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L'ALTERMONDIALISME

 

DU RÊVE A LA RÉALITÉ

 

LES ORIENTATIONS DU RÊVE PLANÉTAIRE 1990

UN RÊVE SOCIAL PRÉMONITOIRE ?

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Les dix objectifs qui ont guidé les actions du

FORUM SOCIAL MONDIAL 2009





Les diverses activités autogérées du FSM seront axées sur l'un des 10 objectifs ci-dessus. Elles sont proposées par des organisations, des groupes d'organisations ou réseaux, au cours du processus d'inscription des activités pour le FSM 2009. Les objectifs ont été fixés après une vaste consultation publique auprès de divers organisations et entités qui participent au processus du FSM. Vous pouvez prendre connaissance des objectifs, enregistrer votre organisme pour y participer à l'événement et proposer de une à quatre activités autogérées.

Pour le FSM 2009, vous pouvez également vous inscrire pour des activités qui ne sont pas nécessairement liées à l'un des 10 objectifs spécifiques : autour d'échanges d'expériences, de bilans des FSM et du mouvement altermondialiste, ainsi que sur les perspectives d'avenir.

1 . Pour la construction d'un monde de paix, de justice, d'éthique et de respect des diverses spiritualités, sans armes, en particulier sans armes nucléaires;

2 . Pour la libération du monde de la domination du capital, des multinationales, de la domination impérialiste, patriarcale, coloniale et néo-coloniale et des systèmes inégaux de commerce, pour l'annulation de la dette des pays appauvris;

3 . Pour assurer l'accès universel et soutenable aux bien communs de l'humanité et de la nature, pour préserver notre planète et ses ressources, en particulier l’eau, les forêts et les sources renouvelables d'énergie;

4 . Pour la démocratisation et décolonisation de la connaissance, de la culture et de la communication, pour la création d’un système partagé de connaissances et de savoirs, avec le démantèlement des Droits de Propriété Intellectuelle;

5 . Pour la dignité, la diversité, la garantie de l'égalité de genre, de race, d'ethnie, de génération, d'orientation sexuelle et pour éliminer toutes les formes de discrimination et de castes (discrimination fondée sur la descendance);

6 . Pour la garantie (au long de la vie de toutes les personnes) des droits économiques, sociaux, humains, culturels et environnementaux, en particulier le droit aux soins de santé, à l'éducation, au logement, à l'emploi, au travail décent, à la communication et à l'alimentation (avec la garantie de de la sécurité et de la souveraineté alimentaire);

7 . Pour la construction d'un ordre mondial basé sur la souveraineté, l'autodétermination et les droits des peuples, y compris des minorités et des migrants;

8 . Pour la construction d'une économie démocratisée, émancipatrice, soutenable et solidaire, avec un commerce éthique et juste, centrée sur tous les peuples;

9 . Pour la construction et le développement de structures et d'institutions politiques et économiques – locales, nationales et globales – réellement démocratiques, avec la pleine participation des peuples sur les décisions et le contrôle des affaires et des ressources publiques.

10 . Pour la défense de la nature (l'Amazonie et les autres écosystèmes) comme source de vie pour la Planète Terre et pour les peuples originaires du monde (indigènes, afro-descendants, tribaux, côtiers) qui exigent leurs territoires, langues, cultures, identités, justice environnementale, spiritualité et bien vivre.

 

Le mouvement altermondialiste

Source : http://www.alter-actif.com

Voir aussi : Le mouvement de la contre-culture "hippie"

Le «mouvement hippie», bien que peu structuré, portait en lui les germes d'un bouleversement du mode de vie des années d'après-guerre qui arrivait, à la fin des Trente Glorieuses, à un essoufflement particulièrement perceptible par la jeunesse. Dans différents domaines, des idées nouvelles perçaient comme l'autogestion, l'écologie et le rejet, attitude rarement affichée à cette époque aux États-Unis, des religions traditionnelles. Il est difficile de déterminer précisément quelle influence peut être exclusivement attribuée aux hippies, mais ils sont, entre autres, crédités de l'émergence des communautés écologiques et des coopératives. Le collectif «Don't make a wave», qui est devenu ensuite Greenpeace, a été fondé par des hippies à Vancouver en 1971 et les écovillages peuvent être vus comme l'aboutissement de certaines de leurs propositions.


Le mouvement altermondialiste, ou altermondialisme, est un mouvement social composé d'acteurs particulièrement divers qui proposent pour la majeure partie un ensemble de valeurs «sociales» et soucieuses de l'environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu'ils analysent comme les «logiques économiques de la mondialisation néolibérale».

Assez hétérogène, le mouvement se rassemble autour du slogan «Un autre monde est envisageable [possible]» ou plus il y a peu de temps, «D'autres mondes sont envisageables», mais oscille entre un réformisme (par exemple à travers la revendication d'une Taxe Tobin par ATTAC) et un «imaginaire de la rupture».

Néanmoins, on distingue des prises de position et des revendications communes à de nombreuses organisations concernant :

- une contestation de l'organisation interne, du statut et des politiques des institutions mondiales telles que l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire mondial (FMI), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le G8 et la Banque mondiale ;
- des revendications de démocratie selon les différentes orientations politiques ;
- la justice économique;
- l'autonomie des peuples ;
- la protection de l'environnement ;
- les droits humains fondamentaux ;
- une recherche d'alternatives, globales et systémiques, à l'ordre mondial de la finance et du commerce.

Ces thèmes se retrouvent d'une part dans un certain nombre d'ouvrages, de films ou encore de médias, d'autre part dans des textes de diverses organisations du mouvement altermondialiste : plate-forme proposée par ATTAC, manifestes ou rapports élaborés durant les forums sociaux mondiaux, dont le manifeste de Porto Alegre, des textes de l'Organisation des Nations unies de déclarations de droit et d'autonomie dont les altermondialistes «réformateurs» veulent l'application concrète.

 

OCS (Organisation de Coopération de Shanghai)

versus G7 (Groupe des 7)

 

© Aly Song Source: Reuters

 

Sommet de l'OCS : après le fiasco du G7, la relation Russie-Chine «encore plus forte» ?

 

RT-France - 10/6/18 - Le président chinois Xi Jinping salue Vladimir Poutine, le président russe, lors du sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) en Chine le 10 juin 2018

Avec la participation de l'Iran, de l'Inde ou encore du Pakistan, l'Organisation de coopération de Shanghai s'est réunie pour entériner la coopération dans plusieurs secteurs majeurs. Un optimisme qui tranche avec la désunion affichée au G7.

A l'heure de l'émergence progressive d'un monde multipolaire, le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui s'est déroulé du 9 au 10 juin 2018 à Qingdao en Chine, symbolise-t-il davantage la coopération que le G7 ?

Pierres angulaires de l'organisation, les chefs d'Etat chinois et russe se sont en tout cas félicités de la progression de l'intégration du bloc asiatique. Xi Jinping a ainsi souhaité la bienvenue à l'Inde et au Pakistan, qui ont rejoint l'organisation en juin 2017. Vladimir Poutine s'est de son côté réjoui que l'OCS devienne «encore plus forte».

Le président iranien Hassan Rohani, dont le pays a un rôle d'observateur à l'OCS, a lui aussi assisté au sommet lors duquel il a pu s'assurer des soutiens chinois et russe sur le dossier du nucléaire iranien. De fait, malgré le retrait américain de l'accord, Vladimir Poutine s'est dit favorable à la «mise en œuvre inconditionnelle du texte». Quant au président chinois, il a également appelé à sauver l'accord malgré la décision de Donald Trump.

 

Le G7 pas au beau fixe

Face au manque d'unité affiché au sein du G7, Vladimir Poutine à ironisé sur le «babillage inventif» de ses membres, leur suggérant ainsi de «se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération». 

Et pour cause, le Sommet du Groupe des 7 (G7), au Canada, a confirmé que la relation entre Washington et ses alliés européens n'était pas des plus sereines. «En quelques secondes, vous pouvez détruire la confiance avec 280 caractères sur Twitter», a ainsi amèrement résumé le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, après que Donald Trump a finalement refusé de soutenir le communiqué final du sommet.

Même amertume du côté de Paris, où le Bureau du président Emmanuel Macron a confié à l'AFP le 10 juin : «La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots. Soyons sérieux et dignes de nos peuples.»

Face à cette désunion manifeste, fallait-il regarder du côté de Qingdao, et non de La Malbaie ce 9 juin pour observer un modèle de coopération internationale ? Les participants au sommet de l'OCS ont en tout cas mis un point d'honneur à afficher leur unité, sur un certain nombre de dossiers majeurs.


Commerce, Syrie, terrorisme : l'OCS dresse la liste des objectifs communs

Les questions de sécurité régionale ont tenu une place importante lors du sommet de l'OCS. Alors que les chefs d'Etat de l'Organisation se sont montrés préoccupés par l'obtention d'armes chimiques et biologiques par des groupes terroristes, ils se sont mis d'accord sur une coopération internationale plus étroite en la matière. Confrontés au retour de combattants islamistes dans leur pays d'origine, les pays de l'OCS se sont engagés à un meilleur partage des renseignements et à une simplification des procédures d'extradition pour les terroristes présumés.

Abordant le dossier syrien, l'organisation a prôné l'instauration d'une paix durable dans le pays à travers la recherche d'une solution politique en privilégiant le dialogue national. Dans sa déclaration commune, l'OCS précise que le processus de paix doit respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de Damas. Les efforts déployés par la Russie, la Turquie et l'Iran ont notamment été salués au vu des résultats obtenus dans plusieurs zones où ont cessé les hostilités entre forces gouvernementales et rebelles.

Concernant les questions commerciales, abordées en long et en large à Qingdao, l'OCS a encouragé à multiplier les investissements mutuels entre les pays membres.

Xi Jinping a par ailleurs abordé les récentes mesures commerciales prises par Washington, appelant à «rejeter les politiques égoïstes, à courte vue, étroites et fermées». «Nous devons maintenir les règles de l'Organisation mondiale du commerce, soutenir le système commercial multilatéral et construire une économie mondiale ouverte», a poursuivi le président chinois. Xi Jinping a en outre appelé à «rejeter la mentalité de guerre froide et de confrontation entre les blocs».

L'OCS : un poids lourd démographique et économique

Alors que Moscou fait l'objet de sanctions imposées par Washington et ses alliés et que la Chine est dans une impasse avec les Etats-Unis au sujet des nouvelles taxes douanières américaines sur les marchandises, la coopération entre pays membres pourrait aider certaines nations de l'OCS à surmonter l'impact de la politique protectionniste américaine.

Consciente de ses atouts, l'OCS est, de par sa composition, à même de jouer un rôle majeur à l'avenir. L'organisation s'impose dans le monde à plusieurs niveaux : un poids démographique phénoménal avec 3,2 milliards d'habitants (soit un peu moins de la moitié de la population mondiale), une superficie qui regroupe quatre des 10 plus grands pays du monde et qui s'étend sur 37,5 millions de km², un PIB cumulé de 37 200 milliards de dollars ou encore une puissance économique bénéficiant d'importantes ressources énergétiques avec une production de 1 015 millions de tonnes de pétrole par an.

 

Une image vaut mille mots : quand une photo résume la désunion du G7 à elle seule

La chancelière allemande Angela Merkel s'entretient avec le président américain Donald Trump lors de la deuxième journée du G7 à Charlevoix, Québec, Canada, le 9 juin 2018.

RT-France - 10-6-18 - Donald Trump le regard mi-défiant, mi-amusé, face à des Européens au visage désabusé : un cliché particulièrement éloquent du sommet du G7, représentant les puissants de ce monde dans des postures très expressives, a fait le bonheur d'internet.

Avec des allures de feuilleton à rebondissements, le sommet du G7 qui s'est déroulé au Canada les 8 et 9 juin a eu lieu dans une ambiance des plus froides entre les alliés historiques que sont les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Allemagne et le Japon. En cause, les tensions provoquées par la décision du président américain d'imposer des taxes sur l'aluminium et l'acier à l'Union européenne et au Canada. Décision fortement contestée par les dirigeants européens et canadien. 

Illustrant cette atmosphère tendue, une photo prise par l'équipe de la chancelière allemande et postée sur son compte Instagram restera sans doute dans les annales . On y voit le président américain Donald Trump, seul assis sur une chaise, les bras croisés, encerclé par les autres responsables politiques, tous debout.

Le milliardaire regarde fixement Emmanuel Macron, posté face à lui, tandis qu'Angela Merkel, penchée en avant dans sa direction, les deux mains à plat sur la table et le regard réprobateur, a l'air de lui faire la leçon ou de le gronder. On reconnaît également, aux côtés d'Angela Merkel, la chevelure de Theresa May, le Premier ministre britannique.

Le regard que leur lance Donald Trump en retour en dit long sur une sorte de défiance obstinée et peut-être amusée. Comme spectateurs de cette scène, apparaissent de droite à gauche : John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis qui lance un regard désapprobateur à ce que semble lui dire le président français. A ses côtés se tient Kazuyuki Yamazaki, vice-ministre japonais des Affaires étrangères, dans un costume bleu, les bras croisés et l'air dépité.

Cette photo a déclenché l'hilarité sur les réseaux sociaux, chacun y allant de ses spéculations et imaginant ce que se disent les protagonistes lors de cette scène incroyable.

La scène a également connu son lot de détournements.

Des perspectives différentes

Comme l'a remarqué un internaute, pourtant, tous les chefs d'Etat n'ont pas choisi de mettre en avant la même perspective. Tandis que, sur l'image diffusée par l'équipe d'Angela Merkel, on voit la chancelière allemande, imposante, semblant tenir tête au dirigeant américain, l'équipe d'Emmanuel Macron a préféré publier une image où ce dernier tient la place centrale.

Du côté de Donald Trump, c'est une image où les visages ont l'air plus détendus, voire souriants, qui a été choisie. Suffisant pour convaincre l'opinion publique ?

 

 

L’ «Occident» c’est du passé !

Du Rêve "occidental" au Rêve planétaire incluant l'Orient

 

Il s’agit de la retouche photoshop d’une photo du photographe Jesco Denzel, membre du personnel de la chancelière allemande Merkel, qui a été téléchargée sur son compte Instagram

Les sommets du G-7 sont censés symboliser « l’Occident », son unité et son pouvoir.
Ces sommets avaient la prétention d’établir les orientations politiques mondiales.

Nous sommes heureux de constater que c’est fini.

 

ZEJournal - 11-6-18 - Une autre photo montre les différents chefs d’État en train de rédiger un document commun et de discuter de sa formulation. Trump n’avait clairement pas envie de faire des compromis.

Avant de se rendre au sommet, M. Trump a joué un mauvais tour à ses collègues en invitant la Russie à rejoindre le G-7/G-8 sans conditions. La Russie a été expulsée après que la Crimée a voté pour rejoindre sa patrie. Mme Merkel, qui avait négocié l’accord de Minsk avec la Russie, était furieuse. Elle veut utiliser cette invitation comme monnaie d’échange dans de futures négociations. (C’est idiot. La Russie n’a aucune envie de rejoindre le format du G-7/G-8).

Il y a maintenant de nombreux domaines dans lesquels les États-Unis et leurs alliés ne sont pas d’accord : le changement climatique, l’accord avec l’Iran et le commerce ne sont que les plus importants.

Avant de quitter le sommet, Trump a de nouveau parlé à tout le monde à la manière d’un chef mafieux:

Alors qu’il se préparait à quitter tôt le sommet du G-7 à Charlevoix, au Canada, pour se rendre à Singapour avant sa rencontre prévue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants étrangers ; il a exigé que leurs pays réduisent les barrières commerciales qui gênent les États-Unis sous peine de perdre l’accès au marché de la plus grande économie mondiale.

« Ils n’ont pas le choix. Je vais être honnête avec vous, ils n’ont pas le choix », a déclaré M. Trump aux journalistes lors d’une conférence de presse, ajoutant que les entreprises et les emplois avaient quitté les États-Unis pour échapper aux barrières commerciales à l’étranger. « Nous allons régler cette situation. Et si nous n’y arrivons pas, alors, nous ne traiterons plus avec ces pays ».

Les dissensions de la réunion du G-7 offraient un contraste saisissant avec l’autre réunion, plus importante, qui s’est tenue aujourd’hui, à savoir le 18ième sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Qingdao, en Chine :

Un feu d’artifice éblouissant a illuminé la ville de Qingdao et les visages des invités qui ont traversé le vaste continent eurasien jusqu’à la côte de la mer Jaune pour le 18e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), samedi soir.

Il s’agit du premier sommet de ce type depuis que l’Inde et le Pakistan sont devenus membres à part entière de l’organisation en juin 2017. […]

L’esprit de Shangaï l’esprit de confiance mutuelle, d’intérêt commun, d’égalité, de concertation, de respect des diverses civilisations et de poursuite d’un développement commun a été affirmé dans la Charte de l’Organisation de Shanghai, une organisation régionale globale fondée en 2001 par la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, puis élargie à huit États membres.

Ce week-end, Xi présidera le sommet pour la première fois en tant que président chinois, en présence des dirigeants d’autres États membres de l’OCS et de quatre États observateurs, ainsi que des leaders de diverses organisations internationales.  […]

L’OCS est devenue une organisation couvrant plus de 60 % de la surface du continent eurasien, près de la moitié de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial.

Deux étasuniens « réalistes », Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski, ont toujours dit que l’Occident devait séparer la Chine de la Russie s’il voulait conserver sa position de leader mondial. Nixon s’était rendu en Chine dans ce but.

Des années plus tard, les États-Unis se sont imaginé qu’ils avaient « gagné » la guerre froide. Ils se sont sentis invincibles, la « seule superpuissance » et ont voulu « diriger le monde entier ». Ils se sont réveillés après l’invasion de l’Irak. La puissante armée américaine était battue à plate couture par les « nègres du désert » qu’elle méprisait tant. Quelques années plus tard, les marchés financiers américains étaient en lambeaux.

La brutalité des efforts pour encercler toujours davantage la Russie a mené à l’alliance sino-russe qui dirige maintenant l’OCS et bientôt, peut-être, le monde. Il n’y aura pas de photo comme celles que j’ai postées ci-dessous du sommet de l’OCS. Le président chinois Xi appelle le président russe Poutine « mon meilleur ami ».

L’ « Occident » a perdu en Eurasie.

Les États-Unis ne sont plus désormais qu’un petit caïd de cour d’école qui s’en prend aux membres de son gang parce que ses anciennes victimes sont devenues trop grosses.

Trump se rend à Singapour pour rencontrer Kim Yong-un. Contrairement à Trump, le leader suprême de la Corée du Nord sera bien préparé. Il est probable qu’il l’emportera facilement sur Trump pendant les négociations. Si Trump essaie de le menacer comme il menace ses « alliés », Kim fera ses valises et partira. Contrairement aux « alliés » des Etasuniens, il n’a pas besoin de ployer le genou devant Trump. Il peut compter sur la Chine et la Russie. Elles sont désormais les puissances qui peuvent diriger le monde.

L’ « Occident » est fini. L’avenir est à l’est.


 

 

Le retournement du monde :
«l’Organisation de Coopération de Shanghai»

 

9 juillet 2018

Par Robert Charvin

Les temps sont difficiles. Le petit monde occidental, qui a encore l’arrogance du temps de sa splendeur, a un parfum de décadence et de redites historiques, illustrées par les néofascismes qui fleurissent en Europe et tentent de revenir en Amérique du Sud. Les interrogations à son propos ne manquent pas…

Investig’Action - 9/7/18 - Par exemple, où sont donc passés les Droits de l’Homme dont on nous abreuvait lorsqu’il s’agissait de donner des leçons aux régimes qui déplaisaient ? Ils se dégradent dans les vieilles « démocraties » qui se replient pour se légitimer encore sur les seules élections, sur lesquelles les pouvoirs établis ont prises grâce à l’argent et à leurs médias. Ils ont totalement disparu à propos des migrants et des demandeurs d’asile : le discours sur les droits de l’homme, accordant la priorité absolue à l’Humanitaire, se révèle vide depuis qu’il apparaît trop « coûteux » aux sociétés dites « chrétiennes » et « libérales », devenues sourdes à l’appel du Pape François lui-même et indifférentes à la légalité internationale ! La diversion que représentent dans les esprits le racisme, la xénophobie et la peur des différences permettant l’occultation des luttes sociales mérite que nos « élites » tournent la page (d’autant que les États-Unis de Trump ne montrent plus l’exemple).

La vieille loi des contradictions (inévitables) d’intérêts entre les économies capitalistes (États-Unis – Europe, par exemple), longtemps dissimulées au sein de l’Union Européenne, font apparaître que les tricheurs au pouvoir essaient de jouer sur la « libre » concurrence toujours faussée, sur la déréglementation au nom des « équilibres » financiers creusant surtout les inégalités sociales, sur une croissance sans développement social et humain.

Les crimes de guerre de l’armée israélienne, relevant d’une politique coloniale détruisant le peuple palestinien et la solution politique des « Deux États », sont supportés par les Occidentaux manifestant une complaisance pour Tel Aviv qu’ils ne pratiquent vis-à-vis de personne d’autre, si ce n’est pour la Turquie islamo-fasciste, pilier de l’OTAN ou pour l’Arabie Saoudite, une de nos tire-lire préférées, dont on applaudit avec enthousiasme l’apparition des permis de conduire féminins !

On peut aussi ironiser sur la subite perplexité des politiciens européens vis-à-vis de la question coréenne : les États-Unis et Séoul répondent enfin aux revendications de Pyong Yang (toujours soumis à embargo) qui ont presque 70 ans ! Visiblement, nombreux sont ceux qui préfèrent la tension à la détente et à l’ouverture de perspectives pour le peuple coréen !

Mériterait aussi une polémique la petite musique anti-russe à l’occasion de la Coupe du Monde «trop bien» organisée !

Le silence médiatique sur les massacres au Yémen (le compte des victimes est bloqué à 10.000 depuis des mois), et le bruit fait sur le Nicaragua ou le Venezuela, tandis que les États-Unis, la France et Israël bombardent périodiquement le territoire syrien pour essayer de se faire une place dans le futur règlement politique !

Mais, plutôt que de s’intéresser, une fois de plus, à la médiocratie affairiste occidentale, on peut souligner qu’un Nouveau Monde se prépare sans les Occidentaux, qui à son propos se taisent. Les maîtres provisoires du monde semblent « oublier » que les vaincus de l’Histoire ne sont pas toujours les mêmes. Ces « vainqueurs » peuvent devenir « derniers de cordée » parce qu’il est peut-être plus tard qu’ils ne le croient !

Ce Nouveau Monde, composé d’États asiatiques, de la Russie et de la Chine, a beaucoup de chemin à parcourir pour réaliser les avancées sociales qu’il a programmées, mais il marche, à la différence d’un Occident en pleine régression dans tous les domaines et qui défend, y compris par les armes, un désordre établi pluri-séculaire. En quelques mots, pour s’intéresser à l’avenir, observons « l’Organisation de Coopération de Shanghai », qui tente de réaliser un « retournement du monde ».

L’O.C.S (Organisation de Coopération de Shanghai) a succédé au « Groupe (informel) de Shanghai », qui de 1996 à 2001 réunissait les chefs d’États d’Asie centrale, de la Russie et de la Chine, pour répondre aux bouleversements déstabilisateurs (notamment frontaliers) consécutifs à la disparition de l’URSS.

L’Organisation, née en 2001, vise à développer la coopération entre les États membres, mais en excluant toute intégration et toute ingérence, à la différence majeure de l’Union Européenne (voir, par exemple, le cas de la Grèce). C’est le principe fondamental de la Charte des Nations Unies, l’égale souveraineté des États, qui garantit au sein de l’OCS l’indépendance de chacun des « petits » États dans leur relation avec les grandes puissances qui s’y trouvent : les décisions sont prises par consensus. Les États fondateurs de l’OCS sont la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, dont les potentiels économiques et le poids politique sont évidemment différents.

En 2017, ont rejoint l’OCS, l’Inde et le Pakistan. Certains autres États ont la qualité d’ « Observateurs » : la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005), l’Afghanistan (à partir de 2012) et la Biélorussie (depuis 2015) (1).

L’OCS, organisation inter-étatique, possède une structure légère : aux côtés des Sommets (chefs d’États, chefs de gouvernements), qui ont lieu chaque année, l’organisation dispose d’un Secrétariat, organe exécutif, dont le siège est à Pékin et du « RATS », structure antiterroriste, fonctionnant depuis 2004, basé à Tachkent en Ouzbékistan. On peut citer aussi l’Association interbancaire de l’OCS et son rôle de financement de projets communs. De nombreux accords bilatéraux complètent la Charte de l’OCS.

L’OCS, que les médias occidentaux ignorent, représente néanmoins près de 50% de la population mondiale (soit près de 3 milliards d’individus) et plus de 20% du PIB mondial (2), ce qui ne les empêche pas d’oser dire, à certaines occasions, que la Russie, par exemple, est isolée au sein de la « communauté » internationale et peut-être asphyxiée par les sanctions que l’Occident lui impose !

Les économies des États membres regroupent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel (3), 40% du charbon et 30% de l’uranium, ce qui leur donne des moyens énergétiques sans rivaux. Seules les dépenses militaires sont inférieures à celles de l’OTAN : l’OCS leur consacre 364 milliards de dollars contre 606 milliards pour les seuls États-Unis (chiffre de 2016), ce qui limite la dangerosité dont sont parfois accusées la Russie et la Chine !

L’OCS travaille au renforcement du bon voisinage entre les États membres, à la sécurité de la zone (manœuvres militaires communes, lutte contre le terrorisme – qui n’est pas le monopole des Occidentaux (4), lutte contre les trafics de drogue et autres).

Elle facilite dans tous les domaines la coopération, particulièrement entre la Chine et la Russie, et œuvre aussi à la création d’un nouvel ordre politique et économique que celui résultant de l’hégémonisme occidental. C’est ainsi que l’OCS réclame la fermeture des bases militaires américaines dans la région et travaille à unifier l’approche de la situation militaire. L’OCS n’est donc pas une alliance militaire : aucune procédure n’y est contraignante et il n’y a pas l’équivalent de l’article 5 de la Charte de l’OTAN créant une obligation d’agir dans le cas où un allié est attaqué. Elle n’a pas pour objectif de contrer l’Occident, alors que l’OTAN a depuis l’origine une politique de « containment » du communisme puis de tous ceux qualifiés « adversaires » des États-Unis ! L’un des objectifs essentiels est cependant de constituer un pôle de puissance dans le cadre d’une société internationale multipolaire équilibrée dans un monde où l’unilatéralisme messianique des États-Unis représente un danger pour la paix et la sécurité.

L’OCS constitue ainsi l’embryon du recentrage de l’économie-monde autour de l’Asie pouvant succéder à moyen terme à des siècles d’hégémonisme euraméricain.

Bien évidemment des contradictions, sources de divergences se manifestent au sein de l’OCS. Certains sont pour l’essentiel maîtrisées, comme les différends frontaliers qui affectent traditionnellement la région. Depuis l’Accord de Minsk en 1992, puis d’Almaty en 1998, les États d’Asie centrale se sont mis d’accord sur une politique frontalière commune avec la Chine, afin de sécuriser, en particulier, la frontière chinoise du Xinjiang (5).

Cette province relevant de la souveraineté chinoise (depuis 1884), comme la Tchétchènie en Russie, ont été l’objet d’opérations islamistes, parfois de grande envergure, durant la même période où l’Occident a été victime du terrorisme. L’OCS a joué et joue encore un rôle déterminant dans le combat commun de tous les États membres contre ce terrorisme islamiste qui a parfois pour « couverture » un nationalisme séparatiste (c’est le cas des Ouïgours en Chine). Mais pour le long terme, l’OCS s’engage sur la voie décisive d’un développement économique mutualisé, y compris entre des États d’orientation socio-économique et politique très différentes comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Pakistan. Cette concentration des efforts n’exclut en rien la recherche de relations économiques avec les pays occidentaux, c’est le cas, par exemple, de la Russie qui propose une coopération énergétique (proposition du Ministre Lavrov dès 2006).

Les relations sino-russes sont complexes étant donné les inégalités de potentialités et les profondes différences civilisationnelles.

Dans le domaine de la paix internationale, l’OCS a obtenu, par exemple, au nom du respect de la souveraineté nationale, la fermeture en 2005 de la base américaine de Karshi-Khanabad en Ouzbékistan, instrument de la stratégie de Washington (doctrine du « pivot vers l’Asie » de 2011) visant à « contenir » l’influence croissance de la Chine dans la région (6) et au Kirghizistan celle de Manas en 2014, ainsi que la réduction des forces militaires dans les différentes régions frontalières. Mais elle ne peut que connaître des difficultés par l’appartenance à l’OCS de l’Inde et du Pakistan (en conflit par exemple sur le Baloutchistan) et de l’attraction de l’Inde vers les États-Unis par hostilité à la Chine.

Ce sont toutefois les critiques « occidentalistes » contre l’OCS (7), fondées sur les seuls modèle existant actuellement dans le monde euraméricain, qui permettent d’approcher au mieux la réalité de ce Nouveau Monde en Marche.

L’un des documents le plus spécifique est celui publié par l’IFRI en 2006, qualifiant l’OCS de « coup de bluff » ! L’auteur énumère tout ce que toute organisation internationale connaît et qui n’a rien de spécifique à l’OCS : il accuse cette organisation de bavardage sans conséquence à propos de ses « Déclarations », tout en la dénonçant comme une sorte de « protectorat économique de la Chine », de nature « bureaucratique », tout en soulignant que « bon nombre d’observateurs sont sceptiques ». De plus, la « Chine serait isolée au sein de l’OCS », alors qu’elle viserait à instrumentaliser l’organisation pour « s’imposer comme un pôle de puissance mondiale » (ce qui semble selon l’auteur parfaitement illégitime), car cette « non démocratie » cherche à établir une « sorte d’hégémonie douce ». Quant à la Russie, elle considérerait la Chine comme « à terme une rivale stratégique ». L’OCS ne serait pour les Russes qu’un « instrument géopolitique provisoire prolongeant la doctrine Primakov » anti-occidentale.

Les pauvres Américains ont dû renoncer à « actionner le mécanisme de la révolution de velours » (bel aveu!), au Kazakhstan notamment, et à établir un cordon sanitaire entre la Chine et le reste de l’Asie centrale.

La nécessité qui s’impose est l’intervention de l’Union Européenne, actuellement absente de la région, pour «démocratiser» la région «par une sorte de réplique des accords de Lomé ou d’Euroméd» (sic) !

L’OCS serait un « piège économique » n’apportant aucun « dividende réel » aux membres autres que la Chine et la Russie.

Ce serait aussi une prison politique, puisqu’au Xinjiang, où 45% de la population est musulmane, l’islamisme radical ne peut plus s’épanouir à la différence de ce qui s’est passé en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Libye, grâce aux complaisances conjuguées des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite (8) !

En bref, à la différence de l’Union Européenne, l’OCS serait «loin d’être un modèle» concluent les brillants observateurs occidentaux en 2018 ! Dans le cadre de la pathologie occidentale la plus répandue, « l’occidentalocentrisme, le «respect de la souveraineté est peu compatible avec le concept de coopération internationale» qui « ne peut avoir lieu qu’entre des démocratie libérales » (9).

A l’évidence, la pensée occidentale devient le Tiers-Monde de l’Esprit.

 

Notes :

1) Certains États participent aux réunions : le Sri Lanka, la Turquie, le Cambodge, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et le Népal. Sont aussi invités le Turkménistan et l’ASEAN. Les États-Unis et le Japon ont eu la prétention de rejoindre l’OCS qui a refusé leur adhésion.

2) Les échanges commerciaux se sont multipliés par 7 entre 2001 et 2017. Les pays de l’OCS, y compris les États observateurs, cumulent un PIB très proche de celui de l’Union Européenne et des États-Unis (37.200 milliards de dollars contre 40.000 milliards, selon le FMI).

3) Avec la Russie et l’Iran, l’OCS possède 55% des ressources mondiales de gaz.

4) On note que la propagande occidentale assimile dans cette partie du monde l’antiterrorisme à une lutte contre la volonté de certaines minorités à s’autodéterminer (problème des Islamistes tchétchènes ou ouïgours).

5) Cette région autonome, où sont réalisés par Pékin de très lourds investissements, possède des ressources naturelles particulièrement importantes.

6) Les États-Unis et l’Europe n’apprécient pas le grand projet de la Nouvelle Route de la Soie (« Une ceinture, une Route ») , vaste réseau de transports reliant les pays du Sud-Est asiatique au Moyen Orient, à l’Afrique jusqu’à l’Europe ! Plus de 60 pays ont accepté de participer à son financement

7) Elles ne sont pas très nombreuses en Europe qui ignore les réalités qui ne sont pas les siennes. Voir, cependant, Mourat Laumouline de l’IFRI, « l’OCS vue d’Astana : un « coup de bluff » géopolitique ? ». In Russie. Nei.Visions, n° 12. 2006. Cf. P. Chabal (dir.). L’OCS et la construction de la Nouvelle Asie. Peter Lang. 2016. Ou, par exemple, la note d’actualité de novembre 2017 du Centre Français de Recherche sur le Renseignement de J. Descarpentrie. « L’OCS : une alliance sécuritaire et économique en devenir »

8) Les citations sont extraites de « l’étude » précitée de L’IFRI (2006).

 

Source

Investig’Action


 

 

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