Le château du Bouchet

à Bonneçon (commune de Nuars)

près du Mont Sabot et du hameau de Neuffontaines

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Photos du Bouchet prises le 16-1-11 par Roger Ripert

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Photo RR du 14-8-2011

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Description du château

par Georges de Soultrait

 

«Château du Bouchet, bâti au XIIIème siècle ou au commencement du XIVème sur un plan carré, flanqué de quatre fortes tours d'angle, talutées à leur base, dans la construction desquelles on remarque des arcs de décharge; deux tours assez bien conservées divisées en deux étages voûtés; courtines épaisses de 2 mètres; chemin de ronde et couronnements détruits.
Dans l'enceinte, maison moderne construite sur des souterrains contemporains du château; restes d'une chapelle avec caveau sépulcral; très-bel écusson du XVIIème siècle à une fasce surmontée de trois têtes de léopard (de Laperrière), supporté par deux lions, surmonté d'une couronne de comte et d'un casque avec lambrequins et accompagné de divers emblèmes militaires.»

in Répertoire archéologique du département de la Nièvre, rédigé sous les auspices de la Société Nivernaise des lettres, sciences et arts, par M. le Comte de Soultrait (24 décembre 1874.) - Paris : Imprimerie nationale, 1875, colonne 63. (Fonds pdf)

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Notice du Patrimoine de France

 

Catégorie : Château
Aire d'étude : Tannay
Lieu-dit : Le Bouchet
Adresse : Bouchet (chemin rural dit du)
Epoque de construction : 15e siècle (?) ; 17e siècle ; 19e siècle
Auteur(s) : maître d'oeuvre inconnu
Historique : Fief des seigneurs du Bouchet, le château échut par alliance aux la Tournelle puis aux Saint Aubin avant d'appartenir aux la Perrière : Eglantine du Bouchet, dont la dalle funéraire est conservée dans l'église de Metz-Le-Comte (voir dossier), fille unique de Guy du Bouchet et veuve d'Etienne de la Tournelle, épousa vers 1357 Guyot de Saint Aubin, seigneur de Chalaux.
Gabriel de la Perrière, fils de Claude de la Perrière et d'Anne de Rousset, et sa femme Charlotte de Montmorillon sont seigneurs du Bouchet en 1575.
On retrouve la même famille dans la 2e moitié du 18e siècle avec Claude-François de la Perrière, né en 1752, écuyer, seigneur du Bouchet et de la Vergne.
Le château, dont les parties les plus anciennes ne paraissent pas antérieures au 15e siècle, était en ruines en 1850 : ses quatre tours massives étaient encore jointes par de hautes et épaisses murailles mais la chapelle contigüe au corps de logis situé au nord était en démolition (archives paroissiales de Neuffontaines).
En 1875, G. de Soultrait signalait deux tours assez bien conservées divisées en deux étages voûtés, ainsi qu'une maison moderne construite dans l'enceinte sur des souterrains contemporains du château et les restes d'une chapelle avec un caveau sépulcral. Les deux tours orientales ont été détruites depuis. Le logis, dont le corps central parait dater du 17e siècle, a été agrandi au 19e siècle, après 1835, et le bâtiment gauche, affecté aux dépendances, a été restructuré en façade et surélevé sans doute à la même époque.
Description : Du château de plan approximativement carré cantonné de puissantes tours rondes talutées ne subsistent que les deux tours orientales, ruinées en partie haute, des vestiges du mur d'enceinte et d'un bâtiment non identifié, au sud, ainsi qu'un bâtiment allongé, au nord; ce dernier, très remanié, est constitué de deux corps d'habitation situés sous le même toit et flanqués, au même alignement, d'une grange entre deux étables. La façade antérieure du corps central est en moyen appareil de pierre de taille; un lourd bandeau sépare le rez-de-chaussée du haut comble aveugle.
Gros-oeuvre : calcaire ; moellon ; enduit ; pierre de taille ; moyen appareil
Couverture (matériau) : ardoise
étages : étage de soubassement ; en rez-de-chaussée surélevé
Décor : sculpture
représentation : armoiries, cuir découpé, carquois, épée, sabre, bouclier, casque, lion
armes de la famille de la Perrière supportées par deux lions et accompagnées d'emblèmes militaires;
support : façade du corps d'habitation central
couverture (type) : toit à longs pans ; pignon couvert
état : vestiges
propriété privée
date protection MH : édifice non protégé MH
Observations : G. de soultrait, répertoire archéo. et armorial.
Registre paroissial... Neuffontaines, vers 1850
type d'étude : inventaire topographique
date d'enquête : 1994
rédacteur(s) : Bernard Lauvergeon
N° notice : IA58000271
© Inventaire général, 1994
Dossier consultable : service régional de l'inventaire Bourgogne
Hôtel Chartraire de Montigny - 39, Rue Vannerie 21000 DIJON - 03.80.72.53.33

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L'histoire du château

par M. et Mme Fulgéras *

 

Source : Randonnée du 11 janvier 2009

 

L’histoire de l’ancien château du Bouchet remonte à son établissement dans la deuxième moitié du XIII ème siècle par la famille voisine de PIERRE PERTHUIS (1er aveu certain en 1269) (1).

Le plan carré avec flanquements par des tours rondes aux quatre angles est alors la norme pour les fortifications seigneuriales de la région. Seuls subsistent de cette époque les soubassements des tours, les ruines de l’enceinte de 2 m d’épaisseur et les restes de l’ancienne cuisine au 1er niveau du logis d’origine.

Durant cette fin du moyen âge, la famille du BOUCHET fournit des officiers aux maisons de NEVERS et de BOURGOGNE :
- Guy du BOUCHET, lieutenant général du Nivernais au début de la guerre de 100 ans
- Jean, bâtard du BOUCHET, officier de la maison de Jean sans Peur ayant participé à la croisade de NICOPOLIS
- Jean de SAINT-AUBIN, ayant lui aussi participé à cette croisade, lieutenant général du Nivernais en 1404 puis officier de la maison du roi.

Pendant la deuxième moitié du XVIème siècle, pour des raisons d’adaptation aux armes à feu et de vétusté, le château est pratiquement reconstruit, sur le même plan, par son détenteur Gabriel de la Perrière lui aussi lieutenant général du Nivernais. Les armoiries visibles dans la maison sont les siennes.

On peut penser que cet officier supérieur aux ordres du roi a vu là la possibilité de faire pièce, d’abord aux protestants en bordure de l’axe LA CHARITE SUR LOIRE-VEZELAY, puis aux ligueurs. La tradition veut qu’alors le Bouchet ait servi de prison.

Le Bouchet serait alors une des rares petites fortifications privées de cette époque, peut-être financée par le roi.

La propriété retourne doucement à l’abandon à partir du milieu du XVIIème siècle lorsqu’elle est cédée, comme Bazoche et les environs, au maréchal de Vauban.

A la suite de la révolution et pendant une cinquante d’années, les bâtiments du château, comme de la basse cour et son église paroissiale servent de carrière pour la construction des maisons des villages voisins lors de l’essor de la paysannerie de ce début du XIXème siècle. Une ferme est installée dans les ruines en 1843 mais n’était plus habitée depuis au moins 1914 lorsque nous l’avons acquise en 1993 **.

(1) Droit féodal : Acte d'un vassal reconnaissant quelqu'un pour seigneur, duquel il déclarait tenir tel héritage, et généralement suivi du dénombrement, description détaillée des biens composant le fief.

* Texte aimablement communiqué par Mr et Mme Fulgéras propriétaires et restaurateurs du château du Bouchet.

** Vendue apparemment par M. Maxime Dameron (propriétaire en retraite à Chitry Mont Sabot). Une ferme héritée de Bernard Dameron (exploitant agricole à Chitry Mont Sabot décédé prématurément) qui, selon Françoise Flora, la tenait de son oncle, Camille Martin de Neuffontaines (entretien en janvier 2011).

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Pierre à pierre

 

Article paru dans Version Femina, supplément au journal Centre France, n° 44, 2 février 2003.

Transmis par Mme Jocelyne Perdriat, le 10/4/2011. Voir la photo de la page.

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Le château du Bouchet en 1960

et les armoiries de la famille de la Perrière *

Extrait d'un article publié sans doute dans le Journal du Centre, en 1960,
dont l'auteur serait Maurice Carroy (voir l'autre article ci-dessous).

Source : cahier du Père Joseph Jonette appartenant à J-P Derlon
(articles transmis le 19-1-11)

 

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Photo RR du 14-8-2011

Les armoiries de la famille de La Perrière

La pierre sculptée se trouve dans la maison d'habitation, à présent

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Armorial du Nivernais (T. 2)

par Georges de Soultrait (pl. XXIII)

Voir la famille de La Perrière, pp. 129-130

 

Blason de la famille de La Perrière

par l'abbé Michel de Marolles

 

«1609 - Paul de la Perrière, sgr du Bouchet et Bouvesson, pour les sgries du Bouchet, Chitry-sous-Montsabot, Chassagnes et Marre, à cause des chât. de Meers, Monceaux-le-Comte et Neuffontaines; les susd. sgries à lui échues par la succession de feu h. [haut] et p. [puissant] seigneur mess. Gabriel de la Perrière, chevalier de l'ordre du roi, et dame Charlotte de Montmorillon [fille de Jean-Baptiste Saladin de Montmorillon], en leur vivant sgr et dame desd. lieux;
écu d'argent, à la fasce de gueules, accompagnée de trois têtes de léopard aussi de gueules, languies d'or, posées en chef, entouré du collier de Saint- Michel;» (fichier ITN p. 470).

* in Marolles, Michel de (1600-1681), Inventaire des titres de Nevers de l'abbé de Marolles, suivi d'extraits des titres de Bourgogne et de Nivernois, d'extraits des inventaires des archives de l'église de Nevers et de l'inventaire des archives des Bordes, publié et annoté par le Cte de Soultrait, Nevers, Impr. de Fay, 1873, 1 vol. (XXII-783 p.); 27 cm. Publication de la "Société Nivernaise" (25 novembre 1872).
Bnf et Gallica : Notice n° : FRBNF36478146

 

 

Armoiries du Bouchet :

blason de la famille Pierre-Perthuis

 

Photos RR du 22/7/14 au Bouchet

 

Les premiers seigneurs du Bouchet (Boschet, Boischet, Boichet, Bosqueto, voir Boichat) sont issus des Pierre Perthuis, famille puissante au XIIème siècle dont les cadets semblent porter dès le mileu de ce siècle le nom éponyme.

C'e n'est qu'en 1269, à la toute fin du règne de Saint Louis, qu'un hommage est rendu au comte de Nevers pour sa maison (domus) du Bouchet par Hugues de Pierre-Perthuis. Une date cohérente avec le début de la grande vague de construction des maisons fortes.

Comme le rapporte ci-dessous l'abbé de Marolles, les amoiries pour la maison de Bouchet sont apparemment celles des Pierre-Perthuis : six pointes de pic avec en outre une bordure.

1269-1382 — Hommages rendus aux Comtes par les personnes dont les noms suivent : Hugues de Pierre-Perthuis, chevalier, pour la maison de Bouchet et 200 l. de r. [200 livres de rente ?] environ; sceau aux armes de Pierre-Perthuis, qui portent six pointes de pic (sic), avec une bordure (note 2)...

Note 2 : Nous donnons cette description telle que la trouvons dans le ms [?]; nous ne savons ce que peuvent être ces pointes de pic. (P. 159).

in Marolles, Michel de (1600-1681), Inventaire des titres de Nevers de l'abbé de Marolles, suivi d'extraits des titres de Bourgogne et de Nivernois, d'extraits des inventaires des archives de l'église de Nevers et de l'inventaire des archives des Bordes, publié et annoté par le Cte de Soultrait, Nevers, Impr. de Fay, 1873, 1 vol. (XXII-783 p.); 27 cm. Publication de la "Société Nivernaise" (25 novembre 1872).

 

 

Jean-Baptiste-Camille Corot (1796-1875)

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Dessin du château Dubouchet, près Mont Sabot, sur la route de Lormes à Clamecy par Corot, en 1842, transmis par M. Fulgéras lors de notre aimable rencontre du 22 juillet 2014.

De fait, le peintre Camille Corot a fait de nombreux séjours dans le Morvan, et à Lormes en particulier, où il avait de la famille. Voici quelques-unes des toiles qu'il a consacrées à la ville sur le site de M. Bernard Lecomte.

 

 

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