L'ALTERNATIVE
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Le 26.07.2005
Association de la loi de 1901, l’Union juive française pour la paix (UJFP) milite depui 1994 pour une paix juste au Proche-Orient, et pour un dialogue judéo-arabe ici et en France. Nous menons de multiples activités pédagogiques, des actions de solidarité e des initiatives de dialogue, sur le plan local comme sur l’ensemble du territoir national

L’UJFP se démarque des institutions juives de France (notamment le CRIF et le Consistoire israélite) qui s’identifient totalement au gouvernement israélien et à la politique répressive menée par ce dernier à l’encontre des Palestiniens.

Nous voulons contribuer à la création d’une autre voix juive, laïque et progressiste, en nous opposant à la politique coloniale des autorités israéliennes.
Nous travaillons pour la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain à côté d’Israël sur les territoires occupés en 1967, avec Jérusalem comme capitale binationale des deux Etats.

Nous soutenons des pacifistes israéliens et nos interlocuteurs dans la société palestinienne qui travaillent pour un règlement politique du conflit.
Ici en France, nous travaillons avec des partenaires, également laïques et progressistes, dans la communauté arabe. D’abord contre toute forme de racisme et d’antisémitisme, ensuite en interpellant ensemble les autorités françaises et européennes pour qu’elles interviennent dans le conflit israélo-palestinien en faveur d’une paix juste.
L'UJFP est également membre du Réseau «Juifs européens pour une paix juste» et de la Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine.

Si les Juifs et Arabes peuvent vivre et travailler ensemble en France, ils peuvent le faire également au Proche-Orient. Mais sans occupation, ni colonies, ni routes de contournement, ni mur, ni barrages militaires, ni les mille et une humiliations que les uns font subir aux autres.
C’est seulement ainsi que nous pouvons rompre la spirale de la violence et de la terreur, que ce soit le terrorisme d’Etat israélien ou le terrorisme des groupes armés palestiniens. Bref, il faut imposer le respect du droit international et l’application des résolutions de l’ONU.

La paix, ce n’est pas la séparation, l’Aparthied à l’israélienne. Savoir vivre, c’est savoir vivre ensemble.

Des délégations de l’UJFP vont chaque année en Israël et dans les Territoires palestiniens. En février 2002 par exemple, nous nous sommes rendus sur place dans le cadre d’une mission civile judéo-arabe. Organisée conjointement par l’UJFP et l’ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France), cette mission civile s’est rendue à Gaza, en Cisjordanie et en Israël. Nous avons rencontré des Israéliens et Palestiniens de toutes conditions, des jeunes soldats juifs qui ont refusé de faire leur service militaire dans les Territoires occupés, des habitants d’un camp de réfugiés en passant par feu le président Yasser Arafat, alors assiégé dans son quartier général à Ramallah, encerclé par des chars d’assaut israéliens.

L'UJFP a déjà organisé plusieurs activités culturelles en faveur d'une paix juste, dont des concerts, pièces de théâtre et autres célébrations laïques de fêtes juives traditionnelles dans un esprit de partage et de solidarité.

Zemmour est un juif antisémite [antisioniste],
estime le grand rabbin de France - vidéo

Alexandre Sutherland

Sputnik France - 28/10/21

 

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a déclaré sur France 2 qu’il considérait Éric Zemmour comme "raciste" et "antisémite" [antisioniste ?], malgré la confession juive de ce dernier.
D’autres responsables d’institutions juives se sont positionnés contre l’essayiste.
Éric Zemmour, candidat potentiel à la présidentielle, est-il raciste? "Antisémite certainement, raciste évidemment", a tranché le grand rabbin de France Haïm Korsia mercredi 27 octobre sur le plateau de France 2. Il a alors expliqué pourquoi il ne partageait pas les idées de l’essayiste.
"Quand vous dites simplement qu’il y a trop de tels ou tels, moi qui porte un texte qui s’appelle la Constitution qui est fondée sur l’idée des droits de l’homme et qui porte aussi un texte qui s’appelle la Bible et qui dit ‘tu aimeras l’étranger car tu as été étranger en terre d’Égypte’, je ne peux pas être en phase avec ce discours."
Au cours de l’entretien, Haïm Korsia a toutefois refusé de se prononcer sur la judaïcité d’Éric Zemmour. Le député Les Républicains Éric Ciotti a réagi dans la journée sur Franceinfo, estimant que "taxer Éric Zemmour d’antisémitisme" lui paraissait "totalement irréel".
Ce mardi, interrogé sur l’ouverture du procès Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée à Paris en 2018, le principal intéressé a affirmé que l’antisémitisme actuel était "islamique". "Cette pauvre dame a été victime d’une évolution et d’une invasion migratoires", a-t-il ajouté.

"Chef de file du révisionnisme"

Certaines sorties médiatiques d’Éric Zemmour de ces derniers jours engendrent plutôt le mépris des responsables des institutions juives à son égard. La semaine dernière, le même Haïm Korsia dénonçait ses propos sur Pétain qui a "sauvé les juifs français". "Aujourd'hui, le risque, c'est cette coagulation de tous les antisémitismes", a-t-il déploré sur France Bleu. À noter qu’en 2004, Libération rapportait ses propos selon lesquels Dieudonné n’a "rien d’antisémite".
Dans Le Point, le grand rabbin Pinchas Goldschmidt, interrogé sur la probable candidature d’Éric Zemmour, répond que "jamais nous ne donnerons notre feu vert au racisme, quel qu’il soit, qu’il soit dirigé contre les juifs, contre les chrétiens ou contre les musulmans". "Pas une voix juive ne doit aller au candidat potentiel Éric Zemmour", appelait le 15 septembre sur Radio J le président du CRIF Francis Kalifat. Dans un éditorial du 12 octobre, il l’a qualifié de "nouveau chef de file du révisionnisme dans notre pays".

Divisions

Pourtant, Le Monde rapporte qu’une partie de la communauté juive persiste à soutenir le polémiste, révélant un clivage au sein de celle-ci. Le discours de Zemmour focalisé sur l’immigration et l’islam trouverait un certain écho chez certains, loin du discours des hauts responsables. "Il y a un rejet de l’Arabe, c’est indéniable", concède l’ancien président de la LICRA Alain Jakubowicz.
Ce soutien reste toutefois discret en raison de certaines de ses polémiques, notamment sur le statut d’"étrangers avant tout" des trois enfants juifs tués par Mohammed Merah en 2012, car enterrés en Israël. "On se sent incompris face à l’islamisme. L’adhésion totale à Zemmour est empêchée par ses sorties, mais il dit quand même des choses que l’on attend depuis très longtemps", résume auprès du quotidien une quinquagénaire parisienne.
cx bn

Le général Delawarde mis en examen pour incitation à la haine et à la violence pour avoir demandé « Qui contrôle les médias ? » [sic]

par Hannibal Genséric.

Le général à la retraite Dominique Delawarde, bien connu de nos lecteurs, fait face à d’éventuelles accusations criminelles à la suite d’une apparition le 18 juin sur Morandini Live – une émission  de la chaîne CNews – dans laquelle il a visiblement choqué l’intervieweur juif en demandant : « Qui contrôle les médias ? » 1Ceci est d’autant plus choquant que, en France, il est plus facile de citer les rares médias non contrôlés par les juifs que l’inverse. Cette affaire démontre, encore une fois, pour qui bosse Macron. 

En novembre 2020, en commentant sur un blog les résultats de l’élection présidentielle américaine, Dominique Delawarde avait avalisé « l’hypothèse d’un fraude importante », ajoutant : « Il y a, à mes yeux, trop d’indices concordants pour permettre à la meute médiatique occidentale, dont nous savons qui la contrôle, de me convaincre du contraire ». Vendredi, sur CNews, le communicant Claude Posternak lui a demandé « qui contrôle » cette « meute ».

*

Voici une transcription de l’échange  :

Claude Posternak : Nous, « La Tribune Diplomatique Internationale », vous demandons donc : l’hypothèse d’une fraude majeure s’appliquant à quelques États clés le jour du scrutin est-elle crédible ? Nous parlons des États-Unis.

Delawarde : Ma conviction intime me dit oui. Car il y a, de mon point de vue, trop d’indices concordants pour permettre au pack médiatique occidental – dont on sait qui le contrôle – de me convaincre du contraire.

Posternak : J’ai donc une question pour vous : qui contrôle le pack média ?

Delawarde : Moi aussi j’aimerais savoir.

Posternak : Général Delawarde !

Delawarde : Vous le savez bien !

Posternak : Oh, non ! Je ne sais pas.

Delawarde : Qui contrôle le pack média dans le monde et en France ? Qui contrôle le Washington Post ? Qui contrôle le New York Times ? Qui contrôle,  BFMTV et tous les journaux qui viennent se regrouper autour d’elle ?

Posternak : Qui sont ces gens ?

Delawarde : Allons ?

Posternak : Qui ? Vous parliez de Dreyfus, monsieur. Qui?

Delawarde : Qui ? C’est la communauté que vous connaissez bien !

Posternak: Mon Dieu !

Jean-Marc Morandini : Ah non, ben alors non, on n’y va pas. Nous en resterons là, général. Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas laisser dire cela à l’antenne.

Posternak : C’est pourquoi nous l’avons appelé un factionnaliste.

Jean-Marc Morandini : Je suis désolé, non, non, restons-en là. On coupe s’il te plait. Nous enlevons le général. C’est ça. Merci. On coupe. Nous ne pouvons pas continuer avec ça.

Eh bien, nous ne pouvons certainement pas faire savoir aux Français qui contrôle vraiment leurs médias, n’est-ce pas ?

S’ils le découvraient, la prochaine chose que vous sachiez, les juifs seraient rassemblés et placés dans des chambres à gaz ™ accessibles aux personnes handicapées – ou dans un scénario fantasmagorique et improbable.

D’ailleurs, certains commentaires de sites alternatifs en France qualifient Claude Posternak de terroriste juif.

Et étant donné le nom de famille russe de Posternak, Delawarde avait raison d’insister sur le fait que Posternak connaissait très bien la « communauté » qui contrôle les médias.

À en juger par la haine bouillonnante sur le visage de Posternak au cours de cette interview, nous pouvons supposer sans risque que s’il avait le pouvoir, il aurait sûrement ordonné que le général Delawarde soit sommairement fusillé – comme c’était l’habitude de ses semblables pendant la révolution bolchevique en Russie. 2


source : https://numidia-liberum.blogspot.com



 

21 juin 2021 : Mise au point finale du Général Delawarde sur l’affaire CNEWS

 

par Dominique Delawarde.

Dans ce que je considère comme une embuscade soigneusement préparée par un communicant représentant « La République En Marche », avec, ou non, complicité de la chaîne Cnews, j’ai été interrompu, cloué au pilori et chassé comme un malpropre pour avoir utilisé le seul mot « communauté ».

Je n’ai jamais précisé le nom de la communauté qui contrôle, selon moi, la « meute médiatique » et qui est, toujours selon moi, une communauté d’affaires et d’intérêts, bien connue sous le vocable de « Deep State » aux USA et « d’État profond » en France.

Ce vocable a été utilisé à de nombreuses reprises par les présidents américains et français au cours des 4 dernières années. Le président français n’est pas présumé être complotiste. Il ne fait pas, selon moi, référence à des pouvoirs occultes qui n’existent pas…

À ma connaissance, aucune communauté particulière, ethnique, religieuse ou autre n’a l’exclusivité de l’appartenance à « l’État profond ». De très nombreux articles de presse ont défini, plus ou moins nettement, cette communauté d’intérêts lorsque le président français a utilisé l’expression.

Présumer que je serais antisémite, ce serait partir du principe qu’une seule et unique communauté religieuse aurait l’exclusivité de l’appartenance au Deep State ou à l’État Profond, voire la revendique, ce qui est assurément faux. Il y a probablement des athées, des chrétiens, des juifs, des bouddhistes, des musulmans qui font partie du Deep State, comme il y en a dans tous les secteurs de la société. L’État Profond étant, par nature, discret, il est donc impossible à quiconque d’en identifier tous les membres, les effectifs et les proportions, par sous-ensembles ethniques ou religieux.

Présumer que je serais sectaire ou raciste supposerait aussi que j’ai nommé une communauté religieuse ou ethnique lors de mon passage à Cnewsce qui n’est pas le cas.

Enfin, prétendre que j’ai diffamé voudrait aussi dire que l’appartenance au Deep State serait « infamante », ce qui n’est pas le cas non plus. Ceux qui contrôlent les médias ou les organes de pouvoir, tirent plutôt fierté du pouvoir d’influence qu’ils exercent. Il ne peut donc être perçu comme insultant par quiconque de constater leur existence et leur pouvoir.

Est-il insultant ou diffamatoire de constater le fait qu’une communauté d’intérêt, où l’argent est roi et fait roi (Le Deep State ou l’État Profond), exerce un pouvoir d’influence puissant, donc contrôle les « médias mainstream » (mais pas que …) ? Jusqu’à preuve du contraire, non. C’est simplement énoncer un fait que notre président de la République connaît bien, puisqu’il en a parlé lui même en plusieurs occasions.

Cette affaire de diffamation présumée et d’accusations  portées contre moi est donc un procès délirant en sorcellerie organisé par « la meute médiatique » elle-même pour tenter de discréditer, de diaboliser, d’écraser ceux qui la dénoncent et font apparaître les côtés les plus sombres de son fonctionnement et de ceux qui la contrôlent. C’est aussi une manière de faire diversion et de faire oublier le contenu des tribunes de militaires, évitant ainsi de traiter au fond le problème du délitement de notre pays…

D’ailleurs, rédacteur et co-signataire de la tribune des 6 généraux : « J’accuse » et notamment du passage où jedénonce l’injustice faite à Dreyfus, je ne vois pas, bien au contraire, la moindre trace de sectarisme ou d’antisémitisme dans le choix et la manière de traiter ce passage important !

Cerise sur le gâteau, le hasard fait que je compte juif et musulman dans les « pièces rapportées » de ma famille, où l’entente, l’harmonie et l’intégration sont parfaites. L’accusation portée contre moi en devient donc grotesque.

SI QUELQU’UN A ÉTÉ DIFFAMÉ DANS CETTE AFFAIRE CNEWS, C’EST MOI !

Je me réjouis, bien sûr, qu’un membre éminent de cette « communauté politico-médiatique », qui a très largement utilisé son pouvoir d’influence sur les médias au profit de Mr Macron, pour le porter au pouvoir en 2017 soit aujourd’hui sous les verrous.

Dominique Delawarde

 



 

Siné Mensuel accusé d'antisémitisme par le Crif et BHL
après une caricature de Macron en Une

 

RT - 8 avr. 2021

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Siné Mensuel

 

 

Capture d'écran du compte Twitter de Siné Mensuel

La Licra, le Crif et plusieurs personnalités sont montées au créneau contre une caricature de Siné Mensuel représentant Emmanuel Macron. Etienne Liebig, qui écrit dans le journal satirique, n'y voit rien de plus que du «cinéma».

Pour sa Une du mois d'avril, le journal satirique Siné Mensuel, fondé par un ancien de Charlie Hebdo, a choisi de représenter Emmanuel Macron ricanant, couronne de fleurs de lys sur la tête et grosse bague en or au doigt, accompagné du commentaire «quoi qu'il vous en coûte». Ce dessin de Jean Solé – qui n'est pas sans rappeler le personnage de Prince Jean, usurpateur du pouvoir dans le dessin animé Robin des Bois – crée la polémique sur les réseaux sociaux, certains accusant le mensuel d'antisémitisme en raison des traits sous lesquels est représenté le chef de l'Etat. Interrogé par RT France, l'auteur et pigiste pour Siné Mensuel Etienne Liebig qualifie de «cinéma» ces critiques, estimant que le journal n'a de «de leçon à recevoir de personne».

«Qu’est-ce que c’est "dégueulasse", demandait [l'actrice] Jean Seberg ? C’est, avec cette Une Macron, Siné Mensuel», a affirmé le philosophe Bernard-Henri Lévy via son compte Twitter. Pour lui, le journal satirique n'est plus «une scission de Charlie», mais «la réincarnation de Je Suis Partout», un journal collaborationniste et antisémite français publié sous l'occupation. «Pensée pour Philippe Val qui eut jadis le courage de virer le fondateur de cette feuille de chou», conclut-il en faisant référence au licenciement controversé de Siné, évincé de Charlie Hebdo sur ordre de Philippe Val.

Le cofondateur du Printemps républicain, Gilles Clavreul, a lui aussi tenu à exprimer ses «pensées amicales» pour Philippe Val qui, selon lui, a été «accablé d’insultes par tant de beaux esprits, quand il a viré de Charlie Hebdo cette crapule de Siné». «Ses successeurs sont dignes de lui», affirme-t-il, après avoir évoqué «l'antisémitisme d'extrême-gauche».

L'auteur et pigiste dans Siné Mensuel Etienne Liebig a tourné en dérision ce tweet, rappelant notamment les origines juives de la rédactrice en chef du journal et veuve de Siné, Catherine Weil-Sinet. Etienne Liebig a confié à RT France ne pas avoir participé au choix de la Une mais être «tombé des nues» lorsqu'il a découvert ces accusations d'antisémitisme. «Il n’y a rien à faire contre [ces réactions], ça ne sert à rien de discuter», a-t-il estimé, avant de préciser ne pas avoir lu tous les commentaires publiés sur les réseaux sociaux par des personnalités. «Je ne les ai pas vus et je m’en fous. Il font leur cinéma», juge le musicien. A propos de l'auteur du dessin, Jean Solé, Etienne Liebig s'est exprimé en ces termes : «C’est un vieux dessinateur qui a dessiné avec Gotlib. C’est une référence incroyable qui a 70 ans [...] Il a dessiné des pochettes d’albums, des dessins pour enfants… Jamais pour un journal antisémite ! Il ne va pas se mettre à faire des caricatures antisémites à 70 ans !». Interrogé sur la comparaison désavantageuse entre Charlie et Siné faite par certains critiques de la Une, Etienne Liebig s'est indigné : «Maurice Sinet a été chez Charlie pendant 25 ans, dont il a même été un fondateur. [Siné Mensuel] n’a de leçon à recevoir de personne !». 

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a relayé la Une de Siné Mensuelsur Twitter, en commentant : «Il semble qu’un cluster de variant anglais ait été repéré à Siné Mensuel. Ce variant aurait été baptisé Corbyn-19 par les spécialistes.» La Licra fait par là référence à Jeremy Corbyn, homme politique britannique qui fut suspendu en octobre 2020 par le Parti travailliste – après l'avoir dirigé entre 2015 et 2020 – à la suite d'un rapport remettant en cause son bilan en matière de lutte contre l'antisémitisme au sein du parti. Il faisait l'objet, depuis plusieurs mois, d'une campagne en ce sens, qu'il a vivement dénoncée à plusieurs reprises.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a quant à lui estimé qu'un «caricaturiste d'extrême droite des années 30 n'aurait pas fait mieux» que la Une de Siné Mensuel. «Comme à son habitude, ce mensuel d'extrême gauche se distingue par son côté ignoble. N'est pas Charlie Hebdo qui veut !», a-t-il estimé.

Le journaliste et écrivain Claude Weill a également comparé Siné Mensuel à Je suis partout. 

L'écrivain et professeur de philosophie Raphaël Enthoven a pour sa part considéré que la caricature, «avec ses breloques et son nez crochu», était «autrement plus grave et abjecte qu’un acteur blanc qui (comme c’est son rôle et son droit) s’aventure à incarner Othello», faisant ainsi référence à la polémique entourant l'acteur Gérard Darmon qui s'est grimé en noir sur son compte Instagram.

En 2008, le caricaturiste Siné – décédé en 2016 – avait été évincé de Charlie Hebdo par le directeur de la publication de l'hebdomadaire, Philippe Val, après un billet sur Jean Sarkozy dans lequel le dessinateur ironisait sur la possible conversion au judaïsme du fils de l'ex-président. Jean Sarkozy s'apprêtait à l'époque à épouser l'héritière des magasins Darty, Jessica Sebaoun, de confession juive.



 

 

États-Unis. Fronde au parti démocrate contre l’influence israélienne

La lutte interne au sein du parti démocrate s’est intensifiée, marquée par la montée d’une nouvelle génération refusant de confondre la critique d’Israël et l’antisémitisme. Et de nombreuses voix dénoncent désormais l’influence de l’Aipac et du lobby pro-israélien sur la politique des États-Unis.

 

par Sylvain Cypel 

Réseauinternational.net

 

Rashida Tlaib fait partie de ce que l’on appelle aux États-Unis « l’escouade des 4 ». Quatre nouvelles élues, classées « progressistes », entrées à la Chambre des représentants à l’occasion de la vague démocrate qui a vu ce parti engranger son plus grand succès électoral depuis 1974 et reprendre aux républicains la majorité dont ils disposaient depuis 2010. Ces quatre femmes sont toutes jeunes, beaucoup plus à gauche que ne l’est l’appareil du parti, et issues des « minorités » : Rashida Tlaib est palestinienne (née à Detroit, au Michigan, un État qui regroupe la principale population d’origine syro-libano-palestinienne aux États-Unis) ; Ilhan Omar est une réfugiée somalienne ; Ayanna Pressley est une Afro-Américaine et Alexandria Ocasio-Cortez est portoricaine. Toutes partagent enfin un point commun peu fréquent dans le parti démocrate : elles défendent ardemment la cause palestinienne. Avant même d’être élue dans l’État de New York, Ocasio-Cortez avait publiquement condamné « l’occupation israélienne », des termes peu usuels aux États-Unis. D’autres l’ont rejoint, comme la nouvelle élue démocrate de Virginie, Leslie Cockburn.

Oppression des noirs, oppression des Palestiniens

Aux États-Unis, le lobby pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) a pour tradition, dès qu’un Congrès est désigné (ce qui advient tous les deux ans), d’offrir à ses nouveaux membres de participer, tous frais payés, à un voyage en Israël que le lobby organise périodiquement pour les élus américains. Des séjours confortables durant lesquels l’Aipac leur propose des rencontres de haut niveau. Il est exceptionnel qu’un élu refuse ce cadeau. Rashida Tlaib, elle, n’a pas attendu l’offre : peu après son élection, elle a annoncé qu’elle ne participerait pas au voyage planifié par le lobby. En revanche, elle entendait organiser son propre déplacement en Israël. Comparant l’oppression des Palestiniens à celui des noirs américains sous la ségrégation raciale, elle a dit vouloir « voir comment fonctionne cette ségrégation, et comment elle constitue un obstacle à l’établissement de la paix dans cette région. Ma délégation se focalisera sur la détention des mineurs palestiniens, l’éducation, l’accès des gens à l’eau potable et la pauvreté ». Son but : « Offrir une perspective alternative à celle que promeut l’Aipac. » Il est vrai que sous l’égide du lobby, les élus américains ne voient jamais rien de la réalité de la vie des Palestiniens durant leur séjour organisé.

De son côté, Ilhan Omar s’est vue confrontée à une polémique visant à la faire passer pour antisémite, l’arme favorite devenue un quasi-réflexe dans les milieux défendant Israël en toutes circonstances face aux dénonciations de sa politique de ségrégation des Palestiniens. Le motif ? Répondant à une question sur le soutien inconditionnel du Congrès américain à Israël, elle affirme que tout cela est dû aux « petits Benjamin ». La référence à Benjamin Franklin, dessiné sur chaque billet de cent dollars, est transparente. À qui pense-t-elle ? lui demande une journaliste. À l’Aipac, répond-elle. Tollé général, jusque dans les rangs de la direction démocrate. Ilhan Omar aurait usé d’un cliché antisémite : la référence à l’« argent juif ». Immédiatement, le leader de la minorité républicaine à la Chambre Kevin McCarthy exige des sanctions contre l’élue coupable de propos jugés intolérables, pires, selon lui, que ceux du représentant républicain Steve King (un suprémaciste blanc au racisme avéré). La patronne de la majorité démocrate Nancy Pelosi dénonce avec virulence les termes d’Ilhan Omar. La pression sera telle que celle-ci finira par s’excuser publiquement.

« Le lubrifiant de l’Aipac, c’est le dollar »

Mais l’affaire sera loin de constituer un succès pour l’Aipac, bien au contraire. À la base du parti démocrate, des voix s’élèvent de plus en plus fortement. Qu’a donc dit Ilhan Omar de si scandaleux ? Que l’Aipac, comme tous les lobbys (celui des armes à feu, de l’industrie pharmaceutique ou des producteurs de soja) achète des élus en finançant leurs campagnes électorales ? Mais tout cela est de notoriété publique. Bientôt, deux anciens lobbyistes de l’Aipac, Ady Barkan et M. J. Rosenberg accourent au secours de la jeune élue pour fustiger l’accusation d’antisémitisme proférée à son égard. « Le roi est nu, écrit le premier. En tant que citoyen israélien et lobbyiste professionnel, je parle d’expérience quand je dis que l’Aipac est terriblement efficace et que le lubrifiant qui rend ses opérations si spectaculaires se nomme le dollar ».

Rosenberg, lui, a œuvré à un haut niveau pour le groupe de pression pro-israélien durant quinze ans. Il décrit par le menu les mille et une façons à peine masquées dont, comme tous les groupes de pression, l’Aipac dispose pour contourner la loi qui lui interdit formellement de financer directement les campagnes électorales des élus dont il achète les votes. Dans The Nation, l’hebdomadaire historique de la gauche américaine, il conclut : « Le fond de l’affaire est que, malgré les attaques contre Omar au Congrès et les dénégations hystériques de l’Aipac quant à l’achat du soutien à Israël avec ses “Benjamin”, les temps changent. » Et ils changent particulièrement au sein du parti démocrate, où le soutien à Benyamin Nétanyahou et à sa politique est de plus en plus difficile à assumer, et où la jeune base se rebiffe, ce qu’incarne « l’escouade des 4 » jeunes élues.

Ce changement consiste en l’éloignement accéléré d’une proportion croissante de la base démocrate vis-à-vis de la ligne politique défendue par Israël, et en particulier de la partie la plus jeune de sa fraction juive, historiquement importante. Il s’agit là d’un phénomène marquant de la scène politique américaine. Plus Nétanyahou manifeste sa proximité avec Donald Trump, et plus les jeunes juifs américains, traditionnellement démocrates comme leurs parents, prennent leurs distances avec Israël. L’évolution d’un David Rothkopf, ex-directeur de la revue Foreign Policy, est sur ce point très parlante. Longtemps supporteur d’Israël, il publiait il y a un an, après le vote à la Knesset de lois interdisant l’entrée du pays aux critiques de la politique coloniale israélienne, un article qu’il titrait : « Israël devient une voyoucratie illibérale et je ne parviens plus à le défendre »« La rhétorique de la droite dure israélienne, qui se repaît de manière écœurante des souffrances qu’Israël inflige aux Palestiniens, de la mort d’une jeune fille de 16 ans et d’un paraplégique tués par les soldats israéliens, suggère qu’il faut désormais s’attendre au pire », écrivait-il. Et il concluait : « La politique que mène Israël a rendu beaucoup plus claire l’affaire que les Palestiniens proclament depuis des décennies quant au simulacre de démocratie israélienne. » Cela s’appelle un basculement. Rothkopf est un représentant typique des intellectuels juifs démocrates, de tout temps favorables à Israël et qui, comme lui, « n’y arrivent plus ». L’affaire Ilhan Omar, écrit-il, « a semé la panique à l’Aipac »». La tentative d’assimiler toute critique d’Israël à de l’antisémitisme à échoué, et c’est heureux, ajoute-t-il. « Nous devons combattre l’antisémitisme, mais nous devons aussi combattre tous ceux qui n’ont aucun respect pour les pratiques démocratiques ».

Des candidats à la présidentielle refusent de condamner BDS

L’impact de ce changement s’est manifesté de manière spectaculaire début février, lors du vote au Sénat sur la loi soutenue avec de très gros moyens par l’Aipac et visant à permettre aux États américains de pénaliser le soutien au boycott d’Israël, appelée par contraction la « loi contre BDS »(Boycott-désinvestissement-sanctions, mouvement international contre la politique coloniale israélienne). En réalité, il s’agit d’un article ajouté à une loi plus générale « pour le renforcement de la sécurité américaine au Proche-Orient ». Certes, elle a obtenu une claire majorité puisqu’elle a été approuvée par 77 sénateurs contre 23 (22 démocrates et un républicain), mais cette majorité s’est avérée bien moins importante que d’habitude, le soutien à Israël faisant quasiment toujours l’unanimité. Et surtout, sur les 7 sénateurs démocrates candidats déclarés à la primaire de leur parti pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2020, 6 — Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Kirsten Gillibrand, Cory Booker, Sherod Brown et Kamala Harris — ont voté contre la pénalisation de BDS.

L’affaire est d’importance, dès lors que le gouvernement israélien et l’Aipac ont fait de la pénalisation de BDS un enjeu de politique internationale. Un ministère, dit « des affaires stratégiques », créé par Nétanyahou, n’a quasiment pas d’autre activité que de traquer les critiques d’Israël et les partisans du boycott, en particulier sur les campus américains. Or, c’est parmi les jeunes démocrates que l’on trouve le gros des adversaires à la pénalisation de BDS, un mouvement qui, aux États-Unis, est composé pour moitié de jeunes Arabes ou de musulmans, et pour l’autre moitié… de jeunes juifs. Rien là de très surprenant : qui d’autre se sentirait concerné au premier chef par la question israélo-palestinienne ? Cela, les candidats à l’investiture démocrate en sont conscients. Alors que l’appareil du parti poursuit une ligne ancienne de soutien quasi inconditionnel à l’État d’Israël, ces candidats, eux, ont tous justifié leur rejet de la loi anti-BDS par le respect du premier amendement de la Constitution, qui défend la liberté de parole et d’opinion. Mais leur vrai motif est qu’ils risqueraient de se couper de leur base militante en se rangeant derrière le soutien à la pénalisation de BDS. Déjà, en 2016, Hillary Clinton a commis l’erreur — fatale pour elle — de négliger le poids de la jeunesse démocrate, qui vire de plus en plus à gauche. Les candidats pour affronter Trump dans un an et demi entendent ne pas répéter cette erreur.

Des groupes comme J StreetIf Not NowJewish Voice for Peace, mais aussi l’US Campaign for Palestinian Rights, s’opposent radicalement à la pénalisation de BDS ou de ses idées. L’American Civil Liberties Union (ACLU), association américaine historique de défense des libertés civiques également. Résultat : le cas de Kirsten Gillibrand, la sénatrice de New York, l’État où réside le plus grand nombre de juifs au monde après Israël, résume toute l’évolution récente. Il y a deux ans, elle s’était prononcée sans ambiguïté en faveur de la pénalisation de BDS. Mais aujourd’hui, elle a voté contre au Sénat. Candidate à l’investiture démocrate en 2020, elle sait que, face à Trump, personne ne l’emportera en se coupant de cette base militante très présente dans de nombreuses associations de la société civile et qui penche de plus en plus à gauche, en priorité sur les sujets économiques et sociaux, mais aussi sur les enjeux internationaux.

Ceux qui représentent l’avenir

Évidemment, cette base est encore très loin de l’emporter au sein du parti démocrate. Ses deux principaux dirigeants au Congrès, Nancy Pelosi, élue de Californie et patronne des démocrates à la Chambre, et Chuck Schumer (élu de New York, chef de la minorité démocrate au Sénat), lui sont très hostiles, comme l’est le gros de l’appareil du parti. Tous craignent que le virage à gauche de plus en plus avéré de cette base — une tendance exacerbée par la présence de Trump au pouvoir — ne leur fasse à nouveau perdre l’élection présidentielle. Ils sont conscients de l’incapacité des démocrates à l’emporter sans son soutien, mais ils entendent lui faire le moins possible de concessions, pour ne pas effrayer l’électorat démocrate moins radical, et surtout l’électorat indécis. De leur point de vue, la critique de la politique israélienne n’est pas un atout.

Dans l’état actuel, il n’y a quasiment aucune chance de voir la gauche démocrate s’imposer au parti. Mais ses progrès sont patents et constants, et leurs conséquences sur le regard porté au sein du parti sur le conflit israélo-palestinien indéniables. Cette gauche trouve un terrain très favorable dans le fait que Nétanyahou et Trump apparaissent indissociablement liés, alors que les démocrates honnissent le président américain, les juifs démocrates figurant parmi les plus vindicatifs. Peter Beinhart, l’un des jeunes intellectuels médiatiques juifs américains montants, fait ce constat : les deux dirigeants principaux du parti démocrate, Pelosi et Schumer, ont respectivement 78 et 68 ans, les deux plus gros donateurs juifs à Israël, le milliardaire démocrate Haïm Saban et le milliardaire républicain Sheldon Adelson ont 74 et 85 ans, les deux démocrates qui ont dirigé les commissions parlementaires les plus importantes pour Israël, Nita Lowey (attribution des aides extérieures) et Eliot Engel (affaires étrangères) ont 81 et 71 ans. La « bande des 4 », elle, a entre 29 et 43 ans. Et Beinart d’interroger ses lecteurs : « Lequel des deux groupes a plus de chances de déterminer l’avenir ?.

Cet avenir reste lointain. Mais une chose est sure. En 2006, lorsque John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt publièrent The Israel Lobby and US Foreign Policy, le tollé fut général et les accusations d’antisémitisme fusèrent de toutes parts aux États-Unis, attisés par l’Aipac. Aujourd’hui, les deux hommes sont des universitaires respectés, et les idées que ce livre avançait — tant la critique de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens que la nocivité de ce groupe de pression pour la politique étrangère américaine — sont beaucoup plus communément débattues et même acceptées.

Historiquement, ce que l’on sait peu, c’est le parti démocrate qui a porté en étendard le soutien indéfectible à Israël. Les républicains ne sont devenus le « parti pro-Israël » que depuis les années 1980. Désormais, c’est de la gauche démocrate que surgissent les voix les plus critiques envers Israël et sa politique coloniale. En janvier 2018, une étude du Centre Pew, le plus important institut américain d’études socio-démographiques, montrait la dimension de la bascule en faveur des Palestiniens parmi les démocrates. Interrogés pour savoir vers qui se portait leur faveur, les plus de 65 ans privilégiaient toujours les Israéliens par 12 points d’écart. Mais parmi ceux âgés de 34 ans et moins, les Palestiniens sortaient vainqueurs avec 11 points d’avance. Visiblement, l’évolution en cours de l’opinion démocrate dans son rapport à Israël est liée à la poussée de la gauche en son sein, mais elle ne se résume pas à ce seul phénomène.

La direction du parti, cependant, a décidé de redoubler d’efforts pour marginaliser la montée en puissance du sentiment anti-israélien. La première attaque contre Ilhan Omar ayant fini en feu de paille, une nouvelle offensive est advenue, le 4 mars, visant à nouveau à disqualifier la députée musulmane comme « antisémite ». Dans une vidéo de 20 minutes évoquant la question des droits humains dans les Territoires palestiniens occupés, Ilhan Omar a évoqué « l’influence politique dans ce pays [les États-Unis] qui dit qu’il est normal que des gens poussent à prêter allégeance à un pays étranger. Pourquoi serait-il normal que je puisse parler de l’influence de la NRA [le lobby des ventes d’armes], des industries de l’énergie fossile ou de la grande pharmacie, et que je ne puisse pas le faire d’un lobby puissant qui influence la politique des États-Unis ». Elle visait une fois de plus l’Aipac.

Cette fois, la contre-offensive est venue de Donald Trump lui-même. Ignorant tout le reste du discours sur l’occupation des Palestiniens, le président américain a fustigé les « terribles commentaires sur Israël » de la représentante démocrate, ajoutant qu’il n’y avait « pas de place au Congrès pour l’antisémitisme ». Et il a rejoint le chœur des élus démocrates qui ont lancé une pétition pour exclure Omar de la Commission des affaires étrangères, dont elle est membre. La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a effectivement accusé Omar de reprendre à son compte une très ancienne accusation antisémite selon laquelle les juifs font preuve de « double allégeance », celle envers leur propre groupe étant supérieure à celle envers le pays dont ils sont citoyens. « Les accusations de double allégeance ont généralement une histoire insidieuse nourrie de fanatisme », a rappelé Pelosi.

Mais la jeune députée ne s’est pas laissé impressionner. « Chaque jour on me dit que je serais anti-américaine parce que je ne suis pas pro-Israël. S’opposer à Nétanyahou et à l’occupation n’est pas la même chose qu’être antisémite. Je suis reconnaissante aux nombreux alliés juifs qui se sont exprimés pour dire la même chose », a-t-elle rétorqué. Et elle l’a, une fois encore, emporté. Elle a d’abord reçu le soutien de plusieurs candidats à la nomination démocrate pour la prochaine élection présidentielle. Elizabeth Warren a été la plus virulente, affirmant : « Qualifier automatiquement la critique d’Israël d’antisémite a un effet désastreux sur le discours public et rend plus difficile une solution pacifique entre Israéliens et Palestiniens ». Mais surtout, une alliance entre la gauche du parti, le Black Caucus qui réunit les élus noirs et une partie importante des jeunes nouveaux représentants démocrates a empêché l’adoption de la loi proposée par Pelosi.

Comme le sont souvent les mauvais compromis, la nouvelle loi finalement votée par les démocrates n’est qu’une liste de vœux pieux, dénonçant sans distinction tous les racismes : antisémite, anti-Noirs, islamophobe, etc. Mais l’essentiel est ailleurs : elle évacue totalement l’assimilation de la « double allégeance » au seul antisémitisme dans l’histoire américaine et écarte toute sanction contre Ilhan Omar. Elle rappelle également que dans la dernière période, les actes antisémites ont augmenté aux États-Unis de 37 %, et les actes antimusulmans de 99 %. Enfin, elle vise beaucoup plus l’extrême droite que les musulmans comme principal vecteur d’antisémitisme aux États-Unis. Elle rappelle ainsi, ironiquement, que « prendre les juifs pour boucs émissaires » a longtemps été de mise dans l’histoire américaine de la part « de groupes comme le Ku Klux Klan, les néonazis ou l’America First Committe ». Une référence à peine masquée à Donald Trump. Le Comité pour l’Amérique d’abord, brandissant le slogan qui allait devenir l’emblème de la politique trumpienne, était un mouvement d’extrême droite protectionniste et antisémite qui connut une brève existence au début des années 1940.

La bataille internationale orchestrée par Benyamin Nétanyahou pour faire de toute critique du sionisme et de la politique israélienne une manifestation d’antisémitisme enfle aujourd’hui aux États-Unis. Et elle se heurte à des résistances beaucoup plus fortes que ne l’avaient prévu ses promoteurs.

Photo: Le vice-président Mike Pence au congrès de l’Aipac – Myles Cullen/The White House

source:https://orientxxi.info/magazine/etats-unis-insurrections-au-parti-democrate-contre-l-influence-israelienne,2940



 

UN Rights Council Accuses Israel of War Crimes in Gaza

Council approves February report on intentionally killing civilians Jason Ditz Posted on March 22, 2019

In a 23-8 vote, the UN Human Rights Council voted Friday to endorse a report on Israel’s treatment protests along the Gaza Strip, which determined that the government’s actions amounted to war crimes against civilians in Gaza.

The report itself was published in late February, and found that Israel intentionally shot both children and journalists in the Gaza Strip during those protests. They noted that 154 out of 183 people killed at the time had been unarmed. 

Israeli officials insisted at the time the report came out that the killings amounted to the “right of self-defense and the obligation to defend its citizens and borders.” Israeli officials now say the only supporters of the resolution are dictatorships and “hypocrites.” 

Other UNHRC resolutions, also opposed as “absurd” by Israel, included an endorsement of the right of Palestinian self-determination, and criticism of Israeli abuses in the occupied territories, and one on the illegality of Israeli settlements.



 

Trump et le Golan : des propos qui «ne peuvent qu’inciter à plus d’agression contre Israël»

 

Sputnik - 23.03.2019

À la veille d’une visite de Benjamin Netanyahou aux États-Unis, Donald Trump s’est déclaré favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan. La réaction négative de la Ligue arabe, de l’Iran, de la Turquie, de la Russie et de l’UE ne s’est pas fait attendre. Sputnik en a discuté avec un analyste.

Se prononçant en faveur d'une reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur la partie occupée du plateau du Golan syrien, le Président états-unien a apporté son soutien à Benjamin Netanyahou, confronté aujourd'hui à une réélection incertaine, a déclaré à Sputnik Ejm Alrai, correspondant militaire et spécialiste de la lutte antiterroriste.

«Trump n'essaie même pas de le dissimuler bien qu'il ne doive pas s'ingérer dans les élections israéliennes. […] Son objectif est de sauver Netanyahou confronté à son plus grave problème à l'intérieur du pays: des accusations de corruption», a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que, préoccupé par sa réélection, Benjamin Netanyahou faisait preuve, pour sa part, d'irresponsabilité quant à la sécurité nationale de l'État hébreu.

«De tels propos [tenus par Donald Trump, ndlr] ne peuvent qu'inciter à plus d'agression contre Israël et les Israéliens. […] Cette déclaration peut être exploitée par les voisins d'Israël pour justifier n'importe quelles attaques contre l'État hébreu à l'avenir», a prévenu l'expert.

Selon ce dernier, aucune réaction militaire de la part de la Syrie n'est toutefois pas à craindre dans l'immédiat, le Golan étant territoire syrien.

«Quoi qu'il en soit, la Chambre des représentants et le Sénat peuvent bien approuver la volonté de Trump concernant le Golan occupé, car de nos jours, quiconque critique Israël ou n'est pas d'accord avec lui pourrait être accusé d'antisémitisme», a résumé M.Alrai.

Il a toutefois relevé que les Nations unies ne l'accepteraient jamais, la Russie et la Chine s'y opposant le plus fermement.

«Néanmoins, l'invasion américaine de l'Irak, les frappes aériennes contre la Libye et l'occupation de l'est de la Syrie par les militaires des États-Unis ont été réalisées sans l'aval de l'Onu. Les États-Unis se croient sans doute au-dessus du droit international», a rappelé l'interlocuteur de Sputnik.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a incorporée à son territoire en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion.



 

 

Golan : Damas met en garde Tel Aviv et Washington

     

Sur le modèle de Jérusalem comme “capitale israélienne”, les Etats-Unis font de même avec le territoire syrien illégalement occupé en 1967 : un projet de loi pour le reconnaître comme propriété de l’Etat sioniste. Le gouvernement syrien met en garde.

« Les États-Unis jouent avec le feu pour tenter de faire reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan », a déclaré mercredi le journal en ligne Rai Al Youmdans son éditorial.

L’article fait référence à la récente visite du sénateur américain Lindsey Graham, proche du groupe du président Trump, en Israël. Lors d’une visite au Golan, accompagné du Premier ministre Netanyahou et de l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, Graham a promis au Premier ministre israélien de faire de son mieux pour faire adopter un projet de loi visant à « reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan ».

Selon le journal The Times of Israel, les sénateurs républicains Ted Cruz et Tom Cotton, ainsi que le représentant du parti démocrate Mike Gallagher, ont envoyé, la semaine dernière, un projet de loi au Sénat sur le Golan. Les signataires de ce projet de loi ont indiqué que « le moment est venu de reconnaître la réalité politique sur le terrain et d’abandonner les attentes relatives à un accord de paix entre Israël et la Syrie » avec un projet de loi destiné à reconnaître officiellement la « souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ».

Un choix unilatéral de Washington, comme ce fut pour la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, en totale violation des résolutions de l’ONU. La position de cette dernière en ce qui concerne le statut juridique des hauteurs du Golan reste inchangée : « il s’agit d’un territoire occupé illégalement par Israël ».

L’année dernière, le Conseil de Sécurité avait exprimé sa vive préoccupation devant les déclarations du Premier ministre Netanyahou et la volonté de Tel-Aviv de considérer le territoire de son appartenance. Le CdS avait également rappelé que « conformément à la résolution 497, de 1981, la décision israélienne d’imposer ses lois et son administration dans les territoires du Golan syrien occupé est totalement illégitime, sans fondement ni reconnaissance internationale ».

Toujours selon The Times of Israel, Netanyahou « utilise ses bonnes relations interpersonnelles en termes électoraux » – en ce qui concerne les prochaines élections israéliennes en avril – « présentant une légitimité possible sur le Golan comme un succès personnel, par rapport à l’incapacité de ses opposants politiques ».

« Après que Netanyahou n’a pas réussi à créer une zone tampon de sécurité dans le sud de la Syrie avec l’utilisation de groupes djihadistes opposés au gouvernement de Damas (documentée par les observateurs de l’ONU et dénoncée par le Secrétaire Général Guterres, ndlr) il se tourne maintenant vers Washington dans l’espoir d’obtenir un résultat important, surtout en termes électoraux », écrit Abdel Bari Atwan, directeur du Rai al Youm, dans son éditorial.

Du côté syrien, le ministère syrien des Affaires étrangères a officiellement dénoncé la promesse de Graham comme « un autre exemple de l’arrogance de l’administration Trump » et a mis en garde Kristin Lund, chef de l’UNTSO (organe onusien qui surveille la trêve en Golan) « contre une éventuelle escalade de violence dans la région ».

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Feysal Meqdad, a été beaucoup plus direct et a averti le gouvernement de Tel Aviv. « Si Israël ne se retire pas du Golan occupé » –  a déclaré Meqdad – « Damas n’hésitera pas à recourir à la force pour libérer une partie du territoire syrien». Ces jours-ci, le gouvernement syrien a réactivé sa principale base militaire à Quneitra et alerté ses systèmes de défense anti-aérienne, afin de réagir à une éventuelle attaque de l’armée israélienne.

 

Traduit de l’italien par Stefano Mauro

Source : Investig’Action

Source originelle : Nena News



 

 



Donald Trump et son gendre Jared Kushner devant le mur des lamentations à Jérusalem, le 22 mai 2017

 

Le plan de Trump résistera-t-il à sa ligne résolument pro-israélienne ?

RTFrance - 22 mars 2019

 

Convaincu de pouvoir résoudre le conflit israélo-palestinien grâce à son plan – dont les contours demeurent un mystère –, le président américain Donald Trump ne brille pourtant pas par son impartialité dans ce dossier depuis sa prise de fonction.

Le président américain Donald Trump l'assure depuis le début de son mandat, il travaille à élaborer un plan à même de satisfaire Palestiniens et Israéliens dans le conflit qui les oppose, pour conclure ce qui serait sans conteste le plus grand succès diplomatique de ces dernières décennies.

Si les spéculations vont bon train, les détails de cet «accord ultime» – pour lequel il a mandaté son gendre Jared Kushner et un émissaire spécial, l'avocat Jason Greenblatt – ne devraient être rendus publics qu'après le 9 avril, date des élections législatives israéliennes. En attendant, chaque initiative américaine prise par l'administration Trump laisse un peu plus apparaître le penchant pro-israélien de Washington, permettant de douter sérieusement de l'impartialité du président américain, nécessaire à une résolution rapide du conflit.

Le Golan, un avertissement pour la Palestine ?

Dernier exemple en date, le 21 mars, lorsque Donald Trump a évoqué sur Twitter une possible reconnaissance par la Maison-Blanche de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan. «Après 52 années, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, qui est d'une importance cruciale pour la stratégie et la sécurité de l'Etat d'Israël sur la stabilité régionale !», a-t-il écrit.

Conquise sur la Syrie par Israël lors de la guerre des Six Jours, la région occidentale du Golan fait partie des territoires que l'Etat hébreu occupe et au sujet duquel le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté en 1967 sa fameuse résolution 242. Le territoire a été annexé en 1981 après un vote de la Knesset, contre l'avis du Conseil de sécurité de l'ONU, qui considère l'annexion comme «nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international».

S'il peut être interprété comme un coup de pouce électoral à Benjamin Netanyahou – l'interlocuteur privilégié de Jared Kushner dans le dossier israélo-palestinien, dont le règne à la tête du pays est menacé par l'alliance de ses principaux rivaux – le message envoyé par Donald Trump à de quoi inquiéter l'Autorité palestinienne sur le devenir de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Jérusalem, la «claque du siècle»

D'autant que le président américain a prouvé qu'il n'hésitait pas à passer de la parole aux actes, comme en témoignage sa décision unilatérale de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, en décembre 2017. «De nombreux présidents ont dit qu'ils voulaient faire quelque chose [dans ce sens] et ils ne l'ont pas fait», expliquait alors le président pour justifier une décision à rebours de plusieurs décennies de prudente diplomatie américaine sur ce sujet délicat.

En effet, si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est félicité d'un «événement historique», pour de nombreux dirigeants arabes, au premier rang desquels ceux de l'Autorité palestinienne, il s'agit d'un véritable casus belli. Annexée illégalement par Israël en 1967, Jérusalem-Est est revendiquée par les Palestiniens comme capitale de l'Etat dont ils espèrent depuis de longues années une reconnaissance internationale. Le statut de Jérusalem est par conséquent l'une des principales questions sur lesquelles se déchirent Israéliens et Palestiniens.

Ce bouleversement diplomatique impulsé par Donald Trump, qui a embrasé le monde arabe durant des semaines, ne constitue selon lui que la «reconnaissance d'une réalité historique», qu'il a d'ailleurs appuyée en déplaçant dans la foulée l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, pour la plus grande satisfaction des autorités israéliennes. En revanche, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, un temps ouvert au «pragmatisme» de Donald Trump, a eu du mal à digérer la décision américaine : «Nous disons à [Donald] Trump que nous n'accepterons pas son plan, l'affaire du siècle s'est transformée en claque du siècle.»

La fin de l'aide aux Palestiniens comme moyen de pression

Face au tumulte provoqué par cette décision, le président américain a revendiqué une «nouvelle approche» sur le conflit israélo-palestinien, tout en réaffirmant qu'il ferait son possible pour qu'un accord de paix soit trouvé. Une approche qui s'est traduite par l'annulation en août dernier de plus de 200 millions de dollars d'aide américaine aux Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, quelques mois après que les Etats-Unis ont drastiquement coupé leur contribution à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Puis en septembre, le président américain a ordonné la suppression d'une aide de 25 millions de dollars aux hôpitaux palestiniens à Jérusalem-Est. A chaque fois, ces décisions ont été officiellement justifiées par le département d'Etat «pour s'assurer que ces fonds soient dépensés en accord avec les intérêts nationaux américains».

La raison profonde a toutefois été révélée par le locataire de la Maison-Blanche à l'occasion d'une rencontre avec des dirigeants juifs à Washington, lorsqu'il leur a expliqué que ces décisions avaient pour objectif de contraindre les Palestiniens à négocier : «Les Etats-Unis leur payaient d'énormes sommes d'argent. Je dis :"Vous aurez l'argent mais nous ne vous paierons pas avant que nous ayons conclu un accord. Si nous ne concluons pas d'accord, nous ne payons pas".» Depuis l'annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël, l'Autorité palestinienne avait en effet gelé ses relations avec Washington, lui déniant tout rôle de médiateur dans le processus de paix.

L'attitude de Washington a offusqué l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui a dénoncé un «chantage politique», allant contre «la décence humaine et la morale». Pour Hossam Zomlot, l'envoyé de l'OLP à Washington, le retrait de ces fonds ne fait par ailleurs que «confirmer l'abandon de la solution à deux Etats et l'adhésion complète à l'agenda anti-paix du [Premier ministre israélien Benjamin] Netanyahou».

Au contraire, Israël a tenu à saluer la fin de l'aide américaine à l'UNRWA, accusant cette agence de «perpétuer le conflit» en cultivant l'idée que les réfugiés palestiniens et leurs descendants auraient un jour le droit de retrouver les terres qu'ils ont dû quitter en 1948.

Retrait du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

Si la démarche américaine interpelle sur le plan moral de nombreux acteurs internationaux, l'administration Trump ne semble pas s'embarrasser de ce genre de considérations. En témoigne notamment le retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (CDH) en juin 2018, annoncé par celle qui était encore la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley.

Qualifiant cette institution de «cloaque de partis pris politiques», Nikki Haley l'a surtout accusée d'entretenir une partialité systématique à l'encontre d'Israël. «Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d'une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l'homme un sujet de moquerie», avait-elle fait valoir à l'époque.

Un argument que n'avaient pas renié les responsables israéliens, qui s'étaient empressés de saluer cette décision. «Depuis des années, le CDH a prouvé qu'il était une organisation hostile, avec un biais anti-Israël, qui a trahi sa mission de défendre les droits de l'homme», avaient ainsi déclaré les services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dans un communiqué, saluant une «décision courageuse».

Il faut dire que peu de temps avant l'annonce de ce retrait, le CDH avait voté une résolution pour envoyer une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre, afin d'enquêter sur les événements à Gaza, théâtre depuis plusieurs mois de protestations hebdomadaires le long de la barrière.

Le CDH a d'ailleurs publié en février 2019 les conclusions de son rapport, dans lequel il estime que la réponse d'Israël pouvait «constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité». Une donnée que Donald Trump s'est donné le droit d'ignorer lorsque viendra le temps de proposer son plan.

Lire aussi : Al-Jazeera mène une enquête explosive sur le lobby pro-israélien... avant de geler sa diffusion


 

Antisionisme et «antisémitisme caché», par Jean Bricmont

 

RTFrance

19 mars 2019

La France va adopter une définition de l'antisémitisme intégrant l'antisionisme. Mais pour l'essayiste Jean Bricmont, qui s'oppose à toute criminalisation des opinions, les deux concepts diffèrent fondamentalement.

Commençons par définir les termes. L'antisionisme peut signifier plusieurs choses, allant de l'opposition aux politiques ou actions du gouvernement israélien à la remise en question de la légitimité d'Israël en tant qu'État juif. En tant que telles, ces positions sont bien sûr politiques et non racistes ou religieuses. Il suffit de les comparer à l'idée que la Crimée appartient à l'Ukraine ou que le Tibet doit être indépendant de la Chine. Dans le courant dominant, ces positions ne sont pas qualifiées d'anti-russes ou d'anti-chinoises au sens raciste du terme.

Dans la mesure où l'antisionisme «radical» est supposé mettre en question la légitimité d'Israël en tant qu'État juif, il est intrinsèquement lié à ce qui est au fondement de la cause palestinienne, à savoir le droit au retour des réfugiés de 1948, reconnu par la résolution 194 de l'Onu et par la déclaration universelle des droits de l'homme (article 13 2. : Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays). Même si ce droit est purement théorique, étant donnés les rapports de force, le proclamer met en cause le caractère essentiellement juif d'Israël, mais peut difficilement être assimilé à du racisme, au vu de ses bases légales.

Cependant, l'antisémitisme n'est pas si facile à définir non plus. Une définition simple serait «la haine des Juifs en tant que tels». Mais qui épouse aujourd'hui ouvertement une telle haine ? Je n'en connais pas (bien sûr, il peut y avoir quelques fous inconnus auxquels cette définition s'applique). Et c'est là qu'intervient l'accusation «d'antisémitisme caché »: puisqu'il n'y a pas de haine ouverte envers les Juifs, on accuse certaines personnes de cacher leur haine des Juifs derrière des positions politiques, comme des critiques «excessives» d'Israël, des critiques du système financier ou même simplement du capitalisme. Cette accusation a une certaine plausibilité. Après tout, Marx lui-même a écrit : «Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L'argent. Eh bien, en s'émancipant du trafic et de l'argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l'époque actuelle s'émanciperait elle-même.» (Sur la question juive).

Mais il n'y a aucune indication que, même dans ce texte, Marx avait de la haine pour les Juifs ou voulait leur faire du mal, puisqu'il appelait les Juifs à s'émanciper de ce qu'il appelait le «judaïsme pratique». Pourtant, si quelqu'un disait aujourd'hui ce que Marx a écrit (sauf en citant), il serait qualifié d'antisémite et pourrait être poursuivi pour «incitation à la haine raciale».

Il y a beaucoup d'autres façons d'être accusé «d'antisémitisme caché», par exemple en soulignant le rôle du lobby pro-israélien aux États-Unis, en soulignant le rôle des Juifs dans les révolutions bolchevique, hongroise et allemande juste après la Première Guerre mondiale et les persécutons anti-chrétiennes de l'époque ou en notant leur influence dans la République de Weimar.

Ces exemples illustrent la difficulté qu'il y a à définir l'antisémitisme même sans mentionner Israël et la Palestine.

Quoi qu'il en soit, l'antisémitisme et l'antisionisme sont clairement distincts sur le plan conceptuel.

Néanmoins, la distinction entre ce qui est légal ou non devrait être entre la pensée et l'action et non entre antisionisme et antisémitisme, vu la difficulté à définir ces termes. La pensée inclut n'importe quel point de vue sur la religion, la science, l'histoire, la philosophie, etc. Si le judaïsme est une religion, alors il peut être critiqué comme toute autre religion. C'est la même chose si on le voit comme une culture. Si les Juifs sont considérés comme un peuple, alors la mentalité présumée de ce peuple peut être discutée de la même manière que la mentalité du peuple français, russe ou allemand est discutée (et souvent négativement).

Néanmoins l'idée généralement acceptée dans notre époque est que les opinions racistes, et en particulier les opinions antisémites, doivent être interdites. Une fois que cela est accepté, on est confronté au problème de la pente glissante. L'antisémitisme n'étant pas facile à définir, si l'on considère par exemple la critique «excessive» d'Israël comme une forme cachée d'antisémitisme, alors interdire cette forme d'antisionisme devient acceptable.

Nombreux sont ceux qui s'opposent à ce type d'interdiction mais qui soutiennent néanmoins l'interdiction des «discours de haine». Leur erreur fondamentale est d'accepter la censure sous quelque forme que ce soit, même d'opinions considérées comme racistes ou antisémites.

L'argument principal pour interdire ces «discours de haine» est que ceux-ci peuvent inciter certains individus à des actions contre les cibles de la haine, allant parfois jusqu'au meurtre. Il y a deux problèmes avec cet argument.

Le premier problème, c'est qu'il est très difficile de l'appliquer systématiquement sans interdire presque tout. Même les idées les plus nobles peuvent être tordues et servir de prétexte à de mauvaises actions. Les écrits de Marx sont-ils responsables du goulag ? Le travail de Nietzsche a-t-il conduit à Hitler et aux camps ? Les idées des Lumières sont-elles responsables des nombreuses persécutions antireligieuses à travers l'histoire ?  La critique de l'Islam est-elle la cause des guerres contre des pays musulmans ? Certains philosophes ont considéré que les Lumières ont mené à Auschwitz. Il me semble que seules les paroles incitant directement à des actes illégaux (comme : «Tuez-le !») devraient être interdites.

Le second problème est lié à l'éternelle question de savoir si interdire l'expression d'idées empêche ou encourage leur propagation. Même si on ne peut pas affirmer de règle générale et certaine, l'expérience historique n'est pas très encourageante pour la censure.

Quoi qu'il en soit, en liant antisémitisme et antisionisme, qui plus est lors du dîner du Crif, le président Macron ne pouvait qu'aggraver les antagonismes communautaires et les sentiments anti-juifs.

Après des décennies de «lutte contre la haine» et l'antisémitisme par la censure, la répression, et la diabolisation, les partisans de cette lutte ne cessent de s'indigner devant la montée de cette haine, ce que l'on peut effectivement constater en faisant un tour sur les réseaux sociaux.

Ne faudrait-il pas changer radicalement de méthode pour combattre la haine et, au lieu d'étendre la censure, abolir ou ne plus appliquer la loi Pleven de 1972 condamnant l'incitation à la haine ou la loi Gayssot de 1990 condamnant le négationnisme ?

Pour reprendre un slogan américain, la réponse aux discours de haine ne serait-elle pas plus de discours, pas moins ?

 

Norman Finkelstein : Netanyahou est un raciste et un suprémaciste juif, à l'image d'Israël

 

Auteur : Norman G. Finkelstein 

Editeur : Walt - ZE Journal - Vendredi, 26 Avr. 2019

Jimmy Dore : Bonjour tout le monde! Bienvenue sur cette émission.

Nous avons un invité spécial aujourd’hui. Norman Finkelstein est un politologue, militant, professeur et auteur américain. Ses principaux domaines de recherche sont le conflit israélo-palestinien et la politique de l’Holocauste, un intérêt motivé par les expériences de ses parents, survivants Juifs de l’Holocauste. Il est diplômé de l’Université de Binghamton. Il a obtenu un Doctorat en Sciences politiques à l’Université de Princeton.

Bienvenue, Norman Finkelstein. Merci d’être notre invité.

Norman Finkelstein : Merci de me recevoir.

Jimmy Dore : Vous êtes un expert du conflit israélo-palestinien. Vous savez, la plupart des gens ne connaissent pas vraiment les causes du conflit ; ils savent juste qu’il y a un conflit et que les États-Unis sont alliés avec Israël, parce qu’ils sont (soi-disant) une démocratie et qu’ils seraient la seule démocratie au Moyen-Orient, comme certaines personnes aiment le dire.

Alors, comment expliqueriez-vous ce conflit à des personnes qui ne connaissent pas grand-chose à ce sujet, à savoir la plupart des habitants des États-Unis [et de la France] ? Et ils n’en savent certainement pas grand-chose s’ils regardent les informations à la télévision. Je ne pense pas que le citoyen moyen sache grand-chose à ce sujet. Alors, comment pouvez-vous informer les gens sur ce conflit ? Comment a-t-il commencé ? Quelles en sont les causes ?

Norman Finkelstein : Je pense que le moyen le plus efficace d’informer les gens est de recourir à l’analogie. En réalité, ce qui est arrivé au peuple palestinien au cours du siècle dernier est assez semblable à ce qui est arrivé à la population amérindienne aux États-Unis. Si vous prenez par exemple le destin des Indiens Cherokee, qui résidaient à l’origine sur la côte Est des États-Unis, ils ont été progressivement poussés, poussés, et repoussés, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en Arkansas. Et ensuite, ils ont été confinés à une petite partie de l’Arkansas, qui, une fois que tous les colons blancs s’y sont rassemblés, est devenue l’Oklahoma. Les Cherokee ont donc été victimes d’une politique d’expulsion, de « transfert » pour utiliser le vocabulaire israélien. Fondamentalement, il y a évidemment des différences entre les deux situations, et on ne peut pas prétendre qu’il n’y en a pas, mais dans l’ensemble, je dirais que dans l’ensemble, ce n’est pas vraiment différent de ce qui est arrivé à la population autochtone aux Etats-Unis.

Jimmy Dore : Bigre ! On ne m’a jamais décrit la chose de cette façon auparavant. Et vous savez, ironiquement, la plupart des Américains ne sont pas trop informés non plus de la gravité de ce chapitre de notre histoire. Ainsi, les États-Unis accordent chaque année une aide et des milliards de dollars de financement à Israël. Mais certains disent qu’Israël est un État d’Apartheid et que Gaza est une prison à ciel ouvert. Ces deux accusations sont-elles vraies ? Et comment cela pourrait-il être vrai ? Comment pourrions-nous les soutenir dans ce cas ?

Norman Finkelstein : Eh bien, je pense que les deux propositions sont vraies. Israël bénéficie à la fois de deux faits. Premièrement, ils bénéficient de la convergence des intérêts entre les élites dirigeantes américaines et Israël sur de nombreuses questions fondamentales. Ainsi, par exemple, à l’heure actuelle, il existe une convergence d’intérêts entre les États-Unis et Israël tendant au renforcement de l’Arabie Saoudite, au renforcement du Golfe et à la tentative de contenir l’Iran. C’est une convergence fondamentale des intérêts, et c’est en partie, probablement dans la plus grande partie, ce qui explique le soutien des États-Unis à Israël.

Mais il y a aussi un autre facteur, et il ne faut pas prétendre que cet autre facteur n’existe pas, c’est-à-dire qu’il existe un lobby pro-israélien très puissant aux États-Unis, un peu comme le lobby des armes à feu, le lobby cubain (anti-castriste), etc. Le lobby israélien est un autre lobby très efficace, probablement l’un des lobbies les plus efficaces, sinon le plus efficace, qui opère à Washington. Et sa composante principale est une communauté juive américaine très puissante, articulée et organisée, même si, même dans ce cas, il faut faire des distinctions, car chez les jeunes Juifs, le soutien à Israël diminue clairement. Mais dans l’ensemble, à la fois du fait d’une convergence d’intérêts et de la présence d’un lobby puissant, articulé, organisé et stratégiquement placé, un lobby qui a beaucoup d’influence sur les médias, beaucoup d’influence dans la publication, beaucoup d’influence dans les journaux d’opinion, beaucoup d’influence à Hollywood, ce lobby a été un facteur majeur dans la détermination des aspects de la politique américaine vis-à-vis d’Israël.

En ce qui concerne le deuxième point, je ne pense pas vraiment qu’il soit encore controversé de savoir si Israël est ou non un État d’Apartheid. Je ne dis pas cela en tant que polémiste, j’essaie d’être objectif et impartial sur la situation. Entre le Jourdain et la mer Méditerranée, on peut maintenant dire qu’il y a environ 12 ou 13 millions de personnes. Cela inclut la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza. Et Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza. Israël les contrôle maintenant depuis plus d’un demi-siècle. Et le gouvernement israélien a clairement indiqué qu’il n’avait absolument pas la moindre intention de retourner aux frontières d’avant la guerre de juin 1967, c’est-à-dire de céder le contrôle de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est. Nous ne pouvons donc plus parler d’une occupation ; nous devons parler d’une annexion. Les territoires ont été annexés de facto. Après un demi-siècle, cela me semble être la seule conclusion raisonnable : il y a eu une annexion de facto.

Ainsi, sur toute cette population qui s’étend de la Méditerranée au Jourdain, environ la moitié a soit un statut de deuxième classe, soit, et c’est la plus grande partie, n’a aucun droit au sein de l’État [israélien] : pas de droit de vote, puis à partir de là, ils n’ont même pas de droits de propriété, leurs biens et propriétés peuvent être confisqués du jour au lendemain et à l’envi, avec l’appui des tribunaux [israéliens]. Il me semble donc que, encore une fois, en essayant d’être rationnel, en essayant d’être objectif et en essayant d’être impartial, il n’y a pas d’autre terme pour décrire une situation dans laquelle près de la moitié de la population a soit des droits de seconde zone (en Israël même), soit absolument aucun droit (en Cisjordanie et à Gaza). C’est clairement une situation d’Apartheid.

Mais encore une fois, cela ne devrait pas nous choquer. Vous devez vous rappeler, je ne sais pas quel âge vous avez, mais je me souviens très bien pour ma part des derniers jours de l’Apartheid [sud-africain] : Ronald Reagan a soutenu le régime de l’Apartheid jusqu’au bout, tout comme Margaret Thatcher. Vous rappelez-vous, jusqu’à la fin, ils désignaient Nelson Mandela et l’ANC, le Congrès national africain, comme des terroristes. Donc si notre gouvernement était, jusqu’à la fin de l’Apartheid, un fervent soutien de l’Afrique du Sud, parce que c’était en quelque sorte un bastion de la civilisation occidentale, vous savez, de la civilisation occidentale ou de ce que vous voulez, en Afrique, alors pour la même raison, ils soutiennent Israël au Moyen-Orient.

Jimmy Dore : Vous pensez donc que sans… Vous savez, vous affirmez que sans conteste, Israël est un État d’Apartheid, ce avec quoi je suis d’accord. Mais il y a des gens qui remettent cela en question, des gens qui rejettent ces accusations avec force et qui citent le nombre de Palestiniens… Ils disent qu’il existe un parti politique arabe, qui est le troisième parti en Israël, et ils citent à longueur de journée le nombre de Palestiniens qui sont autorisés à voter (aux élections israéliennes)… Que répondez-vous à ces arguments ?

Norman Finkelstein : Tout d’abord, je suis heureux que vous ayez posé ces questions, car il n’y a pas de moyen plus efficace de discuter (que la contradiction). Et si quelqu’un d’entre nous doit jouer le rôle de l’avocat du diable, dans ce cas, ça doit être vous.

Tout d’abord, j’ai essayé d’être clair, j’ai dit qu’il y avait une gradation des droits dans le cas d’Israël. Les Palestiniens sont des citoyens de seconde zone.

Israël a maintenant officiellement déclaré Israël en tant qu’État-nation du peuple juif. Ainsi, par exemple, je suis Juif, et si les États-Unis se déclaraient État-nation du peuple chrétien, je ressentirais certainement cette déclaration (comme discriminante), en particulier une fois qu’elle serait promulguée par des lois. Elle ferait de moi un citoyen de seconde zone, c’est-à-dire que je n’aurais pas ma place ici. Ce serait l’État du peuple chrétien, pas mon État.

Cela dit, gardons à l’esprit que ce n’est pas seulement un élément de la population palestinienne qui est sous contrôle israélien ou qui a effectivement été annexé par Israël. La Cisjordanie, les habitants de la Cisjordanie, ne votent pas aux élections israéliennes, ils ne sont pas représentés à la Knesset israélienne. Les habitants de Gaza ne votent pas aux élections israéliennes, ils ne sont pas représentés au Parlement israélien, à la Knesset israélienne. Jusqu’à présent, la vaste majorité des Palestiniens actuellement annexés à l’État israélien n’ont absolument aucun droit.

Jimmy Dore : Très bien.

Norman Finkelstein : La seule façon de contourner ce problème est de dire qu’il y a un processus de paix (en cours). Mais le gouvernement israélien a déjà indiqué clairement [qu’il rejetait l’idée d’Etat palestinien], et il faudrait être plus aveugle que le roi Lear pour ne pas se rendre compte que le gouvernement israélien a déclaré que nous ne reviendrions pas aux frontières d’avant 1967. Une fois que vous avez fait cette déclaration, il s’agit d’une déclaration d’annexion, et s’il s’agit d’une annexion, vous devez la prendre en compte lorsque vous décidez si Israël est ou non un État d’Apartheid. Cette décision ne peut pas être limitée à (l’analyse de la situation en) Israël et à ses frontières antérieures à 67 : il s’agit de l’ensemble de la zone, y compris la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est et y compris Gaza.

***

Jimmy Dore : Vous savez, j’ai entendu dire que la majorité des Juifs ne soutiennent pas la politique du gouvernement israélien à l’encontre de la Palestine, de Gaza et de la Cisjordanie. Comment cela pourrait-il être le cas ? Et pouvez-vous nous parler du Likoud, qui est en quelque sorte un parti extrémiste, un parti de droite en Israël ? Quel pourcentage de soutien a-t-il réellement au sein de la population juive, à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël ?

Norman Finkelstein : Eh bien, nous devons préciser que premièrement, Benjamin Netanyahou, Premier ministre de l’État d’Israël, est à la tête de l’État depuis environ une décennie, et qu’il a participé à de nombreuses élections. Et bien qu’il ait été entaché de plusieurs scandales, se succédant littéralement les uns après les autres, aucun de ces scandales n’a réellement entamé sa popularité. Et la raison en est, je pense, assez simple, et à mes yeux, elle ne prête pas à controverse : Benjamin Netanyahou est un ignoble raciste, un suprémaciste Juif. Et sur tous ces descriptifs (ignoble, raciste, suprémaciste Juif), il est tout à fait représentatif de la population israélienne. Et la raison pour laquelle ils continuent à le réélire malgré les scandales, qui, soi-disant, seraient toujours sur le point de le faire tomber de façon imminente, malgré les scandales qui ne le font jamais tomber, c’est parce que lorsqu’ils regardent Benjamin Netanyahou, la majeure partie de la population israélienne se voit elle-même, il les représente très fidèlement. Et ils votent pour lui parce que dans sa mentalité… Je ne peux pas vraiment parler de valeurs, car je ne pense pas que des personnes comme M. Netanyahou aient des valeurs en soi), mais en termes de mentalité, de mépris des Arabes, de mépris des musulmans, (Netanyahou incarne parfaitement Israël et les Israéliens)… En fait, avec tout le respect que je vous dois, M. Dore, et à tous vos auditeurs, à moins qu’ils ne soient Juifs, Netanyahou n’a que du mépris pour vous. Ce sont des suprémacistes Juifs.

Mais dans une autre catégorie, il se trouve que Netanyahou est également un raciste, et même si je n’aime pas utiliser cette terminologie, parce qu’elle est trop simpliste et fait trop « slogan », il se trouve à mes yeux, dans ces circonstances particulières, que l’usage de ce terme est parfaitement manifeste et adapté dans ce cas, ça crève les yeux. Pourquoi M. Netanyahou et M. Trump s’entendent-ils si bien ? Pourquoi M. Netanyahou est-il la plus grande pom-pom girl de Trump au monde ? Eh bien, la réponse est simple : ils aiment tous les deux les murs. M. Trump veut construire un mur pour tenir les Mexicains à l’écart, et M. Netanyahou veut construire un mur pour tenir les Arabes à l’écart.

Ils détestent tous les deux les Noirs. Lorsque le Président Obama était le Président des États-Unis, M. Netanyahou n’a pas du tout considéré déplacé, il n’a pas vu le moindre mal à faire irruption aux États-Unis, à faire irruption dans le bâtiment du Capitole (siège du Congrès US) et à donner des instructions à Obama sur la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. J’ose dire, et bien sûr, vous êtes libre de me contredire, qu’il est inconcevable, absolument inconcevable, s’il y avait eu un chef d’État Blanc, si c’était George Bush ou même un Jimmy Carter, même si c’était un Jimmy Carter, M. Netanyahou n’aurait pas osé se comporter comme il l’a fait avec Obama. C’est un raciste.

Et tout comme M. Trump, le raciste, exècre les musulmans, M. Netanyahou déteste les Noirs. C’est pourquoi il a fait de l’expulsion des migrants arabes [d’Erythrée, du Soudan …] un axe de sa politique. Il y a environ 30 000 de ces réfugiés en Israël, qui ont fui une situation de guerre, des situations très graves et difficiles. Et il a décrété leur expulsion parce que vous devez vous rappeler que M. Netanyahou a grandi, une grande partie de sa vie a été passée aux États-Unis. Son père était professeur à Cornell University (New York) et ils détestaient (tous deux) les Noirs, les Schwartz, les Schwartz, comme on les appelle, les Noirs. Ils leur répugnent. Et maintenant, que M. Netanyahou soit confronté à la perspective que les Schwartz envahissent Israël, [c’est insupportable pour lui], et ils doivent donc partir.

Et c’est donc le même état d’esprit. Ce ne sont pas des valeurs, c’est un état d’esprit. Vous pouvez choisir la description que vous souhaitez pour cet état d’esprit : certaines personnes diraient que c’est un état d’esprit nazi, d’autres diraient que c’est un état d’esprit fasciste, d’autres l’appelleraient un état d’esprit suprémaciste Blanc, raciste de droite, peu importe comment vous l’appelez. Mais ils ont bien cet état d’esprit, ces personnes dirigeantes [Trump et Netanyahou].

C’est une chose navrante à dire, mais je ne fais pas partie de ceux qui, au nom du politiquement correct, reculent devant les généralisations. Si on dit que la plupart des Blancs du Sud des États-Unis, à l’époque d’avant les droits civiques, étaient pour la plupart des suprématistes racistes Blancs haineux, très peu de gens s’opposeront à cette « généralisation » (car elle est largement vraie). Mais dès que vous utilisez exactement ces mêmes termes pour décrire Israël ou les Israéliens, cela devient soudainement politiquement incorrect. Je ne suis pas d’accord. Si vous voulez comprendre la mentalité israélienne à l’égard des Palestiniens, des Arabes ou des musulmans, c’est très facile à comprendre pour un Américain : il suffit de regarder l’Alabama, le Mississippi et tous les autres États du Sud à l’époque précédant les droits civiques. Telle est leur mentalité. Telle est la mentalité israélienne. Et M. Netanyahou, dans son état d’esprit, n’est pas très différent d’un George Wallace ou d’un Lester Maddox, pour ceux qui se souviennent de cette époque.

Jimmy Dore : Permettez-moi de vous poser une question : le peuple juif ou le peuple d’Israël ne voient-ils pas l’énorme ironie qui se joue actuellement, à savoir que l’État israélien a été inventé comme un refuge pour le peuple juif parce qu’ils ont été persécutés, et que maintenant ils se sont métamorphosés (en oppresseurs) ? Et que depuis deux décennies au moins, ils font subir exactement la même chose, ou une chose très horrible, pas la même chose, mais une chose très similaire au peuple palestinien, vous savez, faisant d’eux des citoyens de deuxième classe, les dépouillant de leurs droits, contrôlant leurs mouvements d’entrée et de sortie où qu’ils aillent, et leur imposant des blocus économiques et des blocus médicaux… Et vous savez, comme nous l’avons dit, c’est une prison à ciel ouvert. Est-ce que l’ironie de la situation leur échappe vraiment ? Ne voient-ils pas cela ?

Norman Finkelstein : Oui, je pense qu’ils ne le voient pas. Je pense vraiment que l’ironie leur échappe. Tout d’abord, rappelez-vous qu’une grande partie des Européens qui sont venus aux États-Unis, les Pères pèlerins, les puritains, fuyaient les persécutions religieuses. Mais ensuite, ils ont infligé des crimes vraiment atroces à la population autochtone quand ils sont venus ici. Le fait est que les colons européens, les colons Blancs qui sont venus ici, les Euro-Américains, ne pouvaient pas concevoir la population locale, la population autochtone, ils ne pouvaient pas les concevoir comme des êtres humains du même ordre qu’eux. Ce n’était que des sauvages à leurs yeux. Et de la même manière, le peuple israélien ne peut pas concevoir les Arabes ou les musulmans sur le même ordre moral qu’eux. Ce ne sont que des terroristes ou des sauvages à leurs yeux. Donc je pense qu’il est correct de dire qu’ils ne voient rien de mal à la façon dont ils agissent.

En fait, si vous lisez la plupart des témoignages d’Israéliens sur la situation là-bas, la plupart d’entre eux n’ont pas le moindre intérêt pour ce qui se passe en Cisjordanie et à Gaza. Ils vivent très bien, ils ont un niveau de vie très élevé, ils voyagent beaucoup, mais pour les Israéliens, la Cisjordanie et Gaza sont des pays lointains, presque exotiques. Je sais que cela peut paraître surprenant, mais souvenez-vous, par exemple, quand je grandissais à New York, c’est une ville compacte comme vous devez le savoir, 99% des Blancs de New York parlaient (constamment) de Harlem, étaient terrifiés par Harlem, mais n’avaient jamais mis les pieds à Harlem. Ils n’avaient jamais vu ce quartier noir, sans même parler de s’y être rendus physiquement. Et il y avait quelque chose de drôle à l’époque, quand des Européens venaient, en touristes, vous savez, des jeunes, vous leur demandiez « Vous habitez où (pendant votre séjour) ? », et ils répondaient tous « A Harlem, bien sûr ! », [Rires], parce que Harlem était palpitant, vous savez, avec ses clubs, le jazz… Mais pour les New-Yorkais Blancs, Harlem était une image de terreur. « Harlem ?! Tu vis à Harlem ?! Oh mon Dieu! »

Et je me souviens de ma première visite dans les Territoires occupés en 1988, je vivais dans des familles en Cisjordanie, et lorsque je disais aux Israéliens: « Vous savez, je suis allé en Cisjordanie », ils me disaient: « Vous êtes allé en Cisjordanie?! » Leurs yeux devenaient globuleux. Pour eux, c’est l’étranger.

Jimmy Dore : C’est fascinant… Je veux dire, ces analogies que vous faites, elles sont très utiles pour comprendre la situation.

***

Alors permettez-moi de passer très rapidement au mouvement BDS, parce que Chuck Schumer (chef du groupe Démocrate au Sénat) a déclaré que le mouvement BDS est… Vous savez, c’est vraiment ce que… Mon Dieu, je veux dire que je ne sais pas comment… En Afrique du Sud, le boycott a eu un effet énorme, vous savez, venant à bout du régime d’Apartheid, lorsque les gens ont désengagé leurs investissements, les célébrités ne se produisaient plus en Afrique du Sud… Et cela a éveillé la conscience du monde entier. Et donc maintenant, BDS essaie de faire la même chose pour affecter la façon dont Israël traite les Palestiniens et les pousser vers une résolution (du conflit). Et certaines personnes disent que c’est antisémite. Chuck Schumer a prononcé un discours. Je l’ai vu prononcer un discours lors d’une convention de l’AIPAC où il a déclaré que le mouvement BDS était antisémite, car beaucoup d’autres pays autour d’Israël font aussi des choses mauvaises, et que personne ne les boycottait pour autant. Alors, que répondez-vous à cela ?

Norman Finkelstein : Vous savez, les gens ont des ressources et une énergie limitées. Il y a quelques personnes qui ont une gamme mentale et une énergie physique prodigieuses, vous savez. Par exemple, quelqu’un comme Noam Chomsky, qui est capable de déplacer chaque pièce de l’échiquier du monde avec les yeux bandés. Mais la plupart d’entre nous doit faire des choix en ce qui concerne l’investissement de notre énergie, de nos ressources.

Maintenant, dans le cas de l’Afrique du Sud, les affirmations de Chuck Schumer sont exactement ce que le gouvernement sud-africain disait pour se défendre. Il disait : « Pourquoi nous attaquez-vous ? Pourquoi pas le bloc de l’Est ? Pourquoi pas l’Union soviétique ? » Ils soulignaient que le niveau de vie des Noirs en Afrique du Sud était supérieur à celui des Noirs ailleurs en Afrique, ce qui était statistiquement vrai. « Alors, pourquoi vous concentrez-vous sur nous ? » N’importe qui peut avancer l’argument « Et les autres ? » Qu’en est-il de l’Europe de l’Est ? Qu’en est-il de l’Arabie Saoudite ? Qu’en est-il du reste de l’Afrique ? Qu’en est-il du reste du Moyen-Orient ? C’est un argument très facile. Mais cela ne change pas le fait que les États-Unis, notre gouvernement, et en particulier Chuck Schumer, investissent des sommes énormes et des ressources considérables dans le renforcement d’un régime coupable de violations massives des droits de l’homme. En ce qui me concerne, c’est une justification amplement suffisante pour se concentrer sur Israël.

Si vous voulez que je me concentre sur une autre cause, montrez-moi les faits. Si je suis convaincu, je la soutiendrai. Mais vous ne pouvez pas… Vous ne pouvez pas utiliser l’argument, eh bien, « Et les autres ? », Tout le monde peut sortir cet argument (chaque criminel peut dire qu’il n’est pas le seul criminel sur Terre). C’était l’argument sud-africain.

Jimmy Dore : J’entends ce que vous dites. Ce que vous dites, c’est que si vous pensez que d’autres pays font aussi des choses horribles, lancez un mouvement et je le soutiendrai. [Ce qu’Israël et ses partisans disent, c’est] « Puisque d’autres personnes font du mal, ne me demandez pas de comptes sur le mal que je fais ». C’est ce que dit l’argument de Chuck Schumer.

Norman Finkelstein : Écoutez, Chuck Schumer est allé au même lycée que moi. C’est un homme extrêmement brillant, personne ne peut l’enlever. Et il venait d’un milieu modeste, personne ne peut lui enlever ça. Son père était un exterminateur (dératisation / désinsectisation). Je ne connaissais pas Chuck, il avait trois ans d’avance sur moi, mais je connaissais sa sœur Fran, une jeune femme extrêmement brillante. Et je dirais que 40 ans plus tard, elle a été à la hauteur de cette impression. Mais le fait est, et je ne le dis pas joyeusement, je ne le dis pas avec bonheur : Chuck Schumer est juste un voyou rémunéré à présent.

Jimmy Dore : Oui.

Norman Finkelstein : Il ne fait que prendre l’argent des Juifs de droite et des gens de Wall Street et il fait ce qu’ils lui demandent. C’est sa fonction dans la vie. C’est une chose très navrante à dire, et c’est en fait un récit intéressant. Un jour, peut-être, vous pourrez les avoir tous les deux dans votre émission, car non seulement Chuck Schumer est allé au même lycée que moi, mais Bernie Sanders aussi. Et ils ont pris, on peut le dire, des chemins radicalement différents. Sanders est également issu d’un milieu modeste. Et il dit souvent qu’il n’a pas été facile de grandir chez lui parce qu’il y avait beaucoup de disputes entre sa mère et son père à propos de problèmes d’argent. Son père était vendeur à domicile ou vendeur itinérant. Donc ils sont tous deux issus de milieux très similaires mais ont suivi des chemins très divergents.

Chuck Shumer a appelé à l’étranglement de Gaza. Il l’a fait en 2010. N’oubliez pas ce que cela signifie : Gaza compte deux millions d’habitants. Sur ces deux millions, un million sont des enfants, ils ont moins de 18 ans. Ainsi, Charles Schumer, le grand défenseur [des victimes] de l’Holocauste, le grand défenseur des opprimés, a appelé à l’étranglement économique d’un million d’enfants. C’est un bandit. C’est un meurtrier. Et nous ne devrions pas hésiter à utiliser ce vocabulaire par déférence envers lui parce qu’il est Juif, ou parce qu’il vient d’un milieu modeste, ce qui est vrai. Il a fini comme un voyou, un agent rémunéré des Juifs de droite et de Wall Street. Et c’est un commentaire très navrant.

Mais après, bien sûr, il y a un autre pan de la réalité qui rachète celui-là, à savoir que pour chaque Chuck Schumer, il y a un Bernie Sanders, qui est aussi Juif, qui est aussi issu d’un milieu modeste, mais qui a montré qu’il avait un cœur, un vrai cœur, et qui se souvient d’où il vient, et comprend ce que signifie être pauvre, ce que signifie être impuissant. Donc ce n’est pas une image entièrement sombre.

Jimmy Dore : Permettez-moi de conclure ici et de vous demander comment vous pensez (que cela va se finir)… Il ne semble pas qu’il va y avoir de solution (à ce conflit). Je ne vois tout simplement pas d’issue, surtout tant que Benjamin Netanyahou est au pouvoir. Que pensez-vous qu’il va se passer dans la prochaine décennie avec le conflit israélo-palestinien ?

Norman Finkelstein : Écoutez, je ne suis pas religieux. J’ai grandi dans une famille résolument séculière. Mais je crois fermement en l’adage « Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes ». Tout est entre les mains du peuple palestinien. S’ils peuvent trouver la force, le courage moral, la volonté de se sacrifier… Et je dis ça depuis la sécurité de mon appartement à Brooklyn, New York, alors je ne suis vraiment pas en train de leur donner des leçons. Mais s’ils trouvent la force… Comme le disait Fannie Lou Hamer, « Vous pouvez prier Dieu autant que vous le souhaitez, mais si vous ne vous levez pas, si vous ne faites rien, rien ne changera ». Et c’était une femme pieuse. Dieu aide ceux qui se prennent en main.

À l’heure actuelle, les habitants de Gaza ont essayé de prendre le contrôle de leur destin. Et depuis le 30 mars [2018], tous les vendredis, cette Marche [du Retour visant à mettre fin à] ce camp de concentration appelé Gaza, ils ont marché sur ces portes, essayant pas même d’obtenir la liberté, mais juste d’obtenir que ce blocus meurtrier contre Gaza, littéralement meurtrier, soit levé. Tant que les gens continueront à se battre, continueront à lutter, je continuerai à les soutenir. Et ensuite… vous ne pouvez pas prédire ce qui va se passer.

Jimmy Dore : Oui.

Norman Finkelstein : Peut-être qu’ils vont gagner. Peut-être pas.

Jimmy Dore : Oui. Norman Finkelstein, merci beaucoup d’avoir été notre invité, merci de nous éclairer, merci de votre… Vous savez, j’aime le fait que vous ne reteniez pas vos coups, c’est ce que nous aimons ici. Merci encore, et nous avons hâte de vous revoir bientôt.

L'auteur, Norman Finkelstein, est professeur de science politique, Ph.D de l’université de Princeton, auteur de 10 livres et descendant de victimes des camps nazis. Conférencier international, Il est un fervent opposant antisioniste à la politique de l’entité sioniste, état auto-proclamé juif, colonisant la terre de Palestine et ardent supporteur de la campagne BDS de Boycott, Diversion, Sanctions contre Israël en raison des crimes contre l’humanité commis depuis 1948 et le grand nettoyage ethnique de la Palestine commencé à cette date sous couvert de l’occident bienveillant.

Vidéo VO : Is Benjamin Netanyahu A Racist Jewish Supremacist? w/Norman Finkelstein

 

 

 

Traduction : sayed7asan.blogspot.fr

 

 

 

 

Un mois après une caricature jugée "antisémite", le New York Times arrête les dessins politiques

 

RTFrance - 11 juin 2019

L'emblématique journal annonce qu'il met un terme aux dessins politiques dans son édition internationale. Selon un caricaturiste du journal, cette décision est liée à la polémique née d'un dessin controversé représentant Trump guidé par Netanyahou.

Un peu plus d'un mois après la polémique autour d'une caricature qui a été considérée comme antisémite (représentant un Donald Trump aveugle guidé par Benjamin Netanyahou sous la forme d'un chien guide, portant un collier avec une étoile de David), le New York Times annonce ce 11 juin qu'il ne publiera plus de dessins politiques dans son édition internationale à compter du 1er juillet.

L'emblématique quotidien new-yorkais affirme qu'il souhaite depuis un moment «aligner» son édition internationale sur celle publiée aux Etats-Unis, qui ne comprend plus de dessins politiques depuis de nombreuses années.

Cette annonce officielle intervient après la publication par le futur ex-dessinateur politique du New York Times Pat Chappatte d'un billet sur son blog. Celui-ci y révélait la décision de ses employeurs prise selon lui en lien avec la publication d'«une caricature de Netanyahou qui a provoqué un scandale».

«J'ai peur qu'il ne s'agisse pas simplement de dessins, mais de journalisme et d'opinion en général. Nous sommes dans un monde où des foules moralisatrices se regroupent sur les réseaux sociaux et se dressent comme une tempête, s'abattant sur les rédactions», déplorait le caricaturiste, qui n'est pas l'auteur de la caricature controversée.

Pat Chappatte s'est fendu d'un dessin représentant un artiste à l'air triste et au crayon cassé, qui se désole : «Sans humour, nous sommes tous morts.»

Fin avril, après un tollé aux Etats-Unis suscité par le dessin mettant en scène président américain et du Premier ministre israélien, le New York Times présentait ses excuses, et reconnaissait que la caricature comprenait «des clichés antisémites». Mais la polémique ne faiblissant pas, le directeur de la publication du quotidien Arthur Ochs Sulzberger avait décidé de lancer une procédure disciplinaire contre le responsable d'édition qui avait choisi la caricature du dessinateur Antonio Moreira Antunes. Il avait également décidé de ne plus utiliser de caricatures proposées par une société extérieure, d'où provenait la caricature controversée.

Lire aussi : Injures contre Finkielkraut : des députés veulent faire «punir» l'antisionisme par la justice

 

 

 

Le contrôle des Rothschild 

De plus en plus de gens commencent à comprendre que 99 % de la population mondiale est contrôlée par une élite du pourcentage restant. Mais qui contrôle cette élite de 1% ? S’agit-il d’une simple théorie de conspiration qui attribue ce rôle à la famille Rothschild ? En effet, la famille Rothschild semble littéralement tout dominer, même l’élite du 1%.

Liste des banques détenues et contrôlées par les Rothschild

Examinons donc cette affirmation à la lumière de la liste suivante – cette liste du moins devrait être irréfutable : Elle n’énumère que les banques détenues et contrôlées par les Rothschild. Attachez vos ceintures… c’est parti…

163 banques, en possession et sous contrôle des Rothschild :

  1. Égypte : Banque centrale d’Égypte
  2. Albanie : Banque d’Albanie
  3. Algérie : Banque d’Algérie
  4. Guinée-équatoriale : Banque des États de l’Afrique centrale
  5. Argentine : Banque centrale d’Argentine
  6. Arménie : Banque centrale d’Arménie
  7. Aruba : Banque centrale d’Aruba
  8. Azerbaïdjan : Banque centrale de la République d’Azerbaïdjan
  9. Éthiopie : Banque Nationale d’Éthiopie
  10. Australie : Banque de réserve d’Australie
  11. Bahamas : Banque centrale des Bahamas
  12. Bahreïn : Banque centrale de Bahreïn
  13. Bangladesh : Banque du Bangladesh
  14. Barbade : Banque centrale de la Barbade
  15. Belgique : Banque nationale de Belgique
  16. Belize : Banque centrale du Belize
  17. Bénin : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  18. Bermudes : Autorité monétaire des Bermudes
  19. Bhoutan : Autorité monétaire royale du Bhoutan
  20. Bolivie : Banque centrale de Bolivie
  21. Bosnie-Herzégovine : Banque centrale de Bosnie-Herzégovine
  22. Botswana : Banque du Botswana
  23. Brésil : Banque centrale du Brésil
  24. Bulgarie : Banque nationale de Bulgarie
  25. Burkina Faso : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  26. Burundi : Banque de la République du Burundi
  27. Îles Caïmans : Autorité monétaire des îles Caïmans
  28. Chili : Banque centrale du Chili
  29. Chine : La Banque populaire de Chine
  30. Costa Rica : Banque centrale du Costa Rica
  31. Danemark : Banque nationale du Danemark
  32. Allemagne : Banque fédérale allemande
  33. République dominicaine : Banque centrale de la République dominicaine
  34. Équateur : Banque centrale de l’Équateur
  35. Salvador : Banque centrale de réserve du Salvador
  36. Côte d’Ivoire : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  37. Estonie : Banque d’Estonie
  38. Union européenne : Banque centrale européenne
  39. Fidji : Banque de réserve des Fidji
  40. Finlande : Banque de Finlande
  41. France : Banque de France
  42. Gabon : Banque des États de l’Afrique centrale
  43. Gambie : Banque centrale de Gambie
  44. Géorgie : Banque nationale de Géorgie
  45. Ghana : Banque du Ghana
  46. Grèce : Banque de Grèce
  47. Guatemala : Banque du Guatemala
  48. Guinée-Bissau : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  49. Guyane : Banque de Guyane
  50. Haïti : Banque centrale d’Haïti
  51. Honduras : Banque centrale du Honduras
  52. Hong Kong : Autorité monétaire de Hong Kong
  53. Inde : Banque de réserve de l’Inde
  54. Indonésie : Banque d’Indonésie
  55. Irak : Banque centrale d’Irak
  56. Iran : La Banque centrale de la République islamique d’Iran
  57. Irlande : Banque centrale et Autorité des services financiers d’Irlande
  58. Islande : Banque centrale d’Islande
  59. Israël : Banque d’Israël
  60. Italie : Banque d’Italie
  61. Jamaïque : Banque de Jamaïque
  62. Japon : Banque du Japon
  63. Yémen : Banque centrale du Yémen
  64. Jordanie : Banque centrale de Jordanie
  65. Cambodge : Banque nationale du Cambodge
  66. Cameroun : Banque des États de l’Afrique centrale
  67. Canada : Banque du Canada 68. Kazakhstan : Banque Nationale du Kazakhstan
  68. Qatar : Banque centrale du Qatar
  69. Kenya : Banque centrale du Kenya
  70. Kirghizistan : Banque nationale de la République kirghize
  71. Colombie : Banque de la République
  72. Comores : Banque centrale des Comores
  73. Congo : Banque des États de l’Afrique centrale
  74. Corée : Banque de Corée
  75. Croatie : Banque nationale croate
  76. Cuba : Banque centrale de Cuba
  77. Koweït : Banque centrale du Koweït
  78. Lesotho : Banque centrale du Lesotho
  79. Lettonie : Banque de Lettonie
  80. Liban : Banque centrale du Liban
  81. Libye : Banque centrale de Libye (Leur plus nouvelle conquête)
  82. Lituanie : Banque de Lituanie
  83. Luxembourg : Banque centrale du Luxembourg
  84. Macao : Autorité monétaire de Macao
  85. Madagascar : Banque centrale de Madagascar
  86. Malawi : Banque de réserve du Malawi
  87. Malaisie : Banque centrale de Malaisie
  88. Mali : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  89. Malte : Banque centrale de Malte
  90. Maroc : Banque du Maroc
  91. île Maurice : Banque de l’île Maurice
  92. Macédoine : Banque nationale de la République de Macédoine
  93. Mexique : Banque du Mexique
  94. Moldavie : Banque nationale de Moldavie
  95. Mongolie : Banque de Mongolie
  96. Monténégro : Banque centrale du Monténégro
  97. Mozambique : Banque du Mozambique
  98. Namibie : Banque de Namibie
  99. Népal : Banque centrale du Népal
  100. Nouvelle-Zélande : Banque de réserve de Nouvelle-Zélande
  101. Pays-Bas : Banque des Pays-Bas
  102. Antilles néerlandaises : Banque des Antilles néerlandaises
  103. Niger : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  104. Nigeria : Banque centrale du Nigeria
  105. Nicaragua : Banque centrale du Nicaragua
  106. Norvège : Banque centrale de Norvège
  107. Oman : Banque centrale d’Oman
  108. Autriche : Banque nationale autrichienne
  109. Caraïbes orientales : Banque centrale des Caraïbes orientales
  110. Pakistan : Banque d’État du Pakistan
  111. Papouasie-Nouvelle-Guinée : Banque de Papouasie-Nouvelle-Guinée
  112. Paraguay : Banque centrale du Paraguay
  113. Pérou : Banque centrale de réserve du Pérou
  114. Philippines : Banque centrale des Philippines
  115. Pologne : Banque Nationale de Pologne
  116. Portugal : Banque du Portugal
  117. Rwanda : Banque Nationale du Rwanda
  118. Roumanie : Banque nationale de Roumanie
  119. Îles Salomon : Banque centrale des Îles Salomon
  120. Zambie : Banque de Zambie
  121. Samoa : Banque centrale de Samoa
  122. Saint-Marin : Banque centrale de la République de Saint-Marin
  123. Arabie Saoudite : Agence monétaire saoudienne
  124. Suède : Banque de Suède
  125. Suisse : Banque nationale suisse
  126. Sénégal : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  127. Serbie : Banque nationale de Serbie
  128. Seychelles : Banque centrale des Seychelles
  129. Sierra Leone : Banque de Sierra Leone
  130. Zimbabwe : Banque de réserve du Zimbabwe
  131. Singapour : Autorité monétaire de Singapour
  132. Slovaquie : Banque nationale de Slovaquie
  133. Slovénie : Banque de Slovénie
  134. Espagne : Banque d’Espagne
  135. Sri Lanka : Banque centrale du Sri Lanka
  136. Afrique du Sud : Banque de réserve sud-africaine
  137. Soudan : Banque du Soudan
  138. Suriname : Banque centrale du Suriname
  139. Swaziland : La Banque centrale du Swaziland
  140. Tadjikistan : Banque nationale du Tadjikistan
  141. Tanzanie : Banque de Tanzanie
  142. Thaïlande : Banque de Thaïlande
  143. Togo : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  144. Tonga : Banque nationale de réserve du Tonga
  145. Trinité-et-Tobago : Banque centrale de Trinité-et-Tobago
  146. Tchad : Banque des États de l’Afrique centrale
  147. République de Tchéquie : Banque nationale tchèque
  148. Tunisie : Banque centrale de Tunisie
  149. Turquie : Banque centrale de la République de Turquie
  150. Ouganda : Banque de l’Ouganda
  151. Ukraine : Banque nationale d’Ukraine
  152. Hongrie : Banque centrale de Hongrie
  153. Uruguay : Banque centrale d’Uruguay
  154. Vanuatu : Banque de réserve de Vanuatu
  155. Venezuela : Banque centrale du Venezuela
  156. Émirats Arabes Unis : Banque centrale des Émirats Arabes Unis
  157. États-Unis : Banque fédérale de réserve de New York
  158. Royaume-Uni : Banque d’Angleterre
  159. Vietnam : La Banque d’État du Vietnam
  160. Bélarus : Banque nationale de la République du Bélarus
  161. République Centrafricaine : Banque des États de l’Afrique centrale
  162. Chypre : Banque centrale de Chypre

A la lumière de ces faits, on peut au moins comprendre l’affirmation selon laquelle, en coulisses, la dynastie Rothschild est sans aucun doute la famille la plus puissante de la terre. Leur richesse estimée s’élèverait à 500 billions de dollars.

Aucun être humain ne peut rationnellement comprendre ce chiffre, car 1 billion est égal à 1 million de fois un million. 500 billions de dollars seraient alors 500 millions de fois 1 million de dollars… donc un 5 avec 14 zéros… Bien évidemment, il est impossible de prouver de manière pertinente cette somme estimée.

Avec des actifs de cette ampleur, ce patrimoine se comporte comme les bas-fonds de l’océan. Il est à la hausse et à la baisse à tout moment, dans des proportions incroyables. Une deuxième partie va suivre…

La Federal Reserve Bank et l’Internal Revenue Service (IRS)

Le fait que la US-Federal Reserve Bank soit dans des mains privées est pratiquement inconnu du grand public. De même, le grand public ignore que la FED se trouve sur un terrain qui lui appartient et qu’elle est protégée par les lois américaines. Cette société privée imprime l’argent pour le gouvernement américain, qui lui verse des intérêts pour cette « faveur ». La FED est à son tour contrôlée par les dynasties Rothschild, Rockefeller et Morgan.

L’ensemble des Etats-Unis est donc endetté envers la FED. En outre, la plupart des personnes vivant aux États-Unis n’ont aucune idée que l’Internal Revenue Service (IRS) est une autorité étrangère. Plus précisément, l’IRS est une société étrangère privée du Fonds monétaire international (FMI) et elle est «l’armée privée » de la Federal Reserve Bank (FED). Son objectif principal est de garantir que les Américains paient leurs impôts et soient tous de bons petits esclaves.

En 1835, le président américain Andrew Jackson a déclaré son mépris pour les banquiers internationaux :

Vous êtes une fosse pleine de serpents et de voleurs. J’ai décidé de vous exterminer, par Dieu Tout-Puissant, je vais vous exterminer. Si seulement les gens comprenaient l’injustice abominable de notre système monétaire et bancaire, nous aurions une révolution avant demain matin.

Il s’en est suivi une tentative (ratée) d’attentat contre le président Jackson. Jackson avait dit à son vice-président, Martin van Buuren : « La banque, M. Van Buuren, essaie de me tuer. »

Ce sera le prélude d’une série d’intrigues qui marqueront la Maison-Blanche pendant encore des décennies. Les présidents américains Lincoln et John F. Kennedy ont tous deux été assassinés dans leur tentative de libérer le pays des banksters.

Les mégabanques du Monde

Il y a deux mégabanques qui offrent des prêts à tous les pays du monde, la Banque mondiale et le FMI. La première est détenue conjointement par les plus grandes familles de banquiers du monde, les Rothschild en tête, tandis que la seconde est entièrement détenue par les Rothschild. Ces deux mégabanques offrent des prêts aux « pays en voie de développement » et utilisent leur taux d’intérêt presque impossible à rembourser pour s’emparer de la prospérité réelle : les terres et les métaux précieux. Mais ce n’est pas tout !

Une partie importante de leur plan est aussi d’exploiter les ressources naturelles d’un pays (comme le pétrole ou le gaz) avec l’aide des sociétés qui leur appartiennent en secret, de les raffiner et de les revendre au même pays, en générant d’énormes profits. Mais pour que ces entreprises puissent fonctionner de manière optimale, elles ont besoin d’une infrastructure solide, qui manque généralement dans les pays dits « en développement ».

Ainsi, les banksters, qui offrent eux-mêmes des prêts presque impossibles à rembourser, s’assurent à l’avance que la majeure partie de l’argent soit investie – vous l’avez deviné – dans des infrastructures. Ces « négociations » sont menées par des « tueurs économiques » qui réussissent en payant à ceux qui peuvent vendre leur terre une jolie rétribution (c’est-à-dire un pot-de-vin), ou sinon en les menaçant de mort. Pour plus d’informations à ce sujet, on peut lire le livre Bekenntnisse eines Economic Hit Man (Les aveux d’un tueur économique).

L’une des banques qui contrôlent tout, la Banque des règlements internationaux (BRI, dont le siège est à Bâle), est manifestement contrôlée par les Rothschild et son surnom est la « Tour de Bâle ». Le vrai pouvoir des Rothschild va BIEN au-delà de l’empire bancaire. Si vous n’avez pas encore été étonné par la puissance des Rothschild – et vous l’êtes certainement –veuillez noter qu’ils sont derrière toutes les guerres depuis Napoléon. C’est le cas depuis qu’ils ont découvert à quel point il est rentable de financer les deux parties d’une guerre, et depuis lors ils le font tout le temps.

En 1849, Gutle Schnapper, épouse de Mayer Amschel Rothschild : « Si mes fils ne voulaient pas de guerres, il n’y en aurait pas. » Le monde est donc en guerre parce que c’est très, très profitable pour les Rothschild et les banksters leurs alliés parasites. Et tant que nous continuerons à utiliser leur argent, le monde ne vivra jamais en paix. Il est important de noter dans ce contexte qu’il s’agit d’une société secrète sectaire et non d’une « conspiration juive », comme beaucoup le pensent et se laissent conduire à la discrimination raciale.

Même si ces banksters se disent juifs, ils ne le sont pas, car le vrai juif n’a pas le droit de revendiquer des intérêts selon Genèse 25:37 : « Tu ne lui donneras pas ton argent contre des intérêts, et tu ne lui donneras pas ta nourriture contre un supplément ».

Il est choquant pour beaucoup de découvrir que les États-Unis d’Amérique sont une société dominée par des étrangers. Son nom d’origine était Virginia Company et elle appartenait à la Couronne britannique. Cependant, il ne faut pas confondre la Couronne britannique avec la reine, qui n’a en grande partie que des pouvoirs cérémoniels.

La Couronne britannique a transféré la société au Vatican, qui lui a restitué les droits d’exploitation. Les présidents américains sont devenus directeurs généraux et leur rôle est de collecter des fonds pour la Couronne britannique et le Vatican, qui perçoivent leur part des bénéfices chaque année. La Couronne britannique gouverne secrètement le monde à partir d’un État indépendant et souverain de 2.9 km2, connu sous le nom de « City of London ».

Cette autre couronne est constituée d’un comité de douze banques dirigé par la Banque d’Angleterre. Devinez qui contrôle la Banque d’Angleterre ? Oui, exact, les Rothschild ! En 1815, Nathan Mayer Rothschild fit la déclaration suivante : Je ne me préoccupe pas de savoir quelle marionnette est placée sur le trône d’Angleterre, le royaume où le soleil ne se couche jamais. L’homme qui contrôle la masse monétaire britannique contrôle l’empire britannique, et je contrôle la masse monétaire britannique.

Ce n’est donc pas une simple théorie de conspiration mais la Maison Rothschild se trouve en fait au sommet de la pyramide du pouvoir. Si l’on fait des recherches approfondies, on découvre qu’ils sont le cerveau du Nouvel Ordre Mondial et qu’ils dominent complètement d’un agenda mondial. Ils sont derrière l’Union européenne et l’euro et ils sont derrière l’idée de l’Union nord-américaine et de la monnaie Amero. Ils contrôlent tous les services secrets du monde et leur armée privée est l’OTAN.

 

Source Kla TV


 

 

Antisémitisme en France, éléments de réflexion

 

Réseau Interntionl - 25/2/19

A l’heure où l’on parle beaucoup d’antisémitisme en France et où certains hommes politiques songent à produire une loi assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme, loi qui interdirait toute critique de l’état d’Israël et de sa gouvernance, je soumets à votre attention et à votre réflexion les cinq pièces à conviction suivantes.

 1 – Communiqué de 20 lignes de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) du 19 février dernier. Cette organisation juive française nous dit pourquoi elle est aujourd’hui anti-sioniste et pourquoi elle ne se taira pas:

http://www.ujfp.org/spip.php?article6938

3 –  Sur le lien ci après, un article qui récapitule une dizaine de fausses agressions antisémites dont les présumées victimes étaient, en fait, les auteurs…..

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Top-10-des-fausses-agressions-antisemites-31321.html

On peut se demander, à la lecture de ces faits avérés, si le nombre présenté dans cet article n’est pas, en réalité, qu’une partie émergée d’un iceberg important …..

Par ailleurs, on ne peut que constater le fait que l’agression « verbale » contre Finkelkraut (et l’exploitation médiatique massive et disproportionnée qui en a été faite dans les jours suivants) est survenue le 16 février, 4 jours avant le dîner annuel du CRIF auquel notre Président de la République était invité et devait prononcer un discours, notamment sur la nouvelle définition de l’antisémitisme: « Antisionisme= Antisémitisme « . Bien que cette coïncidence soit troublante et soit survenue après plusieurs déclarations provocatrices d’un certain BHL, assimilant les gilets jaunes aux chemises brunes,je me garderai bien d’affirmer, en l’absence de preuves, que « l’incident Finkelkraut » relevait d’une provocation organisée au bon moment et merveilleusement bien exploitée par les médias et les politiques……

4 – L’étonnant documentaire « Defamation » réalisé en 2015 par l’israélien Yoav Shamir.(90 minutes)

« Ce film est une dénonciation stupéfiante des conditions morbides qui tiennent prisonnière l’identité juive séculière. Il explore et tourne en ridicule la notion courante d’antisémitisme ainsi que les lobbies qui participent à la diffusion d’une telle phobie. Il dénonce aussi les propagandistes juifs ethniques qui insistent, pour une raison qu’eux seuls connaissent, pour organiser leur identité autour de l’idée phantasmatique selon laquelle ils seraient pourchassés, diffamés ou haïs pour des raisons « raciales ».

« Étant Israélien, Yoav Shamir, qui a réalisé ce film, a réussi à infiltrer l’Anti-Defamation League d’Abe Foxman. Il a même réussi à se faire engager dans une « mission internationale » de Foxman. Il a également suivi le voyage de lycéens israéliens à Auschwitz. Il nous donne une vision intime de la jeunesse israélienne que l’on endoctrine afin de la placer dans une anxiété collective et dans une névrose totale juste avant son incorporation dans l’armée ».

http://openyoureyes.over-blog.ch/defamation-docu-vf

5 – Un article argumenté du 23 février dernier paru sur le site Investig Action et repris sur Afrique Asie.fr. Signé par Michel Collon, journaliste belge indépendant, cet article a pour titre: « Antisémitisme, pourquoi y a-t-il deux définitions »: Dans cet article Michel Collon décortique pour nous « la nouvelle définition de l’antisémitisme » proposée par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) et qui semble devenue celle de monsieur Macron, si l’on en croit sa déclaration au dîner annuel du CRIF du 20 février.

https://www.investigaction.net/fr/antisemitisme-pourquoi-y-a-t-il-deux-definitions/

Bonne lecture et fructueuses réflexions à tous sur ce sujet délicat.

Je pense pour ma part que la loi en cours d’étude « Antisionisme = antisémitisme » n’est pas opportune. On voudrait faire monter l’antisémitisme en France et radicaliser les opinions, les propos et les actions des intervenants dans ce débat qu’on ne s’y prendrait pas autrement…. La France serait d’ailleurs le seul pays au monde à mettre en place une loi de ce type.

Même en Israël, la critique du sionisme est autorisée…

Dominique Delawarde


 

 

 

Antisionisme et antisémitisme : la résolution polémique proposée par un député LREM crée des remous

 

RTFrance - 2 déc. 2019

 

Des associations appellent les députés à ne pas voter la résolution «visant à lutter contre l'antisémitisme» proposée par le député Sylvain Maillard, accusée d'entraver la critique d'Israël.

 

Enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 12 novembre 2019, la proposition de résolution «visant à lutter contre l'antisémitisme» présentée par le député macroniste Sylvain Maillard fait l'objet de vives critiques alors qu'elle doit être soumise au vote de l'Hémicycle ce 3 décembre. Plusieurs associations appellent ainsi les députés à rejeter ce texte. Un rassemblement a lieu ce 2 décembre devant l'Assemblée nationale, durant lequel plusieurs organisations se rassemblent pour faire valoir leur point de vue. Sur place, notre journaliste a pu observer la présence de quelques dizaines de personnes, certaines arborant des pancartes pour l'occasion. «J'ai le droit de critiquer l'Etat d’Israël et sa politique», peut-on lire sur l'une d'entre elles.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/68463-antisionisme-antisemitisme-resolution-polemique-proposee-depute-lrem-maillard-cree-remous

Un rassemblement est organisé devant l'Assemblée. Enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 12 novembre 2019, la proposition de résolution «visant à lutter contre l'antisémitisme» présentée par le député macroniste Sylvain Maillard fait l'objet de vives critiques alors qu'elle doit être soumise au vote de l'Hémicycle ce 3 décembre. Plusieurs associations appellent ainsi les députés à rejeter ce texte. Un rassemblement a lieu ce 2 décembre devant l'Assemblée nationale, durant lequel plusieurs organisations se rassemblent pour faire valoir leur point de vue. Sur place, notre journaliste a pu observer la présence de quelques dizaines de personnes, certaines arborant des pancartes pour l'occasion. «J'ai le droit de critiquer l'Etat d’Israël et sa politique», peut-on lire sur l'une d'entre elles. «L'antisionisme est une opinion politique largement partagée par toutes les personnes qui refusent la manière dont l'Etat d'Israël se comporte vis-à-vis des Palestiniens», a notamment déclaré le président de l’Association France Palestine Solidarité . Un combat «détourné au service de la politique de l’Etat d’Israël» ?

Lire aussi La France va adopter une définition de l'antisémitisme intégrant l'antisionisme, annonce Macron

De fait, les opposants à la résolution pointent notamment un passage qui assimile certaines positions antisionistes à de l'antisémitisme. «Les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites. Critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté´ juive dans son ensemble [...] De telles dérives font de plus en plus de l’antisionisme "une des formes contemporaines de l’antisémitisme", pour reprendre les mots du Président de la République. Pointer de telles dérives n’empêche par ailleurs aucunement la libre critique de la politique et des prises de positions des gouvernements israéliens», peut-on lire dans le texte disponible sur le site de l'Assemblée nationale. «Notre groupe d'étude [sur l'antisémitisme] à l'Assemblée nationale portera une initiative forte dans les prochains jours pour que l'antisionisme soit reconnu et puni en France pour ce qu'il est : de l'antisémitisme !» [sic], avait déjà annoncé sur Twitter le député Sylvain Maillard le 16 février 2019, réagissant aux invectives adressées le même jour au philosophe Alain Finkielkraut, en marge du cortège de Gilets jaunes défilant à Paris à l'occasion de l'acte 14 du mouvement.
Au sein même de LREM, le président Emmanuel Macron lui-même avait dans un premier temps exprimé son opposition à une telle initiative (avant de revenir finalement sur sa position lors du dîner du Crif le 20 février). Evoquant «un exposé des motifs très contestable» dans un communiqué publié en juin, la ligue des droits de l'homme s'indigne du fait que le combat contre l'antisémitisme puisse être «détourné au service de la politique de l'Etat d’Israël». «L'objectif [de la résolution] est de censurer les critiques du régime israélien», pointe de son côté l'union juive française pour la paix. Pour sa part l'association France Palestine solidarité souligne que «l’antisionisme est une opinion politique, longtemps majoritaire dans les communautés juives européennes». Lire aussi : L'antisionisme est-il de l'antisémitisme ? La question qui divise

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/68463-antisionisme-antisemitisme-resolution-polemique-proposee-depute-lrem-maillard-cree-remous

 

 

 

ZEJournal - Auteur : Raphaël "JahRaph" Berland  | Editeur : Walt  | Lundi, 2 Déc 2019

Alors que la proposition de résolution dite « Résolution Maillard » visant à faire adopter la définition de l’antisémitisme établie par l’IHRA doit être soumise au vote des députés demain mardi 3 décembre, un rassemblement a lieu aujourd’hui à 11h près de l’Assemblée nationale, pour affirmer haut et fort que « Critiquer la politique de l’État d’Israël n’est pas être antisémite ! »

Après les alertes venues des nombreuses associations membres du collectif national, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) vient d’écrire aux députés pour les convaincre des dangers de cette résolution.

Pour information, vous pouvez consulter ici l’historique de cette définition manipulatoire.

Paris, le 26 novembre 2019

Mesdames, messieurs les députés,

Le 3 décembre prochain est programmé, en séance publique, un débat sur une proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme, qui vise notamment à approuver la définition de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) « en tant qu’instrument d’orientation utile en matière d’éducation et de formation et afin de soutenir les autorités judiciaires et répressives dans les efforts qu’elles déploient pour détecter et poursuivre les attaques antisémites de manière plus efficiente et plus efficace » ; et à encourager sa diffusion auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) partage le constat, formulé par les auteurs de la résolution, d’une recrudescence des actes et menaces antisémites en France ; et de fait, ces dernières années des hommes, des femmes et des enfants ont été assassinés parce que juifs, ce qui ne s’était plus produit depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cette situation est intolérable, et il est urgent d’y remédier. Néanmoins, la CNCDH estime que l’adoption de la définition de l’antisémitisme utilisée par l’IHRA n’est pas une solution pertinente pour y parvenir. La CNCDH n’est pas favorable à la transposition en France de cette définition, pour plusieurs raisons.

Adopter une définition spécifique de l’antisémitisme fragilise l’approche républicaine du combat antiraciste

Il n’est pas dans la tradition juridique française d’opérer des distinctions entre les racismes, le droit français ne retenant qu’une définition globale et universelle du racisme précisée dans la loi Pleven du 1er mars 1972 : « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance, ou de leur non- appartenance, à une ethnie, une race ou une religion déterminée. » Adopter une définition propre à l’antisémitisme, même dépourvue d’effet normatif, singularise cette seule forme de racisme. Elle porte le risque d’encourager d’autres groupes de victimes de racisme à revendiquer à leur tour une pareille reconnaissance. Elle fragilise ainsi l’approche universelle et indivisible du combat antiraciste qui doit prévaloir. Certes, la lutte antiraciste doit impérativement tenir compte des spécificités et de l’histoire de chaque forme de racisme, mais adopter une définition spécifique de l’antisémitisme reviendrait à nier que cette lutte n’a de sens que si elle s’inscrit dans une vision universaliste de l’humanité.

Une définition qui ouvre la voie à des atteintes au droit de pouvoir critiquer un Etat et sa politique

La définition de l’IHRA tend à faire l’amalgame entre le racisme, à combattre, et la critique légitime d’un Etat et de sa politique, droit fondamental en démocratie. En effet, L’IHRA assortit la définition de l’antisémitisme de plusieurs exemples censés l’illustrer concrètement. Ainsi est-il affirmé que « les manifestations de l’antisémitisme peuvent inclure le ciblage d’Israël, conçu comme une collectivité juive », tout en étant précisé qu’« une critique d’Israël similaire à celle menée contre n’importe quel autre pays ne peut être vue comme antisémite » ; vient ensuite une série de onze exemples contemporains d’antisémitisme, dont sept font directement référence à Israël.

La CNCDH est tout à fait consciente, qu’aujourd’hui, en France, certains individus ou certains groupes dissimulent leur antisémitisme derrière une rhétorique « antisioniste ». Pour autant, en multipliant les occurrences à l’Etat d’Israël, l’IHRA propose une vision biaisée de l’antisémitisme contemporain. S’il faut se montrer ferme et vigilant face aux dérives antisémites de certaines critiques à l’encontre d’Israël, il est impératif d’éviter toute instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme, qui pourrait justifier une atteinte à un droit fondamental en démocratie de pouvoir critiquer un Etat et sa politique. Ainsi, retenir comment critère d’appréciation d’une critique de la politique israélienne le fait de « faire preuve d’une double morale en exigeant d’Israël un comportement qui n’est attendu ni requis d’aucun autre pays démocratique » ne reviendrait-il pas à prohiber de fait toutes critiques de la politique israélienne ?

Une définition biaisée de l’antisémitisme

La vision de l’antisémitisme contenue dans la définition proposée par l’IHRA est aussi discutable dans la mesure où elle ne concorde pas avec l’antisémitisme qui s’exprime aujourd’hui en France. En effet, l’enquête CNCDH-SIG-IPSOS montre année après année plutôt la persistance de vieux préjugés antisémites (liant les juifs à l’argent, au pouvoir, leur reprochant leur communautarisme), et nuance la thèse d’un « nouvel antisémitisme » sui generis (polarisé autour d’Israël et du sionisme) chassant l’ancien. Si l’enquête confirme l’existence d’une « nouvelle judéophobie » qui s’articule autour d’une image négative d’Israël et de son rôle dans le conflit, celle-ci apparait très minoritaire.

Pour ces différentes raisons, la CNCDH vous invite à ne pas adopter la définition proposée par l’IHRA qui, loin d’être « opérationnelle », soulève plus de questions qu’elle n’apporte de solutions pour renforcer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Les membres de la CNCDH se tiennent à votre disposition pour venir vous présenter les analyses développées dans le rapport annuel de la Commission sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, et pour discuter avec vous des propositions et recommandations qu’ils formulent pour rendre plus efficace la lutte contre le racisme et l’antisémitisme en France.

Dans l’attente de pouvoir échanger avec vous, nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les députés, en l’assurance de notre haute considération.

Source : CNCDH / UJFP

 

France : 127 intellectuels juifs contre une résolution LaREM sur l'antisémitisme

 

En France, un collectif de 127 intellectuels juifs appelle l'Assemblée nationale à s'opposer ce mardi 3 décembre à une proposition de résolution initiée par un député LaREM pour lutter contre de « nouvelles formes » d'antisémitisme, qui suscite des critiques jusque dans la majorité.

« Nous, universitaires et intellectuels juifs, d'Israël et d'ailleurs, dont beaucoup de spécialistes de l'antisémitisme et de l'histoire du judaïsme et de l'Holocauste, élevons notre voix contre cette proposition de résolution », écrit ce collectif de 127 intellectuels juifs dans une tribune au Monde daté de ce mardi. Parmi les signataires figurent plusieurs professeurs – ou ex-professeurs – en poste à Paris, Oxford (Angleterre), Princeton (États-Unis) ou encore Jérusalem.

Sans valeur contraignante, la résolution soumise à l'Assemblée a été proposée par le député LaREM de Paris Sylvain Maillard. Elle suggère de reprendre la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), déjà validée par plusieurs pays et appuyée par le président français Emmanuel Macron en février devant le Crif. Celui-ci avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l'antisémitisme à l'antisionisme.

« Faux-nez »

Pour les auteurs du texte, les antisémites masquent souvent leur haine des juifs en manifestant leur haine à l'égard de l'État d'Israël. Une dérive qu'il faut nommer

pour mieux la combattre, estiment-ils. « L'idée est d'être en alerte par rapport à ces faux-nez que peuvent prendre des insultes et qu'on puisse bien définir que c'est de l'antisémitisme », explique Sylvain Maillard à RFI.

? À lire aussi : Antisémitisme et antisionisme, une équivalence contestée

La proposition de résolution, qui sera examinée en début de soirée mardi au Palais Bourbon, est loin de faire consensus. Elle a été cosignée par une centaine de députés de divers bords, dont environ 80 LaREM seulement. Deux élus LaREM, Gwendal Rouillard et Fadila Khattabi, ainsi qu'une poignée de députés PCF et MoDem, ont demandé dans Le Monde le retrait du texte, qui « répond de manière très contestable à de vraies questions » de lutte contre l'antisémitisme.

« Toute opposition à la politique de l'État d'Israël vous ferait encourir le risque d'être traité d'antisémite, donc d'être puni en tant que tel devant les tribunaux. Commencer à transformer une opinion politique en délit est extrêmement dangereux », prévient également le député La France insoumise, Eric Coquerel.

« Sauf à envoyer un message politique désastreux, il ne peut être question de renoncer à ce projet, approuvé de longue date par le bureau de notre groupe », a répondu lundi son patron Gilles Le Gendre dans un courrier interne dont l'Agence France-Presse a eu connaissance. Le chef de file des députés En Marche dit cependant « prendre en compte » les préoccupations de certains en acceptant la création d'une mission d'information « sur l'évolution des différentes formes de racisme et de discrimination ».

Une résolution « hautemement problématique »

Selon le collectif d'intellectuels juifs, la résolution est « hautement problématique ». D'abord parce qu'elle « assimile (...) l'antisionisme à l'antisémitisme ». Or, affirme le collectif, « pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux ». « De nombreuses victimes de l'Holocauste étaient antisionistes », rappelle-t-il. « Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l'occupation et les inégalités structurelles. (...) Ils s'opposent au sionisme non par haine des juifs, mais parce qu'ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif ».

La deuxième raison est que la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale de la mémoire de l'Holocauste (IHRA) elle-même serait « hautement problématique », « peu claire et imprécise ». Elle est en outre « déjà utilisée pour stigmatiser et réduire au silence les critiques de l'État d'Israël, notamment les organisations de défense des droits humains », estime le collectif.

« Nous ne pouvons pas considérer cela comme indépendant de l'agenda politique principal du gouvernement israélien visant à enraciner son occupation et son annexion de la Palestine », estiment les signataires de la tribune qui s'inquiètent de voir « un soutien politique, jusqu'en France ».

De son côté, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, a assuré dans le quotidien que « la définition (de l'IHRA) n'interdit pas la critique de la politique de l'État d'Israël », mais constitue « un instrument supplémentaire permettant de mieux décrypter la haine à l'encontre des juifs » [sic].

 

 

 

Antisémitisme et antisionisme : pourquoi une proposition La REM fait polémique

Une proposition pour combattre l'antisémitisme a été évoquée mardi 3 décembre à l'Assemblée nationale. Elle sème le trouble jusque dans la majorité, certains craignant qu'elle empêche toute critique de la politique d'Israël.


William Vuillez
 

et AFP

RTL - PUBLIÉ LE 3/12/2019

 

Comment mieux définir et combattre l'antisémitisme ? Une proposition de résolution LaREM a semé le trouble jusque dans la majorité. Ce mardi 3 décembre matin le sujet a encore vivement agité la réunion du groupe LaREM, qui a "commencé à déraper", selon plusieurs participants. Les appels à s'opposer à ce texte se sont multipliés, d'un collectif de 127 intellectuels juifs à l'ensemble de la gauche, en passant par des députés "marcheurs".

Si le texte est adopté, en début de soirée, cela risque d'être grâce aux voix de la droite et de centristes. "On va jouer un peu les pompiers de service", a taclé le patron des députés LR Damien Abad. La proposition de résolution a été proposée par Sylvain Maillard, député LaREM de Paris et président du groupe d'études de l'Assemblée sur l'antisémitisme, qui considère que "pour (le) combattre au XXIe siècle, il faut mieux le définir". Cette proposition a été cosignée par une centaine de députés de divers bords, dont environ 80 LaREM (moins d'un tiers du groupe), y compris le président du mouvement Stanislas Guérini.

La résolution suggère de reprendre la définition de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), déjà validée par le Parlement européen et plusieurs pays, et appuyée par Emmanuel Macron en février dernier devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Le président avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l'antisémitisme à l'antisionisme.

Une résolution "hautement problématique"

"L'antisémitisme est une certaine perception des juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l'antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte", selon la définition de l'IHRA.

Selon le collectif d'intellectuels juifs, la résolution est "hautement problématique" car elle "assimile (...) l'antisionisme à l'antisémitisme". "De nombreuses victimes de l'Holocauste étaient antisionistes", rappelle-t-il dans une tribune au Monde. En outre, la définition de l'IHRA est "déjà utilisée pour stigmatiser et réduire au silence les critiques de l'État d'Israël, notamment les organisations de défense des droits humains", pointe le collectif.

Comme d'autres, la présidente du RN Marine Le Pen s'est inquiétée mardi du risque que la résolution "puisse interdire de critiquer Israël", ce que récusent ses signataires et soutiens.

Deux "marcheurs" et une poignée de députés PCF et MoDem ont demandé ensemble le retrait du texte. "Sauf à envoyer un message politique désastreux, il ne peut être question de renoncer à ce projet", a répondu lundi 2 décembre le chef de file des députés LaREM Gilles Le Gendre dans un courrier interne.

 

 

Jean-Luc Mélenchon s'en prend au Crif
en commentant la défaite du Labour britannique

 

Le leader de La France insoumise a dénoncé, vendredi dans un post de blog, une "génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif".


publié le 14/12/2019 par Franceinfo

"Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif : c'est non." Jean-Luc Mélenchon s'en est pris, vendredi 13 décembre, au Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) dans un post de blog commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn aux élections britanniques.

Selon le leader de La France insoumise, Jeremy Corbyn "a dû subir sans secours la grossière accusation d'antisémitisme à travers le grand rabbin d'Angleterre et les divers réseaux d'influence du Likoud", le parti de droite du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou : "Au lieu de riposter, il a passé son temps à s'excuser et à donner des gages. Dans les deux cas, il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires."

Des propos "choquants" pour Christophe Castaner

Ces écrits ont suscité la colère de membres de la majorité présidentielle en France. "Quel naufrage intellectuel et moral. Parler de 'génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif'. Comme Corbyn, vous aurez le déshonneur et la défaite. Vous méritez les deux", a réagi sur Twitter la députée Aurore Bergé, porte-parole de LREM.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a lui aussi réagi sur Twitter en affirmant que "la haine et le complotisme se nourrissent de sous-entendus douteux et de préjugés nauséabonds. Les propos tenus par M. Mélenchon sont choquants et inappropriés à notre débat républicain."

Interrogé sur ces propos polémiques, l'entourage de Jean-Luc Mélenchon a défendu le député des Bouches-du-Rhône en expliquant qu'il voulait dire qu'il ne se laisserait "pas influencer par des lobbys quels qu'ils soient, financiers ou communautaristes". Un ukaze, ou oukase (du mot russe signifiant "ordre") est selon le dictionnaire Larousse "une décision autoritaire arbitraire et sans appel".

Le chef du parti travailliste britannique, lourdement défait jeudi par les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson, se voit reprocher depuis plusieurs années d'avoir laissé prospérer l'antisémitisme au sein du Labour. Le mois dernier, le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, avait jugé qu'un "nouveau poison – approuvé par la direction" s'était "enraciné au sein du parti travailliste".

 

 

Pour la deuxième fois en 24 heures ... des raids israéliens sur la bande de Gaza

 

Auteur :  | Editeur : Walt |ZEJournal -  Vendredi, 20 Déc. 2019

Un avion de l'occupation a lancé - jeudi soir - une série de raids sur la bande de Gaza, environ deux heures après avoir annoncé le tir d'une roquette depuis la bande de Gaza.

Des sources locales ont déclaré à notre correspondant que les avions d'occupation ont bombardé un site de Qassam à Beit Lahiya, avant que les forces d'occupation israéliennes ne bombardent le site d'Ain Jalut, au sud-ouest de Khan Yunis, avec quatre missiles.

L'avion d'occupation a également bombardé des terres agricoles près de l'aéroport de Gaza détruit, à l'est de Rafah.

Nos correspondants ont rapporté que divers avions de guerre israéliens survolaient toute la bande.

Il y a environ deux heures, l'armée d'occupation israélienne a affirmé qu'un missile avait été lancé depuis la bande de Gaza vers les territoires occupés.

Le porte parole de l'armée a souligné l'activation des sirènes uniquement dans une zone inhabitée.

Jeudi à l'aube, des avions de combat israéliens ont bombardé un site de résistance au nord-ouest de la ville de Gaza, avec cinq missiles, suite à une roquette qui aurait été tirée depuis l'enclave et de son interception depuis le dôme de fer.

Notre correspondant a déclaré que les avions de chasse de l'occupation israélienne avaient ciblé le "site des navires" à l'ouest de la ville de Gaza avec cinq missiles et qu'un incendie s'était déclaré à l'intérieur du site.

 

Israël interdit aux chrétiens de la bande de Gaza de se rendre à Bethléem pour Noël

Auteur :  | Editeur : Walt | ZEJournal - Vendredi, 20 Déc. 2019

Les Chrétiens de la bande de Gaza devraient être interdits de villes saintes à Noël. Ce sont les autorités israéliennes qui l’ont annoncé le 12 décembre dernier. Les Chrétiens ne pourront pas visiter les villes de Bethléem et de Jérusalem. La liaison militaire avec les Palestiniens a avancé des considérations « d’ordre sécuritaire ». Seuls des permis pour des séjours à l’étranger seront accordés, ont-ils ajouté.

Une rupture avec la politique habituelle puisque deux fois par an, à Pâques et à Noël donc, le Cogat, l’organisme de liaison militaire d’Israël avec les territoires palestiniens, attribue des quotas de permis. Ils permettent aux habitants de la bande de Gaza de se réunir avec leur famille en dehors de l’enclave pour les vacances.

Les hauts responsables chrétiens condamnent

À titre de comparaison, en 2018, l’État hébreu avait annoncé 500 permis accordés aux Chrétiens de la bande de Gaza. Dans le passé, Israël a déjà restreint les mouvements hors de la bande, ce territoire contrôlé par le Hamas. L’enclave palestinienne qui a récemment été le théâtre d’une nouvelle escalade de violence, ne compte aujourd’hui qu’environ un millier de chrétiens, majoritairement grecs-orthodoxes (autour de 800) et 117 âmes catholiques, sur une population de deux millions d’habitants, la plupart musulmans. Les hauts responsables chrétiens ont indiqué avoir fait appel auprès des autorités israéliennes de cette décision qu’ils ont condamnée.


- Source : VA

 

Melenchon

 

 

Mélenchon confirme sa défiance envers le CRIF : «Inventer des antisémites, c’est grave !»

Auteur :  | Editeur : Walt | Lundi, 23 Déc. 2019

ZEjournal

http://www.zejournal.mobi/index.php/news/show_detail/18965

Le dirigeant de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon était l’invité d’Apolline de Malherbe (l’animatrice « catholique » passée par Sciences Po et proche de la fondation France-Israël) dans l’émission BFM Politique sur la chaîne BFMTV de l’Israélien Patrick Drahi. À cette occasion, il a confirmé son positionnement de défiance à l’égard des accusations du CRIF : « Il y en a assez ! ».

 

 

 

Dominique de Villepin est une des rares personnalités encore libres de balancer des vérités.

Israël/Palestine : la réponse forte de Dominique de Villepin à ses détracteurs l'accusant d'antisémitisme

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 29 Novembre 2023

 

« Tous les chemins mènent à Rome, mais toutes les critiques ne mènent pas à l’antisémitisme. » Ces mots sont ceux de Dominique de Villepin, actuellement sous le feu de critiques pour avoir pointé du doigt la « domination financière sur les médias et le monde de l’art, de la musique » qui, selon lui, empêche l’émergence de voix dissonantes capables de « dire ce qu’ils pensent, tout simplement parce que les contrats s’arrêtent immédiatement ». L’ancien Premier ministre a tenu ces propos, jeudi 23 novembre, dans l’émission Quotidien sur TMC lorsqu’a été évoquée la mise au ban de plusieurs célébrités en raison de leurs positions critiques envers la politique d’Israël. 

Après avoir accusé Israël de « génocide » et de « nettoyage ethnique » contre les Palestiniens sur Instagram, l’actrice mexicaine Melissa Barrera a été accusée d’antisémitisme par la société de production qui l’a alors évincée du casting du septième volet de Scream. La célèbre comédienne américaine Susan Sarandon a été lâchée par son agence en raison de sa solidarité affichée envers les Palestiniens. 

L’ancien ministre des Affaires étrangères a cité, pour sa part, le cas de Bella Hadid, le mannequin américain d’origine palestinienne, connue pour être de ces rares célébrités à exprimer sa solidarité envers le peuple palestinien, non sans risques pour sa carrière. Ce sont autant d’exemples qui ont fait dire au diplomate français, sur TMC toujours, que « la règle financière qui est imposée aujourd’hui aux États-Unis dans la vie culturelle, pèse lourd. Malheureusement, nous le voyons aussi aujourd’hui en France, et tout cela est profondément regrettable sur le plan de la liberté et de la capacité à façonner un esprit public ». 

Dominique de Villepin a très rapidement été accusé de faire le lit de l’antisémitisme et du complotisme par ses détracteurs, aux premiers rangs desquels figurent les soutiens à la politique menée par Israël. Un journaliste de BFM TV a même attribué à l’ex-Premier ministre des propos qui n’ont jamais été les siens, à savoir qu’il aurait dénoncé « la domination de la finance juive ». La chaîne a depuis présenté des excuses a minima dans communiqué face à l’emploi par l'animateur Ronald Guintrange d’« une formulation inexacte et malheureuse ». « La vigilance de chaque instant est le gage de la confiance entre la chaine et son public », affirme-t-elle. Sans néanmoins déplorer l'emploi de l'expression « petit arabe en banlieue » par le même journaliste, qui a déclaré qu'il serait « facile » pour ce type de profil d’avoir « des propos antisémites ». 

Face à la controverse entourant Dominique de Villepin, sa réponse formulée sur LCI, dimanche 26 novembre, est sans ambiguïté : « On peut critiquer les États-Unis, sans être forcément antisémite. On peut critiquer le sionisme messianique d’une partie du gouvernement israélien, sans être antisémite. On peut soutenir l’idée de justice pour le peuple palestinien, sans être antisémite. » Et d’ajouter : « Que je sache, un ancien président de la République a fait campagne en dénonçant le pouvoir de la finance, il n’était pas antisémite », en faisant référence à François Hollande. Ce dernier a d’ailleurs défendu Dominique de Villepin en indiquant qu’il ne peut pas croire « qu’il ait eu cette intention » d'être antisémite tout en déclarant qu'il faut « faire attention avec cette idée qu'il y aurait une espèce d'oligarchie qui serait infiltrée, structurée avec les juifs ». 

Sur la base de ces 29 secondes dans lesquels le mot «juif» n’a pas été prononcé, l’accusation d’antisémitisme à l’encontre de Dominique de Villepin, tombe immédiatement venant des lobbies pro-Israël français, en délire, et de monsieur Attali. Pour ces derniers, légèrement paranoïaques, il serait parfaitement clair qu’en évoquant la finance, monsieur de Villepin évoquait les juifs. Ben voyons !

BFM en rajoute une louche en laissant croire que Monsieur de Villepin avait parlé expressément des juifs. On est évidemment dans la Fake News et dans le «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose».

Mais la chaîne de monsieur Drahi n’en est pas à ça près. On s’excusera plus tard. Ben voyons ! Les excuses ci-après s’adressent aux téléspectateurs, mais oublient (délibérément ?) monsieur de Villepin, le principal intéressé.

 

 

Emilie Gomis

La vice-championne olympique de basketball Émilie Gomis critique Israël
et perd son poste d’ambassadrice des Jeux Olympiques de 2024

Émilie Gomis, ancienne ambassadrice des Jeux Olympiques de 2024, s'apprête à être destituée de son poste cette semaine. Cette décision survient dans le sillage d'une polémique déclenchée par la vice-championne olympique de basketball en 2012, suite à la publication d'un message sur les réseaux sociaux après les attaques du 7 octobre.

Le contenu partagé comportait des cartes de la France datées de 1947, 1967 et 2023, illustrant une transformation graduelle du drapeau tricolore français en drapeau israélien, accompagné de la question : « Quelles seraient vos actions dans cette situation ? ». Cette publication a mis en suspens le statut d’Émilie Gomis au sein des Jeux Olympiques de 2024.

Ce qui nous rappelle les propos de l’ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, qui suggérait que les artistes exprimant leur solidarité envers les Palestiniens et demandant un cessez-le-feu à Gaza, se faisaient évincer :

« On voit en filigrane à quel point la domination financière sur les médias, le monde de l’art, de la musique, pèse lourd. Ils ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent tout simplement parce que les contrats s’arrêtent immédiatement ».

Dominique de Villepin disparaitra lui aussi pour avoir prononcé ces mots.

Le comité de déontologie du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), sollicité par le président du mouvement olympique français, David Lappartient, aurait pris la décision, à la fin du mois de décembre, de recommander la radiation d’Émilie Gomis pour violation avérée des principes éthiques. Cette recommandation devrait être entérinée jeudi prochain, lors d’une réunion de la commission des athlètes.

Auparavant, l’ancienne joueuse de l’équipe de France féminine de basket-ball occupait un siège au sein de la commission des athlètes du comité olympique français. Suite à la controverse, elle a exprimé ses excuses via son compte Instagram ainsi que dans les colonnes du journal L’Équipe. Mais rien n’y fera, il vaut mieux critiquer la Palestine ou l’islam plutôt que de s’attaquer à Israël ! Le message est passé.

 

 

 

 

 

 

Comment la guerre d’Israël contre Gaza a révélé le sionisme comme un culte génocidaire

RI 14/1/24

 

par Joseph Massad 

La question n’est plus de savoir si le gouvernement israélien est raciste et génocidaire, mais si la majorité juive israélienne qui soutient ses crimes contre les Palestiniens correspond également à cette description.

Depuis que l’actuel gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahou, est arrivé au pouvoir en décembre 2022, il existe un consensus, même au sein du courant dominant occidental et au sein de l’opposition politique israélienne, selon lequel il s’agit d’un gouvernement suprémaciste juif et raciste.

Les caractérisations du gouvernement, – qui exprime clairement les préférences d’une majorité de l’électorat juif israélien -, comme «le plus extrême», «le plus fondamentaliste» et «le plus raciste» de l’histoire d’Israël, sont devenues courantes. D’autres descriptions le considèrent comme le «premier gouvernement fasciste» d’Israël.

Ceci sans compter que deux ans avant la montée du gouvernement actuel, les principales organisations occidentales de défense des droits de l’homme historiquement pro-israéliennes avaient qualifié Israël d’État raciste d’«apartheid» depuis sa fondation. Les Palestiniens et leurs partisans utilisent également cette étiquette pour décrire Israël depuis au moins les années 1960.

C’est le même gouvernement, sous le coup d’une condamnation internationale, qui a lancé la guerre génocidaire en cours contre le peuple palestinien, qui a jusqu’à présent tué et blessé plus de 100 000 Palestiniens et déplacé plus de deux millions de personnes.

Pourtant, ce même gouvernement raciste et sa guerre génocidaire sont soutenus, armés et financés par les États-Unis et leurs alliés européens, qui, oubliant leurs critiques antérieures, n’ont pas hésité à justifier les crimes israéliens, tout comme ils ont défendu auparavant la colonie juive contre les accusations d’apartheid.

Cependant, la question débattue n’est plus de savoir si le gouvernement israélien est raciste, fasciste ou génocidaire, mais si une majorité de juifs israéliens correspondent également à ces descriptions et si ce gouvernement n’est en réalité qu’une manifestation de la culture politique juive israélienne.

«Plus à la marge»

Le rédacteur en chef de Middle East Eye, David Hearst, a récemment observé que ceux qui expriment un racisme génocidaire parmi les juifs israéliens – notamment des soldats, des chanteurs, des artistes et des hommes politiques – «ne sont plus marginaux. Ils représentent ce que pense le courant dominant en Israël. Ils sont devenus génocidaires, racistes et fascistes lorsqu’ils parlent des Palestiniens – sans aucune honte. Ils sont fiers de leur racisme, en plaisantent et ne font pas grand-chose pour le dissimuler».

Selon les sondages de l’Institut israélien de la démocratie et du Peace Index de l’Université de Tel-Aviv, réalisés plus d’un mois après le début du bombardement israélien massif de Gaza, qui avait alors tué des milliers de personnes, «57,5% des juifs israéliens ont déclaré qu’ils croyaient que les Forces de défense israéliennes (Tsahal) utilisaient trop peu de puissance de feu à Gaza ; 36,6% ont déclaré que Tsahal utilisait une puissance de feu appropriée, tandis que seulement 1,8% ont déclaré qu’ils pensaient que Tsahal utilisait trop de puissance de feu».

Commentant les opinions génocidaires d’une majorité de juifs israéliens et leur soutien au nettoyage ethnique du peuple palestinien, le journaliste israélien Gideon Levy semble perdu : «soit c’est le vrai visage d’Israël, et l’attaque du 7 lui a permis de faire surface, soit le 7 a vraiment changé les choses», a-t-il déclaré, ajoutant : «Je ne sais pas lequel est vrai».

La réponse de Levy est toutefois surprenante, étant donné le racisme documenté du mouvement sioniste depuis sa création et le fait bien connu qu’il a toujours eu pour objectif de nettoyer ethniquement la Palestine de la population palestinienne indigène du pays.

La presse israélienne a publié des articles apparemment «raisonnables», qui présentent le nettoyage ethnique des Palestiniens de Gaza et leur éventuelle expulsion vers le Sinaï égyptien envisagés par Israël comme quelque chose de merveilleux, le décrivant comme «l’un des endroits les plus appropriés sur terre pour fournir à la population de Gaza de l’espoir et un avenir pacifique».

Pourtant, on pourrait vraisemblablement et tout aussi raisonnablement contrer cette proposition en suggérant que les colons juifs d’Israël s’installent volontairement aux États-Unis et en Europe, en particulier en Allemagne, où leurs droits et privilèges sont sauvegardés. En effet, ces endroits font partie des «endroits les plus appropriés sur Terre pour offrir aux [juifs israéliens] de l’espoir et un avenir paisible».

Cela est d’autant plus vrai que les responsables et intellectuels israéliens affirment souvent qu’ils vivent dans un quartier «mauvais» ou «difficile», ou même dans la «jungle». L’Europe et les États-Unis sont clairement des voisinages bien supérieurs avec de très faibles préoccupations en matière de sécurité. Après tout, l’Europe est un «jardin», tandis que «la majeure partie du reste du monde est une jungle», comme l’a odieusement déclaré le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, l’année dernière.

La présidente allemande de l’UE, Ursula von der Leyen, a également souligné que «la culture juive est la culture européenne» et que «l’Europe doit valoriser sa propre judéité. Pour que la vie juive en Europe puisse à nouveau prospérer».

Une telle démarche volontaire de la part des juifs israéliens, dont plus d’un million détiennent déjà des passeports européens et américains, épargnerait au peuple palestinien (et au Moyen-Orient plus largement) la violence et les guerres que la colonisation sioniste depuis les années 1880 et surtout après 1948, a imposé aux habitants de la région.

Peut-être qu’au lieu de laisser Israël et ses sponsors occidentaux négocier secrètement avec le «Congo» ou le Canada pour accueillir les Palestiniens expulsés, comme cela a été récemment rapporté, les Nations unies et les États arabes devraient exhorter avec plus d’enthousiasme les pays occidentaux à accueillir parmi eux les juifs israéliens.

Un culte de la violence

Alors que de récents sondages et analyses révèlent la haine et les attitudes génocidaires de la grande majorité des citoyens juifs d’Israël envers les Palestiniens, leur réinstallation en Europe et aux États-Unis devrait leur apporter plus de bonheur et de tranquillité d’esprit.

En outre, ceux qui justifient l’anéantissement des Palestiniens pour «sauver» la civilisation occidentale et les valeurs auxquelles Israël s’identifie feraient mieux de sauver la civilisation occidentale du cœur même de celle-ci, loin de la frontière coloniale et de la politique palestinienne de résistance anticoloniale.

Dans cette optique, la coordinatrice de la Commission européenne pour la lutte contre l’antisémitisme et la promotion de la vie juive, l’Allemande Katharina von Schnurbein, a récemment affirmé que «l’Europe ne serait pas l’Europe sans son héritage juif». Elle a ajouté : «L’héritage juif fait partie de l’ADN de l’Europe. Et en tant qu’institutions européennes, nous voulons protéger le patrimoine juif, le sauvegarder et le chérir. Il s’agit d’un aspect clé de la promotion de la vie juive, qui constitue l’objectif ultime de la stratégie de l’UE visant à lutter contre l’antisémitisme et à favoriser la vie juive».

On pourrait s’attendre, à la suite d’une telle affirmation, à ce que les portes de l’Europe s’ouvrent cette fois aux juifs, contrairement aux années 1930 et 1940, ou à ce que les États-Unis, qui ont refusé d’admettre les réfugiés juifs fuyant les nazis et renvoyé un navire rempli d’eux en 1939 en Europe où beaucoup d’entre eux ont péri dans les camps de la mort d’Hitler, accueilleraient à bras ouverts les juifs israéliens dans leur meilleur quartier.

Un grand nombre de psychiatres israéliens ont déjà quitté le pays pour des pâturages plus verts au Royaume-Uni, invoquant une charge de travail élevée qui n’a fait qu’augmenter depuis le 7 octobre et un système de santé mentale au bord de l’effondrement.

Cela n’est pas surprenant, car le soutien aux tueries des Palestiniens dans des massacres et des guerres incalculables depuis 1948 est de toute évidence devenu un véritable culte génocidaire en Israël dans tous les segments de la société et du gouvernement. Comme tous les membres de sectes violentes, le seul moyen de les sauver d’eux-mêmes est de les déprogrammer. Ce sera sans aucun doute un processus long et compliqué qui, dans le cas de nombreux juifs israéliens, nécessitera de mettre fin à des décennies de lavage de cerveau.

Peut-être que ces mêmes psychiatres qui sont partis pourraient aider à déprogrammer les juifs israéliens dans un environnement européen sûr pour les débarrasser de leur attachement au nettoyage ethnique et aux guerres génocidaires.

Un avenir paisible

Pendant ce temps, l’affaire que l’Afrique du Sud a portée devant la Cour internationale de Justice (CIJ) accusant Israël de génocide suscite l’alarme à la Maison-Blanche et dans les capitales d’Europe occidentale. Ce n’est que la dernière affaire reçue par la CIJ accusant Israël de crimes.

Il y a un an, l’Assemblée générale des Nations unies a approuvé une demande d’avis consultatif de la CIJ sur l’occupation des territoires palestiniens par Israël avec 87 voix pour et 26 contre – les opposants sont pour la plupart les mêmes pays qui soutiennent aujourd’hui la guerre génocidaire d’Israël à Gaza.

La CIJ devrait tenir des audiences publiques sur cette affaire le mois prochain. Quant à l’affaire la plus récente intentée par l’Afrique du Sud, la CIJ l’examinera lors d’une audience d’urgence le 11 janvier.

La CIJ a été confrontée à des demandes similaires dans le contexte du colonialisme de peuplement depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus particulièrement, en juillet 1966, la CIJ a rejeté une requête présentée en 1962 par le Libéria et l’Éthiopie concernant la colonie sud-africaine de Namibie, au motif qu’aucun d’eux n’avait la capacité juridique de présenter cette requête. Les deux pays étaient d’anciens membres de la Société des Nations, qui avait choisi l’Afrique du Sud comme puissance mandataire sur la Namibie après la Première Guerre mondiale.

La requête du Libéria et de l’Éthiopie de 1962 appelait le tribunal à se prononcer sur le statut juridique de la Namibie. Le président du tribunal, Sir Percy Spender, lui-même originaire de la colonie d’Australie, a voté de manière décisive dans la décision par sept voix contre sept en faveur de l’Afrique du Sud. Cette décision a lancé la lutte armée de la South West Africa People’s Organisation (Swapo) contre les occupants sud-africains de l’apartheid. Cette année-là, l’Assemblée générale a révoqué le mandat de l’Afrique du Sud, mais en vain.

En 1969, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement approuvé la révocation du mandat de l’Afrique du Sud par l’Assemblée générale en 1966. Lorsque l’Afrique du Sud a défié l’ONU et a refusé de se retirer, l’affaire a été soumise en juillet 1970 à la CIJ pour avis consultatif.

Contrairement à 1966, cette fois-ci, l’avis de la CIJ, rendu le 21 juin 1971, a pleinement justifié la position de l’ONU, statuant que l’ONU était l’autorité gouvernementale légitime en Namibie et que l’Afrique du Sud devait se retirer.

Contrairement à la décision procoloniale de la CIJ de 1966, la décision de 1971 a supprimé le dernier vestige de légitimité dont disposait encore le régime suprémaciste blanc. Non pas que l’Afrique du Sud ait respecté la décision ; il ne l’a pas fait. Les sponsors occidentaux de l’OTAN de l’Afrique du Sud ont continué sans vergogne à soutenir ses tactiques dilatoires déguisées en «processus de paix» et ont opposé leur veto aux résolutions de l’ONU appelant à des sanctions contre l’État suprémaciste blanc.

Néanmoins, c’est la décision de la CIJ de 1971 qui a conduit à la reconnaissance internationale de la Swapo et du droit du peuple namibien à l’autodétermination. Il faudra une guerre de libération pour que la Namibie obtienne enfin son indépendance en 1990.

Cela veut dire qu’une décision de la CIJ condamnant la guerre d’Israël comme un génocide serait de bon augure pour la lutte du peuple palestinien contre ses colonisateurs cruels et assoiffés de sang.

Même si cela n’entraînera pas une libération et une décolonisation immédiates, cela accélérera considérablement ce processus jusqu’à ce qu’il démantèle le régime israélien de suprématie juive et sauve les Palestiniens et les juifs israéliens du culte génocidaire du sionisme.

source: Middle East Eye via France-Irak Actualité

 

 

 

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