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L'ALTERNATIVE

 

 

UNE POLITIQUE SOLIDAIRE

A L’ÉCHELLE PLANÉTAIRE

Le partage équitable des richesses : l'alternative à l'argent

*

Analyse du concept de solidarité

et, par extension, de celui de solidarité internationale

Par Laurence Beltran

Enseignante de français au Collège Jean Macé à Mulhouse


1) Définir la "solidarité"

Référons-nous tout d'abord à un dictionnaire de langue pour avoir une première approche de ce qu'est la "solidarité" .
Apparu en 1693, ce nom commun féminin concerne tout d'abord le domaine juridique, et désigne le "caractère solidaire d'une obligation", c'est-à-dire "ce qui est commun à plusieurs personnes, de manière que chacun réponde de tout".
Cette idée de "répondre en commun l'un pour l'autre d'une même chose" est reprise ensuite dans le langage courant; on utilise ce terme, nous précise le Petit Robert, lorsqu'on parle de "personnes ayant conscience d'une communauté d'intérêts, qui entraîne, pour les unes, l'obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance"; c'est ce sens que nous retiendrons pour notre mise au point sur la notion dans le cadre de l'EEAD (Education à l'Environnement Et au Développement); "esprit de corps, "association", "entraide" et "mutualité" sont donnés en synonymes. Puis le mot a également été utilisé dans son sens abstrait, dans le sens positif de "dépendance".
Dans le cas qui nous intéresse, la "communauté d'intérêts" est bien évidemment la préservation de la planète et le respect de la vie qui a pu s'y développer, quelle qu'en soit la forme, végétale, animale ou humaine; en outre, la définition insiste également sur l'aspect "moral" de la solidarité : il s'agit premièrement de "ne pas desservir" autrui, c'est-à-dire de ne pas dépouiller les uns au profit des autres, ne pas gaspiller les ressources et ne pas dégrader l'environnement ; mais il s'agit aussi d'un engagement à prendre pour "porter assistance" aux plus démunis ou aux plus fragiles.
La solidarité serait donc cet élan humain généreux et spontané qui consiste à gommer les inégalités, les injustices ou les catastrophes naturelles, c'est-à-dire à rétablir la justice là où elle fait défaut; d'où l'impôt dit "de solidarité", un prélèvement obligatoire chez les plus nantis, censé compenser un manque de moyens auprès des plus démunis (ce qui prouve ipso facto que la société n'arrive pas à se réguler d'elle même uniquement par "obligation morale"). Ceci relève de la solidarité "de proximité", c'est-à-dire concernant notre propre pays ou notre environnement immédiat.
France Inter a récemment proposé une émission de réflexion autour de cette même notion, et a justement souligné cet aspect de "recherche d'une plus grande égalité dans la société"... sans que cette dernière puisse toutefois réellement y parvenir... Il s'agissait là de "solidarité" internationale du fait de l'actualité, mais on voit que le problème de fond reste le même : aider ceux qui en ont le plus besoin.

2) la solidarité ponctuelle

2-1) la solidarité ponctuelle nationale

La solidarité est surtout visible, dans nos sociétés de consommation où chacun a tendance à "zapper" (et par là même, à oublier) très rapidement d'un événement à l'autre, soit à certaines périodes ou saisons, soit lors de "rituels" institutionnalisés : c'est le rappel que notre pays dit "riche" compte néanmoins de nombreux sans abri, lorsque le thermomètre descend ; c'est la mucoviscidose, pour laquelle les Français se mobilisent en fin d'année afin d'aider la recherche (Téléthon) ; ce sont des concerts qui sont organisés, pour aider les Restos du coeur ou les CD enregistrés pour financer la recherche contre le SIDA (Sidaction) ; ce sont les collectes d'aliments pour redistribuer à ceux qui sont dans le besoin ; cette solidarité au coup par coup et "en pointillés" n'est pas à négliger : les dons, en argent ou en nature, sont souvent spontanés et même si, comme le faisait remarquer France Inter, "les raisons de cet élan ne sont pas toujours pures", il n'en demeure pas moins qu'il a le mérite d'exister, "il est important qu'il y ait une humanité solidaire" (Ibid.)
Mais la solidarité ponctuelle ne s'exerce pas que dans les limites de l'hexagone : elle dépasse largement nos frontières lorsque des catastrophes naturelles ou des conflits humains affectent les hommes quelque part sur la planète, pour constituer la "solidarité internationale".

2-2) La solidarité ponctuelle internationale

C'est celle qui se met en place lorsque des événements malheureux (et lointains), largement relatés et exposés au monde entier par les médias, viennent troubler notre quotidien, et nous font prendre subitement conscience de notre fragilité dans ce monde ; les exemples ne manquent malheureusement pas : c'est le Tsunami en Asie, qui a évincé les combats au Darfour, qui eux-même ont gommé la guerre en Irak, qui, elle aussi, a fait oublier les conflits en Afghanistan, qui...
Ce sont des cartes de voeux dont les bénéfices vont soulager le quotidien d'enfants déshérités dans le monde (UNICEF) ; c'est la "semaine de la solidarité internationale" qui a été instituée; c'est un concert à l'initiative de plusieurs chorales, dont les bénéfices viendront en aide aux victimes du tsunami ; ce sont des élèves qui organisent une collecte pour l'achat de vaccins pour des enfants du Tiers Monde ; c'est, aussi, une chaîne de solidarité, aide morale destinée à s'unir pour partager la souffrance d'autrui (ou se donner bonne conscience à peu de frais, sachant que ces actions sont rarement portées à la connaissances des victimes auxquelles elles sont destinées...).
Le problème, naturellement, mentionné également par les médias, est que cette solidarité a parfois bien du mal à s'exprimer sur place : logistique défaillante, conflits et dangers, détournements de l'aide, voies de communications bloquées... C'est pourquoi on peut raisonnablement estimer qu'il est nécessaire qu'un réseau de "solidarité durable" soit également mis en place dans tous les endroits où les besoins sont criants, non seulement pour aider, mais aussi pour former, éduquer... ce qui nécessite beaucoup plus d'investissements en terme de temps, mais permet également à la population locale de participer pleinement à l'amélioration de son quotidien et de ne pas la transformer en assistée. Cette solidarité est également plus efficace car ses acteurs connaissent mieux le terrain où elle s'exprime.

3) La solidarité durable

3-1) La solidarité durable de proximité

Elle se retrouve dans toutes les villes, et même maintenant dans les campagnes ; elle procure repas, logis, suivi médical, aide aux devoirs, conseils d'hygiène, écoute aux personnes seules, réinsertion aux jeunes en difficulté ou en rupture par le travail et l'entraide, formations professionnelles, emploi ; il s'agit souvent d'associations qui fonctionnent grâce à une part importante de bénévolat ; mais on pourrait citer également les "SEL" (Système d'Echange Local) qui, puisqu'ils fonctionnent sur le principe de l'échange de services, ne sont pas réservés à ceux qui peuvent traditionnellement consommer car solvables. On peut encore citer la solidarité entre générations, ou pour les personnes handicapées.

3-2) La solidarité durable internationale

C'est celle qui est engagée par des organismes de renommée mondiale qui ont fait leurs preuves depuis longtemps ; ils sont sur le terrain, les acteurs principaux en sont les populations locales, auxquelles une aide éducative et / ou logistique est apportée de façon durable par quelques Français en mission.
C'est par exemple l'UNICEF, présente en Inde depuis plus de 25 ans, Médecins du Monde... On comprend mieux alors pourquoi l'Inde a refusé l'aide internationale lors du Tsunami : elle avait déjà sur place, et depuis longtemps, un partenaire qui connaît parfaitement le pays, ses besoins et qui sait y répondre.
On peut également mentionner ici les organismes de commerce ou de tourisme "équitable" ou "solidaire", dont l'objectif premier est la rétribution à sa juste valeur du travail de chacun dans le cadre des échanges nord - sud, sans recherche systématique de profits toujours accrus pour les pays les plus riches.

4) Les organismes de solidarité

Nous prendrons, comme nous l'avons mentionné dans l'introduction de cette réflexion, le terme de "solidarité" au sens large, c'est-à-dire "entraide à autrui". Chacun des organismes ci-dessous est mentionné dans les pages jaunes, et se retrouve dans toutes les régions et presque toutes les villes de France.

4-1) Solidarité de proximité/nationale

Emmaüs Communauté de l'abbé Pierre, Secours Populaire, Secours catholique, Restaurants du coeur, Mission Locale, AGIR (personnes sans emploi), Alcooliques Anonymes, Armée du salut, SOS Femmes battues, SOS Femme enceinte, Association d'aide aux personnes âgées, Association pour l'enfance inadaptée, Donneurs de voix, Espoir (aide aux victimes), Banque alimentaire, Planning familial, Relais bébé, SOS Amitié, Terre des hommes France, ADIL (logement), Maison du droit, SEL (Système d'Echange Local), centres socio-culturels, MJC, Associations (de quartier), Infos Jeunes, ... Sans oublier cette "solidarité invisible", répertoriée nulle part, et faite de l'aide ou du soutien quotidien que chacun peut apporter à son voisin ou à toute personne en détresse ou en difficulté (prisons, hôpitaux...)...

4-2) Solidarité internationale

UNICEF, Terre des Hommes, Gramee Bank (initiatrice du micro-crédit), Plan International, Croix Rouge, Médecins sans frontières, Médecins du Monde, ADT Quart Monde, LSF (lunettes sans frontières), Accueil des demandeurs d'asile, Artisans du monde, Ecoles du désert, Amnesty International, Enfance et Partage, Action contre la faim, taxe Tobine, Fondation de France... Pour le tourisme : La Balaguère, Vagabondages, Vents du Sud Solidarité Développement (pour le tourisme "équitable" et "durable")... Aide aux projets : CEFODE.

Et pour terminer cet exposé qui s'efforce d'approcher les différents aspects de la solidarité, sans pour autant viser à l'exhaustivité, une citation recueillie dans le message annuel du Président de la République :
"Nous formons une seule et même humanité dont le destin ne se distingue pas de celui de notre planète"...
(Jacques Chirac, 1er janvier 2005, cité par Libération)

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SOYONS SEL'IDAIRE :

Rejoignons les Services d'Echanges Locaux

LA MAISON DU SEL

à Lormes (58)

CYBERSEL

 

Le choix qui consiste, au nom du fétichisme monétaire, au motif qu'elles sont sans monnaie officielle, à interdire à des personnes de produire et d'échanger, est à la fois inhumain et irresponsable.

Patrick Viveret

SELIDAIRE : BP 34 80081 AMIENS Cédex 2 - http://www.selidaire.org/

 


 

VOUS AVEZ DIT SOLIDARITE ?!

Aujourd'hui plus qu'hier,
l'exploitation de l'homme par l'homme
est la cause première de la misère humaine

SOMMET DE L'ONU
SUR LA PAUVRETE

Circulez, y'a rien à voir !

L'ordre économique mondial actuel constitue un système de pillage et d'exploitation comme il n'en a jamais existé dans l'histoire.

Fidel Castro

 

MONTERREY, Mexique (AFP) - 21/3/2 - Le président cubain Fidel Castro a lancé jeudi une féroce diatribe contre le néolibéralisme, coupable, selon lui, d'un "véritable génocide" et a annoncé aussitôt qu'il quittait le sommet de l'ONU sur la lutte contre la pauvreté, sa présence ayant causé des "problèmes".
Le chef de l'Etat cubain, qui était arrivé la veille à Monterrey, au Mexique, pour participer au sommet de l'ONU n'a pas précisé la nature des "problèmes". Selon une source proche de la délégation américaine, les Etats-Unis ne se sont jamais opposés à la présence de M. Castro comme condition préalable à la venue du président américain George W. Bush au sommet, attendu jeudi après-midi. Dans son allocution de six minutes, temps imposé, M. Castro, venu dans son traditionnel uniforme militaire vert olive, a condamné "l'ordre économique mondial actuel qui constitue un système de pillage et d'exploitation comme il n'en a jamais existé dans l'histoire".
"Le prestige des institutions internationales est au-dessous de zéro et l'économie mondiale est devenue un véritable casino", a-t-il martelé. "On ne peut pas culpabiliser les pays pauvres à cause de cette tragédie. Ils n'ont pas conquis ni pillé des continents entiers, ils n'ont pas réimposé l'esclavagisme ni créé l'impérialisme. Ils en sont victimes", a-t-il dit.
"Le projet de Consensus (communiqué final que doit adopter vendredi le Sommet pour financer le développement) que les maîtres nous imposent à cette conférence prétend nous faire accepter une aumône humiliante et conditionnée", a-t-il dit.
Il a enfin condamné les "armes de plus en plus sophistiquées stockées dans les arsenaux des plus puissants et riches", qui ne pourront en tout cas "pas tuer l'ignorance, les maladies, la pauvreté et la faim", a-t-il conclu, avant de tourner les talons.

 

LE MONDE DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETE

LA CAMPAGNE POUR L'ANNULATION DE LA DETTE DES PAYS PAUVRES

par Eric Toussaint et Arnaud Zacharie (CADTM)

La campagne internationale en faveur de l'annulation de la dette du Tiers Monde est aujourd'hui centrale au sein du mouvement altermondialiste. Forte de la plus grande pétition de l'histoire de l'humanité (24 millions de signatures collectées entre 1998 et 2000), elle rassemble des mouvements hétéroclites éparpillés sur tous les continents.
Si la problématique de la dette du Tiers Monde n'est pas neuve (la crise de la dette actuelle prend son origine dans le défaut de paiement décrété par le Mexique en août 1982), il aura fallu plusieurs années pour former un réseau international d'une telle envergure.
Dans le Tiers Monde, la campagne pour le non-paiement de la dette extérieure a pris, entre 1982 et 1990, un caractère populaire et massif en Amérique latine, continent le plus touché par la crise. De nombreuses organisations syndicales et paysannes latino-américaines ont tenté de promouvoir une solidarité continentale appuyée par Fidel Castro.
En 1985, le président du Pérou, Alan Garcia, décide de limiter à 10% des revenus d'exportation le remboursement de la dette. Les Etats-Unis réussissent à l'isoler et à le déstabiliser. Finalement, les gouvernements latino-américains n'eurent pas la volonté de constituer un front latino-américain pour le non-paiement.
Dans la deuxième moitié des années '80, en Afrique subsaharienne, des voix de plus en plus nombreuses se sont fait entendre pour exiger l'arrêt des remboursements. Thomas Sankara, le jeune président du Burkina Faso, proposa lors d'une réunion de l'OUA à Addis-Abeba de constituer un front africain pour l'annulation de la dette. Après son assassinat, on ne trouvera pas un seul chef d'Etat africain pour faire avancer ce combat.
Au Nord, certaines organisations ont fait office de pionnières, telle l'AITEC à Paris, qui a abordé le sujet dès 1983, ou le CADTM en Belgique, qui a poursuivi à partir de 1990 la campagne "Ca suffat comme ci" lancée lors du G7 de 1989 à Paris.
Plusieurs livres écrits par Susan George ont eu une influence non négligeable pour renforcer le mouvement dans sa phase initiale. La campagne internationale a pris un nouvel élan à la fin des années 90, avec le lancement de la campagne Jubilé 2000 (avec le soutien de l 'Eglise catholique et des Eglises réformées).
En mai 1998, lors du G8, à Birmingham, 70.000 Britanniques manifestent pour l'annulation de la dette des pays pauvres à l'appel de Jubilé 2000 Grande Bretagne.
En 1999, à Johannesburg, la campagne Jubilé Sud est officiellement fondée. Son siège est aux Philippines et elle regroupe des organisations de tous les continents du Sud (Asie, Afrique, Amérique latine), coordonnées par pays et par continents.
D'autres réseaux se créent dans plusieurs pays du Nord, notamment en France avec la campagne "Dette et Développement", qui regroupe des ONG, des syndicats et des associations comme ATTAC.
En Espagne, s'est constitué en 1999 le Réseau Citoyen pour l'Abolition de la Dette Extérieure (RCADE) qui a organisé un referendum pour l'annulation de la dette avec la participation de plus d'un million de votants le 12 mars 2000.
Le réseau CADTM s'est également développé à la fois au Nord (Belgique, France, Suisse) et au Sud (notamment en Afrique de l'Ouest et Centrale ainsi qu'au Maghreb).
Ces réseaux se rencontrent lors de séminaires communs (comme à Amsterdam en avril 2000 ou à Bruxelles en décembre 2001), de conférences internationales (comme à Bangkok et à Genève en 2000, à Dakar en décembre 2000, à Gênes en juillet 2001, à Liège en septembre 2001 ou à Porto Alegre notamment à l'occasion du Tribunal des Peuples contre la Dette en février 2002), ou de manifestations (notamment lors des sommets du G7 et des Assemblées générales des IFI). Plusieurs réseaux ont accompli un effort de convergence systématique.
Des débats traversent le mouvement : l'annulation doit-elle être inconditionnelle ou non ? Jubilé Sud, le CADTM et la RCADE pensent que oui; tandis que plusieurs campagnes Jubilé 2000 de pays du Nord (Grande-Bretagne et Allemagne, e.a.) et certaines dans le Sud (Pérou par exemple) défendent les conditionnalités.
Autres sujets de débats : faut-il accompagner de manière critique la nouvelle stratégie du FMI et de la Banque mondiale ou faut-il s'y opposer ? Faut-il annuler la dette externe publique de l'ensemble du Tiers Monde ou seulement d'une partie d'entre eux (les plus «pauvres») ?
A partir de 1999, le poids des mouvements du Sud a progressivement augmenté. De grandes mobilisations se sont déroulées au Pérou (1999), en Equateur (1999-2001), au Brésil (septembre 2000), en Afrique du Sud (1999-2000) . Mais la campagne ne se limite pas à des réseaux tournés spécifiquement sur la question de la dette. La synergie est permanente, vu les passerelles évidentes existant entre les différents thèmes, avec des réseaux actifs sur les questions des marchés financiers, des IFI ou de l'OMC.
Ainsi, l'annulation de la dette du Tiers Monde est une revendication centrale de la plate-forme internationale du mouvement ATTAC; les organisations comme 50 years is enough (USA), Bretton Woods Project (GB) ou Agir Ici (France) sont logiquement en faveur de l'annulation de la dette, vu qu'elle est responsable des plans d'ajustement du FMI et de la Banque mondiale contre lesquels elles luttent.
Le mouvement paysan international Via Campesina (70 millions de paysans membres, dont le siège est au Honduras) combat également la dette; la Marche Mondiale des Femmes a repris la revendication; les grandes confédérations syndicales internationales CISL et CMT apportent leur soutien; enfin, des réseaux actifs sur le commerce international, tel Focus on the Global South, défendent l'annulation de la dette, dans la mesure où celle-ci est utilisée comme moyen de chantage par les créanciers pour imposer aux débiteurs l'ouverture maximale de leur économie. (CADTM)
Plus d'info sur le site CADTM (Français/English/Castillano/Dutch) : http://users.skynet.be/cadtm
Autres sites : Jubilee South : www.aidc.org.za Red Ciudadana para la Abolicion de la Deuda Externa: www.debtwatch.org Plate forme Dette et Développement France : www.dette2000.org

ATTAC : www.attac.org

 

 

Précarité versus Solidarité

Un peu plus de milliardaires

et beaucoup plus de pauvres...

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Près de 5% de Rmistes en plus en 2005

Nouvelobs.com - 10/3/6 - 1.112.400 personnes recevaient le RMI en décembre. Une hausse liée à celle des chômeurs non indemnisés.

Le nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI) a augmenté de 4,7% en 2005 en France métropolitaine, selon les données publiées par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). En décembre 2005, 1.112.400 personnes recevaient le RMI, contre 1.062.500 personnes en décembre 2004. La Cnaf explique cette hausse de la précarité par une augmentation du nombre des chômeurs non indemnisés depuis la réforme de l'assurance-chômage décidée à la fin 2002. "Cette augmentation, qui se poursuit dans un contexte de baisse du chômage, est notamment liée à la diminution du taux de couverture des demandeurs d'emploi par les dispositifs d'indemnisation du chômage observée depuis l'automne 2003", écrit la Cnaf dans sa lettre électronique trimestrielle.

Remontée du chômage

En 2004, le nombre des bénéficiaires du RMI avait enregistré une hausse record de 9,2%, sous les effets conjugués de la remontée du chômage, des nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs et du frein mis au traitement social du chômage.
En prenant en compte les départements d'outre-mer, la progression du nombre des allocataires du RMI est de 4,2% en 2005, à 1.266.400 personnes.

Le dernier trimestre 2005, avec une progression de 0,5% des allocataires du RMI, "marque toutefois un net ralentissement", précise la Cnaf.

Réinsertion

Pour réinsérer ces personnes les plus éloignées du travail, le gouvernement a misé en premier lieu sur les contrats d'avenir créés par le plan Borloo de cohésion sociale, dont la montée en charge s'avère encore difficile, ainsi que sur les CI-RMA (contrat d'insertion-revenu minimum d'activité).
Selon la Cnaf, le nombre de RMIstes bénéficiant d'une de ces mesures d'aide à l'emploi a progressé de 11,4% en 2005.
Environ 15.000 allocataires étaient concernés par ces contrats en décembre 2005, selon la Cnaf, dont les chiffres concernent la métropole et les départements d'outre-mer.
Le gouvernement avait initialement programmé 185.000 contrats d'avenir en 2005. (Reuters)

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Nombre record de milliardaires en 2006 !

NEW YORK (AFP) - 10/3/6 - Les milliardaires n'ont jamais été aussi nombreux, selon le classement 2006 du magazine Forbes des plus grandes fortunes de la planète publié jeudi, le fondateur de Microsoft Bill Gates restant une fois encore l'homme le plus riche du monde.
D'une année sur l'autre, le club des milliardaires a accueilli 102 nouveaux membres pour passer à 793, en grande partie grâce aux performances des places boursières mondiales, selon Forbes. Plus de la moitié sont des autodidactes ayant construit leur propre empire.

Le butin cumulé de ces 793 fortunes s'élève à 2.600 milliards de dollars, soit un peu plus que le Produit intérieur brut de l'Allemagne, 7e économie mondiale. Les cinq premières fortunes reflètent la répartition mondiale des richesses, les Etats-Unis abritant le plus de milliardaires, l'Europe leur emboîtant le pas, tandis que l'Asie et l'Amérique latine connaissent une montée en puissance.
Avec une fortune passée en un an de 46,5 à 50 milliards de dollars, l'Américain Bill Gates, 50 ans, trône en tête du classement pour la douzième année consécutive.

Son compatriote Warren Buffett, influent investisseur à la tête du fonds d'investissement Berkshire Hathaway, reste numéro deux avec une fortune de 42 milliards de dollars.
Le magnat mexicain des télécoms Carlos Slim, qui a surtout fait fructifier sa fortune en 2004, a encore augmenté sa richesse en 2005 pour se hisser du 4e au 3e rang, volant la place à l'Indien Lakshmi Mittal. Ce dernier, qui avait quadruplé sa fortune en 2004 grâce à son groupe sidérurgique, se classe 5e.

M. Mittal, très médiatisé ces derniers mois en raison du raid lancé sur son concurrent européen Arcelor, détient une fortune de 23,5 milliards de dollars, juste derrière les 28 milliards du Suédois Ingvar Kamprad, fondateur des magasins d'ameublement Ikea.

Premier Français du classement, le patron du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault entre dans le top 10, au 7e rang avec une fortune de 21,5 milliards. Il passe devant sa compatriote Liliane Bettencourt, à la tête de L'Oréal et de 16 milliards de dollars (15e). Mme Bettencourt est cette année la femme la plus riche du monde, parmi 78 femmes milliardaires.

Entrée l'année dernière, l'Américaine Martha Stewart, médiatique femme d'affaires ayant séjourné en prison pour délit d'initié puis reconvertie en animatrice d'émissions de télévision, ressort du classement après une année peu faste. Sort également l'ex-homme le plus riche de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron du groupe pétrolier Ioukos qui purge 8 ans de prison en Sibérie pour fraude fiscale.

Dans le classement, 371 milliardaires sont Américains. La famille Walton, actionnaire majoritaire du géant de la distribution Wal-Mart, occupe 5 places, du 17e au 21e rang, avec des fortunes d'environ 15,7 milliards pour chacun des membres, soit 79 milliards à eux cinq. Sur le Vieux continent --196 milliardaires au total--, les plus riches sont Allemands (55), tandis que la Russie affiche 33 milliardaires, dont le magnat du pétrole Roman Abramovich, et la France 14.

L'Asie-Pacifique abrite 115 milliardaires, dont 27 au Japon. Surprise du cru 2006, ce n'est pas la Chine qui brille, avec 8 noms dans le classement, c'est l'Inde, avec 10 nouveaux milliardaires en un an, soit 23 au total. Quelque 33 fortunes viennent d'Amérique Latine, dont 16 du Brésil et 10 du Mexique.

L'Afrique, cette année encore, n'est pas présente dans le classement. New York reste la ville la plus prisée des milliardaires (40 noms), devant Moscou (25 noms) et Londres (23 noms).

La plus jeune fortune est Hind Hariri, fille de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, âgée de 22 ans (1,4 milliard de dollars). A 32 et 33 ans respectivement, les fondateurs du moteur de recherche internet Google, Sergey Brin et Larry Page, ont gonflé en un an leur fortune de 7,2 à 12,8 milliards chacun (26e et 27e).

Le classement des premières fortunes mondiales (en milliards de dollars) : Fortune-Age 2005-06

1- Bill Gates (Microsoft, USA) : 50,0 50 +
2- Warren Buffett (Berkshire Hathaway, USA) : 42,0 75 -
3- Carlos Slim (télécoms, Mexique) : 30,0 66 +
4- Ingvar Kamprad (Ikea, Suède) : 28,0 79 +
5- Lakshmi Mittal (Mittal Steel, Inde): 23,5 55
6- Paul Allen (Microsoft, USA) : 22,0 53 +
7- Bernard Arnault (LVMH, France) : 21,5 - 57ans +
8- Prince Bin Talal Alsaud (divers, A.Saoudite) 20,0 49 -
9- Keneth Thomson et famille (édition, Canada) : 19,6 82 +
10- Li Ka-Shing (diversifié, Hong Kong) : 18,8 77 +
11- Roman Abramovich (divers, russie) : 18,2 39 +
12- Michael Dell (Dell, USA): 17,1 41 +
13- Karl Albrecht (Aldi, Allemagne): 17,0 86 -
14- Sheldon Adelson (hotellerie, USA) : 16,1 72 +
15- Liliane Bettencourt (L'Oreal, France) : 16,0 83 -
16- Larry Ellison (Oracle, USA) : 16,0 61 -
17- Christy Walton (Wal-Mart, USA) : 15,9 51 NC
18- Jim Walton (Wal-Mart, USA) : 15,9 58 -
19- S. Robson Walton (Wal-Mart, USA) : 15,8 62 -
20- Alice Walton (Wal-Mart, USA) : 15,7 56

- Le classement des premières fortunes françaises (en milliards de dollars) :

1- Bernard Arnault (LVMH) : 21,5
2- Liliane Bettencourt (L'Oréal : cosmétiques) : 16
3- Serge Dassault (aéronautique et armement) : 8,5
4- Alain et Gérard Wertheimer (Chanel) 7,5
5- François Pinault (PPR) : 7
6- Jean-Claude Decaux (affichage publicitaire) : 4,2
7- Gérard Louis-Dreyfus (matières premières, télécoms) 3,4
8- Martin Bouygues (BTP, télécoms) : 3,2
9- Jean-Louis Dumas (Hermès) : 2,5
10- Didier Primat (Schlumberger) : 2,4
11- Philippe Foriel-Destezet (divers) : 2,0
12- Pierre Bellon (Sodexho) : 1,8
13- Vincent Bolloré (divers) : 1,7
14- Alain Mérieux (biotechnologies) : 1,6

 

Journée mondiale du refus de la misère

Par Martine VERON

Pour remédier à cette misère croissante du peuple français,
M. Bernard Arnault, à la tête de la première fortune française
et de la 7ème fortune mondiale,
dirigeant du groupe de luxe LVMH,
témoin de mariage de Nicolas Sarkozy


ne pourrait-il partager une partie de ses
21,5 milliards de dollars
?!

Roger Ripert

 


Bernard Arnault est un "homme d'affaires" français né le 5 mars 1949 à Roubaix.

Biographie
Le père de Bernard Arnault, Jean Arnault, est un industriel, propriétaire d'une entreprise de travaux publics, Ferret-Savinel. Après le lycée Maxence Van Der Meersch, à Roubaix dans le nord de la France, il intègre l'École polytechnique (promotion X1969).
En 1971, il intègre l'entreprise familiale, et convainct son père de vendre les activités BTP de l'entreprise, pour 40 millions de francs, et de reconvertir la société dans la promotion immobilière. Sous le nom commercial de Férinel, la nouvelle société se spécialise dans les appartements de tourisme avec un slogan Férinel, propriétaire à la mer.
En 1978 il succède à son père à la tête de la société.
Après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, en mai 1981, il émigre aux États-Unis, et fonde Ferinel Inc.
Trois ans plus tard il devient PDG de Financière Agache. Après avoir perçu des aides de l'État (gouvernement Fabius, dirigé par François Mitterrand) contre la promesse de ne pas licencier, il prend possession du groupe Boussac, en pleine débâcle de l'industrie textile. Il en revend les actifs les plus importants, ne conservant que la prestigieuse marque Christian Dior.
En 1989, il est appelé en renfort par les actionnaires du groupe de luxe LVMH, issu de la fusion en 1987 de deux groupes français Moët Hennessy (intervenant principalement dans les vins & spiritueux) d'une part, et du groupe Louis Vuitton (maison mère de Louis Vuitton Malletier et d'autres marques de luxe) d'autre part.
Le groupe LVMH est alors l'objet d'une OPA dont les instigateurs sont notamment la banque Lazard et Bernard Arnault. Profitant de la pagaille boursière et actionnariale, il devient actionnaire majoritaire de LVMH. Il conduit depuis un plan ambitieux de développement du groupe, faisant de LVMH le premier groupe de luxe au monde devant le suisse Richemont.
Marié deux fois, il est le père de 5 enfants. Sa fille aînée Delphine est depuis 2004 administratrice du groupe LVMH.
Son patrimoine personnel est evalué à 21,5 milliards de dollars. En 2005, il est l'homme le plus riche de France.
Bernard Arnault est également officier de la légion d'honneur et témoin de mariage de Nicolas Sarkozy.
Selon le classement 2006 du magazine Forbes des plus grandes fortunes de la planète publié jeudi 9 mars 2006, il est le premier Français du classement. Bernard Arnault entre dans le top 10, au 7e rang avec une fortune de 21,5 milliards. Il passe devant sa compatriote Liliane Bettencourt, à la tête de L'Oréal et de 16 milliards de dollars (15e).

Encyclopédie Wikipedia

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Bernard Arnault toujours en tête des Français les plus riches, selon Forbes
       

NEW YORK (AFP) - 9-3/7 - Bernard Arnault, le roi du luxe, est toujours le Français le plus riche avec une fortune évaluée à 26 milliards de dollars, qui lui permet de se placer à la 7e place du classement des personnalités les plus riches du monde, publié jeudi par le magazine américain Forbes.

Il devance la patronne de l'Oréal, Liliane Bettencourt (20,7 milliards, 12e place mondiale), qui est aussi la plus riche des 83 femmes milliardaires du classement.

Au total, la France compte 15 milliardaires.

- François Pinault -le grand rival de Bernard Arnault- arrive en 3e position (34e mondial) avec 14,5 milliards devant

-Alain et Gérard Wertheimer (Chanel)

- et Serge Dassault et sa famille, à égalité en 4e place (62e rang mondial) avec 10 milliards de dollars.

Pour les autres pays francophones, le Canada compte 23 milliardaires avec en tête David Thomson et sa famille (10e rang mondial avec 22 milliards de dollars) qui tire sa fortune d'un empire de presse, devant Galen Weston (distribution) avec 7,9 milliards de dollars (93e rang mondial).

En Belgique, le financier Albert Frère figure en tête avec 3,1 milliards de dollars (279e rang mondial) devant Patokh Chodiev (mines, métallurgie) qui avec 1,9 milliard de dollars se classe au 538e rang mondial. Le pays ne compte pas d'autre milliardaire.

En Suisse, Ernesto Bertarelli (biotechnologies) se place devant sept autres milliardaires avec une fortune évaluée à 8,8 milliards de dollars (76e rang mondial) devant Thomas Schmidheiny (ciment, 5,5 milliards de dollars/142e rang mondial) et Walter Haefner (informatique, 4,3 milliards de dollars/194e rang mondial).

PARIS (AFP) - 17/10/6 - Plusieurs associations françaises dénoncent, à l'occasion de la Journée mondiale 2006 du refus de la misère, mardi, et à la veille d'échéances électorales, un "recul" pour les plus démunis en matière de santé, logement ou emploi et un "manque de volonté politique" en la matière.
"Au-delà de l'affichage politique, on observe depuis plusieurs années un recul dans l'accès aux droits des plus démunis", affirme Jean Toussaint, l'un des responsables du mouvement ATD Quart Monde, dont le fondateur Joseph Wrésinski a initié en 1987 cette journée contre la misère, reconnue en 1993 par les Nations Unies au niveau mondial.

"La croissance bénéficie à certains, mais en parallèle la pauvreté s'accroît", dit-il, dénonçant aussi les discours visant "à stigmatiser les pauvres", les accusant d'être responsables de leur sort.

Mardi, à Paris, Amnesty International, le Secours catholique et la coalition Action mondiale contre la pauvreté se joindront à ATD pour lancer un appel afin que "l'accès aux droits fondamentaux devienne la priorité des politiques publiques, et que l'Etat n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit".
"Nous allons vers la création d'un grand mouvement social exigeant que les lois soient appliquées", a affirmé Bruno Tardieu, délégué général d'ATD, qui annonce la présence également de plusieurs syndicats (CGT, CFDT et CFTC) lors de la lecture de l'appel sur le parvis du Trocadéro, où est scellée une dalle en l'honneur des victimes de la misère reproduite aujourd'hui dans 31 pays.

"On est en train de déraper par rapport à la pauvreté", ajoute Jean Toussaint, "depuis quelques années, une multitude de petites mesures, mises bout à bout, font que la vie est plus dure pour les pauvres".

Il évoque, en matière de santé, l'augmentation du forfait hospitalier, la difficulté pour les plus démunis d'accéder aux soins, et en matière d'emploi, la "diminution de durée d'indemnisation du chômage et la multiplication des contrats précaires". La politique du logement social est un exemple, dit ATD, d'un "retour en arrière". "On construit des logements, certes, mais beaucoup ne sont pas accessibles aux plus pauvres", dit-il, rappelant que, désormais, certains logements en accession à la propriété sont inclus dans les 20% de logements sociaux obligatoires sur une commune.

A l'occasion de la Journée du refus de la misère, la Fondation Abbé Pierre publie une étude qui "met en évidence l'aggravation préoccupante du poste logement dans le budget des ménages", ce poste pouvant atteindre "40%, voire 50% chez les ménages les plus modestes". ATD Quart Monde demandera mardi aux "futurs élus" de faire avancer l'idée d'un "droit au logement opposable, donc effectif", au même titre que le droit à la scolarité ou le droit à la santé.

Quelque 3 millions de personnes sont sans logement ou mal logées en France, rappelle ATD, et un million d'enfants vivent dans la grande pauvreté. Le nombre d'allocataires de minima sociaux (RMI, API, ASS...) a augmenté de 100.000 personnes (+2,9%) en 2005, pour atteindre 3,5 millions.

Plusieurs manifestations rythmeront la journée de mardi. A Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une exposition sur les "bidonvilles aux portes de Paris" évoque la population qui vit dans les terrains vagues autour de la capitale.

Au niveau mondial, la réduction de moitié de l'extrême pauvreté et de la faim dans le monde est le premier des huit "objectifs du Millénaire" pour le développement à atteindre d'ici 2015, fixés par l'Onu...

 


Les émeutes de la faim risquent de s'aggraver, selon la FAO


Par Robin Pomeroy


ROME (Reuters) - 12/4/8 - Les émeutes liées aux prix des denrées alimentaires dans les pays en développement s'étendront si les dirigeants mondiaux ne prennent pas de mesures radicales, prévient le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Malgré une hausse de la production mondiale estimée à 2,6% pour 2008, les prix ne devraient pas baisser. Le coût pour les pays en développement des importations alimentaires devrait augmenter de 56%, et de plus en plus de personnes risquent de manifester violemment contre cette tendance, a prévenu le Sénégalais Jacques Diouf.

"La vérité, c'est que déjà, des gens meurent dans ces émeutes", a-t-il souligné.

"Ils meurent parce qu'ils réagissent à cette situation, et si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, il est certainement possible qu'ils finissent par mourir de faim. Mais ils ne se laisseront pas mourir sans rien faire, ils réagiront."

Des "émeutes de la faim" ont déjà éclaté dans plusieurs pays africains, en Indonésie, aux Philippines et en Haïti, a rappelé la FAO, qui souligne que 37 pays sont menacés de crise alimentaire.

"Je m'étonne de ne pas avoir été convoqué devant le Conseil de sécurité de l'Onu, un grand nombre des problèmes dont il débat n'auraient pas le même impact sur la paix, la sécurité et les droits de l'homme (sans la crise alimentaire)", a ajouté Diouf.

BAISSE DES EXPORTATIONS

La demande croissante de pays tels que l'Inde et la Chine, l'emploi de terres pour la production de biocarburants, la baisse des réserves mondiales et la spéculation [sans parler de la politique des OGM] sont mises en cause dans la flambée des prix des produits laitiers et des céréales.

L'effet s'en fait ressentir dans les pays développés, mais est bien plus prononcé dans ceux en voie de développement où la part des revenus consacrés à l'alimentation est de 50 à 60%, contre 10 à 20% dans les pays riches.

Le directeur général de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf, a appelé les dirigeants mondiaux à participer au sommet sur la crise alimentaire, au siège de la FAO, du 3 au 5 juin à Rome.

La priorité, a-t-il dit, est d'organiser un "transfert massif de semences" afin de permettre aux agriculteurs des pays pauvres d'acheter du grain, des engrais et du fourrage à des prix accessibles.

Diouf a, par ailleurs, prévenu qu'il était normal de s'attendre à ce que les pays en développement décident de réduire, voire d'interdire leurs exportations alimentaires, au risque d'aggraver la montée des prix.

Le cours du riz s'est récemment envolé de 40% en trois jours, après la décision de l'Inde et du Vietnam d'interrompre leurs xportations, a souligné un responsable de la FAO.

"L'interdiction des exportations est une réaction normale pour un gouvernement, dont la première responsabilité est de protéger sa population", a indiqué ce responsable.

L'accroissement des parcelles prévu cette année devrait déboucher sur une hausse de 2,6% de la production mondiale. La production de blé doit s'accroître de 6,8% par rapport à 2007, prévoit la FAO.

Toutefois, prévient l'organisation, étant donné que seule une petite partie de cette hausse atteindra les marchés internationaux, l'effet sur les prix devrait être négligeable.

Version française Gregory Schwartz

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Eux, ils ne risquent pas de mourir de faim !

George W. Bush et sa femme ont gagné l'équivalent de 583.470 euros en 2007...

WASHINGTON - AP - 12/4/8 - Le président des Etats-Unis George W. Bush et sa femme Laura ont payé 221.635 dollars (139.980 euros) d'impôts fédéraux, calculés sur la base d'un revenu annuel brut de 923.807 dollars (583.470 euros) en 2007, selon les chiffres communiqués vendredi par la Maison Blanche.

Le revenu du couple inclut les 150.000 dollars (94.740 euros) d'avance sur la publication d'un livre pour enfants que la Première Dame a co-écrit avec sa fille Jenna.

Les Bush avaient payé l'année passée 186.378 dollars (117.715 euros) d'impôts. Leurs revenus de 2006 s'élevaient à 765.801 dollars (483.675 euros).

Le salaire de George W. Bush en tant que président est d'environ 400.000 dollars (252.635 euros).

La Maison Blanche a par ailleurs indiqué que le vice-président Dick Cheney et sa femme Lynne avaient déclaré 3,04 millions de dollars (1,9 million d'euros) de revenus bruts en 2007, et seraient taxés à ce titre à hauteur de 602.651 dollars (380.630 euros).

Le salaire de M. Cheney s'élève à 212.000 dollars (133.895 euros) par an. Les revenus du couple Cheney comprennent par ailleurs la retraite de M. Cheney pour son poste de directeur de Union Pacific Corp, le salaire de son épouse, sa retraite en tant qu'ancienne directrice du "Reader's Digest" et les revenus tirés de la vente d'un livre qu'elle a écrit. AP

 

 

Les 50 patrons français les mieux payés ont touché 310 fois le Smic en 2007 !

 

AFP - 29/10/8 - Le salaire moyen des 50 premiers patrons français, qui s'établit à 383.000 euros par mois, a augmenté de 20% en 2007, et représente 310 fois le Smic, selon une enquête à paraître jeudi dans le magazine Capital.

Patron le mieux payé de France, Jean-Philippe Thierry, à la tête d'AGF Allianz, a empoché 23,2 millions d'euros de salaire, soit 1,9 million d'euros par mois, selon le classement établi par Capital.

Deuxième de ce palmarès, Pierre Verluca, patron de Vallourec, dont la rémunération a bondi de 32% en 2007 à 12,4 millions d'euros, "alors que le profit de sa société augmentait d'à peine 8%", relève le magazine.

Suivent Gérard Mestrallet (Suez, 12,2 millions d'euros), Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain, 10,2 millions d'euros) et Xavier Huillard (10 millions d'euros).

Ce classement prend en compte les salaires, les avantages en nature (voiture de fonction...) et les plus-value sur les stocks-options (des actions offertes par l'entreprise à un prix préférentiel, et revendues au prix du marché).

Selon le magazine, ce cru 2007 pourrait être "le dernier jackpot avant le krach" pour les rémunérations des grands patrons. "L'effondrement des cours de Bourse aura un gros impact sur les levées de stocks-options", rendues "moins juteuses voire carrément impossibles", souligne-t-il.

Ces rémunérations restent toutefois largement inférieures aux revenus que certains patrons ont tiré de leurs propres actions en Bourse, explique Capital.

Bernard Arnault a ainsi touché 4,1 millions d'euros de salaire comme Pdg de LVMH, soit "une goutte d'eau" dans ses 376 millions d'euros de revenus, qui comprennent les dividendes touchés comme actionnaire principal du groupe de luxe.

Dans ce classement des plus gros dividendes, François Pinault, fondateur du groupe de luxe et de distribution PPR, arrive deuxième avec 259 millions d'euros, devant Liliane Bettencourt, première actionnaire de L'Oréal, avec 256 millions d'euros.


 

Une triste réalité inacceptable au début du 21e siècle :

près d'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, selon l'ONU

 

AP - 9/12/8 - Presque un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, un chiffre en hausse de 40 millions cette année en raison de l'augmentation du prix des denrées alimentaires, a annoncé mardi l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Lire la suite l'article

"Cette triste réalité ne devrait pas être acceptable au début du 21e siècle", a commenté le directeur de l'agence des Nations unies basée à Rome, Jacques Diouf, lors de la présentation du rapport sur la faim dans le monde. "Il n'a pas été fait assez pour réduire la sous-alimentation et pas assez pour empêcher plus de gens de sombrer dans la sous-alimentation", a-t-il constaté.

Même si les prix des principales céréales ont diminué de 50% par rapport aux pics atteints cette année, ils restent élevés comparé aux années précédentes, en particulier sur les marchés locaux, selon la FAO.

Les petits cultivateurs ne peuvent augmenter leur production et tirer parti de la hausse des prix par manque d'accès à l'eau, aux semences, aux fertilisants et aux débouchés, selon la même source.

"Pour des millions de personnes dans les pays en développement, manger la quantité minimale de nourriture chaque jour pour mener une vie active et en bonne santé est un rêve éloigné", a admis Hafez Ghanem, vice-directeur général de l'Organisation.

Selon le rapport, près des deux tiers des personnes souffrant de la faim vivent en Asie, et une personne sur trois est en sous-alimentation chronique en Afrique sub-saharienne.

Ceux qui souffrent le plus de la hausse des prix -et qui sont forcés de réduire la quantité et la qualité de leur portion de nourriture- sont les foyers qui ne disposent pas de leur propres terres, et ceux qui sont dirigés par des femmes, selon la FAO.

L'agence a aussi averti que la baisse de la demande des pays développés, en raison de la crise économique, pourrait menacer les exportateurs basés dans des pays en développement. Les volumes des exportations devraient croître de 4,9% en 2009, contre une croissance de 6,3% en 2007, selon la même source. AP

- Sur le net: http://www.fao.org


 


Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ?


Par Samir Amin

 

ALTERINFO - 3/8/9 - Le principe de l’accumulation sans fin qui définit le capitalisme est synonyme de croissance exponentielle, et celle-ci, comme le cancer, conduit à la mort. Stuart Mill, qui l’avait compris, imaginait qu’un «état stationnaire» mettrait un terme à ce processus irrationnel. Keynes partageait cet optimisme de la Raison. Mais ni l’un ni l’autre n’était équipé pour comprendre comment le dépassement nécessaire du capitalisme pourrait s’imposer. Marx, en donnant toute sa place à la nouvelle lutte des classes, pouvait par contre imaginer le renversement du pouvoir de la classe capitaliste, concentré aujourd’hui dans les mains de l’oligarchie.
L’accumulation, synonyme également de paupérisation, dessine le cadre objectif des luttes contre le capitalisme. Mais celle-ci s’exprime principalement par le contraste grandissant entre l’opulence des sociétés du centre, bénéficiaires de la rente impérialiste et la misère de celles des périphéries dominées. Ce conflit devient de ce fait l’axe central de l’alternative « socialisme ou barbarie ».
Le capitalisme historique "réellement existant" est associé à des formes successives d’accumulation par dépossession, non pas seulement à l’origine (« l’accumulation primitive ») mais à toutes les étapes de son déploiement. Une fois constitué, ce capitalisme « atlantique » est parti à la conquête du monde et l’a refaçonné sur la base de la permanence de la dépossession des régions conquises, devenant de ce fait les périphéries dominées du système.
Cette mondialisation « victorieuse » a prouvé être incapable de s’imposer d’une manière durable. Un demi siècle à peine après son triomphe, qui pouvait déjà paraître inaugurer la « fin de l’histoire », elle était déjà remise en cause par la révolution de la semi périphérie russe et les luttes (victorieuses) de libération de l’Asie et de l’Afrique qui ont fait l’histoire du XX ième siècle – la première vague de luttes pour l’émancipation des travailleurs et des peuples.
L’accumulation par dépossession se poursuit sous nos yeux dans le capitalisme tardif des oligopoles contemporains. Dans les centres la rente de monopole dont bénéficient les ploutocraties oligopolistiques est synonyme de dépossession de l’ensemble de la base productive de la société. Dans les périphéries cette dépossession paupérisante se manifeste par l’expropriation des paysanneries et par le pillage des ressources naturelles des régions concernées. L’une et l’autre de ces pratiques constituent les piliers essentiels des stratégies d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles.
Dans cet esprit, je place la « nouvelle question agraire » au cœur du défi pour le XXIe siècle. La dépossession des paysanneries (d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine) constitue la forme majeure contemporaine de la tendance à la paupérisation (au sens que Marx donne à cette « loi ») associée à l’accumulation. Sa mise en œuvre est indissociable des stratégies de captation de la rente impérialiste par les oligopoles, avec ou sans agro carburants. J’en déduis que le développement des luttes sur ce terrain, les réponses qui seront données à travers elles à l’avenir des sociétés paysannes du Sud (presque la moitié de l’humanité) commanderont largement la capacité ou non des travailleurs et des peuples à produire des avancées sur la route de la construction d’une civilisation authentique, libérée de la domination du capital, pour laquelle je ne vois pas d’autre nom que celui du socialisme.
Le pillage des ressources naturelles du Sud qu’exige la poursuite du modèle de consommation gaspilleuse au bénéfice exclusif des sociétés opulentes du Nord annihile toute perspective de développement digne de ce nom pour les peuples concernés et constitue de ce fait l’autre face de la paupérisation à l’échelle mondiale. Dans cet esprit la « crise de l’énergie » n’est pas le produit de la raréfaction de certaines des ressources nécessaires à sa production (le pétrole bien entendu), ni davantage le produit des effets destructeurs des formes énergétivores de production et de consommation en vigueur. Cette description – correcte – ne va pas au-delà des évidences banales et immédiates. Cette crise est le produit de la volonté des oligopoles de l’impérialisme collectif de s’assurer le monopole de l’accès aux ressources naturelles de la planète, que celles-ci soient rares ou pas, de manière à s’approprier la rente impérialiste, quand bien même l’utilisation de ces ressources demeurerait ce qu’elle est (gaspilleuse, énergétivore) ou serait soumise à des politiques « écologistes » correctives nouvelles. J’en déduis également que la poursuite de la stratégie d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles se heurtera nécessairement à la résistance grandissante des nations du Sud.
La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, ni la somme de crises systémiques multiples, mais la crise du capitalisme impérialiste des oligopoles, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l’ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations des périphéries dominées, fussent elles en apparence « émergentes ». Elle est simultanément une crise de l’hégémonie des Etats-Unis. Capitalisme des oligopoles, pouvoir politique des oligarchies, mondialisation barbare, financiarisation, hégémonie des Etats-Unis, militarisation de la gestion de la mondialisation au service des oligopoles, déclin de la démocratie, pillage des ressources de la planète, abandon de la perspective du développement du Sud sont indissociables.
Le vrai défi est donc le suivant : ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie – ou des voies – sur la longue route à la transition au socialisme mondial ? Ou demeureront-elles séparées les unes des autres, voire entreront-elles en conflit les unes contre les autres, et de ce fait, inefficaces, laissant l’initiative au capital des oligopoles ?


D’une longue crise à l’autre


L’effondrement financier de septembre 2008 a probablement surpris les économistes conventionnels de la «mondialisation heureuse» et désarçonné quelques uns des fabricants du discours libéral, triomphant depuis «la chute du mur de Berlin», comme on a coutume de le dire. Si, par contre, l’événement ne nous a pas surpris – nous l’attendions (sans bien sûr avoir prédit sa date, comme Madame Soleil) – c’est tout simplement parce que pour nous il s’inscrivait naturellement dans le développement de la longue crise du capitalisme vieillissant, amorcée dans les années 1970.
Il est bon de revenir sur la première longue crise du capitalisme, qui a façonné le XX ième siècle, tant le parallèle entre les étapes du développement de ces deux crises est saisissant.
Le capitalisme industriel triomphant du XIX ième siècle entre en crise à partir de 1873. Les taux de profits s’effondrent, pour les raisons mises en évidence par Marx. Le capital réagit par un double mouvement de concentration et d’expansion mondialisée. Les nouveaux monopoles confisquent à leur profit une rente prélevée sur la masse de la plus value générée par l’exploitation du travail. Ils accélèrent la conquête coloniale de la planète. Ces transformations structurelles permettent un nouvel envol des profits. Elles ouvrent la « belle époque » - de 1890 à 1914 – qui est celle d’une domination mondialisée du capital des monopoles financiarisés. Les discours dominants de l’époque font l’éloge de la colonisation (la « mission civilisatrice »), qualifient la mondialisation de synonyme de paix, et la social démocratie ouvrière européenne se rallie à ce discours.
Pourtant la «belle époque», annoncée comme la «fin de l’histoire» par les idéologues en vue de l’époque, se termine par la guerre mondiale, comme seul Lénine l’avait vu. Et la période qui suit pour se poursuivre jusqu’aux lendemains de la seconde guerre mondiale sera celle de «guerres et révolution». En 1920, la révolution russe (le « maillon faible » du système) ayant été isolée, après la défaite des espoirs de révolution en Europe centrale, le capital des monopoles financiarisés restaure contre vents et marées le système de la «belle époque». Une restauration, dénoncée par Keynes à l’époque, qui est à l’origine de l’effondrement financier de 1929 et de la dépression qu’elle va entraîner jusqu’à la seconde guerre mondiale.
Le «long XX ième siècle» - 1873/1990 – est donc à la fois celui du déploiement de la première crise systémique profonde du capitalisme vieillissant (au point que Lénine pense que ce capitalisme des monopoles constitue la «phase suprême du capitalisme»), et celui d’une première vague triomphante de révolutions anti capitalistes (Russie, Chine) et de mouvements anti impérialistes des peuples d’Asie et d’Afrique.
La seconde crise systémique du capitalisme s’ouvre en 1971, avec l’abandon de la convertibilité or du dollar, presqu’exactement un siècle après le début de la première. Les taux de profit, d’investissement, et de croissance s’effondrent (ils ne retrouveront jamais depuis les niveaux qui avaient été les leurs de 1945 à 1975). Le capital répond au défi comme dans la crise précédente par un double mouvement de concentration et de mondialisation. Il met ainsi en place des structures qui définiront la seconde « belle époque » (1990/2008) de mondialisation financiarisée permettant aux groupes oligopolistiques de prélever leur rente de monopole. Mêmes discours d’accompagnement : le «marché» garantit la prospérité, la démocratie et la paix; c’est la «fin de l’histoire». Mêmes ralliements des socialistes européens au nouveau libéralisme. Et pourtant cette nouvelle «belle époque» s’est accompagnée dés le début par la guerre, celle du Nord contre le Sud, amorcée dés 1990. Et tout comme la première mondialisation financiarisée avait donné 1929, la seconde a produit 2008. Nous sommes parvenus aujourd’hui à ce moment crucial qui annonce la probabilité d’une nouvelle vague de «guerres et révolutions». D’autant que les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier.
L’analogie entre les développements de ces deux crises systémiques longues du capitalisme vieillissant est frappante. Il y a néanmoins des différences dont la portée politique est importante.
Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ?

Derrière la crise financière, la crise systémique du capitalisme des oligopoles

Le capitalisme contemporain est d’abord et avant tout un capitalisme d’oligopoles au sens plein du terme (ce qu’il n’était qu’en partie jusqu’ici). J’entends par là que les oligopoles commandent seuls la reproduction du système productif dans son ensemble. Ils sont «financiarisés» dans le sens qu’eux seuls ont accès au marché des capitaux. Cette financiarisation donne au marché monétaire et financier – leur marché, celui sur lequel ils se concurrencent entre eux – le statut de marché dominant, qui façonne et commande à son tour les marchés du travail et d’échange de produits.
Cette financiarisation mondialisée s’exprime par une transformation de la classe bourgeoise dirigeante, devenue ploutocratie rentière. Les oligarques ne sont pas russes seulement, comme on le dit trop souvent, mais bien davantage étatsunisiens, européens et japonais. Le déclin de la démocratie est le produit inévitable de cette concentration du pouvoir au bénéfice exclusif des oligopoles.
La forme nouvelle de la mondialisation capitaliste, qui correspond à cette transformation, par opposition à celle qui caractérisait la première «belle époque», est elle également importante à préciser. Je l’ai exprimé dans une phrase : le passage de l’impérialisme conjugué au pluriel (celui des puissances impérialistes en conflit permanent entre elles) à l’impérialisme collectif de la triade (Etats Unis, Europe, Japon).
Les monopoles qui émergent en réponse à la première crise du taux de profit se sont constitués sur des bases qui ont renforcé la violence de la concurrence entre les puissances impérialistes majeures de l’époque, et conduit au grand conflit armé amorcé en 1914 et poursuivi à travers la paix de Versailles puis la seconde guerre jusqu’en 1945. Ce que Arrighi, Frank, Wallerstein et moi-même avons qualifié dés les années 1970 de « guerre de trente ans », terme repris depuis par d’autres.
Par contre la seconde vague de concentration oligopolistique, amorcée dans les années 1970, s’est constituée sur de toutes autres bases, dans le cadre d’un système que j’ai qualifié « d’impérialisme collectif » de la triade ( Etats Unis, Europe et Japon). Dans cette nouvelle mondialisation impérialiste, la domination des centres ne s’exerce plus par le monopole de la production industrielle (comme c’était le cas jusqu’ici), mais par d’autres moyens (le contrôle des technologies, des marchés financiers, de l’accès aux ressources naturelles de la planète, de l’information et des communications, des armements de destruction massive). Ce système que j’ai qualifié « d’apartheid à l’échelle mondiale » implique la guerre permanente contre les Etats et les peuples des périphéries récalcitrantes, guerre amorcée dès 1990 par le déploiement du contrôle militaire de la planète par le Etats Unis et leurs alliés subalternes de l’Otan.
La financiarisation de ce système est indissociable, dans mon analyse, de son caractère oligopolistique affirmé. Il s’agit là d’une relation organique fondamentale. Ce point de vue n’est pas celui qui domine, non seulement dans la littérature volumineuse des économistes conventionnels, mais encore dans la plupart des écrits critiques concernant la crise en cours.

C’est ce système dans son ensemble qui est désormais en difficulté.

Les faits sont déjà là : l’effondrement financier est déjà en passe de produire non pas une «récession» mais une véritable dépression profonde. Mais au-delà, d’autres dimensions de la crise du système ont émergé à la conscience publique avant même l’effondrement financier. On en connaît les grands titres – crise énergétique, crise alimentaire, crise écologique, changements climatiques – et de nombreuses analyses de ces aspects des défis contemporains sont produites quotidiennement, dont quelques unes de la plus grande qualité.
Je reste néanmoins critique à l’endroit de ce mode de traitement de la crise systémique du capitalisme, qui isole trop les différentes dimensions du défi. Je redéfinis donc les «crises» diverses comme les facettes du même défi, celui du système de la mondialisation capitaliste contemporaine (libérale ou pas) fondé sur la ponction que la rente impérialiste opère à l’échelle mondiale, au profit de la ploutocratie des oligopoles de l’impérialisme collectif de la triade.
La vraie bataille se livre sur ce terrain décisif entre les oligopoles qui cherchent à produire et reproduire les conditions qui leur permettent de s’approprier la rente impérialiste et toutes leurs victimes – travailleurs de tous les pays du Nord et du Sud, peuples des périphéries dominées condamnées à renoncer à toute perspective de développement digne de ce nom.


Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ?


La formule avait été proposée par André Gunder Frank et moi-même en 1974.
L’analyse que nous proposions de la nouvelle grande crise que nous estimions amorcée nous avait conduit à la conclusion majeure que le capital répondrait au défi par une nouvelle vague de concentration sur la base de laquelle il procéderait à des délocalisations massives. Ce que les évolutions ultérieures ont largement confirmé. Le titre de notre intervention à un colloque organisé par Il Manifesto à Rome à cette date («N’attendons pas 1984», par référence à l’ouvrage de George Orwell sorti des oubliettes à cette occasion) invitait la gauche radicale de l’époque à renoncer à venir au secours du capital par la recherche de «sorties de la crise», pour s’engager dans des stratégies de « sortie du capitalisme en crise ».
J’ai poursuivi cette ligne d’analyse avec une obstination que je ne regrette pas. Je proposais donc une conceptualisation des formes nouvelles de domination des centres impérialistes fondée sur l’affirmation de modes nouveaux de contrôle se substituant au monopole ancien de l’exclusive industrielle, ce que la montée des pays qualifiés depuis « d’émergents » a confirmé. Je qualifiais la nouvelle mondialisation en construction « d’aparheid à l’échelle mondiale », appelant la gestion militarisée de la planète, perpétuant dans des conditions nouvelles la polarisation indissociable de l’expansion du «capitalisme réellement existant».
La seconde vague d’émancipation des peuples : un « remake » du XX ième siècle ou mieux ?


Il n’y a pas d’alternative à la perspective socialiste.


Le monde contemporain est gouverné par des oligarchies. Oligarchies financières aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, qui dominent non seulement la vie économique, mais tout autant la politique et la vie quotidienne. Oligarchies russes à leur image que l’Etat russe tente de contrôler. Statocratie en Chine. Autocraties (parfois cachées derrière quelques apparences d’une démocratie électorale « de basse intensité ») inscrites dans ce système mondial ailleurs dans le reste de la planète.
La gestion de la mondialisation contemporaine par ces oligarchies est en crise.
Les oligarchies du Nord comptent bien rester au pouvoir, le temps de la crise passé. Elles ne se sentent pas menacées. Par contre la fragilité des pouvoirs des autocraties du Sud est, elle, bien visible. La mondialisation en place est, de ce fait, fragile. Sera-t-elle remise en question par la révolte du Sud, comme ce fut le cas au siècle passé ? Probable. Mais triste. Car l’humanité se s’engagera sur la voie du socialisme, seule alternative humaine au chaos, que lorsque les pouvoirs des oligarchies, de leurs alliés et de leurs serviteurs seront mis en déroute à la fois dans les pays du Nord et dans ceux du Sud.
Vive l’internationalisme des peuples face au cosmopolitisme des oligarchies.

La remise en selle du capitalisme des oligopoles financiarisés et mondialisés est elle possible ?


Le capitalisme est «libéral» par nature, si l’on entend par «libéralisme» non pas ce joli qualificatif que le terme inspire, mais l’exercice plein et entier de la domination du capital non pas seulement sur le travail et l’économie, mais sur tous les aspects de la vie sociale. Il n’y a pas «d’économie de marché» (expression vulgaire pour dire capitalisme) sans «société de marché». Le capital poursuit obstinément cet objectif unique. L’Argent. L’accumulation pour elle-même. Marx, mais après lui d’autres penseurs critiques comme Keynes, l’ont parfaitement compris. Pas nos économistes conventionnels, ceux de gauche inclus.

Ce modèle de domination exclusive et totale du capital avait été imposé avec obstination par les classes dirigeantes tout au long de la longue crise précédente jusqu’en 1945. Seule la triple victoire de la démocratie, du socialisme et de la libération nationale des peuples avait permis, de 1945 à 1980, la substitution à ce modèle permanent de l’idéal capitaliste, de la coexistence conflictuelle des trois modèles sociaux régulés qu’ont été le Welfare State de la social démocratie à l’Ouest, les socialismes réellement existants à l’Est et les nationalismes populaires au Sud. L’essoufflement puis l’effondrement de ces trois modèles a par la suite rendu possible un retour à la domination exclusive du capital, qualifiée de néo libérale.
J’ai associé ce nouveau «libéralism» à un ensemble de caractères nouveaux de ce qui m’est apparu mériter la qualification de «capitalisme sénil». Le livre qui porte ce titre, publié en 2001, comptait probablement parmi les rares écrits à l’époque qui, loin de voir dans le néolibéralisme mondialisé et financiarisé la «fin de l’histoire», analysait ce système du capitalisme vieillissant comme instable, condamné à un effondrement, précisément à partir de sa dimension financiarisée (son «talon d’Achille», ai-je écrit).
Les économistes conventionnels sont demeurés obstinément sourds à toute remise en cause de leur dogmatique. Au point d’avoir été incapables de prévoir l’effondrement financier de 2008. Ceux que les médias dominants ont présenté comme « critiques » méritent peu cette qualification. Stiglitz reste convaincu que le système tel qu’il était – le libéralisme mondialisé et financiarisé – peut être remis en selle, moyennant quelques corrections. Amartya Sen prêche la morale sans oser penser le capitalisme réellement existant tel qu’il est nécessairement.
Les désastres sociaux que le déploiement du libéralisme – « l’utopie permanente du capital » ai-je écrit – n’allait pas manquer de provoquer ont inspiré bien des nostalgies du passé récent ou lointain. Mais ces nostalgies ne permettent pas de répondre au défi. Car elles sont le produit d’un appauvrissement de la pensée critique théorique qui s’était progressivement interdit de comprendre les contradictions internes et les limites des systèmes de l’après seconde guerre mondiale, dont les érosions, les dérives et les effondrements sont apparus comme des cataclysmes imprévus.
Néanmoins, dans le vide créé par ces reculs de la pensée théorique critique, une prise de conscience de dimensions nouvelles de la crise systémique de civilisation a trouvé le moyen de se frayer la voie. Je fais référence ici aux écologistes. Mais les Verts, qui ont prétendu se distinguer radicalement et tout également des Bleus (les conservateurs et les libéraux) et des Rouges (les Socialistes) se sont enfermés dans l’impasse, faute d’intégrer la dimension écologique du défi dans une critique radicale du capitalisme.
Tout était en place donc pour assurer le triomphe – passager en fait, mais qui s’est vécu comme « définitif » - de l’alternative dite de la «démocratie libérale». Une pensée misérable – une véritable non pensée – qui ignore ce que pourtant Marx avait dit de décisif concernant cette démocratie bourgeoise qui ignore que ceux qui décident ne sont pas ceux qui sont concernés par ces décisions. Ceux qui décident, jouissent de la liberté renforcée par le contrôle de la propriété, sont aujourd’hui les ploutocrates du capitalisme des oligopoles et les Etats qui sont leurs débiteurs. Par la force des choses les travailleurs et les peuples concernés ne sont guère que leurs victimes. Mais de telles billevesées pouvaient paraître crédibles, un court moment, du fait des dérives des systèmes de l’après guerre, dont la misère des dogmatiques ne parvenait plus à comprendre les origines. La démocratie libérale pouvait alors paraître le « meilleur des systèmes possibles »
Aujourd’hui les pouvoirs en place, qui eux n’avaient rien prévu, s’emploient à restaurer ce même système. Leur succès éventuel, comme celui des conservateurs des années 1920 – que Keynes dénonçait sans trouver d’écho à l’époque – ne pourra qu’aggraver l’ampleur des contradictions qui sont à l’origine de l’effondrement financier de 2008.
Non moins grave est le fait que les économistes « de gauche » ont rallié depuis longtemps l’essentiel des thèses de l’économie vulgaire et accepté l’idée – erronée – de la rationalité des marchés. Ceux là ont concentré leurs efforts sur la définition des conditions de cette rationalité, abandonnant Marx – qui, lui, découvre l’irrationalité des marchés du point de vue de l’émancipation des travailleurs et des peuples – jugé « obsolète ». Dans leur perspective le capitalisme est flexible, s’ajuste aux exigences du progrès (technologique et même social) si on l’y contraint. Ces économistes de « gauche » n’étaient pas préparés à comprendre que la crise qui a éclaté était inévitable. Ils sont encore moins préparés pour faire face aux défis auxquels les peuples sont confrontés de ce fait. Comme les autres économistes vulgaires ils chercheront à réparer les dégâts, sans comprendre qu’il est nécessaire, pour le faire avec succès, de s’engager sur une autre route – celle du dépassement des logiques fondamentales du capitalisme. Au lieu de chercher à sortir du capitalisme en crise, ils pensent pouvoir sortir de la crise du capitalisme.


Crise de l’hégémonie des Etats-Unis


La récente réunion du G20 (Londres, avril 2009) n’amorce en rien une «reconstruction du monde». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’Otan, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du «Nord» contre le «Su» doit continuer.

On savait déjà que les gouvernements de la triade – Etats Unis, Europe et Japon – poursuivent l’objectif exclusif d’une restauration du système tel qu’il était avant septembre 2008, et il ne faut pas prendre au sérieux les interventions à Londres du Président Obama et de Gordon Brown d’une part, celles de Sarkozy et d’Angela Merkel d’autre part, destinées à amuser la galerie. Les «différences» prétendues, accusées par les médias, sans consistance réelle, répondent aux seuls besoins des dirigeants concernés de se faire valoir auprès de leurs opinions naïves. « Refonder le capitalisme », « moraliser les opérations financières » : beaucoup de grand mots pour éviter d’aborder les vraies questions. C’est pourquoi la restauration du système, qui n’est pas impossible, ne résoudra aucun problème, mais en aggravera plutôt la gravité. La «commission Stiglitz», convoquée par les Nations Unies, s’inscrit dans cette stratégie de construction d’un trompe l’oeil. Evidemment on ne saurait attendre autre chose des oligarques qui contrôlent les pouvoirs réels et de leurs débiteurs politiques. Le point de vue que j’ai développé, qui place l’accent sur les rapports entre la domination des oligopoles et la financiarisation nécessaire de sa gestion de l’économie mondiale – indissociables l’une de l’autre – est bien conforté par les résultats du G 20.

Plus intéressant est le fait que les leaders des «pays émergents» invités ont gardé le silence. Une seule phrase intelligente a été prononcée au cours de cette journée de grand cirque, par le Président chinois Hu Jintao, qui a fait observer « en passant », sans insister et avec le sourire (narquois ?), qu’il faudra bien finir par envisager la mise en place d’un système financier mondial qui ne soit pas fondé sur le dollar. Quelques rares commentateurs ont immédiatement fait le rapprochement - correct – avec les propositions de Keynes en 1945.

Cette « remarque » nous rappelle à la réalité : que la crise du système du capitalisme des oligopoles est indissociable de celle de l’hégémonie des Etats-Unis, à bout de souffle. Mais qui prendra la relève ? Certainement pas «l’Europe» qui n’existe pas en dehors de l’atlantisme et ne nourrit aucune ambition d’indépendance, comme l’assemblée de l’Otan l’a démontré une fois de plus. La Chine ? Cette «menace», que les médias invoquent à satiété (un nouveau «péril jaune») sans doute pour légitimer l’alignement atlantiste, est sans fondement. Les dirigeants chinois savent que leur pays n’en a pas les moyens, et ils n’en ont pas la volonté. La stratégie de la Chine se contente d’oeuvrer pour la promotion d’une nouvelle mondialisation, sans hégémonie. Ce que ni les Etats Unis, ni l’Europe ne pensent acceptable.
Les chances donc d’un développement possible allant dans ce sens reposent encore intégralement sur les pays du Sud. Et ce n’est pas un hasard si la Cnuced est la seule institution de la famille des Nations-Unies qui ait pris des initiatives fort différentes de celles de la commission Stiglitz. Ce n’est pas un hasard si son directeur, le thaïlandais Supachai Panitchpakdi, considéré jusqu’à ce jour comme un parfait libéral, ose proposer dans le rapport de l’organisation intitulé « The Global Economic Crisis », daté de mars 2009, des avancées réalistes s’inscrivant dans la perspective d’un second moment de « l’éveil du Sud ».
La Chine de son côté a amorcé la construction – progressive et maîtrisée - de systèmes financiers régionaux alternatifs débarrassés du dollar. Des initiatives qui complètent, au plan économique, la promotion des alliances politiques du « groupe de Shanghai », l’obstacle majeur au bellicisme de l’Otan.
L’assemblée de l’Otan, réunie dans la même foulée en avril 2009, a entériné la décision de Washington, non pas d’amorcer son désengagement militaire, mais au contraire d’en accentuer l’ampleur, toujours sous le prétexte fallacieux de la lutte contre le «terrorisme». Le Président Obama emploie donc tout son talent pour tenter de sauver le programme de Clinton puis de Bush de contrôle militaire de la planète, seul moyen de prolonger les jours de l’hégémonie américaine menacée. Obama a marqué des points et obtenu la capitulation sans condition de la France de Sarkozy – la fin du gaullisme – qui a réintégré le commandement militaire de l’Otan, ce qui demeurait difficile tant que Washington parlait par la voix de Bush, dépourvue d’intelligence mais pas d’arrogance. De surcroît Obama s’est posé, comme Bush, en donneur de leçons, peu soucieux de respecter « l’indépendance » de l’Europe, invitée à accepter l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne !


Vers une seconde vague de luttes victorieuses pour l’émancipation des travailleurs et des peuples.

De nouvelles avancées dans les luttes d’émancipation des peuples sont elles possibles ?
La gestion politique de la domination mondiale du capital des oligopoles est nécessairement d’une violence extrême. Car, pour conserver leurs positions de sociétés opulentes, les pays de la triade impérialiste sont désormais contraints de réserver à leur bénéfice exclusif l’accès aux ressources naturelles de la planète. Cette exigence nouvelle est à l’origine de la militarisation de la mondialisation, que j’ai qualifiée « d’empire du chaos » (titre d’un de mes ouvrages paru en 2001), expression reprise par d’autres depuis.
Dans le sillage du déploiement du projet de Washington de contrôle militaire de la planète, de conduite à cet effet de « guerres préventives » sous le prétexte de lutte « contre le terrorisme », l’Otan s’est auto qualifiée de « représentant de la communauté internationale », et par là même a marginalisé l’ONU, seule institution qualifiée pour parler en ce nom.
Bien entendu ces objectifs réels ne peuvent être avoués. Pour les masquer les puissances concernées ont donc choisi d’instrumentaliser le discours de la démocratie et se sont octroyé un « droit d’intervention » pour imposer le « respect des droits humains » !
Parallèlement le pouvoir absolu des nouvelles ploutocraties oligarchiques a vidé de son contenu la pratique de la démocratie bourgeoise. Alors que la gestion des temps anciens exigeait la négociation politique entre les différentes composantes sociales du bloc hégémonique nécessaire à la reproduction du pouvoir du capital, la nouvelle gestion politique de la société du capitalisme des oligopoles, mise en oeuvre par les moyens d’une dépolitisation systématique, fonde une culture politique nouvelle « du consensus » (sur le modèle de celle des Etats Unis), qui substitue le consommateur et le spectateur politique au citoyen actif, condition d’une démocratie authentique. Ce « virus libéral » (pour reprendre le titre de mon ouvrage publié en 2005), abolit l’ouverture sur des choix alternatifs possibles et lui substitue le consensus autour du seul respect de la démocratie électorale procédurale.
L’essoufflement puis l’effondrement des trois modèles de la gestion sociale évoqués plus haut est à l’origine du drame. La page de la première vague de luttes pour l’émancipation est tournée, celle de la seconde vague n’est pas encore ouverte. Dans la pénombre qui les sépare se « dessinent des monstres », comme l’écrit Gramsci.
Au Nord ces évolutions sont à l’origine de la perte de sens de la pratique démocratique. Ce recul est masqué alors par les prétentions du discours dit « post moderniste », selon lesquelles nations et classes auraient déjà évacué la scène pour laisser la place à « l’individu » devenu le sujet actif de la transformation sociale.
Dans le Sud d’autres illusions occupent désormais le devant de la scène. Qu’il s’agisse de l’illusion d’un développement capitaliste national autonome s’inscrivant dans la mondialisation, puissante dans les classes dominantes et moyennes des pays « émergents », confortée par les succès immédiats des dernières décennies. Ou des illusions passéistes (para ethniques ou para religieuses) dans les pays laissés pour compte.
Plus grave est le fait que ces évolutions confortent l’adhésion générale à « l’idéologie de la consommation », à l’idée que le progrès se mesure à la croissance quantitative de celle-ci. Marx avait démontré que c’est le mode de production qui détermine celui de la consommation et non l’inverse, comme le prétend l’économie vulgaire. La perspective d’une rationalité humaniste supérieure, fondement du projet socialiste, est alors perdue de vue. Le potentiel gigantesque que l’application de la science et de la technologie offre à l’humanité entière, qui devrait permettre l’épanouissement réel des individus et des sociétés, au Nord comme au Sud, est gaspillé par les exigences de sa soumission aux logiques de la poursuite indéfinie de l ‘accumulation du capital. Plus grave encore les progrès continus de la productivité sociale du travail sont associés à un déploiement vertigineux des mécanismes de la paupérisation (visibles à l’échelle mondiale, entre autre par l’offensive généralisée contre les sociétés paysannes), comme Marx l’avait compris.
L’adhésion à l’aliénation idéologique produite par le capitalisme ne frappe pas seulement les sociétés opulentes des centres impérialistes. Les peuples des périphéries, il est vrai dans leurs majorités largement privés de l’accès à des niveaux de consommation acceptables, aveuglés par des aspirations à la consommation analogue à celle du Nord opulent, perdent la conscience que la logique du déploiement du capitalisme historique rend impossible la généralisation du modèle en question à la planète entière.
On comprend alors les raisons pour lesquelles l’effondrement financier de 2008 a été le résultat exclusif de l’aiguisement des contradictions internes propres à l’accumulation du capital. Or seule l’intervention de forces porteuses d’une alternative positive permet d’imaginer une sortie du simple chaos produit par l’aiguisement des contradictions internes du système (j’ai opposé dans cet esprit « la voie révolutionnaire » au modèle de dépassement d’un système historiquement obsolète par « la décadence »). Et, dans l’état actuel des choses, les mouvements de protestation sociale, en dépit de leur montée visible, demeurent dans l’ensemble incapables de remettre en cause l’ordre social associé au capitalisme des oligopoles, faute de projet politique cohérent à la hauteur des défis.
De ce point de vue la situation actuelle est fort différente de celle qui prévalait dans les années 1930, alors que s’affrontaient des forces porteuses d’options socialistes d’une part et de partis fascistes d’autre part, produisant ici la réponse nazi et là le New Deal et les Fronts populaires.
L’approfondissement de la crise ne sera pas évité, même dans l’hypothèse du succès éventuel – pas impossible – d’une remise en selle du système de domination du capital des oligopoles. Dans ces conditions la radicalisation possible des luttes n’est pas une hypothèse impossible, même si les obstacles restent considérables.
Dans les pays de la triade cette radicalisation impliquerait que soit mis à l’ordre du jour l’expropriation des oligopoles, ce qui paraît bien exclu pour l’avenir visible. En conséquence l’hypothèse qu’en dépit des turbulences provoquées par la crise, la stabilité des sociétés de la triade ne soit pas remise en cause n’est pas davantage à écarter. Le risque d’un « remake » de la vague des luttes d’émancipation du siècle dernier, c’est à dire d’une remise en cause du système exclusivement à partir de certaines de ses périphéries, est sérieux.
Une seconde étape de « l’éveil du Sud » (pour reprendre le titre de mon livre, publié en 2007, qui offre une lecture de la période de Bandoeng comme celle du premier temps de cet éveil) est à l’ordre du jour. Dans la meilleure des hypothèses les avancées produites dans ces conditions pourraient contraindre l’impérialisme à reculer, à renoncer à son projet démentiel et criminel de contrôle militaire de la planète. Et dans cette hypothèse le mouvement démocratique dans les pays du centre pourrait contribuer positivement au succès de cette neutralisation. De surcroît le recul de la rente impérialiste dont bénéficient les sociétés concernées, produit par la réorganisation des équilibres internationaux en faveur du Sud (en particulier de la Chine) pourrait parfaitement aider au réveil d’une conscience socialiste. Mais d’un autre côté les sociétés du Sud resteraient confrontées aux mêmes défis que dans le passé, produisant les mêmes limites à leurs avancées.


Un nouvel internationalisme des travailleurs et des peuples est nécessaire et possible.

Le capitalisme historique est tout ce qu’on veut sauf durable. Il n’est qu’une parenthèse brève dans l’histoire. Sa remise en cause fondamentale - que nos penseurs contemporains, dans leur grande majorité, n’imaginent ni « possible » ni même « souhaitable » – est pourtant la condition incontournable de l’émancipation des travailleurs et des peuples dominés (ceux des périphéries, 80 % de l’humanité). Et les deux dimensions du défi sont indissociables. Il n’y aura pas de sortie du capitalisme par le moyen de la seule lutte des peuples du Nord, ou par la seule lutte des peuples dominés du Sud. Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, et dans la mesure où, ces deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre. Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la Planète. Le scénario d’un « remake » possible du XXième siècle restera donc en deçà des exigences d’un engagement de l’humanité sur la longue route de la transition au socialisme mondial. Le désastre libéral impose un renouveau de la critique radicale du capitalisme. Le défi est celui auquel est confrontée la construction/reconstruction permanente de l’internationalisme des travailleurs et des peuples, face au cosmopolitisme du capital oligarchique.
La construction de cet internationalisme ne peut être envisagée que par le succès d’avancées révolutionnaires nouvelles (comme celles amorcées en Amérique latine et au Népal) ouvrant la perspective d’un dépassement du capitalisme.
Dans les pays du Sud le combat des Etats et des nations pour une mondialisation négociée sans hégémonies – forme contemporaine de la déconnexion – soutenu par l’organisation des revendications des classes populaires peut circonscrire et limiter les pouvoirs des oligopoles de la triade impérialiste. Les forces démocratiques dans les pays du Nord doivent soutenir ce combat. Le discours « démocratique » proposé, et accepté par la majorité des gauches telles qu’elles sont, les interventions "humanitaires" conduites en son nom comme les pratiques misérables de "l’aide" écartent de leurs considérations la confrontation réelle avec ce défi.
Dans les pays du Nord les oligopoles sont déjà visiblement des "biens communs" dont la gestion ne peut être confiée aux seuls intérêts particuliers (dont la crise a démontré les résultats catastrophiques). Une gauche authentique doit avoir l’audace d’en envisager la nationalisation, étape première incontournable dans la perspective de leur socialisation par l’approfondissement de la pratique démocratique. La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d’un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies en place.
La première vague de luttes pour le socialisme, celle du XX ième siècle, a démontré les limites des social démocraties européennes, des communismes de la troisième internationale et des nationalismes populaires de l’ère de Bandoung, l’essoufflement puis l’effondrement de leurs ambitions socialistes. La seconde vague, celle du XXI ième siècle, doit en tirer les leçons. En particulier associer la socialisation de la gestion économique et l’approfondissement de la démocratisation de la société. Il n’y aura pas de socialisme sans démocratie, mais également aucune avancée démocratique hors de la perspective socialiste.
Ces objectifs stratégiques invitent à penser la construction de "convergences dans la diversité" (pour reprendre l’expression retenue par le Forum Mondial des Alternatives) des formes d’organisation et de luttes des classes dominées et exploitées. Et il n’est pas dans mon intention de condamner par avance celles de ces formes qui, à leur manière, renoueraient avec les traditions des social-démocraties, des communismes et des nationalismes populaires, ou s’en écarteraient.
Dans cette perspective il me paraît nécessaire de penser le renouveau d’un marxisme créateur. Marx n’a jamais été aussi utile, nécessaire, pour comprendre et transformer le monde, aujourd’hui autant et même plus encore qu’hier. Etre marxiste dans cet esprit c’est partir de Marx et non s’arrêter à lui, ou à Lénine, ou à Mao, comme l’ont conçu et pratiqué les marxismes historiques du siècle dernier. C’est rendre à Marx ce qui lui revient : l’intelligence d’avoir amorcé une pensée critique moderne, critique de la réalité capitaliste et critique de ses représentations politiques, idéologiques et culturelles.
Le marxisme créateur doit poursuivre l’objectif d’enrichir sans hésitation cette pensée critique par excellence. Il ne doit pas craindre d’y intégrer tous les apports de la réflexion, dans tous les domaines, y compris ceux de ces apports qui ont été considérés, à tort, comme "étrangers" par les dogmatiques des marxismes historiques du passé.

P.-S. : Les thèses présentées dans cet article ont été développées par l’auteur dans son ouvrage Sur la crise, sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (ed. Le Temps des Cerises, Paris, 2009).

 


 

 

 


 

POUR UNE EGALITE PARENTALE

 


ENFANT ET SON DROIT

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Tout enfant a un droit absolu à son unique papa, à son unique maman, et à la protection et l'affection de toute sa famille des deux côtés, proche comme éloignée, surtout en cas de divorce ou de séparation... Cinq propositions remises au COFRADE L'explosion du nombre des séparations parentales met en péril, dans les conditions actuelles, la relation entre les enfants et l'un de leurs parents, le père en général, et avec les grands-parents, oncles, tantes et cousins associés. Elle fragilise de nombreuses autres familles, perturbe le milieu scolaire et crée pour de nombreux enfants une insécurité croissante.
Sont violés à la fois l'esprit et la lettre notamment des articles 2, 9 et 18 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ainsi que des articles 8 et 14 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.
Les propositions qui suivent sont des priorités retenues par le COFRADE. Elles visent à améliorer la situation du plus grand nombre de personnes souffrant d'ores et déjà des erreurs accumulées depuis une génération: environ deux millions d'enfants, un million de parents et deux millions de grands-parents, avec des dégâts de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards de francs par an infligés à l'économie nationale (de quoi relancer plusieurs centaines de milliers d'emplois créatifs).
Proposition I : Le projet de loi devrait remplacer la notion floue de l'intérêt de l'enfant par des références précises à la Convention Internationale des Droits de l’enfant.
Explication : Notamment, pour la suppression des discriminations contre l’enfant naturel, une référence à l'article 2 de la CIDE s’impose. Pour le droit de l'enfant à ses deux parents, des références explicites aux articles 2, 9 et 18 de la CIDE et aux articles 8 et 14 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme> seraient utiles.
Proposition Il : Revalorisation de l'article 371-2 du code civil par abrogation pure et simple de l'article 46 de la loi 93-22 du 8 janvier 1993 et des articles 374, 372 et 372-1 du code civil, applicabilité immédiate de la loi en préparation, absence dans cette loi de toute mesure transitoire consolidant les exclusions antérieures d'exercice d'autorité parentale.
Explication : Actuellement la responsabilité parentale est démantelée par des jugements et surtout des lois discriminatoires qui suppriment d'office l'exercice d'autorité parentale, traitant l'enfant comme l'objet d'un système de nue-propriété (l'autorité) et d'usufruit (l'exercice). Ces textes à abroger sont ceux qui bloquent la généralisation de lcxercice conjoint d'autorité. Ils créent environ deux millions d'orphelins artificiels avec environ un million de parents exclus, déresponsabilisés.
Proposition III : Introduire dans l'article 287 du code civil, après abrogation de l'article 374 et coordonnés, la résidence alternée (déjà légalisée par l'article 22-1 du code civil pour les parents binationaux) comme régime de référence pour l'enfant de parents séparés. Lorsque l'alternance est absolument contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant ou aux souhaits, non d'un seul, mais des deux parents, demander à chaque parent de présenter un plan de vie pour l'enfant et privilégier un lieu de vie principal de l'enfant chez celui des parents qui se manifeste le plus généreux à l'égard de la relation entre l'enfant et l'autre parent.
Explication : Actuellement l'enfant est souvent pris en otage par le parent "gardien de la résidence principale" afin de consolider des avantages moraux et matériels considérables. Il y aura lieu de répartir par stricte moitié entre les parents les prestations sociales et avantages fiscaux et les charges, de transport notamment. De plus les usages judiciaires ne pourront plus donner une prime à l'état de fait créé par le parent le plus agressif, notamment le parent qui prend l'initiative d'une séparation géographique.
Comme le dit la Cour dAppel de Paris (Paris 10/2/99, 990138) "rien ne permet d'affirmer que l'hébergement partagé soit par principe néfaste à l'enfant". En remplaçant la résidence principale par la double rés idence de l'enfant, cette proposition fait du divorce et de la séparation une opération 'à gain nul'. La proposition est au coeur du dispositif protecteur à instituer.
Proposition IV : Abroger la transmission de la charge de la prestation compensatoire aux héritiers (article 276-2 du code civil). Tarifer une réduction automatique de toute pension alimentaire ou prestation compensatoire lorsqu'apparaît un nouvel enfant du débiteur.
Explication : Le système actuel est gravement discriminatoire contre les enfants de second lit ou de rang supérieur. Encore une fois est violé l'article 2 de la CIDE, l'égalité entre enfants. En ce qui concerne l'égalité entre citoyens, pourquoi la première veuve serait-elle protégée aux dépens de enfants de la seconde ? En dehors du cas exorbitant de la prestation compensatoire, une veuve ne peut pas demander de pension aux enfants d'un autre lit de son mari défunt.
Proposition V : Léguer à nos enfants un système judiciaire fiable, en rendant transparente la justice familiale.
Explication : Le prétexte de protection de la vie privée par le huis clos permet toutes les dérives et couvre de grandes injustices par l'arbitraire. Il faut rendre le huis clos exceptionnel, faire des profils statistiques tribunal par tribunal, voire, comme pour les médecins, juge par juge. Multiplier les études pilotées par des comités scientifiques comprenant des associations de terrain, former les auxiliaires de justice, observer l'impact économique, démographique, social des politiques judiciaires, inclure des citoyens dans les instances d'experts. Sans cette levée du secret, la réforme subira les mêmes dérives que les réformes de 1975, 1987 et 1993.

Association Enfant Et Son Droit (12 rue Alphand, 75013 Paris)
Fax : 01.40.43.14.36

 

 

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