EAU NON POTABLE

 

Voir aussi : ASSAINISSEMENT INDIVIDUEL DES EAUX USÉES

 

 

La Nièvre : le vert pays des eaux contaminées !

L'eau déclarée non potable dans 84 communes depuis le 31 mars 2005...

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Journal du Centre, 2 août 2008

84 communes toujours interdites de consommer l'eau du réseau


L'eau du robinet contaminée


L'eau, une ressource naturelle vitale. Depuis trois ans, les habitants de plus de 80 communes de la Nièvre, soit 16.000 personnes, sont interdites de consommer l'eau du réseau, contaminée à l'arsenic et au fluor.

Vassine Azoug

«Trois ans que ça dure ! » Daniel Rond, habitant de la commune d'Anlezy n'en peut plus. Depuis le 31 mars 2005, un arrêté préfectoral interdit la consommation de l'eau dans la commune. Le précieux liquide est contaminé à l'arsenic et au fluor : «Mais naturellement ! En 2005, j'ai reçu, joint à ma facture, une circulaire sur les résultats d'analyse de l'eau sur l'année 2004, sur le réseau du syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable (Siaep) du Bazois. Une eau de bonne qualité bactériologique, mais le document annonce en conclusion que l'eau est devenue interdite à la consommation humaine», explique Daniel Rond.

Changement de normes par l’OMS

Jusqu'en 2005, l'eau du réseau était donc buvable. Mais voilà, après de nombreuses études internationales sur l'arsenic, de nouvelles normes ont été mises en place. Les seuils maximaux ont été abaissés par l'organisation mondiale de la santé (OMS).
L'ancienne valeur limite en arsenic était de 50 micro grammes/litre. La nouvelle norme impose la limite de 10 micro grammes/litre. Or, avec une valeur comprise entre 18 et 21 micro grammes/litre, l’eau d’Anlezy a été interdite à la consommation. Mais la commune nivernaise n'est pas la seule dans ce cas. Au total, 84 communes sont concernées par cette interdiction.

De l’eau en bouteille

L'eau est donc autorisée pour l'hygiène corporelle, la vaisselle, le linge, la cuisson des légumes, mais pour le reste, comment faire ? «J'achète des bouteilles d'eau. Donc j'utilise de l'eau de source pour faire mon café, pour cuisiner. Je consomme 2 à 3 litres par jour. Et moi je suis seul ! Alors imaginez une famille !», lance Daniel Rond.
Période de vacances scolaires, on se pose moins la question pour les écoles des 84 communes. Mais du côté des services de l'État, on annonce «que dans l'année, des contrôles sont effectués. Il y a une bonne application de l'arrêté dans les établissements». Avec ce texte, la préfecture de la Nièvre, engage les 16.000 habitants à prendre leur propre responsabilité quant à la consommation de l'eau du robinet.
Daniel Rond, professeur d'université à la retraite, est très impliqué dans le dossier. Pétition, contacts avec les services de l'État, il attend avec impatience qu'une solution soit trouvée, voire même déjà proposée.

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Journal du Centre, 2 avril 2005

Interdiction de boire l'eau du robinet


Quatre-vingts communes touchées


Plus de 16.000 habitants de la Nièvre ne devront plus boire l'eau du robinet. Près de quatre-vingts communes, ou parties de communes, alimentées par les syndicats intercommunaux en eau potable. (Siaep) de Tannay, des Vaux du Beuvron, du Bazois, de la vallée de l'Armance, de la région de Corbigny, des communes de Châtillon-en-Bazois et de Lormes sont concernées par une mesure d'interdiction de l'eau à la consommation (eau de boisson, café, thé, incorporation dans les préparations alimentaires). Une mesure répercutée par la préfecture, qui fait suite à la parution d'une nouvelle réglementation européenne sur l'eau potable.

Ces réseaux d'alimentation présentent des teneurs en arsenic, plomb ou fluor supérieures à cette nouvelle réglementation. Ce sont surtout les teneurs moyennes en fluor qui posent problème. "Ces éléments sont tous d'origine naturelle" [sic]. Les autres usages de l'eau (hygiène, cuisson, lavage, du linge) ne sont pas touchés par cette restriction. Celle-ci durera jusqu'à la mise en place des solutions adaptées, afin de respecter les nouvelles normes. En conséquence, la préfecture conseille, dans un communiqué, de consommer en substitution de l'eau de source embouteillée.

Le ministère de la Santé, saisi par les présidents des syndicats ou maires concernés, ainsi que par le préfet de la Nièvre, Patrick Pierrard, n'a pas estimé possible d'accorder une dérogation au respect des nouvelles normes en vigueur, en raison d'un dépassement des seuils de dérogation par la réglementation. Dans son communiqué, le préfecture précise qu'elle a examiné, avec les collectivités concernées, les conséquences de cette interdiction, notamment des solutions techniques «pour interconnecter les réseaux ou traiter les eaux captées.»

Les présidents des différents Siaep (*) rappellent, dans un communiqué conjoint, que cette eau «ne présente aucune pollution (pas de nitrate, pas de produit phytosanitaire, aucune bactérie)», qu'elle est «captée à de grandes profondeurs, dans une nappe qui couvre le centre du département», et qu'elle présente, «du fait de la proximité du Morvan, une minéralisation naturelle, qui devient incompatible avec les limites de qualité des eaux destinées à la consommation humaine.»

«Cette eau qui contient du fluor, de l'arsenic et du plomb en faible quantité, ne s'est pas modifiée au cours des années, mais ce sont les limites de qualité, les normes fixées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la directive européenne, le code de la santé publique, qui ont évolué récemment», insistent-ils.
Cette eau «ne présente aucun nouveau danger» [sic].

Les signataires indiquent qu'ils sont «dans l'obligation de respecter l'arrêté préfectoral.» Ils rappellent que la consommation humaine ne représente que 0,44 % (environ 12.000 M3) de la totalité de l'eau captée sur l'ensemble du territoire concerné (environ 2.700.000 M3), et indiquent qu'ils «souhaitent trouver des solutions dans la mesure de leurs moyens». «Mais les techniques actuelles, peu fiables, sont très onéreuses», avertissent-ils. «Les investissements seront très importants et les coûts de fonctionnement seront difficiles à supporter par les abonnés.»


(*) Philippe Nolot, SIAEP Charles Chaigneau/Vallée de l'Armance (Tannay), Jean-Pierre Leroy (Vaux du Beuvron), Bernard Ducassou (Bazois), Jean-Marc Grasset (vallée de l'Armance), René Cordillot (région de Corbigny) et Sylvain Théveniaud, maire de Châtillon-en-Bazois.

 


Les communes ou parties de communes concernées par ces mesures sont :

7 ressources qui alimentent 10 réseaux

Achun, Alluy, Amazy, Anlezy, Anthien, Arthel (hameau des Chaumes et partie du bourg alimenté par le Siaep des Vaux du Beuvron), Asnan, Asnois, Aunay-en-Bazois, Authiou, Bazoches du Morvan bourg, Bazolles, Beaulieu, Biches, Brèves, Brinay, Bussy-la-Pesle, Cervon, Challement, Châtillon-en-Bazois, Chaumot, Chazeuil, Chevannes-Changy, Chitry-les-Mines, Chougny, Cizely (ferme des Maynes, hameaux de la Segrangeote et de la Louagerie), La Collancelle, Corbigny, Corvol-d'Embernard, Crux-la-Ville, Dirol, Dompierre-sur-Héry, Épiry, Fertrève, Flez-Cuzy, Frasnay-Reugny, Germenay, Grenois, Guipy, Héry, Limanton (partie alimentée par le Siaep du Bazois), Lormes hameau de Marnay et autres habitations alimentées totalement par les sources du Triou, Lys, Magny-Lormes, Marcy, Marigny-sur-Yonne, Maux, Metz-le-Comte, Michaugues, Moissy-Moulinot, Moraches, Monceaux-le-Comte, Mont-et-Marré, Montapas, Mouron-sur-Yonne, Neuffontaines, Neuilly, Nuars, Ougny, Parigny-la-Rose, Pazy, Pouques-Lormes (partie du hameau de Montigny alimenté parle Siaep de la Vallée de l'Armance), Rouy, Ruages, Saint-Aubin-des-Chaumes, Saint-Didier, Saint-Germain-des-Bois, Saint-Maurice, Saint-Péreuse, Saint-Réverien, Saizy, Sardy-lès-Épiry, Taconnay, Talon, Tamnay-en-Bazois, Tannay, Teigny, Tintury, Varzy (hameaux de Fly, Migny, et partie du hameau de Cœurs alimenté par le Siaep des Vaux du Beuvron), Vignol, Ville-Langy, Villiers-sur-Yonne et Vitry-Laché.

 

Pour ce qui est de la région de Corbigny

 

 

Source : http://bourgogne.sante.gouv.fr/sante-environnement/eau-consommation-humaine/index.html

 

NdR : la cuisson des pâtes autorisée mais pas la cuisson des légumes ?!

Pour le département, aucune carte publiée des teneurs ?!

 

 


Aide-mémoire N°210
Révisé mai 2001

L'arsenic dans l'eau de boisson

On peut trouver de l'arsenic dans l'eau qui s'est écoulée le long de roches riches en arsenic. Des effets graves pour la santé de populations ayant consommé pendant longtemps de l'eau à forte concentration d'arsenic ont été observés dans le monde entier.

Source

L’arsenic est largement répandu dans toute la croûte terrestre.
Sa présence dans l’eau provient de la dissolution de roches et de minerais; dans certaines régions, les eaux souterraines en contiennent parfois des quantités importantes en raison de l’érosion.
Les effluents industriels contribuent également à la présence d’arsenic dans l’eau dans certaines régions.
L’arsenic est d’autre part utilisé à des fins commerciales, principalement dans les alliages et les conservateurs du bois.
L’utilisation de combustibles fossiles explique aussi la présence d’arsenic dans l’environnement du fait de dépôts atmosphériques dispersés.
On peut trouver de l’arsenic inorganique dans l’environnement sous plusieurs formes mais, dans les eaux naturelles et donc dans l’eau de boisson, il se présente la plupart du temps sous forme d’arsénite trivalent (As(III)) ou d’arséniate pentavalent (AS(V)). Les formes d’arsenic organique, abondantes dans les poissons et les coquillages, sont beaucoup moins dangereuses pour la santé et facilement éliminées par l’organisme.
L’eau de boisson contenant de l’arsenic représente le plus grand danger pour la santé publique. Par ailleurs, l’exposition au travail ainsi que les effluents miniers et industriels peuvent être importants sur le plan local.


Effets

L’intoxication chronique par l’arsenic due à une exposition prolongée par le biais de l’eau de boisson est très différente de l’intoxication aiguë. Les symptômes immédiats caractéristiques d’une intoxication aiguë comprennent vomissements, douleurs oesophagiennes et abdominales et diarrhées sanguinolentes en «eau de riz». Le traitement par chélation peut être efficace en cas d’intoxication aiguë mais ne doit pas être appliqué en cas d’intoxication due à une exposition prolongée.
La symptomatologie provoquée par l’arsenic semble être différente selon les individus, les groupes de population et les zones géographiques. Il n’y a donc pas de définition universelle de l’arsénicisme, ce qui complique l’évaluation de la charge de morbidité. De même, aucune méthode ne permet de distinguer les cancers internes dus à l’arsenic des cancers induits par d’autres facteurs.
L’exposition prolongée à l’arsenic présent dans l’eau de boisson est à l’origine de cancers de la peau, du poumon, de la vessie et du rein ainsi que d’autres changements cutanés tels que modifications de pigmentation et/ou hyperkératose.
On a relevé, pour des concentrations d’arsenic dans l’eau de boisson inférieures à 0,05 mg/litre, un risque accru de cancer du poumon et de la vessie ainsi que de lésions cutanées liées à l’arsenic.
L’absorption d’arsenic par la peau est minimale de sorte que se laver les mains, se baigner, faire la lessive, etc. dans de l’eau contenant de l’arsenic ne comporte pas de risque pour la santé.
Après une exposition prolongée, les premières modifications concernent généralement la peau : changements de la pigmentation puis hyperkératose. Le cancer survient plus tardivement et met généralement plus de 10 ans à apparaître.
Les rapports entre l’exposition à l’arsenic et d’autres effets sanitaires ne sont pas évidents. Ainsi, certaines études ont fait état d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires, de diabète et d’effets sur la procréation.
On a montré que l’exposition à l’arsenic présent dans l’eau de boisson entraînait en Chine (Province de Taïwan) une grave maladie des vaisseaux sanguins conduisant à la gangrène connue sous le nom de «maladie du pied noir». Cette maladie n’a pas été observée dans d’autres régions du monde et il se pourrait que la malnutrition contribue à son apparition. Des études faites dans plusieurs pays ont toutefois montré que l’arsenic provoquait d’autres formes moins graves de troubles vasculaires périphériques.
Selon certaines estimations, l’arsenic présent dans l’eau de boisson va entraîner entre 200 000 et 270 000 décès par cancer ne serait-ce qu’au Bangladesh (NRC, 1998 ; Smith et al., 2000).


Mesure de la concentration d'arsenic

Mesurer avec précision la concentration d’arsenic dans l’eau de boisson à des niveaux importants pour la santé exige des analyses de laboratoire à l’aide de techniques et d’installations complexes et coûteuses ainsi que de personnel qualifié qu’il est difficile de trouver ou de financer dans bien des régions du monde.
Le contrôle de qualité par analyse et la validation externe restent problématiques.
Les nécessaires d’analyse de terrain permettent de déceler des concentrations élevées d’arsenic mais ils ne sont généralement pas fiables pour des concentrations inférieures importantes pour la santé humaine. On n’a pas encore pleinement évalué la fiabilité des méthodes de terrain.


Prevention et lutte

La principale mesure correctrice consiste à éviter l'exposition ultérieure en fournissant de l'eau de boisson sûre. A mesure que la concentration d'arsenic dans l'eau de boisson diminue, il devient de plus en plus coûteux et difficile de la réduire. Cela dépend de la concentration d'arsenic dans l'eau d'origine, de la composition chimique de l'eau y compris des solutés susceptibles d'interférer, de l'existence d'autres sources d'eau contenant peu d'arsenic, des techniques de réduction, du volume d'eau à traiter, etc.

L'élimination de l'arsenic est plus complexe lorsque l'eau de boisson provient de nombreuses sources individuelles (par exemple pompes manuelles et puits), ce qui est souvent le cas en milieu rural. De l'eau contenant très peu d'arsenic est nécessaire uniquement pour la boisson et la cuisine. Une eau à forte concentration d'arsenic peut être utilisée sans danger pour faire la lessive et se laver. Marquer de façon distincte les sources d'eau contenant beaucoup ou peu d'arsenic en peignant les pompes manuelles (par exemple en rouge et en vert) peut être un moyen efficace et peu coûteux de réduire rapidement l'exposition à l'arsenic si cette action s'accompagne d'une bonne éducation sanitaire.

D’autres eaux contenant peu d'arsenic comme l'eau de pluie et les eaux de surface traitées peuvent convenir dans certains cas. Lorsqu’il ny a pas d’eau contenant peu d’arsenic, il est indispensable d’éliminer l’arsenic de l’eau de boisson :

La technique d’élimination de l’arsenic dans l’eau fournie par canalisations ne représente qu’un coût modéré mais elle exige des compétences techniques. Elle est inapplicable dans certaines zones urbaines de pays en développement et dans la plupart des zones rurales du monde.
De nouvelles techniques de traitement, notamment par co-précipitation, échange d’ions et filtration sur alumine activée, sont en cours d’expérimentation sur le terrain.

Il n’existe pas de techniques avérées pour éliminer l’arsenic dans des points d’eau tels que les puits, les pompes manuelles et les sources.
Il existe peu de techniques simples pour éliminer l’arsenic de l’eau à domicile ; ces techniques doivent être adaptées et faire la preuve de leur pérennité dans chaque contexte.
Certaines études ont montré que, dans un premier temps, des sachets de produits chimiques pour le traitement à domicile avaient donné de bons résultats. Certains mélanges associent l’élimination de l’arsenic et la désinfection de l’eau. Un composé, mis au point par le Centre panaméricain OMS/OPS de Génie sanitaire et des Sciences de l’Environnement (CEPIS) à Lima (Pérou) a fait ses preuves en Amérique latine.


Activités de l’OMS concernant l’arsenic

Les normes de l’OMS relatives à la qualité de l’eau de boisson remontent à 1958. Les Normes internationales pour l’eau de boisson fixaient alors comme concentration admissible pour l’arsenic 0,20 mg/litre. En 1963, la norme fut réévaluée et ramenée à 0,05 mg/litre. En 1984, cette valeur a été maintenue comme «valeur guide» de l’OMS et de nombreux pays l’ont conservée comme norme nationale ou comme cible intérimaire. D’après la dernière version des Directives OMS de qualité pour l’eau de boisson (1993) :

Il est prouvé que l’arsenic inorganique est cancérogène pour l’être humain.
Une valeur guide provisoire de 0,01 mg/litre a été établie pour l’arsenic.
Sur la base de critères sanitaires, la valeur guide pour l’arsenic dans l’eau de boisson serait inférieure à 0,01 mg/litre.
Du fait que la valeur guide est conditionnée par les limites de mesure et que 0,01 mg/litre est la limite réaliste à cet égard, c’est ce qu’on appelle une valeur guide provisoire.
Les Directives OMS de qualité pour l’eau de boisson sont destinées à servir de base à l’élaboration de normes nationales, compte tenu des conditions environnementales, sociales, économiques et culturelles, locales ou nationales.

On trouvera le résumé d’une mise à jour de la monographie de l’OMS sur l’arsenic (Critères d’hygiène de l’environnement, Programme international OMS sur la Sécurité chimique) à l’adresse http://www.who.int/pcs/pubs/pub_ehc_num.html. Elle concerne tous les types de risque pour la santé humaine et l’environnement. Le texte intégral sera publié fin 2001.

L’ONU a préparé un rapport sur l’arsenic dans l’eau de boisson, en collaboration avec d’autres institutions du système des Nations Unies sous les auspices d’un organe de coordination interinstitutions (le Sous-Comité des Ressources en Eau qui dépend du Comité administratif de Coordination). On y trouvera une synthèse des renseignements disponibles sur les aspects chimiques, toxicologiques, médicaux épidémiologiques, nutritionnels et de santé publique de la question; le rapport expose une stratégie de base face au problème et donne des avis concernant les techniques d’élimination ainsi que la gestion de la qualité de l’eau. On peut se procurer le projet de rapport à l’adresse : http://www.who.int/water_sanitation_health/dwq/arsenic3/en/

On est en train de rassembler des informations sur l’arsenic dans l’eau de boisson pays par pays ; ces données seront incluses dans le rapport de l’ONU et publiées sur le site Web.

Dans le cadre des activités entreprises par l’OMS pour réduire la charge mondiale de morbidité, une évaluation de la charge de morbidité que contitue la présence d’arsenic dans l’eau de boisson est en préparation. Un rapport intitulé « Vers l’évaluation de l’impact socio-économique de l’intoxication par l’arsenic au Bangladesh » a été publié en 2000.

Un don de US $2,5 millions provenant d’une fondation des Nations Unies et approuvé en juillet 2000 permettra à l’UNICEF et à l’OMS d’appuyer un projet destiné à offrir d’autres sources d’eau de boisson propre à 1,1 million de personnes dans trois des sous-districts les plus touchés du Bangladesh. Le projet s’appuie sur une approche intégrée comportant action de communication, renforcement des capacités d’élimination de l’arsenic pour toutes les parties prenantes au niveau des sous-districts et au niveau inférieur, contrôle des puits tubulaires, prise en charge des patients et mise en place d’autres options pour l’approvisionnement en eau.

Besoins urgents

Appui massif à la prise en charge du problème dans les pays en développement où les groupes de population gravement touchés sont nombreux.
Matériel simple, fiable et peu coûteux pour mesurer les concentrations d'arsenic sur le terrain.
Développement de la recherche et de la diffusion de l'information pertinente.
Techniques fiables et financièrement abordables pour éliminer l'arsenic dans les puits et dans les habitations.
Situation dans le monde

Les effets retard sur la santé de l’exposition à l’arsenic, l’absence de définitions communes, le peu de sensibilisation locale ainsi que les lacunes de la notification dans les zones touchées sont les principaux obstacles sur lesquels bute la détermination de l’ampleur du problème de l’arsenic présent dans l’eau de boisson.

Il n’existe que peu de données fiables sur l’exposition et les effets pour la santé mais, de toute évidence, les pays du monde où l’on a décelé de l’arsenic dans l’eau de boisson à des concentrations supérieures à la valeur guide de 0,01 mg/litre ou à la norme nationale en vigueur sont nombreux : il s’agit notamment de l’Argentine, de l’Australie, du Bangladesh, du Chili, de la Chine, des Etats-Unis d’Amérique, de la Hongrie, de l’Inde, du Mexique, du Pérou et de la Thaïlande. Parmi les pays où des effets négatifs sur la santé ont été démontrés figurent le Bangladesh, la Chine, les Etats-Unis d’Amérique et l’Inde (Bengale occidental). On trouvera ci-après quelques exemples :

Dans sept des 16 districts du Bengale occidental, les concentrations d’arsenic dans les eaux souterraines seraient supérieures à 0,05 mg/litre ; ces sept districts comptent plus de 34 millions d’habitants (Mandal et al., 1996) et la population qui utilise de l’eau à forte concentration d’arsenic a été estimée comme suit : plus de 1 million (concentration supérieure à 0,05 mg/litre) et 1,3 million (concentration supérieure à 0,01 mg/litre) (Chowdhury et al., 1997).
D’après une étude de British Geological Survey faite en 1998 sur les puits tubulaires peu profonds dans 61 des 64 districts du Bangladesh, 46 % des échantillons contenaient une concentration supérieure à 0,010 mg/litre et 27 % une concentration supérieure à 0,050 mg/litre. Compte tenu de la population estimative pour 1999, on a calculé que le nombre de personnes exposées à des concentrations d’arsenic supérieures à 0,05 mg/litre se situait entre 28 et 35 millions et le nombre de personnes exposées à des concentrations supérieures à 0,01 mg/litre se situait entre 46 et 57 millions (BGS, 2000).
L’Environment Protection Agency des Etats-Unis d’Amérique a évalué à 13 millions le nombre d’Américains qui, pour la plupart dans les Etats de l’ouest, sont exposés à l’arsenic présent dans l’eau de boisson à une concentration de 0,01 mg/litre, encore que les concentrations semblent être généralement beaucoup plus faibles que celles observées dans des régions comme le Bangladesh ou le Bengale occidental (USEPA, 2001).
L’arsenic au Bangladesh

Au Bangladesh, au Bengale occidental (Inde) et dans certaines autres régions, l’essentiel de l’eau de boisson provenait autrefois de puits forés ouverts et de mares ne contenant guère ou pas d’arsenic, mais il s’agissait d’une eau contaminée susceptible de transmettre des maladies comme la diarrhée, la dysenterie, la fièvre typhoïde, le choléra ou l’hépatite. Les programmes menés depuis 30 ans pour fournir de l’eau de boisson « sûre » ont aidé à endiguer ces maladies mais, dans certaines régions, ils ont eu pour effet secondaire inattendu d’exposer la population à un autre problème de santé -- l’arsenic. La présence d’arsenic dans l’eau de boisson au Bangladesh retient particulièrement l’attention pour plusieurs raisons. Il s’agit d’un problème nouveau pour la population, mais aussi pour les professionnels concernés. Des millions de gens pourraient être exposés parce qu’ils boivent de l’eau à forte concentration d’arsenic. Enfin -- et ce n’est pas le moins grave -- on craint à l’avenir des effets délétères pour la santé à cause de l’eau déjà consommée.

Généralités

Ces dernières années, un important programme de forage de puits a débouché sur un recul très net de l'incidence des maladies diarrhéiques.
Il y aurait entre 8 et 12 millions de puits tubulaires peu profonds au Bangladesh. Jusqu'à 90 % de la population du pays (130 millions) préfère boire de l'eau de puits. Seul un petit peu plus de 10 % des habitants vivant dans les grandes agglomérations et dans certaines villes de district est alimenté en eau par canalisations.
Jusqu'à la découverte de l'arsenic dans des eaux souterraines en 1993, l'eau de puits était considérée comme une eau de boisson sûre.
On reconnaît aujourd'hui que la contamination des eaux souterraines par l'arsenic au Bangladesh est d'origine géologique. L'arsenic provient des couches géologiques souterraines.
Situation

Les symptômes les plus courants sont jusqu’à présent les lésions cutanées. Au cours des dix prochaines années, les cancers de la peau et les cancers internes risquent de devenir le principal problème de santé lié à l’arsenic.

D’après une estimation, il y aurait eu au moins 100 000 cas de lésions cutanées provoquées par l’arsenic -- chiffre qui pourrait être beaucoup plus élevé encore (Smith et al., 2000).
Le nombre de personnes consommant de l’eau à forte concentration d’arsenic au Bangladesh a augmenté de façon spectaculaire depuis les années 70 en raison du forage de puits et de la croissance démographique.
L’arsenic a non seulement des effets immédiats pour la santé, mais il entraîne aussi d’importants problèmes sociaux et économiques qui touchent particulièrement les pauvres, notamment en raison du coût des soins, de l’incapacité des personnes touchées à entreprendre une activité productive et du risque d’exclusion sociale.
La norme nationale pour l’eau de boisson au Bangladesh est 0,05 mg/litre, c’est-à-dire la même qu’en Inde.
Les responsables sanitaires de district et de sous-district ainsi que les agents de santé ne sont pas suffisamment informés pour pouvoir repérer et prévenir les cas d’intoxication par l’arsenic.
Le manque d’information fiable empêche d’agir à tous les niveaux et pourrait même susciter des réactions de panique, exacerbées par la publication éventuelle de rapports trompeurs. Il reste à mettre en place de bonnes filières d’information pour les personnes touchées et celles qui sont concernées.
Mesures correctrices

Au Bangladesh, plusieurs comités consultatifs techniques ont été créés par les autorités et un mécanisme de coordination a été mis en place entre les organismes d’appui extérieur intéressés. Il s’agit notamment du Comité gouvernemental de Coordination pour l’Arsenic, placé sous l’autorité du Ministre de la Santé et du Bien-Etre de la Famille, et de plusieurs comités techniques. L’une des retombées positives de cette collaboration (y compris les travaux avec des instituts locaux) a été l’expérimentation de nouvelles techniques de traitement.
Jusqu’ici, de nombreuses initiatives ont été axées sur l’analyse et le contrôle de la qualité de l’eau, pour fournir une eau de boisson exempte d’arsenic, le but étant de réduire le risque de maladie ultérieure associée à l’arsenic. Etant donné le volume d’analyses requis et la nécessité d’assurer une bonne rétro-information vers les usagers qui consomment de l’eau de puits, il serait bon d’utiliser des nécessaires d’analyse de terrain.
Il ne s’offre que quelques options durables pour fournir une eau de boisson sûre au Bangladesh, notamment : exploitation d’eaux souterraines à faible concentration d’arsenic en ayant accès à des eaux souterraines peu profondes sûres ou à des nappes aquifères plus profondes (plus de 200 m), récolte de l’eau de pluie, filtration sur sable en bassin, traitement chimique à domicile et, enfin, alimentation en eau par canalisations à partir de sources sûres ou traitées.
Pour plus d'informations :

WHO Media centre
Telephone: +41 22 791 2222
Email: mediainquiries@who.int

 

Note : . 1 000 milligrammes (mg)= 1 g.
1 000 000 microgrammes = 1 g

 

Risque de lésions cutanées kératosiques liées à l’arsenic dans des villages du Bengladesh
relativement peu exposés à ce métal : rapport de l’organisation Gonoshasthaya Kendra

 

Corbett McDonald, Rezaul Hoque, Nazmul Huda, Nicola Cherry

 

OBJECTIF

Dans 25% des puits tubulaires du Bengladesh, la concentration d’arsenic dans l’eau dépasse 50 µg/l, un niveau connu pour être dangereux. Les concentrations d’arsenic varient fortement d’un puits à l’autre. En réponse au manque de connaissances sur les risques dans le cas de concentrations moyennes d’arsenic plus faibles, nous avons collecté des données sur les niveaux d’exposition à l’arsenic et sur la prévalence des lésions cutanées.

MÉTHODES

L’organisation non gouvernementale Gonoshasthaya Kendra a réalisé trois études sur les lésions cutanées kératosiques depuis 2004 : (1) une enquête de prévalence écologique chez 13 705 femmes âgées de 18 ans et plus appartenant à un échantillon aléatoire de 53 villages, (2) une étude cas-témoins portant sur 176 couples cas/témoins appariés en fonction de l’âge et du village ; et (3) une enquête de prévalence dans l’ensemble de la population (11 670 personnes) de deux autres villages. Nous avons calculé la prévalence en fonction des concentrations moyennes d’arsenic rapportées par la National Hydrochemical Survey et mesuré la concentration d’arsenic dans les puits utilisés par les sujets de l’étude cas-témoins.

RÉSULTATS

La prévalence des lésions cutanées était de 0,37% chez les personnes exposées à des concentrations d’arsenic inférieures à 5 µg/l, de 0,63% pour des niveaux d’exposition de 6 à 50 µg/l et de 6,84% pour un niveau d’exposition de 81 µg/l. L’analyse des données de l’étude cas-témoins relève une augmentation d’un facteur trois du risque de lésions cutanées au-dessus de 50 µg/l (p < 0,05).

CONCLUSION

Tant que la concentration d’arsenic dans l’eau de boisson est maintenue à une valeur inférieure à 50 µg/l, la probabilité que ce métal entraîne des lésions cutanées graves reste faible. Cependant, garantir une telle qualité de l’eau nécessite une surveillance systématique et une analyse fiable de tous les puits, ce qui peut être impraticable. Des études plus poussées sont nécessaires pour établir la faisabilité de la prévention des effets toxiques de l’exposition à l’arsenic au Bengladesh.


SOURCE OMS : http://www.who.int/bulletin/volumes/85/9/06-036764-ab/fr/

 

A propos de l'arsenic

L'arsenic dans le riz responsable de dommages génétiques ?

 

Voila.fr - 22-7-13 - La présence de niveau élevé d'arsenic dans le riz a été associée pour la première fois à des lésions d'ordre génétique chez l'homme dans une étude menée en Inde, alors qu'on s'interroge de plus en plus sur la présence dans le riz de ce toxique souvent repéré dans l'eau.

"C'est la première fois qu'a été démontré un lien entre la consommation de riz comportant de l'arsenic et des dommages génétiques", a dit le Pr David Polya qui dirige l'équipe de l'université britannique de Manchester qui a conduit l'étude avec l'institut indien CSIR-IICB.

L'arsenic est un "contaminant courant" qui apparaît de manière naturelle (d'origine géologique) ou par la pollution humaine et "l'alimentation est la principale source d'exposition à l'arsenic" pour l'homme, selon l'Efsa, l'Autorité européenne de sûreté des aliments.

"En tant que tel, cela justifie les préoccupations croissantes exprimées par l'Efsa et par d'autres sur le niveau adéquat de la réglementation sur l'arsenic dans le riz", a souligné le Pr Polya dans un communiqué.

Pour cette étude publiée dans Scientific reports (revue du groupe Nature), on a déterminé la concentration en arsenic dans l'urine de 417 volontaires de la région indienne du Bengale-occidentale, ainsi qui la concentration en "micro-noyaux" considérés comme révélatrice de lésions chromosomiques, dommages potentiellement associés à l'apparition de cancers.

Les personnes testées consommaient de 540 à 600 grammes de riz par jour, contenant des concentrations variables d'arsenic.

Les résultats montrent une "corrélations forte" entre la concentration en arsenic du riz consommé et la teneur en arsenic des urines du consommateur, selon l'étude.

Les personnes consommant les riz les plus chargés en arsenic (plus de 200 microgrammes d'arsenic par kilo de riz) montraient aussi "une fréquence significativement plus élevées de micro-noyaux", signes de "lésions génétiques".

"Ces résultats ont une implication significative pour les gens qui consomment de grandes quantités de riz", commente pour l'AFP, un expert indépendant, Parvez Haris de l'université britannique De Montfort à Leicester.

Mais il sera important à l'avenir d'étudier d'autres populations, avec des habitudes alimentaires différentes, et d'utiliser d'autres techniques pour "évaluer les effets génotoxiques" de l'arsenic, souligne-t-il.

"Il ne faut pas pour autant arrêter de manger du riz. Une étude que nous avons menée à l'université De Montfort a révélé que certaines variétés de riz parfumé du Bangladesh étaient très pauvres en arsenic", a ajouté l'expert.

Mais il n'existe "malheureusement" toujours pas d'obligation à montrer sur les paquets de riz sa concentration en arsenic, a déclaré le chercheur.

L'autorité américaine de régulation de l'alimentation et des médicaments FDA a analysé l'an passé le contenu en arsenic de 200 échantillons de riz et produits à base de riz pour trouver des concentrations très variables, ce qui l'a incité à poursuivre ses investigations.

En attendant, la FDA n'a pas lancé d'alerte mais recommandé "d'avoir un régime alimentaire varié avec une grande variété de céréales".

 

 

 

Les étangs du Bangladesh empoisonnés à l'arsenic

AP - 16/11/9 - Des étangs creusés pour l'élevage de poissons et le stockage d'eau destinée à l'agriculture contiennent de l'arsenic. Il empoisonne l'eau que boit la population au Bangladesh, d'après une étude publiée dimanche.

Les résultats de l'étude du magazine Nature Geoscience pourraient aider le gouvernement du Bangladesh à élaborer une stratégie pour fournir de l'eau saine à sa population. Elle pourrait aussi intéresser des pays comme le Vietnam et le Cambodge, qui rencontrent les mêmes problèmes.

Sans goût ni odeur particulière, le poison contamine les réservoirs d'eau, à partir de dépôts naturels dans le sol ou de déchets agricoles et industriels. En consommer durablement provoque le cancer, des problèmes de peau, des anomalies du risque cardiaque, et la mort.

Environ 25 millions d'habitants du Bangladesh sont exposés à l'arsenic à travers leur eau de consommation courante. Les chercheurs estiment que des centaines de milliers de personnes vont mourir de cancer des poumons, de la vessie, et de la peau provoqué par le poison.

Charles Harvey, professeur d'ingénierie civile et environnementale au MIT (Massachusetts Institute of Technology), et l'un des six auteurs de l'étude, pense que la contamination provient des rizières, qui contaminent les nappes phréatiques. Pourtant, les rizières mêmes ont un taux de concentration d'arsenic moindre que celui des réservoirs. C'est parce que les étangs collectent des débris en tout genre, estime Harvey. Il cite les déchets humains et les déchets végétaux, que les microbes décomposent en libérant l'arsenic.

La lutte contre l'arsenic dans l'eau courante coûte des millions de dollars au Bangladesh. D'après l'UNICEF, 80% des puits des plus de 8.000 villages du pays sont empoisonnés. AP

 

 

 

Quelques paramètres d'évaluation de la qualité de l’eau du robinet

 


La qualité bactériologique

Elle est évaluée lors des contrôles analytiques réglementaires, par la recherche de bactéries, principalement des germes témoins de contamination fécale. La présence de ces bactéries dans l'eau peut avoir pour origine une pollution de la ressource, un dysfonctionnement du traitement de potabilisation ou un entretien insuffisant des équipements de distribution.
Effets sur la santé : Les conséquences dépendent de plusieurs facteurs dont l'état général du consommateur, la virulence des micro-organismes, ainsi que la dose ingérée. Les troubles sont principalement des troubles gastro-intestinaux, diarrhées, vomissements. Pour autant, le risque microbiologique ne doit pas être sous-estimé.
Limite de qualité à respecter : L'eau ne doit pas contenir de micro-organismes pathogènes ni de germes témoins de contamination fécale.

L’arsenic

Naturellement présent en petite quantité dans la croûte terrestre, il accompagne souvent d’autres métaux. Il est utilisé dans la fabrication d’alliages, dans certains pesticides et produits de traitement du bois, dans l’industrie du verre et de la céramique.
Effets sur la santé : L’intoxication chronique peut entraîner des atteintes cardio-vasculaires, des troubles de l’appareil respiratoire, diverses lésions cutanées, hépatiques et rénales ainsi que des risques d’apparition de cancers cutanés et internes (vessie, foie, reins, poumons).
Limite de qualité à respecter : 10 micro grammes par litre.

Le Plomb

Dans l’eau de distribution, cet élément provient principalement des canalisations de distribution et des branchements anciens en plomb dans lesquels l’eau circule. Le temps de contact, le pH de l’eau et sa minéralisation, sont autant de facteurs qui vont influencer sa dissolution.
Effets sur la santé : L’intoxication au plomb est plus connue sous le nom de saturnisme. Le plomb est un toxique qui s’accumule dans l’organisme. Principaux troubles associés au saturnisme : anémie, troubles digestifs, retard dans le développement intellectuel, troubles nerveux chez l’adulte.
Limite de qualité à respecter : La norme à respecter dans l’eau est de 25 micro grammes par litre et sera de 10 µg/l en 2013.
ATTENTION ! : En présence de branchement ou conduite en plomb, il est fortement conseillé de laisser couler l’eau avant de la puiser pour consommation.

La turbidité

La turbidité d’une eau est due à la présence des matières en suspension finement divisées (argile, limon, matières organiques…).
Effets sur la santé : La turbidité ne présente pas de risque sanitaire direct mais lorsqu’elle est élevée, elle peut diminuer l’efficacité des traitements de désinfection et générer des risques microbiologiques.
Référence de qualité à respecter : 2 NFU.

L'aluminium

Les sels d’Aluminium peuvent être employés au niveau de la filière de traitement lors de l’étape de clarification des eaux. La présence d’aluminium résiduel dans les eaux distribuées est liée à un déroulement non satisfaisant de cette étape de traitement.
Effets sur la santé : Certaines études tendent à montrer que l’aluminium peut jouer un rôle dans la survenue de la maladie d’Alzheimer. Tous apports alimentaires confondus, l’eau de boisson contribue faiblement à la dose d’aluminium assimilé dans l’organisme (probablement moins de 5%).
Référence de qualité à respecter : 0,2 milligrammes par litre.

Les nitrates

Les nitrates sont présents naturellement dans les eaux. Les apports excessifs ou mal maîtrisés d’engrais azotés provoquent une augmentation des nitrates dans les ressources.
Effets sur la santé :
Les nitrates se transforment en nitrites dans l’estomac. Ces nitrites peuvent provoquer la transformation de l’hémoglobine du sang en méthémoglobine, impropre à fixer l’oxygène. Ce phénomène est à l’origine de cyanoses, notamment chez les nourrissons. La consommation d’eau chargée en nitrates ou nitrites par la femme enceinte ou le nourrisson peut constituer un risque pour le nouveau-né.
Limite de qualité à respecter : 50 milligrammes par litre.

Les pesticides

Les pesticides sont utilisés en agriculture, en horticulture, en sylviculture, mais également sur des terrains non agricoles pour désherber ou protéger les plantations. Leur présence dans l’eau provient d’une mauvaise maîtrise de l’application. Actuellement, les pesticides les plus fréquemment retrouvés dans les « eaux naturelles » sont deux herbicides : la desethyl-atrazine et le diuron.
Effets sur la santé : La connaissance de l’action à long terme des pesticides sur la santé humaine reste incomplète. Certains pesticides ont des effets ou sont suspectés avoir des effets sur la santé (cancers…) lorsqu’ils consommés pendant de nombreuses années.
Limite de qualité à respecter : 0,1 micro gramme par litre et par substance pesticide.

Le calcaire et la dureté

La dureté représente le calcium et le magnésium présents naturellement dans l’eau. Ces deux éléments sont indispensables à l’organisme. La dureté se mesure en degrés français. En dessous de 10 degrés français, l’eau est douce. Elle favorise la corrosion des canalisations, avec des risques sanitaires associés s'il s’agit par exemple de conduites en plomb. Au-dessus de 25 degrés français l’eau est dure : elle entartre facilement les canalisations et augmente les consommations de lessive.
Il est admis que la dureté idéale est comprise entre 15 degrés français et 25 degrés français.
En Auvergne, les eaux distribuées sont majoritairement très douces. Parce qu'elle présente souvent un ph acide, en plus de sa faible minéralisation (faible teneur en éléments minéraux, calcium et magnésium), l'eau peut être agressive. Elle aura donc tendance à détériorer les canalisations en ciment ou métalliques (rouille et corrosion). Il convient donc d'adapter son comportement et ses installations.
Plaquette d'information et de conseil pour la prévention des effets liés à l'agressivité de l'eau de consommation.

L'oxydabilité

Ce paramètre permet, de façon indirecte, d’évaluer la quantité de matières organiques contenues dans l’eau. Les matières organiques sont l’une des causes de dégradation de la qualité microbiologique de l’eau dans les réseaux. Elles peuvent entraîner l’apparition de mauvais goûts et se combiner entre autres avec le chlore en générant des sous produits pouvant être toxiques.
Effets sur la santé : Parce qu’il s’agit d’un paramètre global incluant de nombreux composés, il n’a pas de signification sanitaire au sens propre. Il constitue toutefois un indicateur d’efficacité de traitement et un témoin de contamination organique.
Référence de qualité à respecter : 5 milligrammes par litre de O2 (méthode au KMn04 en milieu acide à chaud).

Le fluor

C'est un élément d’origine naturel.
Effets sur la santé : Des doses modérées de fluor sont bénéfiques pour la santé. Un excès de fluor entraîne des fluoroses dentaires (tâches sur l’émail) et osseuses (déformations articulaires) ; un déficit empêche toute prévention de la carie dentaire. La dose optimale se situe entre 0,5 et 1,5 milligrammes par litre.
Limite de qualité à respecter : Elle dépend de la température 1,5 milligrammes par litre pour une température comprise entre 8 et 12°C. 0,7 milligrammes par litre pour une température comprise entre 25 et 30°C. Entre 12 et 25 °C, la limite de qualité est calculée en fonction de la température entre ces deux valeurs. Sur avis du dentiste, un apport complémentaire de fluor peut être envisagé lorsque la teneur en fluor dans l’eau est inférieure à 0,5 milligrammes par litre.

Le Fer

Dans l’eau, il peut provenir, des terrains où se trouve l’eau, de rejets industriels, de la corrosion des conduites non protégées, des réactifs utilisés pour la production d’eau potable.
Effets sur la santé-nuisances : Aux concentrations habituellement rencontrés dans les eaux destinées à l’alimentation humaine, le fer n’a pas d’effets nocifs sur la santé. Par contre, certains effets indirects peuvent être gênants pour l’usager : taches sur le linge et les sanitaires, l’entartrage des cuves de stockage, les goûts métalliques parfois prononcés.
Référence de qualité à respecter : 0,2 milligrammes par litre.

Le Manganèse

Le Manganèse est un élément existant dans la nature notamment dans les sols. La métallurgie, l’industrie électrique, l’industrie du verre et de la céramique, l’industrie chimique et pétrolière en sont les principaux utilisateurs. Dans l’eau, le manganèse se retrouve à l’état dissous, en suspension, ou sous forme de complexes, mais jamais à l’état libre. Son élimination dans l’eau est délicate. Elle fait appel à des traitements d’oxydation, suivis d’une filtration sur sable.
Effets sur la Santé-nuisances : élément essentiel pour un bon fonctionnement du corps humain, il ne présente aucun inconvénient pour la santé. Par contre il est susceptible, dés que la concentration dépasse 0,15 milligrammes par litre, de provoquer des désagréments pour certains usages : tâches sur le linge et les sanitaires, coloration noirâtre de l’eau, goûts métalliques.
Référence de qualité à respecter : 0,05 milligrammes par litre.

Source : DRASS Auvergne http://auvergne.sante.gouv.fr/environn/qualieau/eaualim/eval.htm

*

 

Pour ce qui est de la région de Tannay

SIAEP de la vallée de l'Armance

 

Eau captée à de grandes profondeurs (70 mètres au forage de Monceaux-le-Comte),

dans une nappe phréatique (celle de l'Ardan ?) qui couvre le centre du département de la Nièvre.

 

-

L'eau de la commune plus chère mais encore moins potable !

 

Son prix augmente de 2 centimes par litre (1,14 € le m3 en 2008)

 

 

Par rapport à 2007, on constate une augmentation sensible de la teneur moyenne en arsenic, qui passe de 10,1 à 15 microgrammes par litre * , une légère augmentation de la dureté de l'eau, qui passe de 30,7 à 30,9 degrés ** , et une teneur en fluor qui demeure supérieure à la norme, 2,2 milligrammes par litre ***

Pour ce qui est du plomb, aucun chiffre fourni pour l'année 2008 ! En 2007 l'eau était très chargée en plomb, avec une moyenne de 47,5 microgrammes par litre (la norme étant de 25 microgrammes) et, en 2008, la SIAEP se contente de dire que "l'eau ne favorise que faiblement la dissolution des canalisations" !

* Effets sur la santé : L’intoxication chronique peut entraîner des atteintes cardio-vasculaires, des troubles de l’appareil respiratoire, diverses lésions cutanées, hépatiques et rénales ainsi que des risques d’apparition de cancers cutanés et internes (vessie, foie, reins, poumons).
Limite de qualité à respecter : 10 micro grammes par litre

* Au-dessus de 25 degrés français l’eau est dure : elle entartre facilement les canalisations et augmente les consommations de lessive.
Il est admis que la dureté idéale est comprise entre 15 degrés français et 25 degrés français.

** Un excès de fluor entraîne des fluoroses dentaires (tâches sur l’émail) et osseuses (déformations articulaires).
La dose optimale se situe entre 0,5 et 1,5 milligrammes par litre

 

 

 

Analyses 2009

SIAEP dite de la vallée de l'Armance

Eau captée à de grandes profondeurs (70 mètres au forage de Monceaux-le-Comte),

dans une nappe phréatique (celle de l'Ardan ?) qui couvre le centre du département de la Nièvre.

-

L'eau de la commune encore plus chère mais toujours non potable !

 

Son prix augmente de 2 centimes par litre (1,16 € le m3 - jusqu'à 200 m3- en 2009)

 

Résultats identiques à 2008

Mais pour les résultats détaillés, il serait bon de les consulter à la mairie de Neuffontaines...

 

 

-

Conseil municipal de la ville de Tannay du 15 sept. 2010 :

une "usine" de dépollution de l'eau (fluor et arsenic) dans trois ou quatre ans implantée à Monceaux-le-Comte ?!

 

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Analyses 2010

SIAEP dite de la vallée de l'Armance

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Teneur moyenne en arsenic : 12,8 microgrammes

Teneur en fluor : 2,45 mg/l

Cliquer pour agrandir la notice

Pour les "résultats détaillés", voir le fichier pdf

-

 

Pesticides, nitrates : ces majax qui rendent l’eau du robinet potable

 

 

Par Herve.C


Agoravox - 7/3/12 - Semaine noire pour l’eau en France : non seulement on apprend par Bruxelles que la France ne fait rien pour lutter contre les nitrates, mais en plus on lit dans Le Canard Enchaîné que l’eau du robinet pourra contenir 5 fois plus de pesticides qu’avant !

Mais qu’ont-ils fait du principe de précaution ? Le Canard de mercredi dernier révèle que la dose de pesticides tolérée dans notre eau a été discrètement quintuplée !

Comment rendre potable une eau jugée impropre à la consommation ?

Alerté par Générations-Futures [voir le fichier pdf], Le Canard Enchaîné décrit une «entourloupe» qui permet de «rendre potables certaines eaux jusqu’ici rendues impropres à la consommation en raison d’une teneur trop élevée en pesticides ».

Résultat de cette révision des normes de qualité : le nombre de personnes touchées par des restrictions d’eau liées à un risque sanitaire a chuté de 75% entre 2009 et 2010.

Nos rivières ont-elles miraculeusement expurgées de leurs pesticides en un an ?

Pas vraiment. Pour l’année 2010, l’Agence Méditerranée Corse a détecté des concentrations de pesticides 150 fois supérieures aux limites de l’eau potable ! (1)

Par ailleurs, des traces de 6 pesticides interdits en France ont été détectées dans ses cours d’eau. (2)

Sur l’ensemble du territoire, plus de la moitié des rivières et nappes souterraines sont en mauvais état écologique. (3)

91% des cours d’eau et 70% des nappes phréatiques sont aujourd’hui contaminés par des pesticides. (4)

Selon, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, la nouvelle réglementation « tolère dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides 5 fois plus importantes dans notre eau qu’avant ».

Ce qui permettra de diminuer «par 4 ou 5 le nombre de situations qui exigeraient des limitations de consommation».

L’atrazine et le folpet 5 fois plus tolérés

Concrètement, les restrictions d’eau liées à des pesticides comme l’atrazine se déclenchaient lorsque la teneur dépassait les 0,4 ug/L pendant plus d’un mois.

Aujourd’hui, il faut atteindre le seuil de 2 ug/L - soit 5 fois plus - pour appliquer le principe de précaution et interdire la consommation d’eau dans une localité. (5)

Même tour de magie pour le folpet, un pesticide classé comme cancérigène probable aux Etats Unis :

- « On va maintenant tolérer jusqu’à 300 μg/L pendant plus d’un mois alors qu’auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/L pendant la même durée ! » s’indigne François Vuillemette.

Pour rendre l’eau potable et en finir avec le signalement des risques sanitaires liés à des pollutions agricoles, le ministère de la santé et son équipe de magiciens ont tout simplement changé de thermomètre pour estimer l’innocuité de l’eau.

C’est d’autant plus grave que 150 études internationales ont détectés la présence de pesticides dans nos organismes. De nombreuses autres études ont mis en évidence la vulnérabilité des nourrissons et femmes enceintes.

Pour les autres polluants, retenons tout simplement que les pesticides sont suspectés de favoriser l’apparition de cancer et de malformations à la naissance en cas d’exposition prolongée.

Et pour ceux qui auraient encore des doutes sur la politique de l’eau menée, rappelons que la France ne fait rien pour se rattraper du côté de la lutte contre les nitrates.

Pour Bruxelles la législation sur les nitrates et les actions prévues en France « manquent de précision et présentent de nombreuses lacunes : les périodes d'interdiction sont inappropriées et les restrictions concernant l'épandage des effluents d'élevage [lisier] et des fertilisants sont insuffisantes".

Après plusieurs avertissements adressés à la France, «la lenteur des progrès et l'insuffisance des changements proposés ont conduit la Commission à transférer le dossier à la Cour de justice de l'Union européenne», indique la Commission européenne.

En savoir plus :

• www.generations-futures.fr/

• http://www.contaminations-chimiques...

Que Choisir, Mars 2012

Le Canard Enchaîné du 29 Février 2012.

(1)(2)(3)(4) : Que choisir, La ressource en danger, Mars 2012

-

Analyses 2011

SIAEP Charles Chaigneau :

l'eau toujours non potable

et toujours aussi agressive (dure et acide)

Gare aux peaux sensibles !

 

 

Analyses 2012

SIAEP Charles Chaigneau :

l'eau toujours non potable !

(non conforme en vue de la consommation humaine)

 

Prix de base du m3 : 1,13 euro

Redevance pollution domestique (?) : 0,24 euro

+

TVA (5,5 %) : 0,07

Soit, au total : 1,44 euro le m3

Auquel il faut ajouter l'abonnement de 50 euros par an + TVA à 5,5 %

 


INFORMATION EAU POTABLE ANNEE 2013 (Données 2012)

COMMUNE DE NEUFFONTAINES

gérée par SIAEP DE CHARLES CHAIGNEAU

DONNEES GENERALES SIAEP DE CHARLES CHAIGNEAU

Structure administrative: Syndicat Intercommunal
Interlocuteur: M. Philippe NOLOT
Exploitation: Régie Régie
Siege: mairie - 58190 TANNAY- Tél: 03 86 29 84 53 - Fax:
Secretariat: 10, rue de la Motte BP 70020 - 58028 NEVERS CEDEX- Tel: 03 86 61 94 52 - Fax: 03 86 61 94 54
E-mail: nathaliegangneron@syndicat-eau.fr
Longueur du réseau: 139 km
Agence de l'eau: Seine Normandie

ORIGINE DE L'EAU POTABLE COMMUNE DE NEUFFONTAINES

Il n'y a pas de captage sur cette commune, cette dernière est desservie par les captages suivants
Captage Commune Origine de l'eau Aquifère Protection administrative
Monceaux n°3 (F3) Monceaux-Le-Comte Forage nappe Lias-Trias DUP effectuée
Monceaux n°2 (F2) Monceaux-Le-Comte Forage nappe Lias-Trias DUP effectuée

PRODUCTION DISTRIBUTION SIAEP DE CHARLES CHAIGNEAU 2011

Nombre abonnés: 3002
Volume produit: 551350 m3
Volume importé: 62998 m3
Volume exporté: 196527 m3
Volume consommé: 241606 m3

Rendement primaire: 57.83%
Rendement selon l'arrêté du 2 mai 2007: 71.32%
Rendement selon l'arrêté du 27 janvier 2012: 66.73%

PRIX DE L'EAU POTABLE (basé sur une consommation de 120m3)

Section communale Année Exploitant Nb abonnés Part fixe HT Préservation ressource Contre valeur polution Part collective Prix HT TVA Prix TTC
Neuffontaines 2012 122 50,57 0 0 0 1,88 5,5 1,98

 

En cas d'erreur, merci d'envoyer un mail à muriel.voisine@cg58.fr

Pour connaître la qualité de l'eau, vous pouvez consulter le site de l' ARS

 

 



Annexe 63 - L'ARSENIC DANS LES EAUX DE BOISSON

Source : http://www.senat.fr/rap/l02-215-2/l02-215-256.html

24 juillet 2013

 

1. L'arsenic dans l'eau

Les sources de l'arsenic dans l'eau

En France, la quasi totalité de contamination de l'eau à l'arsenic est d'origine naturelle. L'arsenic est en effet naturellement présent dans le sol. Il est associé à 245 minerais notamment le cuivre, l'or, le zinc. L'arsenic se trouve donc dans les gisements de minerais, c'est à dire dans les roches anciennes, dite «roches du socle» ou les roches volcaniques (massif central, Vosges...). L'arsenic dans le sol se trouve par conséquent dans les aquifères correspondantes. Il existe une corrélation entre l'arsenic dans le sol et l'arsenic dans l'eau.

Certaines activité industrielles ont également beaucoup utilisé l'arsenic pour ses pouvoirs de blanchiment (industrie du verre, du cuir, du papier peint), de conservation (industrie du bois) et même son pouvoir toxique (industrie pharmaceutique et chimique, notamment pour la fabrication de fongicides utilisés dans les vignes et les vergers). L'exemple le plus connu de pollution historique est la pollution de Salsigne dans l'Aude. Certains sites miniers fermés depuis 75 ans génèrent toujours des contaminations dans les rivières qui peuvent atteindre près de 200 ug/l. Cette résurgence historique n'est pas propre à la France et les contaminations spectaculaires sont aussi connues en Espagne (après l'exploitation d'une mine de cuivre, il y a ... 4000 ans).

Les normes d'arsenic dans l'eau

L'arsenic est connu pour sa forte toxicité générant des troubles digestifs graves pouvant entraîner la mort (l'arsenic a été d'ailleurs longtemps utilisé comme poison mortel. La dose létale est comprise entre 70 et 180 mg). D'autres toxicités ont été découvertes, notamment le risque vasculaire et le risque sur l'athérosclérose carotidienne découverte en 2002. L'arsenic est surtout un cancérogène entraînant des cancers de la peau et des cancers internes.

Ces différentes toxicités ont conduit l'organisation mondiale de la santé (OMS) à abaisser en 1993 la valeur guide de l'arsenic dans l'eau de boisson de 50 à 10 ug par litre d'eau. Le risque additionnel de cancer associé à une concentration de 50 ug/l, calculé sur une consommation quotidienne de deux litres d'eau par jour, était estimé à 26 cas de cancers internes pour 1000. Avec le nouveau seuil de 10ug/l, le risque a été ramené à 6 cancers cutanés supplémentaires sur 10.000 personnes. Même si l'hypothèse d'une consommation quotidienne de 2 litres d'eau par jour paraît maximale, le risque retenu a parfois été considéré comme laxiste. Pour le professeur Pascal Grossier, auteur d'un rapport sur la contamination des eaux à l'arsenic dans le cadre des travaux du réseau national de santé publique (mai 1998), « ce seuil ne garantit pas le niveau de protection jugé habituellement acceptable pour les substances cancérogènes ».

Cette valeur guide de l'OMS a été reprise en droit européen (directive 98/83/CE du conseil du 3 novembre 1998) et en droit français (décret 2001-1220 du 20 décembre 2001) sous forme d'une «concentration maximale admissible » et d'une « limite de qualité », fixée à 10 ug/l au lieu des 50 ug/l fixés en 1989. En revanche, les limites de qualité des eaux brutes utilisées pour la production d'eau destinée à la consommation est restée inchangée, à 100 ug/l dans la mesure où le traitement pour éliminer l'arsenic est bien connu et bien maîtrisé et permet de garantir 10 ug/l.

Deux traitements permettent l'élimination ou au moins la diminution de l'arsenic dans l'eau : soit la précipitation, par coagulation et décantation par des sels de fer ou d'aluminium, après oxygénation de l'eau (pour s'assurer que l'arsenic est sous forme oxydée), soit l'adsorption sur des colonnes d'alumine, d'oxyde de fer ou dioxyde de manganèse). L'efficacité des traitements est cependant variable selon l'acidité de l'eau et l'origine de l'eau. L'arsenic est plus facilement éliminé dans les eaux de surface que dans les eaux souterraines.

2. L'arsenic dans l'eau en France

Le suivi de l'arsenic dans les eaux est variable selon l'importance des stations de production de l'eau potable. La fréquence est fixée par le décret précité. Elle varie entre une fois tous les cinq ans pour les communes de moins de 500 habitants à 12 fois par an au minimum pour les communes supérieures à 625.000 habitants.

En 1998, le réseau national de santé publique a établi un bilan de contamination de l'eau à l'arsenic, à partir des donnés transmises par les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS). On s'étonnera d'ailleurs que sur une question aussi importante, moins de la moitié des DDASS ait renseigné l'enquête.

Les données partielles et fragmentaires ont cependant donné des résultats importants :

- 54 unités de distribution réparties sur treize départements avaient de teneurs d'arsenic supérieur à 10 ug/l. La population concernée était de 200.000 personnes. L'excès de risque de décès par cancer interne était estimé à 30 décès par an.

- 13 unités de distribution réparties sur quatre départements (Vosges, Puy de Dôme, Hautes Pyrénées, Moselle) avaient des teneurs d'arsenic supérieur à 50 ug/l. Au delà de 50ug /l, on considère qu'il s'agit d'une situation d'urgence et il est déconseillé de consommer l'eau du robinet. La population concernée était de 17 000 personnes. Le record est une station du Puy-de-Dôme où la teneur d'arsenic a été relevée à 190 ug/l. Selon l'institut de veille sanitaire, une concentration d'arsenic de 170ug/l et une consommation d'eau de 4 litres par jour conduisent à un excès de risque de cancer cutané de 2%.

On notera que dans la majorité de ces cas les dépassements concernaient de petites unités desservant moins de 3.500 habitants.

Selon une estimation de l'institut de veille sanitaire (bilan d'activités 2001), l'excès de risque de cancer cutané lié aux teneurs excessives d'arsenic dans l'eau de boisson (teneurs supérieures à 10 voire 50 ug/l) dans le Puy de Dôme et dans l'Allier est respectivement de 93 et 33 cancers. La réduction des teneurs d'arsenic à 10ug/l pour cette population permettrait d'éviter respectivement 44 et 15 cancers dans la population actuellement exposée.

On rappellera que la réglementation sur l'eau potable ne s'applique pas aux eaux minérales et que certaines d'entre elles sont elles aussi extrêmement chargées en arsenic. Ainsi sur 74 eaux minérales analysées en 1995 par le réseau national de santé publique, 24 présentaient des teneurs en arsenic supérieures à 10 ug/l, 4 dépassaient 50 ug/l, et 2 dépassaient 100 ug/l.

 







C’est dans ce hameau qu’est captée l’eau distribuée dans les onze communes du Siaep de Corbigny.
Étienne Sansoit, maire de Pazy et président du Siaep, se félicite de voir enfin la station de traitement sortir de terre. - JOLY Jean-Mathias



Dans les cantons de Corbigny, Tannay et Brinon, l’arsenic et le fluor polluent les sources



JdC - 12/10/12 - C’est dans ce hameau qu’est captée l’eau distribuée dans les onze communes du Siaep de Corbigny. Étienne Sansoit, maire de Pazy et président du Siaep, se félicite de voir enfin la station de traitement sortir de terre. - JOLY Jean-Mathias

Le syndicat des eaux de Corbigny a démarré la longue et coûteuse construction d’une station de traitement, à Pazy, afin de rendre l’eau potable. D’autres chantiers suivront.
A Corbigny et dans ses environs, l'eau du robinet n'est plus potable depuis plusieurs années. Officiellement en tout cas. Certains, qui l'ont toujours bu, continuent de la boire. Ce n'est pas une brutale pollution liée à l'activité humaine qui est à l'origine de cette situation, mais un durcissement de la réglementation (lire encadré ci-contre).

Malgré tout, le Syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable (Siaep) de Corbigny, qui dessert onze communes (*) veut se mettre aux normes et distribuer, à ses abonnés, une eau propre à la consommation. Il a donc entrepris un chantier long et coûteux, la construction d'une usine de traitement de l'eau, afin d'éliminer, par des procédés chimiques, l'excédent d'arsenic et de fluor, naturellement présents dans la source.

Cette station est édifiée à Ardan, hameau de Pazy, où le Siaep capte l'eau de la nappe souterraine dite du Bazois, afin de la distribuer sur tout le réseau. Les travaux ont débuté en juin. Le terrassement est terminé. La construction proprement dite vient de commencer. Elle est confiée à l'entreprise Moingeon, basée à Lacanche (Côte-d'Or). « Un chantier à près de 2 M d'euros», résume Étienne Sansoit, maire de Pazy et président du Siaep. « Nous avions ce projet depuis longtemps mais il a fallu deux ans pour obtenir les financements nécessaires. Il s'agit d'un investissement lourd pour des petites communes. Nous devions le faire, nous ne pouvons pas continuer à distribuer de l'eau non potable à nos abonnés. »

 

 

NEUF ANS APRÈS L'INTERDICTION DE CONSOMMATION

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L'eau est de nouveau potable dans les cantons de Corbigny et Brinon-sur-Beuvron,

mais pas encore dans le canton de Tannay !

 

JdC - 26/3/14 - Les usagers des cantons de Corbigny et Brinon-sur-Beuvron peuvent de nouveau étancher leur soif avec un verre d’eau du robinet. Plus besoin de s’approvisionner en bouteilles d’eau. L'eau a en effet été déclarée potable par la préfecture.

Elle ne l'était plus depuis un arrêté datant de 2005. En cause, non pas une pollution mais le durcissement des normes de l'Organisation mondiale de la santé. A cause d'une teneur trop élevée en arsenic et fluor, l'eau dans les communes alimentées par le Syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable (Siaep) de Corbigny et une partie des communes alimentées par le Siaep de Brinon-sur-Beuvron avait été déclarée impropre à la consommation.

Le problème est réglé depuis l'entrée en service d'une station de traitement de l'eau novatrice. Sa construction a duré un an et demi, pour un coût d'1,9 millions d'euros.

Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans Le Journal du Centre de jeudi 27 mars...

 

Etienne Sansoit, président du Siaep Corbigny, Nicolas Comte et Michel Noacco, fontainiers.


Photo Renaud Claude


Les teneurs en arsenic et en fluor sont désormais en conformité

(dans les cantons de Corbigny et Brinon-sur-Beuvron)

 

JdC - 27/3/14 - La modification des normes par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait qu'à qualité constante, malgré sa limpidité et l'absence de turbidité, l'eau distribuée à partir de la source d'Ardan n'était plus potable. La teneur en fluor et arsenic...

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Analyses 2014

SIAEP Charles Chaigneau :

l'eau toujours non potable !

(non conforme en vue de la consommation humaine)

 

 

Eau toujours non potable mais un prix qui flambe, sans explication donnée par la SIAEP,

présidée par M. Philippe Nolot !

Comme la station de traitement de l'arsenic et du fluor va être bientôt mise en route à Monceaux-le-Comte,
à quel prix sera alors le m3 en 2016 pour une eau potable ?!

Prix de base du m3 : 1,46 € (1,19 en 2014),

soit une augmentation de 0,27 € au m3 (22,69 %) !

+ Redevance pollution domestique (?) : 0,24 €

Soit un prix total de 1,70 € au m3 (au lieu de 1,43 € en 2014)

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Abonnement (12 mois) : 80 € (50 € en 2014 !)

soit une augmentation de 30 € (60 %) !

+

TVA (5,5 %)

 

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Au lieu de faire consommer aux Neuffontains une eau captée à distance dans la nappe souterraine de l'Ardan (riche en arsenic et en fluor), n'aurait-il pas mieux fallu distribuer, comme dans le passé, l'eau de source de l'Armance, toute proche, une richesse en eau communale, sans arsenic ni fluor, pompée au village de Neuffontaines (des neuf fontaines !).

Certes, il aurait fallu éliminer les nitrates et les pesticides, mais pour un coût bien moindre, j'imagine, comparé à celui du traitement de l'arsenic et du fluor...

Voir la rubrique hydrographie de la commune de Neuffontaines et l'étude géologique commandée en 1985 par la SIAEP de la vallée de l'Armance (à l'époque).

 

 

CONSEIL MUNICIPAL DE TANNAY


SEANCE du 15 septembre 2015 à 19 heures

EXTRAIT DU COMPTE RENDU

ETAIENT PRESENTS : M. NOLOT Philippe – M. STIER Dominique - Mme MEGY Marie-Claude – M. DURAND Christophe – M. THOULET Alain - Mme GAUJOUR Frédérique - Mme DAGONNEAU Céline - M. MARTINET Daniel – M. LAGUIGNER Stéphane – M. RIOST Lionel - Mme LAGUIGNER Carole – M. CLOUSEAU Antoine
ETAIENT EXCUSES : M. GOFFIN Christophe ayant donné procuration à Mme DAGONNEAU Céline
Madame BOULANDET Thérèse ayant donné procuration à M. MARTINET Daniel
ETAIT ABSENTE : Mme LEMAIN Cécile

 

7 – Rapport sur le prix et la qualité du service de distribution d’eau potable 2014

[SIAEP de Charles Chaigneau]


La population desservie est de 4560 habitants. Le nombre d’abonnés est de 3922 soit moins 0,48 % par rapport à 2013.
Le prix de l’abonnement de l’eau est fixé à 80 € HT/an, la part proportionnelle est de 1,46 € ht/m3 et la redevance de pollution domestique est de 0,24 €.
Un abonné domestique consommant 120 m3 payera en 2015 : 299,62 € soit en moyenne 2,50 €/m3 soit une augmentation de 28,16 % par rapport à 2013.
En 2014, les abonnés ont consommé 246 024 m3 soit en moyenne 172 litres par habitant et par jour.
Le bilan fourni par la ARS indique que l’eau du syndicat est de qualité moyenne.
Les recettes de vente d’eau s’élèvent à 545 636,86 € (soit une hausse de 1,08 %).
L’état de la dette est de 840 597,10 €.
Le rendement du réseau de distribution est de 50,9 %. Le linéaire de canalisation renouvelé au cours de l’exercice est de 3,838 km.
Les travaux engagés au cours de l’exercice sont :
- Le renforcement du réseau AEP à Villiers sur Yonne rue de la fontaine, rue du quart, rue de la petite plante, rue du moulin et rue du pont,
- La rénovation du réseau AEP à DIROL rue des cailloux,
- La rénovation du réseau AEP à ASNOIS rue Traversière et rue du Château,
- La rénovation de la maison syndicale,
- La construction de la station de traitement de l’arsenic et du fluor,
- Le renforcement de la desserte en eau potable des hameaux de Creux et Saligny – commune d’AMAZY,
- La rénovation des réseaux de distribution d’eau potable à Tannay ruelle et Impasse Bonin.
Les branchements en plomb changés dans l’année sont au nombre de 22 et le nombre total restants en plomb s’élève à 1096.
Le conseil municipal approuve ce rapport.

 

 

La station de traitement de l'eau potable (STEP) à Monceaux-le-Comte

Travaux en cours d'achèvement

Photo RR du 28-6-2015

 

 

Financement des travaux de la STEP pour le traitement de l'arsenic et du fluor :

A la charge de la SIAEP (et donc des usagers ) : 33,6 % de 1 379 591 € = 463 542 € HT !

Combien de temps pour amortir cet investissement ? Disons 10 ans, soit 46 354 € par an

Pour un nombre d'abonnés de l'ordre de 4000, cela ferait environ 12 € d'augmentation par abonné et par an

et un abonnement passant de 80 € à 92 €

Photo RR du 28-6-2015

 

 

Voir aussi : eau-du-robinet.fr

 

ASSAINISSEMENT INDIVIDUEL DES EAUX USÉES

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