TROUBLE DU SOMMEIL LIÉ A L’ÉTAT DE RÊVE

LE RÊVE/CAUCHEMAR EXTÉRIORISÉ

TCSP : Trouble du comportement en «sommeil paradoxal» (état de rêve)

 

Un nouveau trouble du sommeil, encore mal connu...

 

INSERM

Chassons ces mauvais rêves

29 avril 2013


Somnambules et personnes atteintes de "troubles du comportement en sommeil paradoxal" [Cauchemars extériorisés] font le plus souvent des cauchemars. Mais une équipe de l’Inserm vient de montrer que le lieu et la nature des menaces dont ils sont victimes sont différents et expliquent leurs étranges comportements nocturnes.

Informations complémentaires

La majorité des rêves sont en fait de mauvais rêves [sic]. Les personnes qui s’en souviennent évoquent le plus souvent des préoccupations, des craintes, des frayeurs, des dangers. Cela est vrai pour tous les dormeurs, et encore plus pour les somnambules et les personnes souffrant de troubles du comportement en sommeil paradoxal. Une équipe de l’Inserm vient en effet de montrer que ces personnes sont victimes de menaces dans 60 à 70 % de leurs rêves.

Une trop grande activité nocturne

Le somnambulisme est un syndrome est bien connu. Il survient le plus souvent chez les enfants et les jeunes adultes. Ces personnes se réveillent partiellement en phase de sommeil profond, en début de nuit, et deviennent actifs pendant leurs rêves.

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal sont bien plus rares. Ils ne touchent que 0,5 % de la population, en général des personnes âgées, mais affectent 60 à 100 % des personnes souffrant de la maladie de Parkinson et d’une démence à corps de Lewy. Ces malades extériorisent leurs rêves et adoptent des comportements parfois violents. "Le verrou cérébral qui permet de dissocier corps et esprit pendant les rêves ne fonctionne plus complètement", explique le Pr Isabelle Arnulf,*, du Service des pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Pour tenter de mieux comprendre ces comportements nocturnes, son équipe a interrogé une soixantaine de patients et récolté les récits de 162 rêves associés à ces comportements.

Des menaces différentes

Les chercheurs ont analysé ces récits grâce à plusieurs échelles spécifiquement destinées à l’étude des rêves : une échelle de contenu permettant d’inventorier les protagonistes, les lieux, les objets, les émotions, les circonstances mais également une échelle de menace ressentie et une échelle de "bizarreries". Cette dernière permet de relever des incongruités telles qu’un zèbre apparaissant au milieu du salon !

Ces travaux montrent que les somnambules rêvent plutôt de catastrophes, souvent naturelles : des murs qui rétrécissent, des trous béants, un plafond qui s’effondre, leur bébé qui tombe du lit, le plus souvent dans la chambre où ils dorment.
Les personnes atteintes de troubles du comportement en sommeil paradoxal rêvent quant à elles plus souvent qu’on les attaque, elles ou leur proches, et ce dans un lieu étranger.

Des comportements cohérents

"Cela correspond à ce que nous observons", poursuit Isabelle Arnulf. "Les somnambules cherchent à fuir un danger : ils courent en dehors de leur lit et peuvent alors se retrouver dans des situations dangereuses. Le fait qu’ils aient les yeux ouverts explique qu’ils transposent l’histoire de leur rêve dans leur chambre, créant une espèce de chimère.
En revanche, les personnes souffrant de troubles du comportement en sommeil paradoxal restent dans leur lit mais se débattent et se défendent, ceci pouvant conduire à des situations de violence vis-à-vis de leur conjoint. Ces patients gardent les yeux fermés pendant leurs rêves, et restent donc dans le lieu où ces rêves les conduisent", décrit-elle.

Pas de refoulement particulier

"Ces patients n’ont aucune agressivité en journée et la concordance du vécu des rêves, ou plutôt des cauchemars, entre ces différentes personnes, montre que cela est "normal". Une théorie consiste même à dire que si l’évolution a conservé ce trait nocturne, c’est qu’il est utile à la survie : le fait d’être confronté à des situations virtuelles de menace aide peut être chacun à se préparer à faire face à des obstacles le jour. Ce message devrait rassurer les patients qui se croient souvent l’objet de sensations violentes refoulées", conclut la chercheuse [sic].

Note
* Unité 975 Inserm/Université Pierre et Marie Curie – Paris 6/CNRS, Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris

Source
G. Uguccioni et coll. Fight or flight ? Dream content during sleepwalking/sleep terrors vs rapid eye movement sleep behavior disorder. Sleep Medicine, édition en ligne du 16 avril 2013

 


 

Des comportements anormaux et souvent dangereux surviennent au cours du sommeil comme de parler, de rire, de crier, de jurer, de se débattre, de donner des claques, des coups de poing, des coups de pied, d'empoigner son conjoint, de s'asseoir dans le lit, de sauterdu lit, mais rarement de marcher, de quitter la chambre. Les yeux demeurent clos pendant l'épisode. Le sujet est en train de dormir.

Ces comportements correspondent à l'exécution de rêves désagréables, violents, dans lesquels le sujet est menacé, poursuivi, attaqué, par des personnes inconnues ou des animatx. Le sujet est rarement le premier agresseur. Il est souvent dans son rêve en train de défendre sa femme ou sa compagne, alors qu'il est en réalité en train de la frapper.

Et ce comportement peut aboutir à des blessures - ecchymose, lacération, entorse, fracture, hématome sous-dural, bris de dent(s).

Certaines des mesures prises par les malades - utilisation d'un sac de couchage au lieu de draps et de couvertures, matelas posé à même le sol dans une chambre vidée de ses meubles - témoignent du caractère récurrent et potentiellement dangereux de ces épisodes

Deux formes de ce trouble ont été décrites :

une forme aiguë à l'occasion d'un sevrage brutal d'alcool, d'un hypnotique, ou en rapport avec la prise de certains médicaments, antidépresseurs tricycliques et inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, fluoxétine (Prozac@) par exemple, voire lors d'une poussée de sclérose en plaques;

une forme chronique :

- consécutive à la prise des mêmes médicaments,

- associée à des maladies neurologiques, dégénératives, vasculaires, tumorales,

- associée à la narcolepsie avec cataplexie,

- isolée, idiopathique.

L'homme est beaucoup plus souvent atteint que la femme (87 % contre 13 %). La prévalence du trouble n'est pas négligeable : 0,38 % en population générale et 0,50 % de la population âgée, et l'âge moyen du début est légèrement supérieur à 50 ans.

 

À retenir

La présence d'un trouble du comportement en sommeil paradoxal précède de 5 à 20 ans, dans environ 50% des cas, la survenue d'une maladie de parkinson, d'une atrophie multisystématisée ou d'une démence à corps de Lewy. [?]

Le mécanisme du trouble du comportement en sommeil paradoxal est complexe et associe probablement une raréfaction des neurones responsables de l'atonie du sommeil paradoxal et une augmentation d'activité des neurones cholinergiques responsables des activités phasiques pendant le sommeil paradoxal.

De façon remarquable, "les études en tomographie par émission de positrons" [sic] suggèrent une réduction du nombre des neurones dopaminergiques de la substantia nigra, confirmant le lien entre troubles du comportement en sommeil paradoxal et maladie de Parkinson.

Le traitement repose principalement sur :

- le clonazepam (Rivotril) * à la dose de 0,25 à 2,0 mg le soir au coucher, possiblement augmenté jusqu,à 4 mg. ce traitement est, en règle générale, efficace;

- la mélatonine, à la dose de 3 à 15 mg le soir au coucher est également active et la combinaison mélatonine/clonazepam apparaît efficace et "sans risque" [sic].

 

Source : Michel Billiard, Le guide du sommeil, Editions Odile Jacob, 2007, pp. 248-251.

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Note RR

* A propos du clonazepam (source Wikipedia)

Le clonazépam (Klonopin, Rivotril) est une molécule médicamenteuse aux propriétés sédatives, hypnotiques, anxiolytiques et anticonvulsivantes de la classe des benzodiazépines, dont le risque de dépendance est très élevé.

En France, depuis le 2 janvier 2012, le Rivotril (clonazépam) doit être prescrit sur une ordonnance sécurisée pour une durée maximale de douze semaines, l'ordonnance initiale annuelle devant être faite par un spécialiste en neurologie ou en pédiatrie, avec comme seule indication l'épilepsie (ou hors AMM), les renouvellements suivants de l'année pouvant l'être par tout médecin.

Malheureusement, Michel Billiard ne cite pas ses sources dans son ouvrage.

 


Personnes âgées : les troubles du comportement en "sommeil paradoxal" (état de rêve)

augmentent le risque de trouble cognitif

 

Première étude avec une cohorte significative

On appelle Trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) un phénomène nocturne au cours duquel le dormeur semble vivre son rêve, avec une reprise anormale de son tonus musculaire au lieu d’une atonie complète, habituellement caractéristique du sommeil paradoxal.

Ce trouble est associé à des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la démence à corps de Lewy. Ce phénomène a été noté dans des études qui ont porté sur des petits groupes de patients.

Afin de pouvoir généraliser ces résultats, des chercheurs américains ont ainsi recruté et suivi 651 sujets, dont 69,9% d’hommes, âgés de 70 à 89 ans, sans trouble cognitif initial. Le diagnostic d’un TCSP a été réalisé grâce au Mayo Sleep Questionnaire, en interrogeant la personne qui partageait la même chambre que le patient sélectionné.

Parmi eux, 44 sujets avec un diagnostic probable de TCSP ont été suivis en moyenne 7,5 années, tandis que les 607 autres personnes, indemnes de TSCP à l’inclusion, ont été suivies pendant 3,8 années. Au cours de l’étude, parmi les patients présentant ce trouble du sommeil, 14 ont développé un déficit cognitif léger (MCI) et 1 seul a présenté une maladie de Parkinson.

Aucune démence n’a été dépistée au sein de ce groupe.

Après ajustement sur l’âge, le sexe, le niveau d’instruction et les comorbidités, les sujets avec TCSP, comparés à ceux qui en étaient indemnes, voyaient leur risque de développer un MCI ou une maladie de Parkinson dans les 4 ans multiplié significativement par 2,2. Ces résultats confirment le risque d’évolution d’un TCSP et l’utilité de son dépistage en tant que possible marqueur prédictif d’une maladie neurodégénérative.

Les octogénaires en bonne santé dorment mieux que les plus jeunes

Contrairement aux idées reçues, plus on vieillit après 60 ans, mieux on dort, révèle une enquête menée aux Etats-Unis dont les résultats sont publiés jeudi 1er mars dans la revue Sleep. Selon ce sondage réalisé par téléphone auprès de 155.000 adultes américains, les octogénaires apparaissent comme ceux qui se plaignent le moins de problèmes liés au sommeil.

Les insomnies se produisent chez les 40-59 ans, plus particulièrement chez les femmes. Leur fréquence diminue ensuite, passé les 60 ans.

"Ces résultats paradoxaux nous poussent à revoir nos connaissances sur le sommeil chez les personnes qui vieillissent, hommes comme femmes", ajoute Dr Michael Grandner, chercheur au Centre du sommeil et de neurobiologie circadienne de l'Université de Pennsylvanie (nord-est)-t-il.

Ce médecin avance plusieurs explications au fait que le sommeil s'améliore avec l'âge :
- L'état de santé générale est étroitement lié à la qualité du sommeil, dit-il. Or, les individus à la santé fragile sont ceux qui ont le moins de chances de pouvoir atteindre un grand âge, note-t-il.
- De plus, les adultes plus jeunes sont confrontés à des situations stressantes que ce soit à l'université, au travail, avec leurs enfants ou au moment de la ménopause chez la femme, ce qui peut perturber leur sommeil, explique encore le Dr Grandner.

Successful aging
mis à jour le 05/03/2012

http://www.agevillage.com/actualite-7824-1-personnes-agees-les-troubles-du-comportement-en-sommeil-paradoxal-augmentent-le-risque-de-trouble-cognitif.html

 

 

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