire pendant l'été.

En général, les effets de la Niña dans l'hémisphère Nord pendant l'hiver comprennent un accroissement des précipitations en Indonésie, dans le nord de l'Australie, en Amazonie dans le sud-est de l'Afrique.

La Niña entraîne aussi une diminution des précipitations dans la partie orientale du Pacifique au niveau de l'équateur et dans l'Afrique équatoriale de l'Est.

En outre, les précipitations périodiques dans les zones sujettes à la sécheresse et la sécheresse dans les zones sujettes aux tempêtes sont typiques de ce phénomène.

La Niña a lieu tous les trois à cinq ans. Lors de sa dernière manifestation en 2000-2001, ce phénomène avait été relativement modéré.

Source
Administration nationale des études océaniques et atmosphériques des États-Unis (NOAA)

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La Terre se réchauffe à un rythme "insoutenable", selon Londres

Et la première chose à faire pour y remédier, M. Blair,
serait de retirer vos troupes d'Irak et d'Afghanistan !
Ce dont, bien sûr, vous n'êtes pas encore disposé à faire...
Et, contrairement à ce que vous proposez :
les solutions ne sont pas technologiques (s'inscrivant dans le cadre de la SICK),
mais bien Humaines...

Roger Ripert, 30/1/6

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LONDRES (AFP) - 30/1/6 - L'augmentation des gaz à effet de serre provoque un réchauffement du climat à un rythme qui est "insoutenable" et dont les conséquences pourraient être plus rapides et plus importantes que prévu, affirme "le gouvernement britannique" [sic]dans un nouveau rapport.
Les calottes glaciaires autour des deux pôles pourraient commencer à fondre au cours du prochain siècle en raison du réchauffement climatique dû à l'augmentation de ces émissions, indique notamment le gouvernement.

"Il est à présent évident que l'émission de gaz à effet de serre, associés à l'industrialisation et la croissance économique d'une population mondiale qui a été multipliée par six en 200 ans, provoque un réchauffement climatique à un rythme qui est insoutenable", affirme le Premier ministre Tony Blair dans la préface de ce rapport.

"Les risques de changement climatique pourraient bien être plus grands que ce que nous pensions", avertit M. Blair.

Le rapport, intitulé "Eviter un changement climatique dangereux", compile les travaux de scientifiques réunis en février 2005 à l'occasion d'une conférence sur le changement climatique, organisée à Exeter (sud-ouest de l'Angleterre).

Il affirme qu'il y a à présent "plus de clarté et moins d'incertitudes" concernant l'impact du changement climatique que ne le pensaient dans leur rapport de 2001 le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Celui-ci affirmait à l'époque qu'"il y a de sérieuses preuves que le changement climatique dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre se produit déjà et que les émissions futures de gaz à effet de serre vont probablement augmenter les températures globales d'entre 1,4 et 5,8 degrés celsius au cours de ce siècle, avec un large éventail d'impacts sur la nature et les sociétés humaines."

Or, affirme le rapport du gouvernement britannique, "dans bien des cas, les risques sont plus sérieux que précédemment estimé".

Pour exemple, il cite "le récent changement qui se produit dans l'acidité de l'océan", ce qui "va probablement réduire la capacité d'absorber le dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère et affecter la chaîne alimentaire marine dans sa totalité".

Et avec de telles hausses de la température moyenne de la Terre, les conséquences sur la géographie de la planète seront majeures, estiment les scientifiques.

Selon eux, une augmentation de 1,5 degré celsius à l'échelle de la planète pourrait ainsi être un seuil qui déclenche la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, tandis qu'une augmentation de la température globale d'environ 1 degré pourrait mener à un blanchissement du corail.

Le rapport estime également que des "solutions technologiques" [sic] pour réduire de manière significative les émissions existent, et leur "coût" [sic] pourrait être "plus petit", parfois moitié moins, que ceux considérés jusqu'à présent.

Un éventail d'options "est nécessaire et exclure n'importe quelle option va augmenter les coûts", indique-t-il, en évoquant notamment les échanges de quotas des émissions de CO2.

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Les glaciers du Groenland fondent plus vite que prévu

ST LOUIS, Missouri (Reuters) - 16/2/6 - Les glaciers du Groenland déversent dans l'océan Atlantique deux fois plus de glace qu'il y a cinq ans, en raison de l'accélération de leur fonte, rapportent des chercheurs américains et britanniques.

Cela pourrait signifier que le niveau des océans risque de monter plus rapidement qu'on ne l'avait prévu.

"Avec une superficie de 1,7 million de km2, et une épaisseur de glace allant jusqu'à 3.000 mètres, l'inlandsis groenlandais, s'il fondait dans sa totalité, ferait monter de sept mètres le niveau des mers sur la planète", a déclaré Julian Dowdeswell, de l'institut Scott de recherche polaire à l'université de Cambridge, en Grande-Bretagne.

Eric Rignot, du Laboratoire de propulsion à réaction de la Nasa, à l'institut de technologie de Californie, et Pannir Kanagaratnam, de l'Université du Kansas, ont utilisé des données transmises par les satellites pour suivre le déplacement des glaciers du Groenland, qui glissent lentement dans la mer et se dispersent en icebergs.

Ils ont évalué que le Groenland contribuait à hauteur d'un demi-millimètre par an à la hausse du niveau des mers du globe, lesquelles montent de trois millimètres annuellement au total.

Depuis 1996, les glaciers du sud-est du Groenland se déversent plus rapidement dans la mer et depuis 2000, des glaciers situés plus au nord ont également accéléré leur rythme.

Rignot et Kanagaratnam ont établi que la perte de glace due au glissement des glaciers était passé de 50 km3 par an en 1996 à 150 km3 en 2005.

Au cours des 20 dernières années, la température de l'atmosphère, dans le sud-est du Groenland, a augmenté de 3°C en moyenne.

"La moitié sud du Groenland réagit à ce que nous pensons être le réchauffement du climat. La moitié nord est en attente, mais je pense que la situation évoluera dans peu de temps", a pronostiqué Rignot.

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Groenland : deux fois plus de glace déversée dans l'Atlantique depuis 2000

ST LOUIS (AFP) - 17/2/6 - Le volume de glace déversé dans l'Atlantique par les glaciers du Groenland a quasiment doublé depuis cinq ans, ce qui laisserait prévoir une montée plus rapide que prévue du niveau des océans, selon une étude publiée jeudi aux Etats-Unis.
Ce phénomène résulte à la fois d'une fonte plus importante des glaces et d'une accélération du mouvement de ces glaciers sous l'effet du réchauffement climatique, ont indiqué les auteurs de cette recherche.

Il s'agit de la première étude qui associe ces deux facteurs, ont précisé ces chercheurs du "Jet Propulsion Laboratory" (JPL) de la Nasa et de l'Université du Kansas (centre).

Ils ont présenté leurs travaux au premier jour de la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) réunie jusqu'au 20 février à St Louis dans le Missouri (centre). Cette étude paraît également dans la revue Science datée du 17 février.

"La manière dont les glaciers déversent leur glace dans l'océan est le facteur le plus important pour comprendre comment une calotte glaciaire évolue en fonction des changements climatiques", a expliqué Eric Rignot, un glaciologue du JPL et principal auteur de cette recherche.

Selon lui, les modèles actuellement utilisés pour prédire la réduction de la calotte glacière du Groenland et sa contribution à la montée du niveau des océans autour du globe, ne prennent pas en compte la vitesse de déversement des morceaux de glacier dans la mer.

"Avec une superficie de 1,7 million de km carré, plus de trois fois la surface de la France, et une épaisseur de trois km, la calotte glaciaire du Groenland ferait grimper le niveau des océans d'environ sept mètres, si elle devait fondre entièrement", inondant de vastes régions côtières très peuplées dans le monde, ont calculé ces chercheurs.

Utilisant des observations satellitaires, ces scientifiques ont calculé que la fonte des glaciers du Groenland était responsable d'une montée d'un demi-millimètre par an du niveau global des océans. Ils ont aussi conclu que la masse glaciaire perdue avec le glissement des glaciers dans l'océan était passée de 90 kilomètres cube en 1996 à 224 km3 en 2005.

Au cours des vingt dernières années, la température dans la partie sud-est du Groenland a grimpé de trois degrés Celsius. Or, un air plus chaud "lubrifie" la partie des glaciers en contact avec le sol ce qui les fait glisser plus vite vers l'océan, selon ces chercheurs.

"Si la moitié de la calotte glaciaire du Groenland se trouvant dans le sud-est réagit, selon nous, au réchauffement climatique, la partie nord-est ne paraît pas encore affectée mais cela ne va pas durer", a prédit Eric Rignot.

Les deux grands glaciers du Groenland, le Kangerdlugssaq et l'Ilulissat, ont déjà reculé respectivement de 14 et 11 km par rapport aux années 1960, d'après des observations satellitaires.

Le réchauffement atmosphérique est "en partie attribué par de nombreux scientifiques à l'accumulation des gaz à effet de serre" [traduire : résulte !], dont surtout le dioxyde de carbone (CO2), produit par la combustion des hydrocarbures et du charbon.

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Une première étude montre l'accélération de la fonte des glaces au pôle sud

WASHINGTON (AFP) - 2/3/6 - La fonte des glaces s'accélère dans l'Antarctique depuis ces dernières années, selon une étude publiée jeudi aux Etats-Unis, la première montrant une diminution de la masse glacière totale du pôle sud.
Analysant des données provenant de deux satellites de la Nasa, des chercheurs de l'Université de Boulder dans le Colorado (ouest) ont calculé que la calotte glaciaire de l'Antarctique perd jusqu'à 152 km/cube de glace annuellement. A titre de comparaison, la deuxième ville la plus peuplée des Etats-Unis, Los Angeles, utilise 1,6 km/cube d'eau fraîche par an.

"Il s'agit de la première étude indiquant que l'ensemble de la masse glaciaire de l'Antarctique se réduit de façon importante", a affirmé Isabella Velicogna, de l'institut de recherche des sciences environnementales de l'Université de Boulder dans une étude parue dans l'édition en ligne de Science datée du 2 mars.

Ces nouvelles données contredisent l'évaluation la plus récente d'experts d'un comité intergouvernemental américain faite en 2001 qui prédisait une augmentation de la masse glaciaire antarctique au 21e siècle, grâce à un accroissement attendu des précipitations dans les zones les plus chaudes du globe, a souligné cette scientifique.

"La réduction de la masse glaciaire de l'Antarctique dépend de l'évolution du climat aussi bien à l'intérieur que sur les zones côtières du continent", a expliqué Isabella Velicogna. "Les changements que nous observons sont probablement un bon indicateur des modifications des conditions climatiques", a-t-elle ajouté.

L'Antarctique contient 90% de la glace du globe et 70% des réserves d'eau douce de la Terre.

Cette fonte des glaces de l'Antarctique se traduit par une montée du niveau global des océans de 0,4 millimètre (mm) annuellement avec une marge d'erreur de 0,2 mm.

Un phénomène similaire a également été observé dans le Groenland où les glaciers déversent deux fois plus de glace et d'eau dans l'Atlantique depuis une dizaine d'années, laissant prévoir une montée plus rapide que prévue du niveau des océans, selon une étude de la Nasa publiée en février.

Ce phénomène résulte à la fois d'une fonte plus importante des glaces et d'une accélération du mouvement de ces glaciers sous l'effet du réchauffement climatique, avaient indiqué les auteurs de cette recherche.

La fonte de la totalité de la glace de l'Antarctique occidental - qui est huit fois plus petit en volume que la calotte glaciaire de la partie Est du continent et où la réduction de la masse de glace est la plus forte-- ferait monter le niveau des océans de près de 7 mètres, selon des calculs de chercheurs du "British Antarctic Survey".

L'Antarctique est le cinquième continent terrestre dont la superficie est deux fois celle de l'Australie.

La glace recouvre environ 98% du continent et a une épaisseur moyenne de quelque 2.200 mètres. Les blocs que glace flottants représentent quelque 11% du continent.

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Dépêche de l'agence AFP reprise texto par "Le Journal du Centre", 29/11/6,

sous le titre : "L'été de la Sainte-Catherine"

Bel exemple de désinformation !

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La France a connu son automne le plus chaud depuis 1950

Par François Casteran

Mais, les soi-disant experts de Météo-France (à la solde de la S.I.C. : Société industrielle et de consommation) s'emploient à semer la doute : pas de lien direct ni de conclusion sur le lien entre ce réchauffement climatique manifeste et l'effet de serre !!!

Qu'ils aillent au Diable !

Roger Ripert

Posté le 29/11/6

Pour Serge Planton (du Service de recherche sur le climat à Météo-France) :

- "Cela va dans le sens de ce à quoi "on" s'attend, mais on ne peut pas en tirer des conclusions"

- "De la même manière, on ne peut pas tirer de conclusions de la canicule de 2003, même si des études menées en "Angleterre" [sic] ont montré que les émissions de gaz à effet de serre doublaient les probabilités de l'occurence d'un tel phénomène"

- "Nous constatons simplement que les moyennes continuent d'augmenter"...

Pour Michel Schneider, ingénieur à la direction de la climatologie à Méteo-France :

- "Ce genre de phénomène ne peut être mis "en lien direct" avec le réchauffement climatique, mais ce que l'on observe aujourd'hui est cohérent avec les scénarios climatiques"

- "La variabilité qu'on constate d'une année sur l'autre peut masquer une évolution (vers un réchauffement) qui n'est pas forcément spectaculaire"

- "Le phénomène qu'on constate aujourd'hui sur toute l'Europe de l'Ouest est "un problème de grande circulation générale de dépressions et d'anti-cyclones"...

TOULOUSE (AFP) - 28/11/6 - L'automne 2006 en France "aura été" le plus chaud depuis 1950 [l'automne ne se termine que le 21 décembre, à ce que je sache !], avec des températures supérieures de 2,9 degrés à la moyenne saisonnière sur les trois derniers mois, mais le phénomène ne peut être considéré à lui seul comme un signe du réchauffement climatique, indique-t-on à Météo-France à Toulouse.

Selon [le sieur] Serge Planton [le planton de service !] , du Service de recherche sur le climat à Météo-France, "cela va dans le sens de ce à quoi on s'attend, mais on ne peut pas en tirer des conclusions". "Les enseignements ne peuvent être tirés que de la répétition" sur plusieurs dizaines d'années, a-t-il déclaré à l'AFP.

"De la même manière, on ne peut pas tirer de conclusions de la canicule de 2003, même si des études menées en Angleterre ont montré que les émissions de gaz à effet de serre doublaient les probabilités de l'occurence d'un tel phénomène", ajoute le météorologue.

"Nous constatons simplement que les moyennes continuent d'augmenter", dit-il en rappelant que depuis qu'il existe des statistiques climatiques, "les dix dernières années les plus chaudes l'ont été au cours des 17 dernières années".

Par ailleurs, souligne le météorologue, "la variabilité qu'on constate d'une année sur l'autre peut masquer une évolution (vers un réchauffement) qui n'est pas forcément spectaculaire".

La douceur de l'automne a déjà des conséquences pour les professionnels du tourisme. Dans les stations de ski pyrénéennes, l'ouverture des pistes prévue début décembre risque d'être retardée faute de neige, alors que l'année dernière les massifs avaient bénéficié d'importantes précipitations.

Les ornithologues constatent eux aussi un changement de comportement des oiseaux migrateurs. "Les oies cendrées venant de Scandinavie ou d'Europe de l'est pour hiverner entre les Pays-Bas et le sud de l'Espagne ne sont arrivées qu'en petit nombre et il est vraisemblable qu'elle resteront sur la partie haute de leur zone" où elles trouvent de la nourriture, indique à l'AFP Francis Meunier, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Pour [le sieur] Michel Schneider, ingénieur à la direction de la climatologie à Méteo-France,"ce genre de phénomène ne peut être mis en lien direct avec le réchauffement climatique, mais ce que l'on observe aujourd'hui est cohérent avec les scénarios climatiques". Le phénomène qu'on constate aujourd'hui sur toute l'Europe de l'Ouest avec des températures élevées notamment en Suisse, Allemagne et Danemark est "un problème de grande circulation générale de dépressions et d'anti-cyclones", a-t-il expliqué.

Selon lui, "on s'oriente vers une anomalie de températures de 2,9 degrés pour l'ensemble de l'automne. Ce qui situe cet automne au rang des plus chauds depuis 1950, loin devant les automnes 2005 avec plus 1,4 degré et 2000, plus 1,1 degré".

Le mois de septembre a été supérieur de 2,9 degrés à la normale et de 3,3 en octobre, ce qui place ces deux mois au second rang des plus chauds depuis 1950. Novembre devrait également dépasser de 2,4 degrés la normale saisonnière, le portant au quatrième rang des mois les plus chauds depuis 56 ans.

"Après une semaine particulièrement fraîche, novembre a ensuite connu des températures douces, notamment autour du 15 et du 25. En fin de mois, les observations supérieures a 20°C ont été nombreuses sur la moitié sud de la France.

Les températures de début décembre devraient rester supérieures à la normale, a-t-il ajouté.

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Montage de deux photos, l'une prise en février 1993, l'autre en février 2000,
montrant la fonte de la neige au sommet du Kilimandjaro.

Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la "bombe climatique" !

Par Anne CHAON

PARIS (AFP) - 27/1/7 - Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique" : le réchauffement planétaire déjà à l'oeuvre et, surtout, à venir.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), mandaté par l'ONU, va plancher 4 jours à l'Unesco pour publier vendredi 2 février le chapitre scientifique de son quatrième rapport, véritable "bible" des connaissances climatiques qui servira de référence pour les cinq prochaines années.

Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle" : "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut.

Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par "rétroaction", jouer les accélérateurs du processus.

Les climatologues redoutent en effet qu'au delà "d'effets de seuil", ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu'il soit possible pour l'heure "de déterminer les limites à ne pas franchir", explique Edouard Bard du Collège de France.
La dernière livraison du Giec, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l'évolution des sociétés et des économies, plus ou moins énergivores.

"Par rapport à 2001, l'exercice sera plus large et plus complet et fera l'effort de présenter les résultats sous forme probabiliste: c'est à dire le degré de confiance accordé aux termes d'une fourchette donnée", indique Serge Planton, qui dirige la recherche climatologique à Météo-France.

Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8°C en un siècle, pour moitié au cours des trente dernières années. "Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n'importe quelle année depuis plus de 140 ans", note le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du Giec.

Et pour la communauté scientifique, cette accélération du réchauffement constaté dans les dernières décennies ne peut s'expliquer par la seule variation naturelle du climat. Une bonne part des gaz à effet de serre lâchés dans l'atmosphère le sont par les activités humaines, ce qui impose une réaction de la part des dirigeants du monde.

C'est à eux que s'adresse le "résumé à l'intention des décideurs" que leur concocteront les experts réunis à Paris. Un résumé en dix pages du rapport de synthèse, qui dira l'essentiel et le plus clairement possible, mais qui va nécessiter d'ardents débats et un marchandage "ligne par ligne", selon Jean Jouzel.

Ce résumé sert de socle à l'action internationale en faveur de la réduction des émissions de GES dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto.

"A l'heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l'ordre de +3°C en 2100. Mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES", qui varient selon les choix économiques, la démographie mais aussi la diplomatie, indique Edouard Bard.
L'Union européenne a déjà fait sienne la conviction d'experts réunis en 2005 à Exeter, au Royaume-Uni : au delà de 2°C supplémentaires, la planète aura du mal à s'adapter.

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GREENPEACE ALERTE L'OPINION SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Photo prise le 29 janvier 2007/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - 29/1/7 - Des militants de Greenpeace ont entrepris lundi d'escalader la Tour Eiffel et d'y déployer des banderoles afin d'alerter l'opinion sur "l'urgente nécessité" de limiter l'ampleur des changements climatiques.

Le mouvement écologique dit vouloir profiter de la réunion à Paris du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), parrainé par l'Onu, et de la présentation vendredi de son rapport de synthèse sur les dernières recherches en matière de réchauffement climatique.

Lundi en fin de matinée, une quarantaine de membres de Greenpeace ont entrepris d'escalader la structure métallique du monument le plus célèbre de Paris pour y déployer deux banderoles au-dessus du deuxième étage, selon un communiqué de l'association. Le déploiement devait être achevé vers 14 heures (13h00 GMT).

La première banderole représente un thermomètre indiquant "l'absolue nécessité de maintenir l'augmentation moyenne mondiale des températures en dessous de deux degrés Celsius".

La seconde porte le message : "it's not too late" (il n'est pas trop tard), nouveau slogan adopté par l'association pour faire campagne sur le sujet.

 

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Un pan de l'Antarctique a commencé à se désintégrer


WASHINGTON (AFP) - 26 mars 08 - Un pan de la banquise antarctique équivalent à près de quatre fois la superficie de la ville de Paris a commencé à se désintégrer sous l'effet du réchauffement climatique rapide, a indiqué mardi le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC).

Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur un pan de glace de 414 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest.

Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu.

Ce plateau, dont la superficie est de 12.950 km2, est actuellement soutenu par une bande étroite de glace de 5,6 km entre deux îles, a expliqué dans un communiqué Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC (National Snow and Ice Data Center).

Il s'agit de la plus grande banquise dans l'Antarctique.

"Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", a-t-il déclaré.

Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe avec une hausse de 0,5 degré Celsius tous les dix ans.

"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan provoquent sa dislocation", a expliqué Ted Scambos, qui a constaté pour la première fois cette désintégration en mars.

L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration du plateau Wilkins dans les prochains mois.

David Vaughan, scientifique du British Antarctic Survey ayant participé aux travaux de mesure de la fonte des glaces, souligne que la désintégration du plateau Wilkins n'affectera pas directement le niveau des mers car ce pan de banquise flottait déjà avant de devenir liquide.

"Mais cela est une autre indication de l'impact du changement climatique dans la région", a-t-il commenté.

Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide.

En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddel.

Le 19 mars 2002, un satellite de la Nasa observait l'effondrement de Larsen B, d'une surface de 3.850 km2 et 200 mètres de haut qui contenait 720 milliards de tonnes de glace. La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique — plus de 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans — pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (+ 3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle.

 

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L'inquiétude grandit autour de la fonte de la banquise dans l'Antarticque


Par EuroNews euronews - Mercredi 26 mars 08


Sa superficie s'élève à 414 km2 soit environ 4 fois celle de Paris. La désintégration aurait débuté le 28 février sur le plateau de Wilkins à environ 1600 km de la pointe sud de l'Amérique du sud. Elle a été observée par satellite.

A Bruxelles, Rajendra Pachauri président du Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat, et co-lauréat du prix Nobel de la paix avec Al Gore, s'est dit préoccupé ce mercredi.

"Dans notre rapport de synthèse, nous avons clairement mentionné la possiblité de changements irréversibles, comme l'effondrement de larges pans de glace ce qui pourrait avoir comme résultat une augmentation du niveau de la mer de plusieurs mètres. J'espère que cela ne se reproduira pas mais c'est une possibilité dont nous devons être conscients."

L'antarctique a connu le plus rapide réchauffement climatique de la planète, au cours des 50 dernières années. Plus de 13 000 km2 de banquise ont disparu pendant ce demi-siècle

 

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Les changements climatiques en cours sont sans précédents depuis 5000 ans !

Effet Albédo, contre-réaction négative et fonte accélérée du pergélisol...


Source : Notre-planète info

15/12/2008 - Depuis l’aube des civilisations humaines il y a environ 5 000 ans, c’est au cours des dernières décennies que les changements climatiques ont été les plus marqués, selon des travaux de chercheurs américains conduits sur l’Arctique et l’Atlantique Nord. "Le réchauffement que nous observons est sans précédent dans l’histoire humaine", souligne Charles Greene, océanographe de l’Université Cornell (New York), principal auteur de cette étude parue dans l’édition de novembre du journal Ecology.

Si ces changements se poursuivent dans l’Arctique et l’Atlantique nord, les modifications dans la circulation des eaux océaniques pourraient se produire à l’échelle du globe avec des conséquences potentielles importantes sur le climat mondial et la biosphère, selon ces scientifiques. Au cours des cinquante dernières années, la fonte des glaces arctiques et des glaciers a périodiquement précipité l’écoulement d’eau froide et faiblement saline de l’océan Arctique dans l’Atlantique Nord.

Ce phénomène a bouleversé des écosystèmes jusqu’en Caroline du Sud et du Nord (sud-est des Etats-Unis), provoquant des déplacements géographiques étendus de nombreuses espèces végétales et animales, montre cette recherche. Des algues microscopiques communes dans l’océan Pacifique ont aussi réapparu dans l’Atlantique nord ces dix dernières années après plus de 800 000 ans d’absence, précise l’étude. Ces chercheurs ont analysé les données climatiques à partir de carottes de glace et de couches sédimentaires portant sur les 65 derniers millions d’années.

Durant cette période, la Terre a connu plusieurs épisodes de réchauffement et de refroidissement majeurs qui ont été largement atténués par l’expansion et la contraction des glaces arctiques. "Quand l’Arctique se refroidit et que la banquise et les glaces s’étendent, la réflexion des rayons du soleil sur la glace s’accroît", explique Charles Greene. "Et quand davantage de rayons solaires sont réfléchis qu’absorbés par l’eau, cela conduit à un refroidissement général", ajoute-t-il. Cette étude montre aussi qu’avec le réchauffement de nombreuses espèces du nord se sont en fait déplacées vers le sud, contrairement à ce qu’attendaient la plupart des écologistes, souligne Charles Greene.

Autre indicateur alarmant : l’Océan Arctique est entré dans une mutation climatique profonde et irréversible" : telle est la principale conclusion des travaux du programme européen Damoclès dont le bilan scientifique a été rendu public le 13 novembre à Paris, à l’occasion de l’escale dans la capitale du voilier polaire Tara. La goélette, qui est amarrée au pied du pont Alexandre III jusqu’en janvier 2009, fut le support logistique du programme Damoclès tout au long des 507 jours de sa dérive arctique, de septembre 2006 à janvier 2008.

La première observation -déjà enregistrée par Damoclès en janvier 2008 lorsque Tara acheva sa dérive, puis confirmée en 2008- laisse envisager "une fonte totale de la banquise arctique en été à l’orée des années 2015, alors que les précédents modèles pointaient 2050", a indiqué l’océanographe et directeur de recherches au CNRS Jean-Claude Gascard, coordinateur du programme scientifique réalisé dans le cadre de l’Année Polaire Internationale (API 2007-2008). "Les étés 2007 et 2008 ont marqué les deux plus importantes fontes de la banquise depuis le début des observations satellitaires, il y a trente ans. Mais notre grande découverte à bord de Tara fut de constater que plus de 50 % de la superficie glacée restante (environ 4 millions de km2 contre 14 millions en hiver) était constituée de 'mares de fonte'. En d’autres termes, la banquise d’été est 'trouée comme un gruyère', ce qui précipite le processus de délitement", a ajouté le coordinateur de Damoclès.

Deuxième observation cardinale : "L’effet de serre n’est plus le seul responsable du réchauffement climatique. Il est désormais secondé, voire dépassé par l’effet Albédo, qui mesure le rapport de l’énergie solaire réfléchie par une surface sur l’énergie solaire incidente", a souligné l’océanographe.

Explication : "80 % de l’énergie solaire est réfléchie par une surface de glace ou de neige, contre seulement 10 % par l’océan. Ainsi, moins il y a de surface gelée pour renvoyer les rayons du soleil, plus la température augmente et se maintient sur et sous la surface en question. L’océan a de la mémoire et le réchauffement provoque... du réchauffement. Ce mécanisme est maintenant durablement enclenché", a assuré Jean-Claude Gascard.

Selon les nouveaux modèles mis en avant par Damoclès (ce ne sont que des "modèles", soulignent les scientifiques qui restent très prudents), les conséquences d’une fonte totale de la banquise pendant les six mois d’été (elle se reforme l’hiver) seraient multiples.

La plus préoccupante serait une fonte partielle, mais accélérée, des glaces du Groenland (eau douce) qui pourrait à la fois provoquer une élévation d’un mètre du niveau des océans avant la fin du siècle, mais aussi ralentir la montée des eaux du Gulf Stream, qui réchauffe les côtes et l’atmosphère de l’Europe occidentale.

Ce dernier phénomène, qualifié de "contre-réaction négative" par l’océanographe, aurait alors, et sur le long terme, la singulière conséquence de provoquer a contrario un sensible refroidissement du climat sur la façade Est de l’Atlantique Nord. "Dans ce cas de figure, c’en est fini des mimosas en Bretagne", résume Jean-Claude Gascard.

Enfin, l’ensemble du scénario pourrait se compliquer avec une fonte accélérée du pergélisol (sol gelé en permanence), notamment en Sibérie, qui pourrait libérer des quantités considérables de méthane (gaz à effet de serre) enfouies et augmenter la production de dioxyde de carbone par processus de biodégradation.

Pourtant, en dépit de cette situation alarmante, et malgré les engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto, les émissions de gaz à effet de serre continuent à progresser dans les pays industrialisés, indique le secrétariat exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dans son rapport annuel publié le 17 novembre. Entre 2000 et 2006, elles ont ainsi augmenté de 2,3 %, passant de 17,6 à 18 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, précise l’ONU.

Selon les experts internationaux du GIEC, les émissions de GES doivent cesser de croître dans les quinze ans puis diminuer de moitié d’ici 2050 pour contenir la hausse de température en deçà de 2 degrés en 2100. Malheureusement, nous n’avons pas encore pris toute la mesure du péril planétaire qui nous menace et les objectifs du futur traité qui succédera au protocole de Kyoto à partir de 2013 doivent absolument être plus ambitieux et plus contraignants si nous voulons limiter les conséquences désastreuses de cette catastrophe climatique annoncée.

 

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Réchauffement : 2.000 milliards de tonnes de glace ont fondu depuis 2003 !

 

AP - 16/12/8 - Plus de 2.000 milliards de tonnes de glaces terrestres ont fondu depuis 2003 au Groenland, en Alaska et dans l'Antarctique, montrent de nouvelles données satellitaires de la NASA qui constituent un signe supplémentaire du réchauffement de la planète.

Plus de la moitié de cette fonte massive s'est produite au Groenland, selon des relevés du satellite américain GRACE, souligne le géophysicien de la NASA Scott Luthcke. La nouvelle étude doit être présentée jeudi à la conférence de l'Union américaine de géophysique à San Francisco.

Selon M. Luthcke, tous les chiffres concernant le Groenland pour l'été 2008 ne sont pas encore disponibles, mais la fonte des glaces sur l'immense île cette année ne devrait pas être aussi forte qu'en 2007, même si elle reste très importante.

On note en revanche une amélioration en Alaska. Après une forte baisse en 2005, la couche de glace terrestre a légèrement augmenté en 2008 en raison de fortes chutes de neige hivernales. Reste que depuis 2003, l'Alaska a perdu 400 milliards de tonnes de glace.

Contrairement à la fonte de la banquise, celle des glaces terrestres augmente le niveau des océans très légèrement. Dans les années 1990, le Groenland n'avait pas contribué à une hausse de ce niveau. Désormais, l'île arctique l'élève d'un demi-millimètre par an, souligne le glaciologue de la NASA Jay Zwally.

Au total, la fonte des glaces au Groenland, en Alaska et dans l'Antarctique a fait monter le niveau de la mer d'environ un demi-centimètre ces cinq dernières années, selon M. Luthcke. Le niveau des océans augmente également sous l'effet de dilatation des eaux provoquée par leur réchauffement.

D'autres travaux présentés à la conférence de San Francisco portent sur la fonte de la banquise, qui inquiète également. "Cela ne s'arrange pas et on continue à voir des signes clairs de réchauffement et d'amplification", souligne M. Zwally.

Selon les chercheurs, la hausse des températures enregistrée cet automne dans une partie du nord de l'Alaska témoigne d'un "effet d'amplification arctique", qui se produit lorsque le réchauffement dans l'Arctique est plus rapide que prévu et s'accélère plus vite qu'ailleurs sur la planète.

En raison de la fonte de la banquise, les eaux de l'Arctique absorbent plus de chaleur l'été et celle-ci est libérée dans l'air à l'automne. Ce processus a conduit à une hausse des températures automnales ces dernières années par rapport à leurs niveaux des années 1980, souligne la chercheuse Julienne Stroeve, du Centre national des données sur la neige et la glace (NSIDC) à Boulder, Colorado.

Elle évoque un impact fort et précoce du réchauffement. "Le rythme du changement commence à dépasser notre capacité à le suivre en terme de compréhension du phénomène", souligne de son côté Mark Serreze, un scientifique du NSIDC.

D'autres travaux présentés à la conférence examinent comment le dégel de l'Arctique libère du méthane, le deuxième gaz à effet de serre le plus important après le dioxyde de carbone. Une étude montre que la réduction de la banquise entraîne un réchauffement de la mer qui à son tour réchauffe le permafrost sur les terres voisines en Alaska, produisant ainsi du méthane.

Une autre étude suggère que d'importantes réserves de méthane gelé piégées au fond de lacs et de la mer dans la région de la Sibérie commencent à remonter en surface en grande quantité par endroits, selon Igor Semiletov, professeur à l'université d'Alaska.

A la fin de l'été, M. Semiletov a découvert du méthane remontant dans certaines zones des mers de Sibérie orientale et de Laptev à des niveaux dix fois supérieurs à ceux enregistrés au milieu des années 1990. Les réserves de méthane piégées dans la région pourraient aggraver de manière spectaculaire le réchauffement en cas de libération dans l'atmosphère, prévient-il. Ce constat "devrait nous alarmer", conclut-il. AP

Sur Internet :

The American Geophysical Union: http://www.agu.org

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Plan de protection ou de destruction du climat ?!

 

Au bout du compte, un plan de réduction de 20 %, par rapport à 1990, des émissions de gaz à effet de serre par les Etats de l'Union européenne d'ici 2020, ça fera combien de milliards de tonnes de CO2 en plus dans l'atmosphère en 2020 ?

Roger Ripert

 

LeMonde.fr - 17/12/8 - Le Parlement européen a avalisé, mercredi 17 décembre, le plan d'action approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement pour réduire de 20 % les émissions polluantes de l'UE d'ici 2020. Les six textes soumis au vote ont été adoptés à une majorité écrasante des élus présents.

"Mission accomplie", a déclaré le ministre français de l'environnement, Jean-Louis Borloo. "Mon premier sentiment est une énorme émotion", a ajouté le ministre, pour qui l'adoption de ce paquet avant la fin de la présidence française de l'UE fin décembre constituait une priorité.

Ce plan vise, par des mesures contraignantes pour les Etats membres et leur industrie, à réduire en 2020 les émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 20 % par rapport à 1990. Il prévoit également de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation de l'UE et à réaliser 20 % d'économies d'énergies. L'accord du Parlement intervient cinq jours après un compromis trouvé vendredi au sommet européen sur ce plan.

L'adoption de ce plan permet à l'Union européenne d'être le premier bloc de pays à se doter d'un ensemble de règles contraignantes pour lutter contre le réchauffement climatique. L'UE pourra ainsi présenter son plan comme un modèle à suivre lors des négociations internationales de Copenhague, en décembre 2009. Ces négociations, qui portent sur la période post-2012, visent à inviter pays industrialisés et en développement à coopérer, chacun prenant des engagements à sa mesure : réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre pour les premiers, limitation de la hausse pour les seconds.

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Contre-la-montre climatique pour Obama

Par Seth Borenstein


AP - 15/12/8 - Le changement climatique est la bombe à retardement de la Maison Blanche. Barack Obama hérite d'un dossier que ses prédécesseurs Bill Clinton et George W. Bush pouvaient ignorer ou laisser traîner, alors que le nouveau président des Etats-Unis va devoir s'y atteler dans l'urgence, en surmontant des obstacles tant politiques qu'économiques.

"L'heure n'est plus aux atermoiements. L'heure n'est plus au déni", a asséné Barack Obama la semaine dernière après une réunion avec l'ancien vice-président Al Gore, lauréat du prix Nobel de la paix pour son militantisme contre le réchauffement de la planète. "Nous croyons tous ce que les scientifiques nous disent depuis des années maintenant, qu'il y a urgence, que c'est une question de "sécurité nationale" [sic], et qu'on doit s'en occuper de façon sérieuse".

Le président-élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, entend changer la politique énergétique des Etats-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) après la Chine, dans le cadre plus large d'une relance de l'économie nationale. Il y voit une chance de "rendre son énergie à l'Amérique [les USA]" -"to repower America", en version originale.

"Nous devons opérer des changements substantiels dès janvier. L'année qui vient représente la chance la plus importante que le monde ait jamais eue de faire avancer un véritable règlement de la crise climatique", estimait Al Gore récemment dans un entretien à l'Associated Press.

Barack Obama arrive au pouvoir après des années d'inaction américaine contre le changement climatique, après deux mandats aussi d'un président républicain qui s'est opposé à la fixation de quotas d'émission de gaz à effet de serre, mais avec un Congrès qui semble plus sensibilisé à l'environnement, et au moment où le reste du monde se mobilise pour conclure fin 2009 l'accord qui succédera en 2012 au protocole de Kyoto sur la réduction des GES.

Cependant, en pleine crise financière mondiale, il n'est pas du tout certain que le nouveau président démocrate trouve une approche commune avec le Congrès à temps pour régler certaines des questions climatiques les plus pressantes. "Nous allons manquer de temps", prévient Terry Root, biologiste à l'université Stanford.

Les Etats-Unis émettent 20% de plus de GES qu'en 1992, la Chine a dans le même temps plus que doublé sa pollution au dioxyde de carbone (CO2), principal responsable de l'effet de serre, et les prévisions scientifiques les plus pessimistes sont dépassées. Le méthane, ennemi N°2 après le CO2, repart à la hausse, et l'on peut craindre que la fonte du permafrost dans l'Arctique n'en libère d'énormes quantités dans l'atmosphère tandis que le niveau de l'océan grimperait beaucoup plus tôt que prévu.

La concentration en CO2 dans l'atmosphère terrestre est déjà supérieure de 10% à la limite de sécurité définie par certains scientifiques.

Dans ce contexte, les Européens espèrent que les Etats-Unis, qui avaient signé le protocole de Kyoto de 1997 sous Bill Clinton mais refusé de le ratifier sous George W. Bush, montreront l'exemple pour le nouveau traité prévu pour décembre 2009, à Copenhague. A condition que la crise économique et financière et les guerres en Irak et en Afghanistan ne relèguent pas le climat au deuxième rang des préoccupations du Congrès [sic].

Le président de la commission sénatoriale à l'énergie, le démocrate Jeff Bingaman, estimait récemment qu'"il faudrait peut-être plus d'un an pour boucler" le dossier.

Frank Maisano, spécialiste de l'énergie représentant à Washington les intérêts des usines et raffineries fonctionnant au charbon, et donc particulièrement polluantes, juge que la situation économique pourrait même empêcher l'adoption de mesures qui alourdiraient la facture énergétique des Américains et nuiraient aux économies dépendant de la production de charbon.

"Déterminé à agir" [sic], Barack Obama s'entoure de fervents avocats des quotas contre le réchauffement climatique. Il veut obtenir rapidement du Parlement l'autorisation pour des Etats comme la Californie de contrôler les gaz d'échappement automobiles, alors que George W. Bush s'y refusait. Sa volonté de faire avancer le dossier climatique pourrait être freinée par le contexte général, mais le prochain Congrès à majorité démocrate s'annonce beaucoup plus réceptif à l'argument climatique que le précédent.


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La Niña responsable de l'hiver rigoureux en Europe "en train de faiblir"


AFP - 2/2/9 - Le phénomène climatique de La Niña dans l'océan Pacifique, rendu responsable des conditions hivernales particulièrement rigoureuses en Europe, est en train de s'affaiblir, a annoncé mardi l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

"Comme les paramètres (de La Niña) sont en train de faiblir, les prévisions les plus probables sont ''neutres'' pour la période mars-mai", a annoncé l'OMM dans un communiqué. Les prévisions sont "très incertaines" pour le reste de l'année, a ajouté l'organisation onusienne.

La Niña est "en partie responsable de la vague de froid", qui s'est abattue cet hiver sur l'Europe occidentale, faisant plus de 80 morts depuis novembre, selon l'OMM.

La vague de froid "s'explique en partie par le phénomène que l'on appelle La Niña, caractérisé en particulier par un refroidissement de la surface de la mer dans le centre et l'est du Pacifique équatorial", a expliqué l'organisation onusienne.

La température moyenne mondiale en 2008 a été légèrement inférieure à celles qui ont prévalu depuis 2000, en partie à cause de La Niña, selon l'OMM qui fait état de températures de surface "inhabituellement froides" en décembre --inférieures à la normale de plus d'un demi-degré Celsius-- dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial.

La Niña, et son corollaire El Niño, se caractérisent par des températures supérieures à la normale (Niño) ou inférieures (Niña), des eaux de surface dans les secteurs central et oriental de l'océan Pacifique tropical. Ces variations de températures sont étroitement liées à d'importantes fluctuations du climat dans le monde entier, même si d'autres facteurs entrent également en compte dans les phénomènes climatiques, selon l'OMM.

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Réchauffement climatique : la situation plus grave que prévu

AFP - 14/2/9 - Les gaz à effets de serre s'accumulent plus rapidement que prévu dans l'atmosphère terrestre augmentant le danger d'un changement irréversible du climat d'ici la fin du siècle, à moins d'adopter des mesures agressives, a prévenu samedi un des principaux experts sur le sujet.

"Les mesures montrent que les émissions de gaz à effet de serre s'accélèrent plus rapidement que nous pensions", a expliqué Chris Field, de la Carnegie Institution et membre du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat de l'ONU (GIEC).

"Au cours de la dernière décennie, les pays en développement comme la Chine et l'Inde ont accru leurs capacités de production électrique en brûlant plus de charbon", a-t-il précisé.

De ce fait "les économies du monde en développement continuent à émettre de plus en plus de carbone (CO2) dans l'atmosphère et nous sommes désormais dans une situation nouvelle quant à l'évolotion du changement climatique", a poursuivi ce climatologue dans une présentation à la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS) réunie à Chicago (Illinois, nord) depuis jeudi.

"Ceci aura un impact très probablement bien pire que prédit dans le 4e rapport du GIEC", a-t-il prévenu.

De nouvelles études révèlent également des effets potentiellement dangereux dans le système climatique qui pourrait convertir des zones d'absortion du CO2 en source de ce puissant gaz à effet de serre, a également relevé Chris Field.

Il a surtout évoqué la destruction de la forêt tropicale qui retient de vastes quantités de CO2 dans sa végétation et dont la grande humidité permet de bien résister aux incendies.

Mais le réchauffement du climat et la modification de la distribution des précipitations sur le globe menace d'assécher les forêts tropicales, les exposant à des incendies.

Les chercheurs estiment que la perte de massifs forestiers notamment à cause des incendies au cours de ce siècle pourrait faire augmenter la concentration en CO2 dans l'atmosphère jusqu'à 100 parts par million (ppm) au-dessus des 386 ppm actuels et ce avec des conséquences dévastatrices potentielles pour le climat terrestre.

Le GIEC a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2007.

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Réchauffement : de graves effets pourraient se faire sentir à moins d'un degré de hausse, selon une étude

Par Randolph Schmid


AP - 24/2/9 - Les conséquences du réchauffement climatique, comme l'augmentation des sécheresses, canicules ou inondations, risquent de se faire sentir avant même que la hausse des températures n'atteigne un degré supplémentaire par rapport au niveau de 1990, selon une étude menée par une équipe internationale d'experts du climat.

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) estime que le risque de conditions météorologiques extrêmes augmentera avec une hausse moyenne des températures mondiales comprise entre un et deux degrés au-dessus des niveaux de 1990. Le Centre américain des données climatiques recense actuellement une hausse de 0,12 degré depuis 1990.

L'équipe d'experts internationaux qui publie la nouvelle étude cette semaine dans l'édition en ligne des annales de l'académie nationale américaine des sciences (Proceedings of the National Academy of Science, PNAS) se montre plus pessimiste. "Les augmentations de sécheresses, canicules et inondations sont projetées dans de nombreuses régions et auraient des effets négatifs, y compris des manques d'eaux, des feux de forêts fréquents et des risques de crues à partir de moins d'un degré de réchauffement supplémentaire au-dessus du niveau de 1990".

De fait, "il est désormais plus probable que le contraire que l'activité humaine a contribué aux augmentations observées de vagues de chaleur, d'intenses précipitations et à l'intensité des cyclones tropicaux", écrivent les chercheurs dirigés par Joel Smith de Stratus Consulting.

D'autres chercheurs, notent-ils, ont suggéré que "la probabilité de la canicule de 2003 en Europe, qui avait provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes a été substantiellement accrue par la hausse des concentrations de gaz à effet de serre".

Il y a une semaine, Christopher Field de la Carnegie Institution for Science, avait déclaré lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour le progrès de la science que les humains ajoutaient désormais du CO2 dans l'atmosphère encore plus vite que dans les années 90. Les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 3,5% par an depuis 2000, contre 0,9% par an dans les années 90, avait-il estimé.

La nouvelle étude fait état de nouvelles preuves de la plus grande vulnérabilité au changement climatique de populations spécifiques, les plus pauvres et les plus âgés, dans les pays en développement mais aussi dans les pays les plus riches. "Des événements comme l'ouragan Katrina et la canicule de 2003 en Europe ont montré que la capacité aux phénomènes extrêmes liés au climat est plus faible qu'attendue et de ce fait, leurs conséquences et les vulnérabilités associées sont plus élevées qu'on ne le pensait", remarquent les chercheurs.

Parmi les co-auteurs du rapport figurent des chercheurs américains, et d'Inde, Allemagne, Canada, Zimbabwe, Australie, Bangladesh, Cuba et Belgique. AP

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Les glaciers de l'Antarctique fondent plus vite que prévu, selon une nouvelle étude...

Par Eliane Engeler

AP - 25/2/9 - Les glaciers de l'Antarctique fondent à un rythme et sur une superficie bien plus importants qu'on ne le croyait jusqu'à présent, ce qui pourrait causer une montée sans précédent du niveau des océans, ont annoncé des scientifiques mercredi.

Des centaines de chercheurs de plus de 60 pays se sont penchés sur la banquise à l'occasion de l'Année Polaire Internationale 2007-2008, arrivant à la conclusion que le réchauffement climatique touche toute la partie ouest du continent et pas seulement la péninsule Antarctique.

Auparavant, on pensait que le gros du réchauffement climatique se concentrait sur la bande de terre pointant vers l'Amérique du sud, explique Colin Summerhayes, directeur du Comité Scientifique sur la Recherche en Antarctique (SCAR), basé en Grande-Bretagne, et membre du comité de direction de l'Année Polaire Internationale.

"Le réchauffement constaté dans la péninsule s'étend aussi à toute la partie qu'on appelle Antarctique occidental, ou Ouest Antarctique" a déclaré Colin Summerhayes à Associated Press. "C'est inhabituel et inattendu".

Les glaciers de l'ouest Antarctique perdent en tout 103 milliards de tonnes par an, faute de chutes de neige suffisantes. Cette masse impressionnante est "l'équivalent de la masse perdue actuellement par l'ensemble de la calotte polaire du Groenland", explique Colin Summerhayes, ajoutant que le phénomène, constaté au cours de deux saisons estivales de recherches intensives, causait une élévation significative du niveau des océans.

Les glaciers ne sont en outre plus bloqués par la banquise, qui elle aussi est en train de fondre.

D'après Colin Summerhayes, le niveau des océans devrait donc s'élever plus rapidement que ce qu'avait prévu le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations Unies.

En 2007, un rapport du GIEC tablait sur une élévation du niveau des océans de 18 à 58 centimètres d'ici à la fin du siècle, ce qui pourrait inonder les zones de faible altitude et contraindre à l'exil des millions de personnes. Le GIEC avait prévu 10 à 20 centimètres supplémentaires si la fonte des glaces devait se poursuivre.

Pour Colin Summerhayes, l'élévation pourrait être bien plus importante, "entre un mètre et un mètre 50".

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50 cm à un mètre ou un mètre à un mètre 50 ?!

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Le niveau des eaux pourrait monter de 50 cm à un mètre d'ici la fin du siècle, selon de nouvelles estimations...!

 

AP - 10/3/9 - Les climatologues qui se retrouvent depuis mardi à Copenhague pour faire le point sur le changement climatique ont de mauvaises nouvelles: ils prédisent désormais une hausse du niveau de la mer entre 50cm et un mètre d'ici la fin du siècle, des chiffres plus alarmants que les précédents. Lire la suite l'article

La réunion de trois jours vise à mettre à jour les données scientifiques du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publié en 2007. Ce document actualisé sera présenté aux décideurs politiques qui participeront au très important sommet de Copenhague en décembre prochain. Il vise à conclure un nouveau traité sur les gaz à effet de serre, faisant suite à celui de Kyoto qui expire en 2012.

Le rapport 2007 du GIEC a compilé les travaux de plus de 2.000 scientifiques, recensant les effets probables du réchauffement. De nouvelles données sont depuis apparues sur la fonte des glaces de l'Arctique et de l'Antarctique, qui menace de faire monter de manière importante le niveau des océans et d'inonder les villes côtières et des îles situées juste au-dessus du niveau de la mer.

Le rapport 2007 prédisait une hausse du niveau de la mer entre 18 et 58 centimètres d'ici la fin du siècle, un phénomène qui pourrait contraindre des millions de personnes à quitter leur foyer. Mais selon les données actualisées, l'élévation du niveau de la mer pourrait en fait atteindre de 50cm à un mètre, sous l'effet notamment de la fonte des glaces polaires.

"Cela signifie que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites rapidement et de façon importante, même dans l'hypothèse la plus favorable, les régions côtières abritant un dixième de la population humaine seront durement frappées", souligne un des scientifiques, l'Australien John Church.

Quelque 1.600 contributions écrites provenant de près de 80 pays ont été présentées pour la conférence à laquelle assistera le président du GIEC, Rajendra Pachauri, ainsi que Nicholas Stern, auteur d'un rapport pour le gouvernement britannique sur le coût du changement climatique. Les conclusions seront publiées aux alentours du 1er juin.

"Il est temps d'agir" [sic], souligne Rajendra Pachauri, en déplorant le manque de réaction des décideurs politiques.

 

 

La fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique plus rapide que prévu, selon une étude...


Par Seth Borenstein

AP - 23/9/9 - De nouvelles données satellitaires montrent que les glaces du Groenland et de l'ouest de l'Antarctique continuent à fondre plus vite que les scientifiques ne le pensaient, selon une étude publiée en ligne jeudi par la revue "Nature".

Pour la première fois, des chercheurs britanniques ont calculé des changements dans la hauteur des massives, mais vulnérables, couches de glace et ont découvert que leur état s'était particulièrement dégradé sur leurs bords.

Les couches de glace de certaines régions de l'Antarctique ont perdu 9,1 mètres d'épaisseur par an depuis 2003, et même si elles ne sont pas encore près de disparaître -elles mesurent quelque 1,5 kilomètre d'épaisseur par endroits- leur "amincissement" s'accélère. Dans certains secteurs du continent glacé, le taux annuel de diminution de la couche de glace entre 2003 et 2007 est 50% plus élevé qu'entre 1995 et 2003.

L'étude montre également que 81 des 111 glaciers du Groenland analysés "maigrissent" à un rythme qui s'accélère.

Ces nouvelles données, basées sur des relevés laser d'un satellite de la NASA, confirment ce que certains des scientifiques les plus pessimistes pensaient: la fonte le long des bords des deux immenses manteaux de glace s'accélère et le phénomène s'auto-alimente. En effet, plus la glace fond, et plus il y a d'eau à l'état liquide qui entoure et "grignote" la glace restante.

"C'est plus généralisé que nous le pensions avant", précise le principal auteur de l'étude, Hamish Pritchard, de l'Institut britannique de l'Antarctique.

L'étude ne dit pas dans quelle mesure les projections sur la hausse du niveau de la mer liée au réchauffement climatique devraient être revues à la hausse à la lumière de ces nouvelles données. Certains scientifiques avaient auparavant estimé que la fonte des couches de glace du Groenland et de l'Antarctique pourrait augmenter le niveau des océans de quelque 90 centimètres, voire plus, d'ici la fin du siècle.

Les manteaux de glace du Groenland et de l'Antarctique sont si importants qu'il faudra en tout cas probablement plusieurs siècles avant qu'elles ne disparaissent complètement. Certains scientifiques pensaient que leur fonte pourraient ralentir ou être temporaires. Mais ces nouvelles données éliminent "les points de vue les plus optimistes", estime Richard Alley, professeur à l'université de Pennsylvanie, qui n'a pas participé à l'étude.

Le problème clé n'est pas la température de l'atmosphère mais l'eau près des couches de glace, souligne M. Pritchard. Cette eau liquide est non seulement plus chaude que la glace mais sa circulation accentue également la fonte.

"C'est alarmant", juge Jason Box, de l'université de l'Ohio, qui n'a pas participé à l'étude. Des données préoccupantes, dont cette étude, montrent "que nous sous-estimons" combien les couches de glace sont sensibles aux changements, ajoute-t-il. AP

Sur Internet : Nature: http://www.nature.com/

 

 

Climat 2013 : la concentration de CO2 (gaz carbonique*) dans l'air franchit le seuil symbolique de 400 ppm !

 

Voila.fr - 10/5/13 - Le plus célèbre instrument de mesure de la concentration de CO2 dans l'air a dépassé le seuil symbolique des 400 ppm selon l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) vendredi, un niveau inégalé depuis des millions d'années et signe d'un réchauffement inquiétant.

Les relevés, effectués au-dessus du volcan Mauna Loa de Hawaï (Pacifique), ont montré une concentration de 400,03 particules par million (ppm) jeudi.

Cette mesure de la qualité de l'air au-dessus de l'océan Pacifique est pour le moment considérée comme "préliminaire", selon la NOAA. Un instrument de mesure de l'Institut océanographique Scripps de San Diego (ouest) n'a d'ailleurs pas encore dépassé les 400 ppm, son dernier relevé jeudi affichant 399,73 ppm.

Ces relevés sont l'une des plus fameuses pièces à charge contre le rôle de l'homme dans le réchauffement du globe. Depuis les premières mesures, établies à 316 ppm en 1958, la courbe croit sans discontinuité.

Jusqu'à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n'avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800.000 ans, selon des prélèvements dans la glace polaire.

"La dernière fois que la planète a connu une concentration de plus de 400 ppm de CO2, c'était il y a environ 3 millions d'années, quand la température globale était deux à trois degrés plus élevée qu'à l'ère pré-industrielle", a noté Bob Ward, directeur de la communication de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement, à la London School of Economics and Political Science.

"Les calottes polaires étaient plus petites et le niveau des mers était environ 20 mètres plus haut qu'aujourd'hui. Nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques", a-t-il ajouté.

L'objectif fixé par "la communauté internationale" est de contenir le réchauffement à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, seuil au-delà duquel les scientifiques mettent en garde contre un emballement du système climatique avec son cortège d'évènements extrêmes.

Or, 400 ppm de CO2 met déjà la planète sur la trajectoire d'une hausse moyenne de 2,4 degrés, selon le dernier rapport des experts de l'ONU sur le climat (Giec).

"Nous ne pourrons réduire les niveaux de dioxyde de carbone qu'en réduisant nos émissions globales", a encore noté Bob Ward.

Selon Michael Mann, spécialiste du climat à l'université de Penn State, le principal problème est la vitesse avec laquelle les concentrations de CO2 augmentent.

"Il n'y a aucun précédent dans l'histoire de la Terre où on a assisté à une augmentation aussi abrupte dans les concentrations de gaz à effet de serre", a-t-il dit à l'AFP.

"Il a fallu à la nature des centaines de millions d'années pour modifier les concentrations de CO2 à travers des processus naturels, comme l'enfouissement du carbone. Et nous nous le déterrons, mais pas sur 100 millions d'années. Nous le déterrons et le brûlons sur une échelle de 100 ans, un million de fois plus vite", a encore souligné M. Mann.

* Voir Wikipedia

2014 : année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre depuis 1880

 

Par Christophe Magdelaine

notre-planete.info

6/2/2015

Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), 2014 a battu tous les records de chaleur, dans le contexte d'une tendance continue au réchauffement. Après avoir regroupé les meilleurs ensembles internationaux de données, l'OMM a indiqué que le début du XXIe siècle compte déjà 14 des 15 années les plus chaudes depuis 1880...

En 2014, la température moyenne de l'air à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) a dépassé de quelque 0,57 °C la moyenne calculée pour la période de référence 1961-1990, qui est de 14 °C. À titre de comparaison, d'après les calculs de l'OMM, les températures de 2010 étaient supérieures de 0,55 °C à la moyenne et celles de 2005 de 0,54 °C. La valeur de la marge d'incertitude étant évaluée à 0,10 °C.

«La tendance globale au réchauffement est plus importante que le classement de telle ou telle année » a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud. «Il ressort de l'analyse des jeux de données que 2014 est, en regard des valeurs nominales, l'année la plus chaude jamais observée, bien qu'il y ait très peu de différence entre les trois années les plus chaudes.»

En 2014, la température moyenne à la surface des terres émergées était de 1°C supérieure à la moyenne enregistrée pour le 20e siècle. C'est la quatrième année la plus chaude depuis 1880 sur cette zone géographique.

En 2014, la température moyenne à la surface des océans est la plus haute jamais observée, dépassant d'environ 0,57°C la normale calculée sur le siècle dernier : un record après 1998 et 2003. Or, environ 93 % de la chaleur piégée dans l'atmosphère par les gaz à effet de serre provenant de l'exploitation des combustibles fossiles et autres activités humaines est stockée dans les océans. Le contenu thermique des océans joue par conséquent un rôle fondamental dans le système climatique.

Au final, «notre siècle compte 14 des 15 années les plus chaudes. Nous tablons sur une poursuite du réchauffement mondial, car la croissance des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère et l'augmentation de l'enthalpie [Energie totale d'un système thermodynamique] des océans nous vouent à un avenir plus chaud» indique Michel Jarraud.

Il est à noter que 2014 a connu des températures élevées en l'absence d'un véritable épisode El Niño. Ce phénomène, qui réchauffe le climat, survient lorsque des températures de surface de la mer plus élevées que la normale dans l'est du Pacifique tropical interagissent avec les systèmes de pression atmosphériques. L'année 1998 – la plus chaude avant le XXIe siècle – a été marquée par des températures élevées en même temps qu'un épisode El Niño de forte intensité.

M. Jarraud a expliqué qu'en 2014, certains pays avaient été victimes de vagues de chaleur records associées à des pluies torrentielles et à des inondations de grande ampleur tandis que d'autres avaient souffert de la sécheresse, et que cette situation s'inscrivait dans la logique d'un climat en évolution. « Il est plus que jamais nécessaire de disposer de services météorologiques et climatologiques fiables pour renforcer la résilience des populations et aider pays et collectivités à s'adapter à un climat qui évolue rapidement et qui, dans de nombreuses régions, devient moins bienfaisant » a-t-il indiqué.

D'où viennent les mesures des températures ?

L'analyse de l'OMM repose, entre autres, sur trois ensembles de données complémentaires :

• L'un de ces ensembles est le jeu de données combiné géré par le Centre Hadley du Met Office et l'Unité de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia (Royaume-Uni).
• Le deuxième est le jeu de données tenu à jour par le Centre national de données climatologiques relevant de l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA).
• Le troisième émane du Goddard Institute for Space Studies (GISS), exploité par l'Administration américaine pour l'aéronautique et l'espace (NASA).
Afin d'estimer les températures moyennes à l'échelle du globe, on a aussi recours à des systèmes de réanalyse fondés sur les modèles de prévision numérique du temps les plus perfectionnés pour combiner de nombreuses sources de données et proposer ainsi une analyse complémentaire des températures mondiales. L'OMM utilise en particulier les données de réanalyse émanant du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), qui classe également 2014 parmi les quatre années les plus chaudes.

Le rapport final sur l'état du climat en 2014, incluant de plus amples détails sur les tendances régionales et les phénomènes extrêmes, paraîtra en mars 2015.


Sources
• NASA, NOAA Find 2014 Warmest Year in Modern Record - NASA / GISS
• La tendance au réchauffement se poursuit en 2014 - OMM
• 2014 Earth's warmest year on record - NOAA / NDC

Source de l'article : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4200-2014-annee-plus-chaude-Terre

 

 


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