Le Rêve lucide 2

Témoignages et discussion

Echanges d'emails via les mailing listes «Onirama» et «Onirama2»


 

Posté par Joelle, le 5/2/2014

 

Bonjour à vous,

Je me permets une réponse, des idées spontanées et un peu en vrac sur ce passionnant sujet.

J'ai vu le film diffusé sur Arte et qui démarrait par un exemple de rêve lucide où une jeune femme ouvrant la porte voyait Johnny Depp. Sur ce, ma fille qui regardait l'émission s'est levée pour faire autre chose, elle a jugé que l'émission ne serait pas intéressante. Dommage !

Néanmoins cette réaction m'a fait m'interroger : pourquoi ces rêveurs recherchent-ils cette expérience de rêve lucide ? Pour voir la terre de haut comme si on était dans l'espace ? Pour être avec un acteur de cinéma ? Comme une expérience "paranormale" ? Dans ce cas, quel pourrait être le bénéfice réel de cette expérience dans ce qui nous préoccupe dans la vie réelle, nous tient le plus à coeur de vivre ?

Comme remarque Christian, il a reçu deux rêves lucides sans les avoir recherchés ni s'être contraint à une méthode avec un dispositif compliqué. Peut-être ces rêves sont-ils naturellement venus réveiller la conscience et mettre de la lucidité pour que le "message" du rêve soit perçu par la conscience éveillée ?

Si l'on accorde à tous les rêves l'importance qu'ils méritent, en méditant-réfléchissant les images dans la journée, en écrivant ses rêves et en cherchant à quel contexte diurne et associations on peut les relier, en essayant de voir où ils nous mènent, le rapport entre l'inconscient et le conscient devient beaucoup plus fluide. Les deux domaines plus communicants. Si dans la vie diurne l'on tient compte de son intuition, si l'on est créatif, en retour les rêves ont tendance à devenir plus conscients et plus lucides. Chez les personnes qui travaillent leurs rêves régulièrement, de temps en temps un rêve avec une partie lucide apparaît tout à fait spontanément.

Il existe aussi des cheminements traditionnels pour devenir lucide à l'intérieur de son rêve, comme le yoga du rêve.

L'ouvrage de Rudy Vavril, "La science des rêves en Chine", Editions You Feng, 2010 est une mine d'or en ce qui concerne l'étude traditionnelle des rêves et les aspects du rêve lucide y sont aussi abordés.

Amicalement

 

Posté par Roger Ripert, le 5/2/2014

Bonjour aux onirophiles et aux onironautes,

Merci à Christian pour son exposé ci-dessous de ses difficultés d'accès au rêve lucide. Des difficultés bien souvent partagées, je pense. Merci aussi pour son adhésion à notre association.

L'occasion, à mon sens, de passer en revue les différentes méthodes d'induction du rêve lucide afin de dégager celles qui s'avèrent les plus efficaces, en pratique. Vos témoignages en la matière, issus de votre expérience personnelle, sont naturellement précieux.

Afin de bien faire le tour de la question, à l'heure actuelle, il serait bon, dans un premier temps,  de compléter la liste ci-dessous des méthodes proposées établie par Christian, en détaillant leurs sources livresques ou autres.

Par exemple, au sujet de Léon d'Hervey de Saint-Denys, le pionnier du rêve lucide.

Méthode préconisée : Tenue d'un journal de rêves

Sources livresques

• D'Hervey de Saint-Denys, Les Rêves et les moyens de les diriger - Observations pratiques, éditions Oniros, 1995.
Tenue d'un journal de rêves, pp. 114, 259.
• Collectif, D'Hervey de Saint-Denys, Edition complète brochée (Volumes I & II), éditions Oniros, 1995.
Voir le site Oniros : http://www.oniros.fr/ON.html
• Roger Ripert, «Léon d'Hervey : pionnier de l'onironautique”, in D'Hervey de Saint-Denys, vol. 2, pp. 233-260.
Extrait publiés sur le site Oniros : http://www.oniros.fr/revelucide.html

Pratique de la méthode par Christian B.

«Journal des rêves : je note les  mots-clefs sur une feuille, mais j'ai des difficultés pour me remémorer les rêves faits.»

Critique de Roger Ripert

"Noter les mots-clefs sur une feuille" n'est pas suffisant. Tenir un journal de rêves implique au minimum de noter ses rêves de manière détaillée et explicite sur un cahier. Léon d'Hervey devait d'ailleurs exceller à cette tâche car il était écrivain. Dommage que ses cahiers de rêves aient disparus. Sans doute détruits par son épouse, après son décès...
Pour ce qui est de la remémoration des rêves, Léon d'Hervey indique qu'il faut faire quelque effort de mémoire pour les retrouver (Les Rêves, p. 114). Voir aussi le Cours d'onirologie n° 2  de l'association Oniros : «Rappel onirique et tenue du journal de rêves.»

Le webmestre

Posté le 3 février 2014, par Christian B.

 

A l'attention de Monsieur Roger RIPERT
 
 Bonjour Monsieur,
 
Suite à notre conversation téléphonique de vendredi dernier, je me permets de vous soumettre mes difficultés - depuis plus de deux ans - pour obtenir une régularité dans le rêve lucide .
Je vous remercie d'avance et très sincérement pour vos conseils méthodologiques et pratiques.
Pour plus de lisibilité, j'ai opté pour une approche sous forme "dynamique" pour vous présenter ma problématique.
 

SOURCES ET METHODES UTILISEES
 
* Livres
 
Bien évidemment, je me suis beaucoup documenté sur le sujet du rêve lucide : en lisant et en m'efforçant d'appliquer les conseils  dispensés par les différents auteurs
 
- Marquis Léon d'Hervey de Saint Denys : "Les rêves et les moyens de les diriger"
- Mark Mc Elroy : " les rêves lucides interactifs "
- Christian Bouchet : "du rêve éveillé au rêve lucide"
- Catherine Dalançon : "journal d'une rêveuse lucide"
- Stephen LaBerge : "Le rêve lucide"
 
* Sur internet : "guide des onironautes" + forums des expérienceurs
 
* Phosphénisme : enseignement du Docteur Francis LEFEBURE + cours de pensée rythmée de Daniel STIENNON +Gyrascope virtuel.
 Je le pratique tous les soirs depuis plus de 3 mois : visualisation de phosphènes + pensée + balancements (cou).
 
* Institut MONROE : depuis plus d'un an , j'écoute, à raison de 4 heures par semaine, les CD "Gateway" ( focus 10, focus 12, focus 15).
 
* Journal des rêves : je note les  mots-clefs  sur une feuille, mais j'ai des difficultés pour me remémorer les rêves faits .
 
* Wake Bed To Bed : 1 fois par semaine .
 
Le week-end et environ 45 minutes
 
 
RESULTATS OBTENUS : pas grand chose !
 
- 2 rêves lucides (sans avoir mis en oeuvre aucune méthode) : les 16 janvier 2012 et 12 novembre 2012.
Et encore, il s'agissait de rêves en noir et blanc et non pas en couleur.
-  quelques faux-éveils;
- très rarement : quelques très faibles couleurs dans les rêves.
 
 
CYCLE DE SOMMEIL
 
J'ai un cycle de sommeil de 1h30. En régle générale, je me réveille à la fin de chaque cycle.
 
AUTRES
 
Je suis fonctionnaire. J'ai presque 60 ans. Depuis l'age de 17-18 ans , j'ai une attirance toujours plus grande pour tout ce qui à trait au paranormal.
Je reste à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire .
Je vous remercie pour votre aide et vous adresse, par courrier, mon chèque de 20, 00 euros pour adhérer à l'association ONIROS  et au forum des expérienceurs.
 
Bien cordialement.
 
Christian B.
 

Posté le 2/12/13 par Habib Bouchenaki


Bonjour monsieur Ripert,

Nous sommes 3 élèves de 1 ère qui travaillons sur notre épreuve de TPE et sommes au Lycée Français International Alexandre Dumas à Alger.

Nous recherchons certaines informations à propos du rêve lucide et notamment sur ses capacités à soigner certaines phobies puisque c'est notre sujet.
Après avoir examiné de nombreux sites, s'être renseigné sur les travaux de Stephan Laberge, nous avons eu la chance de tomber sur vous. Auriez-vous la sympathique obligeance de bien vouloir répondre à certaines de nos questions ?
Nous vous remerçions d'avance pour votre réponse,
Veuillez agréer nos respects les plus sincères.

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Réponse postée par Roger Ripert, le 9/12/13

Bonjour,

Je fais suivre à nos mailing listes vos neuf questions ci-dessous sur le rêve lucide.

Les questions

1/ Définissez le rêve lucide
2/ Quelles sont les meilleurs méthodes pour faire un rêve lucide ?
3/ En avez-vous déjà fait vous-même ?
4/ Dans quel cadre ? Professionnel ou autre ?
5/ Quelles effets peuvent avoir les rêves lucide sur la psychologie d'un individu ?
6/ Pensez-vous que le rêve lucide puisse être une piste intéressante en psychologie pour permettre une meilleur compréhension du patient ?
7/ Quelles effets peut avoir le rêve lucide sur des "maladies" comme les phobies ?
8/ Pensez-vous donc que dans les prochaines années des thérapies par rêve lucide puissent apparaître ?
9/ Y a-t-il des dangers au rêve lucide ?

A la rubrique «Le Rêve lucide» du site Oniros (http://www.oniros.fr/revelucide.html), vous trouverez en partie des réponses à ces questions, notamment sur la définition du rêve lucide, les différente méthodes pour y accéder et ses applications, le traitement des cauchemars et phobies, en particulier.

Pour ma part, c'est dans un cadre professionnel que j'ai accédé, non sans mal, à la lucidité onirique. A l'époque, traduisant l'ouvrage de Patricia Garfield, La Créativité onirique, dont un chapitre est consacré au rêve lucide, je me suis senti obligé d'expérimenter par moi-même cette conscience en rêve dont parlait l'auteur. Cette expérimentation me conduisit à faire un rêve lucide pour échapper enfin à un chien, de type berger allemand, qui me poursuivait fréquemment dans mes rêves pour me mordre et dont je n'arrivais pas à me débarrasser.
Si je conserve une phobie des chiens, ce rêve lucide m'a aidé en partie à la surmonter.

Pour ce qui est de l'avenir des thérapies par le rêve lucide (le développement de la conscience de soi en rêve), les recherches se poursuivent au Québec (pas en France !), axées principalement sur le traitement des cauchemars. Voir la rubrique «Recherche» du site Oniros (http://www.oniros.fr/recherche.html).

A l'époque où j'assurais dans les médias la promotion de l'ouvrage de Stephen LaBerge, Le Rêve lucide, la question du danger du rêve lucide m'était systématiquement posée, sans que je puisse y répondre clairement.
Je dirais à présent que le développement de la conscience humaine, en rêve et/ou en réalité, est a priori bénéfique, à condition toutefois qu'elle soit utilisée à bon escient.  Raison pour laquelle il est important, à mon sens, même si "tout est possible" en rêve lucide, de "ne pas faire n'importe quoi" pour autant !
C'est une question de fond qui mériterait, par conséquent, une étude approfondie. Qu'en pensent les autre onirophiles ?

Cordiales salutations et bonne chance pour votre épreuve de TPE.

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Réponse postée par Martin Gasparutto, le 14/12/13

Bonjour à vous,

Ayant ma foi expérimenté de nombreux rêves lucides dans le cadre d'études personnelles, je me permet de répondre rapidement à ces questions:

1- Définition : tout simplement, le rêveur est conscient qu'il se trouve dans un rêve, et est donc capable d'agir et de raisonner en conséquence.
2- Méthodes : il existe de nombreuses méthodes différentes, chaque rêveur expérimente et parvient à trouver la sienne propre. Parmi les plus connues, les TR (tests de réalité), le WBTB (wake back to bed), le MILD et WILD, ainsi que le SSILD dont les définitions sont aisément trouvables.
3- Personnellement : j'ai induit mes premiers RLs à l'âge de 7-8ans, et en ai fait en gros une centaine depuis.
4- D'abord mes RL durant mon enfance ont été réalisés pour vaincre (littéralement) mes cauchemars, puis dans un but personnel d'exploration onirique/psychique.
5- Personnellement, l'expérience du rêve lucide compte pour beaucoup dans ma vision actuelle du monde et de moi-même.
6- Bien sûr, mon expérimentation consciente des mondes oniriques me permet de développer par l'expérience une relation plus forte ainsi que plus équilibrée à soi et à ce que la psychologie appelle l'Inconscient.
7- Pour les phobies, le traitement et la guérison, tout simplement. Mais aussi pour les allergies par exemple. Les utilités pratiques sont vastes (sport de haut niveau, par exemple).
8- Oui, même si cela est peu connu, des thérapies incorporent déjà les RL dans leur dynamique.
9- Tant que le rêveur maintient une attitude respectueuse envers ses expériences, je ne connais d'expérience aucun risque réel.

J'espère vous avoir aidé, mes encouragements pour un TPE qui s'annonce passionnant!

 

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Posté par Charlotte le 23/2/2010

Bonjour,

Je suis une rêveuse lucide invétérée depuis une dizaine d'années; je me rappelle, au réveil, d'une très grande partie de mon rêve, et presque tous aboutissent à un moment donné à la lucidité.

Premièrement, via l'accès et participation à une mailing list, je serais intéressée d'être mise au courant des ateliers, w-e ou autres lieux de discussions, de même que d'en organiser éventuellement un à Bruxelles, où je vis.

Deuxièmement, j'aimerais rentrer en contact avec des chercheurs susceptibles d'avoir besoin de sujets pour leurs expériences sur le rêve lucide, puisque lorsque je deviens lucide, c'est souvent avec une réflexivité vraiment surprenante... qui, me semble-t-il, pourrait servir des analyses intéressantes.

Dans mon dernier rêve lucide, survenu après la lecture de "les rêves" de Ernest Appli, j'étais dans un grand désert au Maroc et je me suis dit : "tiens, impossible que je sois à l'étranger dans la vraie vie, car j'ai une réunion à Louvain demain." la lucidité surgit, et je pense aussi instantanément : "tiens, je vais profiter de cette lucidité pour "tester" les possibilités du rêve lucide. Puisque j'arrive facilement, en rêve lucide, à faire surgir des décors et des images, je vais tester non plus la maîtrise des images, mais bien des sons, donc la dimension AUDIO du rêve; pour ce faire, je me concentre pour me rappeler d'un artiste que j'aime. Le nom qui me vient est Joana Newsom, que j'écoute en effet tout le temps. Je réalise aussi que je parviens à me rapeller du nom des chansons que je préfère, mais impossible de chanter la mélodie. Je me dis très réflexivement; voilà, je suis arrivée à une limite du rêve lucide : l'audio.
Je pense alors à la possibilité de m'aider d'internet. Je fais donc apparaître un cyber café en plein désert, tout en me faisant un clin d'oeil à moi-même sur cette apparition improbable, et j'entre en disant à l'employé : voilà, je suis en train de faire un rêve lucide, et je constate que je n'arrive pas à me rappeler de la dimension "auditive" des choses. Me permettez-vous d'utiliser internet pour essayer de télécharger une chanson de Joana Newsom afin d'observer si ce qui sortira, correspondra ou non avec la réalité lorsque je me réveillerai. Il me regarde d'un air amusé mais me passe un ordi; j'essaie d'ouvrir google, mais je réalise que c'est un autre moteur de recherche avec un petit dragon vert (sans doute inspiré de Modzilla Firefox) que je ne connais pas. Au lieu de me présenter un écran disant "rechercher", la page qui s'ouvre est celle d'une sorte de "livre dont je suis le héros" virtuel, où débute une aventure autour du petit dragon vert. Je suis toujours lucide et me dis, perplexe : "bon, je suis donc à la limite de mes capacités lucides, pas moyen d'ouvrir google, mon inconscient m'entraîne ailleurs. Et par ailleurs, c'est très amusant ce jeu du dragon vert, donc profitons ! Je ne vais pas forcer les portes du rêve lucide, ça s'ouvrira quand ça s'ouvrira; patience ! Et le rêve se poursuit, lucide, sur les aventures virtuelles du petit dragon vert jusqu'au réveil.

Pourriez-vous me dire quelles sont les possibilités concrètes pour faire partie d'une recherche, ou simplement d'un groupe d'analyse de rêve qui pourrait trouver de l'intérêt dans la description de mes rêves ?

Bien à vous

Charlotte Plaideau

charlotte.plaideau@uclouvain.be

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Posté sur la mailing liste «onirama» par Plazmi, le 17/10/9

plazmi@yahoo.fr

 

A propos des rêves lucides

Bonjour,

Au hasard d’une recherche sur internet, j’ai découvert seulement ce soir votre association et les explications sur le rêve lucide.

C’est une pratique que j’ai exercée déjà très jeune, très intensément et durant des années. Cependant je n’en parlais pas car les rares fois que j’ai essayé d’aborder le sujet, j’ai eu l’impression de passer pour un « dérangé », et j’avais fini par me demander si j’étais seul au monde à faire cette expérience si fabuleuse ! Ca me paraissait pourtant évident que, dans les rêves, on fait des raisonnements, donc on peut se poser la question de savoir si on rêve !

Je reconnais parfaitement, dans quelques descriptions de ceux qui ont fait cette expérience comme dans les techniques décrites, la véracité de leurs dires quant ils décrivent ces sentiments si forts tout au long des rêves, ce bouillonnement de joie et de victoire au moment où on réussi et aussi les difficultés quand on arrive pas toujours à traverser une matière ou à s’envoler très haut. J’ai maintenant 45 ans et voici des années que j’ai abandonné cette pratique pour diverses raisons. Cependant il m’arrive encore, bien que très rarement, d’être soudaienment lucide en rêve. Le reste du temps, j’ai tellement pratiqué cette méthode que, lorsque je me souviens d’un rêve, j’ai encore un fond de conscience qui reste, qu’on ne peut rien contre moi quand il arrive quelque chose, ce qui est fort pratique car je ne connais pas le cauchemard !

N’ayant pas suivi de méthode, j’ai inventé la mienne qui se rapproche assez de la vôtre, avec quelques précisions en plus que j’aimerais partager, ou plutôt donner, même si dans la pratique je ne souhaite plus reprendre ces exercices, du moins pas pour le moment.

Voici donc mes petites « découvertes » et leur histoire :

Ayant fait quelques rêves fabuleux étant petit, je trouvais désolant qu’on s’en souvienne si peu, surtout que je traversais une période difficile (décès de mon père, remariage catastrophique de ma mère,changements fréquents d’école etc.)Quelqu’un m’a dit un jour que, si je faisais très attention au réveil, je pouvais m’entraîner à les remémorer. C’est ce que j’ai fait avec assiduité. Après deux ans, je pouvais me souvenir chaque nuit d’au moins un rêve, parfois 3. Seulement, j’ai fait des découvertes capitales pour la suite :

- la 1ère, (que vous ne semblez pas connaître) : il y a un temps entre un changement dans la réalité et son adaptation définitive dans le rêve. Par exemple, si vous faites connaissance d’un ami avec qui vous allez passer ensuite presque toutes vos journées, il faut plusieurs mois pour qu’il fasse partie du « paysage » de vos rêves (sauf en cas d’une grande inquiétude qui peut perturber un rêve dès la nuit suivante). Chez moi, il fallait 6 bons mois pour « assimiler » les grands changements (déménagements, changement d’école, nouveaux amis), avec une régularité frappante.
- la 2e, c’est que le souvenir des sentiments qui traversaient mes rêves me montraient bien que je pouvais réfléchir, et donc me poser la question de savoir si je rêve, en vérifiant par exemple si je pouvais discrètement essayer de m’envoler.
- la 3e, bêtement en lisant une BD humoristique où j’ai appris ce qu’était la méthode « Coué », j’ai compris que je pouvais faire une sorte d’autosuggestion pour y arriver.

J’avais alors résolu comment y arriver et en combien de temps. Il suffisait de trouver une phrase du genre « je dois vérifier si je rêve en essayant de m’envoler », la répéter un moment chaque jour jusqu’à ce que cette « autosuggestion » fasse partie de mes rêves, soit dans un temps évalué à au moins 6 mois. Je m’étais juré de faire ça au moins 10 min par jour et de ne pas abandonner avant un an.
Encore maintenant, je suis particulièrement fier de ce calcul puisque c’est exactement après 7 mois qu’un jour (ou plutôt une nuit), je me suis dit comme d’habitude « ah oui, il faut que je fasse mon autosug… »
Je n’ai pas eu besoin de penser plus loin, je me suis tout de suite rendu compte que c’était un rêve et ça a vraiment été une explosion de joie et de fierté. Puis je suis monté sur une chaise et j’ai montré à tout le monde que je pouvais voler. Ca n’a pas duré longtemps mais je crois que Christophe Colomb lui-même n’a pas dû avoir un sentiment plus fort lorsqu’il a enfin vu la terre.
Evidemment, après j’ai augmenté la cadence de « l’autosuggestion » (excusez-moi le terme, je n’en ai jamais utilisé d’autre). La fois suivante est arrivée après 2 mois, ensuite 1 mois, pour descendre à chaque semaine et enfin chaque jour. Après j’ai arrêté mais les rêves lucides ont fini par remonter à moins d’une fois par semaine. Au début de l’adolescence j’ai repris à fond pour arriver, à l’âge de 15 ans, à un pic de 3 à 5 rêves lucides par nuit.

Jusqu’à la fin de mon adolescence, j’ai cru que c’était un truc réservé aux grandes personnes, jusqu’à ce que je finisse par voir que personne ne semblait être au courant

J’ai découvert pas mal de choses qui pourraient vous intéresser. Par exemple, l’habitude d’essayer de me souvenir des rêves au réveil m’a permis de me rendre compte qu’à tout moment je pouvais ramener un « morceau » de rêve juste avant le réveil, quelle que soit la profondeur du sommeil. S’il est vrai qu’on se souviendra généralement des rêves dans le sommeil léger, ceux qu’on fait en sommeil plus profond semblent plus « réels », à tel point qu’il arrivait parfois que je me pose la question mais que, pris d’un doute, je préférais ne pas y donner suite par peur du ridicule. Pourtant, c’est tellement évident quand on est réveillé qu’on ne rêve plus! En ce qui me concerne, je suis même persuadé qu’on rêve durant tout notre sommeil, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent capter, avec leur machine, que les ondes du sommeil léger ! Si la pensée devait vraiment s’arrêter, je ne crois pas qu’on puisse être autre chose que mort.
Autre découverte du sommeil profond (celle-là, je ne l’ai faite qu’une fois) : je suis passé d’un sommeil très profond à un sommeil moyen tout en étant lucide. A ce moment, je me suis rendu compte que le langage n’était pas le même. Dans le sommeil profond, c’était des intonations et dans le moyen, le langage «parlé» était utilisé. Dans le moyen, je me souvenais encore des intonations et de leur traduction en une phrase que j’ai essayé de ramener en forçant mon réveil. Hélàs, ça devenait de plus en plus dur de garder cette phrase à mesure que je me réveillais, et je l’ai tout à fait oubliée une fois complètement réveillé. Je me souviens juste qu’il s’agissait d’intonations ou d’exclamations un peu comme du chinois…

 

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Posté sur la mailing liste «onirama» par Plazmi, le 23/10/9

plazmi@yahoo.fr

 

Rêves lucides (suite de mon message du 17 octobre)

 

Bonjour,

Je vous remercie d’avoir publié mon témoignage, ainsi que pour les commentaires reçus. Le peu que j’ai lu sur la présentation de votre site montre que j’ai fait des expériences assez semblables aux vôtres, même si le regard que j’y porte est assez différent.

Vous m’excuserez pour mon vocabulaire, n’ayant pas l’habitude de celui que vous employez, mais je pense que mon expérience, qui n’a absolument pas été influencée par votre enseignement (que je respecte tout à fait) peut apporter un peu de lumière à quelques questions ou difficultés qui pourraient être rencontrées.

Voici encore l’essentiel des autres découvertes ou essais que j’avais pratiqués. C’est long mais à peu près complet, sauf pour une ou deux expériences que je ne souhaite pas aborder. Elle font partie de mon intimité à laquelle je désire mettre des limites. Dès lors, je n’écrirai probablement rien de plus, sauf pour répondre à d’éventuelles questions.

Jusque vers 13 ans, je n’ai souhaité que de belles aventures durant ces rêves lucides, et je n’ai jamais été déçu, car notre imagination a un pouvoir créatif incroyable. Je volais avec aisance, parfois parmi des éléments déchaînés. J’étais souvent emmené dans des aventures qui évoluaient très vite, devenant généralement un justicier invincible genre super-héros. Il y avait cependant quelques fois des situations curieuses, parfois très symboliques. Voici quelques constatations :

Concernant la sensation du toucher

Elle est assez bien reproduite, même si mon imagination n’a pas la volonté de me créer de douleur insupportable. Une exception « limite » toutefois :
Je me battais en rêve à l’épée sur un navire contre un pirate mais c’est comme si les coups étaient prévisibles, ce qui fait qu’ils étaient parés et le combat s’éternisait. J’ai compris que je n’y arriverais pas vu que c’était mon imagination qui créait mes coups comme les siens. Finalement, j’ai écarté les bras en disant « De toute façon tu ne peux rien contre moi car je rêve et je ne peux pas mourir ». Il m’a transpercé le ventre et je peux dire que non seulement j’ai senti l’épée passer, mais en plus la peur, face à cette situation, a été à l’origine d’une douleur tout juste supportable. En tout cas, j’ai vraiment été surpris que ça puisse être aussi vif.
J’ai encore rêvé un jour que je me promenais dans un village avec un groupe de personnes. Il y avait un miroir contre un mur, alors j’ai laissé les autres continuer et me suis arrêté devant. J’ai voulu voir ce qu’il y avait de l’autre côté, sachant que c’était un rêve. J’ai croisé les mains et j’ai passé la tête à travers. Derrière, tout était froid et rigide. J’ai senti la résistance du miroir, un peu comme si j’étais passé à travers un mur de glace. J’ai trouvé que c’était un endroit terrible, où on ne pouvait pas vivre, où tout semblait voué à finir figé.

Concernant les couleurs

J’ai très peu fait attention aux couleurs. Je me rappelle juste du seul cauchemar que j’ai fait, durant lequel j’étais crucifié sur une sorte de bûcher, et ma famille, au pied, me regardait et me parlait avec un grand mépris. Tout était rouge et noir. Tout à coup, je me suis rendu compte que je rêvais. Je me suis dit que je ne voyais pas pourquoi je resterais là plus longtemps et je suis descendu de la croix. A ce moment, le ciel est redevenu bleu, et la nature a repris ses teintes normales.
En passant devant ma famille, je leur ai dit, en montrant le bûcher : c’est à vous d’y aller, pas à moi. Puis, je suis parti à l’aventure, sans me retourner, n’ayant pas envie de perdre le temps si précieux du rêve lucide.

Concernant la force des sentiments

Ce que je garde encore du rêve précédent, c’est qu’il m’a montré que les sentiments y étaient pleinement développés. Malheureux, j’étais « complètement » malheureux. En revenant à l’aventure, joyeux, je l’étais aussi complètement. J’ai compris que les sentiments, dans le rêve, sont à l’état pur. Ils semblent avoir une « force » incroyable. La joie, ou n’importe quel état sentimental tiré dans la vie réelle (moment plaisant, livre, film, remarque), sont en quelque sorte toujours « pollués » par notre environnement et nos préjugés. Dans le rêve, il n’y a rien qui leur fasse barrière.

Concernant la musique

La première fois que je me souviens avoir rêvé en musique, c’était avec la musique de Chi Mai (du film le Professionnel). Cela remplissait tout mon rêve, avec une pureté de son incroyable. C’était en fin de nuit et j’ai fini par me réveiller, tout en gardant en mémoire ce que je venais d’entendre. Je me suis levé et j’ai ouvert la porte de ma chambre. Soudainement, j’ai eu l’impression de continuer de l’entendre parmi les bruits ambiants. Je me suis assis et, en me concentrant, j’ai effectivement pu percevoir cette musique. C’était un voisin qui l’écoutait mais, à travers les murs, c’était à peine audible. Mon imagination avait amplifié dans le rêve ce son à peine capté tout en éliminant les bruits ambiants de l’immeuble et de la circulation. Je pense que cela s’opère ainsi parce que ce n’est pas notre volonté d’entendre ou de conserver ce qui est « moche ». Par la suite, j’ai essayé, à 2 reprises durant des rêves lucides, de faire attention si je rêvais en musique. Du moment que j’y faisais attention, il y avait effectivement une musique de fond, sans savoir si elle était venue pour l’occasion ou si elle faisait partie de l’environnement du rêve, comme elle fait partie des films qu’on regarde à la tv sans toujours y faire attention.

Essai sur le développement personnel

Toujours à l’âge de 14 – 15 ans, n’ayant pas une très bonne mémoire, je me suis dit que j’avais une chance de développer ça en rêve. Les sentiments, comme dit plus haut, étant à l’état pur, je pensais pouvoir trouver le moyen de développer mon intelligence en cherchant, lors d’un rêve lucide, un professeur qui représenterait les besoins de mon être, qui m’expliquerait comment faire, comment me comporter pour m’améliorer au mieux. De plus, en recevant un tel enseignement que je pourrais alors inscrire et travailler dans mes rêves, je pensais vraiment que j’allais pouvoir influencer la réalité. Cette idée m’a beaucoup enjoué et j’y ai concentré mon attention pour que le prochain rêve lucide, je parte à la recherche de ce « professeur ». La nuit suivante, j’y étais déjà. Autant j’ai eu parfois des difficultés pour voler, faire de la magie, ou faire apparaître des gens que mon imagination ne voulait parfois pas produire, autant mon « professeur » est arrivé avec facilité. On aurait dit qu’il m’attendait depuis toujours, qu’il était là en moi. Il m’est apparu comme un vieux sage de l’antiquité, dans une sorte de robe blanche, très calme et très gentil. Il m’a dit de le suivre car il était nécessaire de trouver un endroit tranquille et agréable pour son enseignement. Je voulais presser le pas car j’avais peur que tout se termine trop vite. Mais ce sage au contraire m’invitait à être tranquille, à prendre du temps pour comprendre les choses. Nous sommes arrivés au bord d’une rivière où il a continué de me parler. Il me conseillait surtout d’évoluer avec calme et sérénité, et cherchait à éveiller mon intérêt sur des sujets que je n’ai pas gardé en mémoire. Après un moment, j’ai perdu la lucidité et suis parti sur d’autres rêves. Ce qui est sûr, c’est qu’au matin j’avais envie de me souvenir de tout, de m’intéresser à tout. J’ai vraiment eu l’impression que c’était efficace, que j’avais commencé à graver cette sagesse au fond de moi, même si on pourrait croire que c’était peut-être dû au fait que j’étais persuadé que ça devait fonctionner.
Trop pris par les autres expériences que je faisais en même temps, j’ai remis la suite de celle-ci à plus tard. Ayant entretemps arrêté ces pratiques, je n’ai jamais revu mon « professeur ».

Concernant la sexualité

Les essais qui suivent vont sans doute vous faire sourire, mais il sont à replacer dans le contexte de leur époque et de mon âge.
Il faut bien que j’en parle, d’autant plus que j’ai perçu un certain danger dans cette pratique.
Tant que j’étais enfant, le rêve lucide n’était qu’amusement. Adolescent, j’étais très timide. Il devenait impossible de ne pas tenter l’expérience en rêve, sachant que je pourrais avoir n’importe quelle fille et que je n’avais pas besoin de son consentement.
Je me suis mis donc à «programmer» que je voulais rêver à telle ou telle fille, et lorsque j’arrivais au rêve lucide suivant je cherchais la demoiselle. Si je n’arrivais pas à la faire apparaître (ce qui arrivait souvent), je me promenais en rêve jusqu’à ce que je vois une jeune femme et profitais de l’occasion, juste par sport, pour pouvoir me dire que je me l’étais faite.
Je dois cependant admettre que, dans le rêve, je n’avais aucun besoin sexuel, c’était juste pour l’exploi. La « chair » n’y est pas bien représentée, en tout cas elle n’y est pas attirante. Les choses, observées de près en rêve, deviennent floues et semblent perdre leur substance. Se concentrer sur elles tend même à les faire disparaître. Je suis d’ailleurs persuadé que les sexe n’est pas le but du rêve, même si certains veulent absolument dire que le sexe est le moteur de toute chose. Par contre, la mémoire de mes propres sensations se reproduisait de mieux en mieux, à tel point qu’il m’est arrivé de «mouiller» mon lit en vrai. C’est surtout par «sport» que j’ai continué, pensant que je ne risquais rien. Dans le rêve, c’était toujours la même chose : elles ne disaient rien, se laissaient faire à contrecoeur, mais m’observaient d’un regard qui semblait toujours dire «tu le regretteras». D’un côté cette expression me faisait un peu rire, puisqu’il n’y a plus de lois en rêve, mais d’un autre côté j’avais un doute, sans savoir vraiment quoi.

Le danger

C’est lorsque j’ai revu ces mêmes personnes dans la réalité que j’ai compris l’erreur : dans le fond de moi-même, en forçant en rêve des actes sexuels sur des personnes sans demander leur consentement, j’avais brisé une bonne partie des barrières de ma conscience, et j’ai dû me forcer pour me dire que je ne devais pas le faire en vrai lorsque j’avais la personne devant moi! Je tiens à préciser que j’ai toujours pu m’y tenir, car ma volonté réelle n’a jamais été d’agresser quelqu’un.
Imaginons maintenant que j’en veuille énormément à une personne qui m’aurait fait du mal dans la réalité, et que je me retienne déjà pour ne pas me venger. Que pour rester dans une action innocente je décide de lui faire du mal lors de mon prochain rêve lucide. Je pense que je n’aurais plus guère de retenue par la suite, étant déjà habitué à commettre cet acte.
Même si, au départ, ce sont des difficultés aux frontières du réveil (voir plus loin) qui m’ont obligé à mettre un temps d’arrêt, c’est essentiellement par crainte de modifier mon comportement, surtout mon agressivité réelle, que je ne suis jamais revenu à l’entraînement qui permet de réactiver les rêves lucides.

Les rêves prémonitoires

Sur le nombre de rêves que je me suis souvenus, je dois admettre que quelques uns, bien qu’assez rarement, étaient curieusement prémonitoires. Ce n’était jamais des rêves lucides. Il s’agissait généralement de personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps. Je rêvais d’elle et comme par hasard elles téléphonaient le lendemain, ou alors je les voyais dans les 2-3 jours qui suivaient. Un peu comme des gens de qui on parle et que, subitement, ils se pointent. Alors on se contente de dire : quand on parle du loup…
Parmi ces rêves, en voici 2 qui ont été particulièrement précis :
- J’ai rêvé que je travaillais dans une entreprise en été, pour gagner de l’argent, et que ma soeur allait y être employée de façon fixe en même temps. C’est effectivement arrivé un an plus tard.
- Un autre jour, j’ai rêvé d’un collègue qui disait devoir m’opérer des amygdales le lendemain à 16h00 (on travaille dans l’administration et on est pas du tout médecin). Le lendemain à 17h00 (1h de différence), ce collègue se suicidait avec une arme à feu dans sa voiture.
J’ai beaucoup cherché la signification de mes rêves pour deviner l’avenir et… je me suis toujours trompé ! Finalement, je me suis rendu compte que ces rêves prémonitoires ne m’ont jamais servi à rien, alors, depuis de nombreuses années, j’ai totalement abandonné la recherche de leur signification, préférant être plus attentif à mes proches en temps réel.

Les frontières du réveil

Comme précisé dans ma première lettre concernant ce langage bizarre du sommeil profond que j’avais tenté de « ramener à la surface », il est assez facile de se réveiller volontairement lors d’un rêve lucide. C’est même plutôt le fait de continuer de rêver, lorsque le repos est accompli et qu’on arrive au moment du réveil, qui est plus difficile à maintenir. Je pense n’être parvenu, tout au plus, à maintenir que de quelques instants le sommeil lorsque la nuit était finie. Seulement, en plein rêve lucide où « tout est permis », on a généralement pas envie de se réveiller.

Il m’est pourtant arrivé l’expérience intéressante suivante :
Je me trouvais au chalet de mes parents lorsque je me suis rendu compte une nouvelle fois que je rêvais. C’est une maison entourée de grands prés en pente. J’ai tenté de m’envoler mais je n’y arrivais pas vraiment. Par contre, je pouvais faire d’immenses bonds et j’ai appelé ma soeur pour qu’elle fasse la même chose que moi. On s’élançait en riant et c’était très amusant.
A un moment, je me suis rendu compte que j’allais atterrir dans les barbelés. Dans la panique, j’ai décidé de me réveiller le temps de passer de l’autre côté de la barrière, puis de continuer le rêve.
Ça peut paraître bizarre, mais en rêve lucide on sait ce qu’il faut faire pour se réveiller et se rendormir si c’est dans l’immédiat. C’est ce que j’ai fait. Je pense que je n’étais que somnolent avant de refaire le chemin inverse. J’ai pu reprendre le rêve mais mon sommeil était perturbé et je n’ai pu continuer que quelques instants ce rêve avant de me réveiller à nouveau, cette fois tout à fait.

Je me suis dit que c’était un exercice qui pourrait être extraordinaire si je pouvais garder en mémoire le « mécanisme » qui m’a permis de me rendormir de force. Je me voyais déjà m’endormir à volonté tout en restant lucide. Par la même occasion, j’ai commencé à tenter de rester lucide chaque soir le plus longtemps possible, pour m’approcher toujours plus du moment de l’endormissement. Sur la même période, j’ai forcé le réveil pour me rendormir à plusieurs reprises, mais non seulement cette technique était impossible à garder en mémoire une fois tout à fait réveillé, mais en plus ça a grandement perturbé mon sommeil et j’avais tendance à prendre l’habitude de me réveiller lors de rêves lucides. D’un autre côté, je suis assez rapidement arrivé à rester lucide jusqu’au moment où je sombrais dans le sommeil.
Le mot « sombrer » est plus que justifié car, lorsque j’ai commencé à rejoindre la phase de l’endormissement en restant lucide, j’ai eu l’impression de tomber dans un trou, dans le néant, presque de mourir. J’ai recommencé beaucoup de fois mais je n’ai jamais pu m’y abandonner et ça me réveillait en sursaut. L’ennui, c’est que même lorsque j’ai compris que je n’y arriverais pas, cette habitude de rester lucide était incrustée, et chaque soir je faisais de nombreux « sursauts » avant de m’endormir enfin. Ca a même duré plusieurs mois, m’occasionnant des insomnies. C’est à ce moment que j’ai décidé d’arrêter toutes ces expériences, pour permettre à mon sommeil de retrouver un état « normal ». Je pensais reprendre après deux ans. Ensuite, étant entré en apprentissage, j’ai compris qu’il fallait que je donne la priorité à la vie « active » et que j’attende encore un ou deux ans de plus avant de revenir aux rêves lucides.

Pour couper court à mon «autosuggestion» qui me tentait encore beaucoup, j’ai réussi à «embrouiller» la phrase que je m’étais répétée des milliers de fois pour accéder aux rêves lucides, en utilisant d’autres mots, en mélangeant d’autres verbes, remettant en cause la signification des mots utilisés, jusqu’à ce que je ne sache vraiment plus la phrase de base. Ce ne serait pas vraiment dur d’en refaire une le temps voulu. Le temps a passé et je me suis vraiment plongé dans la vie active, qui nous propose elle-même tant de défis. Je réserve maintenant ce retour pour le cas où je me trouverais un jour handicapé, ou trop vieux pour me déplacer. Les rêves lucides ont continué d’arriver par habitude, et frisent maintenant l’arrêt total.

A l’heure actuelle, le retour aux rêves lucides ne me tente plus, sauf peut-être pour aller retrouver le « sage ». J’ai l’impression qu’il m’attend toujours, au bord de sa rivière. Les rares rêves lucides que je fais encore (2 très courts durant l’année écoulée) ne sont plus très motivés, vu que je n’y tiens plus trop et ne programme plus rien à l’avance.

Voilà, je crois avoir à peu près tout décrit. Je souhaite encore insister un peu sur ce qui concerne le «délai d’intégration onirique» comme vous le définissez. Je crois que chacun peut, en notant ses rêves au matin, trouver son «délai d’incubation» pour assimiler les grands changements, comme par exemple trouver combien de temps on rêve encore régulièrement de l’ancien appartement après avoir déménagé. C’est le temps qu’il lui faudra pour qu’un exercice régulier prenne pied dans un rêve non lucide.

Avec mes meilleures salutations, en espérant vous avoir été utile,

Miguel

Posté par Noam le 13/9/8

Je suis actuellement la méthode Mild d'Oniros concernant les vérifications de réalité à faire en journée, etc.

Toute la liste d'exercices me paraît censée.

Mais il y a une petite chose que me dérange vraiment lorsque je fais les exercices.

Il est préconisé de faire une vérification de réalité 3 fois au minimum par jour...
Une fois que la vérification de réalité est faite, on doit imaginer de toutes nos forces que l'on est dans un rêve et que la prochaine fois que l'on rêvera effectivement, il faudra se souvenir de prendre conscience de son rêve

Autant, il me paraît facile dans la réalité de faire des efforts pour voir autour de soi si quelque chose est inhabituel, et si on ne serait pas par hasard en train de rêver, en faisant justement une vérification de réalité. Autant il me paraît extrêmement difficile de se persuader que l'on est en train de rêver alors que l'on vient juste de faire une vérification qui nous indique que justement on est pas en train de rêver.

J'aimerais avoir l'avis des "onirosiens" sur ce point. Merci.

*

Posté par Roger Ripert le 15/9/8

Effectivement, je trouve moi aussi cet exercice difficile et source de confusion.
Raison pour laquelle je viens de modifier l'info mise sur le site Oniros à ce sujet. Voir : http://www.oniros.fr/revelucide.html

Pour le test de réalité, j'ai ajouté le "test gravitionnel", préconisé par certains, qui présente l'avantage de faire un lien avec les rêves prélucides associés aux rêves de lévitation ou de vol aérien.

A suivre...

*

Posté par Pascale, le 15/9/8

A mon avis pas d’intérêt à se demander : «Suis-je en train de rêver ?».

La réponse étant, la plupart du temps «non». Nous sommes dans l’imprégnation négative de l’esprit et c’est néfaste. Aucune négation ne peut marcher positivement.

Je vois plutôt de l’intérêt à la question : «Suis-je dans la réalité ?». Et on va se répondre : «Oui, je vis, je suis dans la réalité, je suis conscient(e)».

«Suis-je dans la réalité ?». Si nous sommes en train de rêver, de toute façon on ne va pas répondre « non » ! On va se dire : « C’est un rêve, c’est un rêve !». De toute façon la réponse à «Suis-je dans la réalité ?» est toujours oui car on est toujours dans une réalité.
La difficulté c’est quand on ne se pose pas la question. C’est dans presque tous les instants de la vie où on est ou captivé par des gestes matériels ou par des émotions ou par des conversations etc. Certains disent que ceux qui sont conscients à 3% sont déjà dans le meilleur !!!
La plupart des gens la plupart du temps ne sont pas conscients. Ils sont des «poissons surgelés» (Itsuo Tsuda).
On croit qu’on est conscient mais sans conscience de la conscience ce n’est pas évident.
Par exemple, je pense à quelque chose ou je fais un exercice mental ou je me concentre sur une démangeaison. Tôt ou tard ma pensée va quitter l’idée. Le temps qu’on va rester sur son sujet c’est son temps d’autonomie en pensée consciente. Ce sera le temps de lucidité qui nous sera imparti lors d’un rêve lucide. Ça c’est pour la question «comment augmenter son temps de lucidité.»

Comment acquérir la lucidité :

- par le questionnement sur sa conscience. Au moins 20 fois par jour je me dis : «Je suis moi, je suis chez moi (par exemple) et je mange (par exemple !). J’essaie de garder le plus longtemps possible cette sensation spéciale d’être très réveillée. Je le fais aussi beaucoup en regardant la télé pour jouer à me distancier des images de fausse vie.

J’ai observé qu’en appeler à ma conscience est plus difficile quand je suis allongée les yeux fermés en train de ne rien faire. Je travaille sur ça ces jours ci. C’est d’ailleurs plus proche de la situation du «moi en train de rêver».

- faire des exercices de développement énergétique. Travailler ses "chakras".

- façonner ses rythmes cérébraux. Par la méditation, etc. Michel Nachez dont je viens de lire les ouvrages m’a convaincue de l’efficacité des CD avec des sonorités binaurales. J’ai repris mes anciens CD avec un casque (alors qu’avant je les écoutais sans casque).

Noam nous dit, «comme beaucoup sans doute, je suis assez fainéant, et je n'ai pas envie de me réveiller», moi aussi je suis irrégulière et un peu papillonneuse. Certains disent que c’est le mental qui veut en rester là. D’autres disent que c’est la peur qui empêche d’avancer. De toute façon je suis sûre que la lenteur à trouver comment ouvrir la porte de la lucidité facilement n’est pas gênante car cela donne du temps à se préparer pour ce qu’on découvrira derrière la porte.

Les exercices sur le point de concentration tels que les enseignent les livres de Lefébure que j’ai pratiqué sans relâche pendant des mois étaient très efficaces. Sitôt qu’on arrête les effets s’arrêtent.

La conscience de soi est quelque chose de positif, qui donne un sentiment de fraîcheur, de limpidité, de contact direct avec soi et le monde.

Tout comme la pure conscience de soi, n'est pas la conscience de soi dans l'état de conscience ordinaire.
Alexandre Quaranta

C’est comme s’il y avait DEUX états de conscience ordinaire. Presque personne n’en parle. En tout cas pas au JT ! C’est pourtant déjà comme une double réalité.

Pascale activiste voltigeuse très contente du test gravitionnel.

*

Posté par Noam le 15/9/8


J'ai lu votre réponse avec un très grand intérêt. Je trouve votre réponse passionnante et subtile.
Vous donnez l'impression d'avoir une sérieuse et solide expérience.
Vous pourrez sans doute aidez les piètres rêveurs lucides à améliorer leurs faibles résultats.
Vous conseillez de faire un travail plus axé sur les perceptions et la conscience que l'on a de la réalité afin d'habituer le cerveau à discerner plus naturellement l'état onirique de la réalité.
C'est une chemin intéressant.
Vous parlez aussi un petit peu des méthodes de monsieur Lefébure, je vous avoue que j'ai acheté il y a quelques temps, la méthode dédoublement astral de Lefébure, avec le CD, la lampe à phosphène, et les contractures musculaires.
Et je n'ai obtenu quasiment aucun résultat (en 3 semaines d'exercices rigoureux, j'ai ensuite perdu patience et j'ai arrêté), d'autant que les contractions musculaires m'ont provoqué une crampe.
Pouvez-vous nous faire part de votre expérience avec la méthode de Lefébure, s'agit-il du même pack que vous avez testé ? (le "dédoublement astral")
Si j'ai mal pratiqué ou pas assez longtemps, j'aimerais que vous m'aidiez à reprendre éventuellement dans de meilleures conditions.

P-S. : Je remercie monsieur Ripert pour la modification, je n'imaginais pas que mes questionnements pouvaient avoir une incidence aussi effective.

*

Posté par Pascale, le 17/9/8

Merci Noam de me dire merci ! Tout le plaisir est pour moi car ça me fait beaucoup de bien et d'avoir l'occasion de rencontrer des personnes intéressées par ce sujet très fun et très profond. En plus cela me permet de mettre mes idées au clair. Je ne suis qu'une modeste petite étudiante avec des résultats très inégaux mais avec aussi quelques convictions fortes.

Les exercices sur le point de concentration tels que les enseignent les livres de Lefébure

Tu vois que je ne parlais pas du pack "dédoublement astral" ! Je parle du point de concentration.
Concernant les contractions musculaires, il semble que ça marchait bien pour Lefébure lui-même mais pas trop pour les autres gens.
Il semble aussi que cette méthode marche en ce qu'elle fait mimer au "corps astral" le phénomène vibratoire du début du dédoublement.
C'est pour ça que la faire en esprit marche (en théorie).
J'ai acheté aussi ce pack il y a très longtemps mais sitôt que j'ai compris la méthode, je m'en suis détournée.
Je me suis aussi vite détournée de la lampe à phosphène car ce n'est pas très pratique de se mettre dans le noir, etc.
Par contre avec un soleil couchant doux ou avec la lampe des toilettes je n'oublie jamais de faire un ou deux phosphènes.
Les phosphènes amènent vite de très belles couleurs dans des rêves. Ils apportent aussi de la grandeur. C'est déjà très intéressant comme modification simple et émerveillante des rêves.

Le point de concentration c'est imaginer quelque chose de minuscule et de le faire se balancer sur un rythme à deux temps dans le corps ou autre.
Par exemple, j'imagine un point de lumière qui va de mon coeur au coeur de quelqu'un d'autre et retour [qui retourne à mon coeur], le mouvement battant à chaque seconde.
C'est expliqué dans "L'initiation de Pietro" et dans le petit livre "Le yoga de deux secondes" (qui ne veut pas dire qu'il suffit de s'exercer pendant 2 secondes !!!). J'ai un métronome électronique pour être régulière.
Dans le site du phosphénisme, il y a même des images sur les mouvements à effectuer. Avec un peu de temps chacun peut inventer ces exercices et on peut en inventer une infinité. Les effets : rêve lucide (RL) et sortie hors du corps (ShC).
Bon travail et à demain
Pascale qui va aller se sustenter

*

Posté par Noam, le 17/9/8

Ton dernier message m'a bien amusé, tu as parfois des expressions très créatives je trouve, comme :
"Je vais aller me sustenter", ou encore "Pascale, la voltigeuse...". J'aime bien.
Dans quel domaine es-tu étudiante ?
Ton dernier message m'a intéressé, mais il m'a semblé qu'il faut avoir un manuel que je n'ai pas pour pouvoir appliquer ce que tu dis.

Ne pourrais-tu pas plutôt me donner la méthode que tu préfères pour améliorer son résultat en rêve lucide ? (sans manuel ni rien). Dans l'attente de ton avis.

*

Posté par Roger R., le 18/9/8

Ci-dessous, des références détaillées des deux ouvrages cités par Pascale, Yoga de deux secondes et L'Initiation de Pietro par Francis Lefébure.
A noter que ces ouvrages ne figurent pas dans la BDB (Base de Données Bibliographique) d'Oniros car ils ne se rapportent pas directement au rêve. A défaut de les acquérir, je peux néanmoins les mettre en référence.
Leur présentation sur le site consacré au phosphénisme (http://www.phosphenisme.com/accueil.html) revêt à mon sens un caractère "occulte" discutable...

Amitiés

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Editeur : Ed. Phosphénisme; Édition : 4e éd. (1993)
Langue : Français
ISBN-10: 290690421X

Broché : 47 pages
Editeur : Faire Savoir (1987)
Langue : Français
ISBN-10: 2876180456

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Site Lefébure : http://www.phosphenisme.com/accueil.html

Yoga de deux secondes
Manuel pratique des exercices initiatiques traditionnels zoroastriens détaillés dans "L'Initiation de Piétro". Leur pratique régulière est la clé de l'éveil des facultés psychiques supranormales ainsi que des merveilleux phénomènes dont les états d'illumination, les visions prophétiques et les phénomènes de prémonition et de voyance.
Cette technique est le perfectionnement, sur des bases physiologiques, de méthodes anciennes et empiriques aux résultats parfois grandioses mais inconstants.
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Editeur : Faire savoir (1986)
Langue : Français
ISBN-10: 2876180634

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L'Initiation de Pietro
Il s'agit d'un livre totalement initiatique destiné à tous, comme le veut l'initiateur.
En quelques mots, le Docteur Francis Lefébure fut initié à 18 ans par A. GALIP à l'issue d'une imposition des mains qui provoqua des voyances ésotériques. Galip était lui-même initié de la caste des mages du Temple de Zarathoustra. Suite à cette initiation et bien plus tard, F. Lefébure, médecin et physiologue, va se dépenser à connaître les plus profonds secrets de cette initiation.
Il va découvrir, grâce aux expériences phosphéniques et à la physiologie cérébrale appliquée, que cette initiation peut s'acquérir autrement que par l'intermédiaire d'un maître et que, si surnaturelle qu'elle paraisse, cette initiation est à la portée de qui veut se donner la peine de la recevoir. Ce livre bien construit initie le lecteur de A à Z en procédant par degrés.
Et également : Les 2 clés de "la Force Occulte." Les 4 clés du Mage. Balancements. Rotations. Mantras. La 4ème lumière. De la clairvoyance au dédoublement. Bref, un livre qui ouvre des horizons incommensurables à ceux qui veulent bien se donner la peine de l'étudier.

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