BIOCHIMIE DU SOMMEIL & DU RÊVE

 

 

LES TROIS RÉSEAUX CHIMIQUES

Par Simon Monneret

 

... Aujourd'hui, les choses se sont un peu compliquées. On distingue en effet un système d'éveil catécholinergique, un système de sornmeil sérotoninergique et un système mixte.

1. Le système d'éveil catécholinergique.

«Catécholamine» est un néologisme servant à désigner les hormones des glandes surrénales. À savoir ici la noradrénaine et la dopamine. Chacune de ces deux substances est responsable d'un type d'éveil particulier.

En effet, la noradrénaline commande l'éveil cortical, c'est-à-dire nos mécanismes d'attention, de pensée et de discrimination perceptible. Si l'on bloque le renouvellement de la noradrénaline, notre cortex dort.

Le système à dopamine contrôIe, lui, l'éveil comportemental. Si bien que si l'on supprime les structures contenant de la dopamine, le cortex reste éveillé, mais iI n'y a plus de motricité.

2. Le système de sommeil sérotoninergique.

Si l'on bloque la sécrétion de sérotonine, on s'aperçoit que l'animal reste en éveil permanent. Par ailleurs, il apparaît qu'en injectant du 5-HT — précurseur de la serotonine — à un chat dont on préalablement bloqué la sérotonine, ce chat revient à un sommeil normal.

Les cellules du raphé médian sont riches en sérotonine, ce qui semble confirmer les données neurophysiologiques. La sérotonine est aussi présente dans l'hypothalamus, dans l'hippocampe, et dans le néo-cortex entre autres.

3. Le système mixte.

Nous avons vu que lorsqu'on supprime Ia sérotonine, on obtient un éveil permanent, et donc ni sommeil lent ni "sommeil paradoxal" [état de rêve]. Il semble bien, en effet, que le métabolisme de la sérotonine et donc le sommeil lent doivent précéder le "sommeil paradoxal". CeIa pour des raisons encore obscures.

Mais le "sommeil paradoxal" met en jeu pour son compte deux autres substances : l'acétylcholine et la noradrénaline.

L'acétylcholine semble bien agir sur le sommeil rapide. En effet, Jouvet a constaté que I'admininistration de composés anticholinergiques réduisait le sommeil rapide.

La présence de la noradrénaline, d'autre part, permet de comprendre les ressemblances entre les phénomènes de Ia veille et ceux du sommeil rapide puisqu'elle se manifeste dans les deux.
On trouve des neurones riches en noradrénaline dans Ie locus cæruleus.
Jouvet a suggéré que la perte de I'atonie musculaire accompagnant l'état paradoxal pouvait être causé par la destruction des neurones à noradréaline du locus cæruleus.

Source : Le Sommeil et le rêve, Retz-CEPL, 1976, pp. 31-32.

Voir aussi : LES 6 SUPER-NEUROTRANSMETTEURS DE VOTRE CERVEAU

LA SÉROTONINE

Dépression et troubles du sommeil : le rôle de la sérotonine

 

Par Solène Lassalle *

La dépression est le plus répandu des troubles de l’humeur en France. Les symptômes s’installent un à un : humeur maussade, crises de larmes souvent sans explication précise, remise en question quasi-permanente, tristesse constante, troubles du sommeil…
Dans cet article, on retiendra surtout le dernier critère : les troubles du sommeil.
En effet, ceux-ci sont essentiellement dus à un déficit en sérotonine.
La sérotonine est un neurotransmetteur sécrété à 80% par la muqueuse gastro-intestinale et 20% par les noyaux du raphé.

La sérotonine régule l’appétit, l’humeur, et la tendance à la dépression. Elle permet également de fabriquer la mélatonine. Cette dernière est produite dans la nuit et a un rôle de régulation dans l’horloge biologique.

La mélatonine est sécrétée par l’épiphyse (ou glande pinéale), elle-même responsable de l’ensemble du cycle veille/sommeil alors que la sérotonine participe spécifiquement à l’éveil, à l’initiation du sommeil ainsi qu’au "sommeil paradoxal".

Ainsi, dans le cadre du traitement d’une dépression, il convient d’augmenter la production de sérotonine. Pour cela, plusieurs moyens sont possibles.

Il faut savoir que la production de sérotonine est favorisée par un acide aminé, appelé Tryptophane.

On va donc agir sur la production de sérotonine par son intermédiaire.

1. Faire du sport : car l’activité physique augmente la production de tryptophane
2. S’exposer au soleil, car il permet la synthèse de vitamine D au niveau intestinal, et favorise ainsi la production naturelle de sérotonine.
3. La phytothérapie : la griffonia simplicifolia est une plante riche en tryptophane, pouvant être utilisée en complément alimentaire.
4. Sûrement le point le plus important : l’alimentation.
-> Oeufs, dinde, légumes secs (lentilles), morue, parmesan, persil, soja, graines de courge, car ces aliments sont riches en tryptophane.
-> Les acides gras de la famille des omega3 facilitent l’action de la sérotonine au niveau cellulaire : huile de colza, soja, noix, poissons gras (sardines, maquereau, saumon).
En action rapide, les aliments riches en sucres rapides élèvent le niveau de sérotonine : sucreries, sucre, pain…

Les vitamines B3, B6, et le magnésium interviennent dans la synthèse de sérotonine :
- Aliments riches en vit. B3 : foie de boeuf, poulet, flétan, arachide, porc, saumon, dinde et thon
- Aliments riches en vit. B6 : foie, hareng, saumon, noix, riz brun, levure
- Aliments riches en magnésium : ciboulette, son de blé, chocolat, céleri, café, sarrasin
Ces aliments sont à consommer de préférence en fin de journée.

En ostéopathie, on peut aussi travailler en profondeur sur les structures responsables de la production de sérotonine : compression du 4e ventricule, stimulation de l’épiphyse, travail viscéral…
Si vous ressentez un ou plusieurs des symptômes décrits plus haut, n’hésitez pas à en parler autour de vous, à un professionnel de santé, à votre ostéopathe. Ils pourront vous donner des conseils sur la démarche à effectuer pour mettre en place un traitement efficace.

* Ostéopathe : voir son site.

 

Griffonia simplicifolia

 

Source Wikipedia

 

Griffonia simplicifolia

 

Griffonia simplicifolia (syn. Bandeiraea simplicifolia Benth.) est un arbrisseau plante grimpante natif de l'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale. Il fait environ 3 m de haut, et porte des fleurs vertes qui donne des cosses noires.


Constituants chimiques

Les graines de la plante
sont utilisées comme supplément pour leur contenu en 5-Hydroxytryptophane (5-HTP). Le 5-Hydroxytryptophane est un composé important du corps humain précurseur de la sérotonine.
La sérotonine joue un rôle important dans le corps comme neurotransmetteur transportant les signaux entre les neurones du système nerveux.
Griffonia simplicifolia contient aussi une lectine légume appelée GS Isolectin B4, qui se lie aux résidus alpha-D-galactosyl des polysaccharides et glycoprotéines.

Synonymes botanique pour la plante : Schotia simplicifolia (Vahl ex DC) Baill.

Voir aussi, WikiPhyto

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Rôle incertain et controversé de la sérotonine

Sérotonine et sommeil : une histoire inachevée

Par Michel Jouvet

«Le rôle de la sérotonine, ou 5-hydroxytryptamine (5-HT), dans le contrôle du sommeil et des états de vigilance reste incertain et controversé..

Voir l'article au format pdf : Médecine/sciences, 1995, 11, pp. 886-93.

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La sérotonine plutôt responsable du sommeil lent

par Eliane Mittelman, publié le3 octobre 2003

in Le Monde du Yoga

Extrait :

[…] L’hypothèse la plus séduisante émise – et un temps vérifiée – par Jouvet est celle de l’omnipotence de la sérotonine, substance du groupe des catécholamines, dont on avait découvert en 1953 la présence dans le cerveau (et plus particulièrement dans le tronc cérébral), et soupçonné l’impact psychique étant donné son «antagonisme» avec le L.S.D..

Connue d’abord comme hormone, la sérotonine fait donc l’objet de nombreuses manipulations destinées à mettre en évidence son rôle déterminant dans le déclenchement du "sommeil paradoxal" [état de rêve], auquel on cherche désespérément une cause neuronale, après en avoir déterminé la localisation.

D’autres substances endogènes (réserpine, atropine), faisant fonction de «neurotransmetteurs» sont testées par la même occasion. Or – malheureusement pour Jouvet, heureusement pour le mystère du rêve – la sérotonine s’avère être plutôt responsable du sommeil lent, puis démontre, en une ultime expérience, qu’elle n’est en rien nécessaire au sommeil.

L’équipe lyonnaise, décontenancée, en est réduite à abandonner la trop séduisante hypothèse, tout en poursuivant (autour des peptides, entre autres) ses recherches biochimiques et pharmacologiques.

On s’explique mieux ainsi comment les chercheurs les plus honnêtes en sont arrivés, par étapes, à avouer leur perplexité devant le phénomène du rêve, abandonnant à quelques naïfs entêtés les affirmations péremptoires qu’à leurs débuts ils émettaient aussi. […]

 

 

BIOCHIMIE DE L'ENDORMISSEMENT

LA MÉLATONINE

Mélatonine : un somnifère naturel

 

Publié par Nutra News, 12/11/2013


L'Union Européenne a enfin autorisé un produit naturel qui aide à mieux dormir : la mélatonine.

Si vous me demandez mon avis, les personnes qui ont interdit cette substance naturelle pendant tant d'années, sans aucun argument scientifique, alors que les troubles du sommeil touchent 25 à 40 % de la population, ont commis une grave faute à l'encontre de leurs concitoyens.

A la limite, un avocat un peu malin pourrait les poursuivre pour avoir :
1. Intoxiqué des millions de personnes en les obligeant à recourir aux somnifères chimiques, les benzodiazépines, qui sont de véritables poisons, alors que la mélatonine est naturelle et sans danger;
2. Contribué à vider les caisses d'assurance-maladie par leur bêtise (ou leur corruption ?) : la mélatonine est très bon marché et n'est couverte par aucun brevet, contrairement aux somnifères industriels ; elle coûte donc nettement moins cher ;
3. Privé les populations d'une substance naturelle et sans danger, qui a bien d'autres effets positifs pour la santé.
Mais soyons positifs, et revenons aux bienfaits que vous pouvez désormais tirer de la mélatonine :
Un moyen efficace contre l'insomnie

Dès que la lumière du jour faiblit, votre glande pinéale, qui se trouve dans votre cerveau, commence à secréter de la mélatonine. Cette substance, qui est une hormone naturelle, prépare votre organisme au sommeil et au repos.

En effet, la glande pinéale est reliée directement aux nerfs optiques : elle est en prise directe avec la lumière. C'est pourquoi la mélatonine est connue comme l'hormone qui règle votre horloge biologique, aussi appelé rythme veille-sommeil ou rythme circadien. C'est la raison pour laquelle les personnes aveugles ont souvent du mal à dormir.

Tous les organismes vivants sans exception possèdent de la mélatonine : animaux, plantes, algues, bactéries, etc. Cela leur permet de s'adapter au jour et à la nuit, mais aussi aux saisons.

Selon les chercheurs, la mélatonine serait liée à l'apparition de la vie sur terre, et une des plus anciennes molécules restée inchangée depuis l'aube de l'humanité.

Or, de nombreux facteurs très présents dans la vie moderne ralentissent ou bloquent la production de la mélatonine : lumière électrique, médicaments, ondes électromagnétiques.

Prendre un peu de mélatonine le soir avant se coucher peut donc aider les personnes insomniaques à retrouver un sommeil réparateur et de qualité. Mais avant de vous dire comment, examinons d'abord ces facteurs anti-mélatonine, car c'est d'abord en vous protégeant contre eux que vous pourrez améliorer votre sommeil :


Les médicaments

De tous les moyens connus pour détruire les réserves naturelles de mélatonine, si l'on exclut le tabac et l'alcool, c'est sans doute la consommation régulière de certains médicaments qui est la plus redoutable et, en particulier, des somnifères et des anxiolytiques, couramment prescrits par les médecins pour améliorer le sommeil !

Ceci est particulièrement choquant quand on sait que, bien qu'il soit déconseillé d'avoir recours à ces médicaments pendant plus d'un mois, une personne sur cinq (22 % de la population française) le fait malgré tout.

Plus inquiétant encore, ces médicaments sont de plus en plus consommés par les jeunes : 6 % des moins de 25 ans déclarent prendre ces médicaments.

Enfin, presque la moitié (49 %) des plus de 75 ans en prend de manière régulière, alors que cette famille de médicaments est suspectée de favoriser certaines maladies du système nerveux comme l'Alzheimer !

On marche sur la tête.

Et malheureusement, somnifères et anxiolytiques ne sont pas, de loin, les seuls médicaments à détruire la mélatonine. C'est aussi le cas de l'aspirine, de l'ibuprofène, des bêtabloquants, des antagonistes du calcium, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, en tout 75 médicaments avec plus de 120 substances différentes qui sont consommés régulièrement par des millions de personnes dans le monde.

Les bêtabloquants en particulier sont si efficaces contre la mélatonine que les chercheurs les utilisent en laboratoire pour annuler la production de mélatonine chez les animaux, pour les expériences. Ce sont des médicaments très couramment prescrits pour la tension artérielle et certaines arythmies cardiaques (Propranolol).

Les patients qui en prennent ne doivent pas s'étonner d'avoir des insomnies. Une dose inférieure de moitié à la posologie habituelle suffit à stopper la sécrétion de la mélatonine chez l'homme, a démontré en 1992 le Dr G.M. Braun.

Les champs électromagnétiques font aussi chuter les taux de mélatonine. Si l'on applique des champs magnétiques sur la tête de rongeurs, non seulement leur taux de mélatonine chute de près de 50 %, mais ces champs entrainent un dysfonctionnement de la glande pinéale, qui sécrète la mélatonine. Or, si vous vivez dans une ville moderne, votre organisme est probablement ceinturé d'ondes électromagnétiques de différentes sources : téléphones portables, radios, antennes relais, appareils électriques. Notre corps ne sait pas faire la différence entre les champs énergétiques naturels et les champs artificiels. Cette pollution invisible affecte directement la mélatonine, ce qui pourrait expliquer pourquoi les troubles du sommeil sont une épidémie en constante augmentation dans les pays industrialisés.

Une personne sur cinq en France présente une insomnie chronique accompagnée d'une fatigue ou d'une somnolence excessive dans la journée.

Les soucis de la vie, le stress, le mode de vie, l'hygiène de vie, le travail, etc. ne seraient donc pas les seules explications.


Qui peut en prendre et pourquoi ?

La mélatonine pourrait surtout vous aider si vous :
• vous endormez tard dans la soirée et vous réveillez trop tôt ;
• vous réveillez souvent la nuit et somnolez ou faites des siestes la journée ;
• avez du mal à vous endormir.
• travaillez en horaires décalés (infirmière, pilote de ligne, etc.)
Prendre une supplémentation de mélatonine n'affecte pas la sécrétion naturelle par la glande pinéale, ni court, ni à moyen, ni à long terme. Cela veut dire qu'il n'y a pas de phénomène d'accoutumance.

Un avantage déterminant de la mélatonine c'est qu'elle n'affecte pas la mémoire ni les fonctions cognitives contrairement aux médicaments de la classe des somnifères et anxiolytiques.

La mélatonine est une substance particulièrement efficace pour les personnes qui, passé 45 ans, ont un sommeil de mauvaise qualité, des réveils multiples.

Décalage horaire

Plusieurs études montrent que la mélatonine atténue considérablement les symptômes provoqués par le décalage horaire. Elle permet non seulement de s'endormir plus rapidement une fois sur place, mais surtout d'adapter son rythme biologique à l'heure locale. En réglant ainsi l'horloge interne, elle réduit de moitié le nombre de jours durant lesquels on souffre habituellement du décalage horaire.
C'est pourquoi elle est très largement utilisée par les pilotes et hôtesses de l'air.


Quelle dose prendre ?

Pour dormir, une petite dose de mélatonine est plus efficace qu'une grosse. L'effet intervient dès 1 mg/j, à prendre une demi-heure avant de se coucher.

Si vous prenez plus de 2 mg/j, l'effet est encore plus efficace sur le sommeil mais il peut entraîner quelques somnolences le lendemain matin. Vous pouvez tester différents dosages pour déterminer vous-mêmes votre tolérance.


Toxicité

La mélatonine est considérée par les autorités comme un produit très sûr. Depuis le 16 mai 2012, il est même autorisé aux sociétés vendant de la mélatonine d'indiquer sur l'emballage qu'elle "contribue à atténuer les effets du décalage horaire", et à "réduire le temps d'endormissement." (Règlement (UE) n°432/2012 de la commission).

Quand on sait la difficulté avec laquelle Bruxelles autorise ce type d'allégations thérapeutiques aux produits naturels en vente libre, c'est une reconnaissance très solide pour la mélatonine.

Toutefois, ne jamais prendre de mélatonine sans surveillance médicale en cas de cancer ou d'épilepsie. Si vous souhaitez bénéficier des effets de la mélatonine en accompagnement d'une chimiothérapie, faites-le uniquement en accord avec votre médecin.

 

La mélatonine : une hormone efficace pour soigner les troubles du sommeil

par Catherine Viot

Topsante.com, 9/9/2013

 

Depuis les années 80, la mélatonine fait parler d’elle pour ses effets sur le sommeil et le «jet lag» dû au décalage horaire. Le point sur les bienfaits de cette hormone, que l’on trouve désormais sous forme de médicament et de complément alimentaire.

Qu’est-ce que la mélatonine ?

La mélatonine est une hormone sécrétée par une petite glande du cerveau, la glande pinéale, à partir de la tombée de la nuit. On la trouve aussi à l’état naturel, mais en faible quantité, dans de nombreux aliments : tomates, riz, pommes de terre… *

À quoi sert la mélatonine ?

En signalant à l’organisme qu’il fait nuit, elle «ouvre la porte du sommeil» : elle exerce un effet sédatif (calmant) et facilite la baisse de la température du corps. Dans certaines situations (exposition à la lumière artificielle, décalage horaire…), la sécrétion de mélatonine peut être contrariée et on a alors du mal à trouver le sommeil. Sa production diminue aussi avec l’âge.

La mélatonine est utilisée pour prévenir le «Jet lag» [décalage horaire]

La mélatonine est surtout intéressante lors des déplacements vers l’est. Par exemple, pour six heures de décalage horaire de New York à Paris :
- Prendre 1 à 3 mg le jour du départ, vers 16 heures, heure locale, pour se caler sur l’heure française.
- Continuer les quatre ou cinq jours qui suivent, vers 22-23 heures, avant le coucher. Au-delà de sept heures de décalage, ne pas prendre la mélatonine.

* Voir Mélatonine, Wikipedia.

Les noix et les noisettes sont une source importante de mélatonine facilement absorbée par l'organisme. La consommation de noix entraîne une multiplication par trois des taux sanguins de mélatonine "chez les rats" [sic].

La mélatonine se retrouve également dans le maïs, les tomates et les pommes de terre, mais en quantités nettement inférieures. La teneur en mélatonine de plusieurs aliments serait encore très mal connue.

En raison de la multitude de composés bénéfiques que contiennent les noix, leur consommation est nettement préférable à la prise de suppléments de mélatonine : selon ces chercheurs subventionnés par la Commission californienne des noix (California Walnut Commission).

Réf. : Reiter RJ, Manchester LC, Tan DX. «Melatonin in walnuts : Influence on levels of melatonin and total antioxidant capacity of blood»,Nutrition. 2005, Sept, 21 (9) : 920-4.

 

LES AVIS DES HYNOLOGUES

La mélatonine

par Michel Billiard *

«C'est l'hormone produite par la glande pinéale. La sécrétion de la mélatonine augmente aussitôt après le début de l'obscurité, est à son maximum entre 2 et 4 heures du matin, puis diminue progressivement pendant la seconde partie de la nuit. Sa fonction première est de contrôler le rythme circadien et de l'entraîner selon le cycle lumière/obscurité de 24 heures : effet chronobiotique.

Mais elle a en plus un effet hypnotique modéré.

Chez certains sujets âgés la glande pinéale se calcifie et la sécrétion de mélatonine peut alors diminuer. Si une insomnie apparaît alors, une supplémentation en mélatonine peut avoir un effet bénéfique sur le sommeil.

Il faut toutefois savoir que les risques éventuels de la prescription de mélatonine à long terme sont mal connus. Il est possible que la mélatonine ait une action sur la presion artérielle chez certains sujets.

De rares cas de désorientation, de nausés, de dyspnée ont été rapportés.

De plus la mélatonine n'est pas commercialisée en France (1), et la qualité des préparations obtenue à l'étranger est inégale. Il faut se méfier des achats sur Internet car les prodit vendus ne bénéficient d'aucun contrôle pharmacoloqique. Il est vraisemblable que des médicaments agissant comme la mélatonine, des agoniste de la méltonine, soient un jour sur le marché.»

* in Le Guide du sommeil - Comment bien dormir, éd. Odile Jacob, 2007, pp. 151-152.

Note RR (17/1/2015)

1. En France, la mélatonine est en vente uniquement sur ordonnance dans les pharmacies mais elle n'est pas remboursable. Cette molécule est toutefois inscrite sur la liste I des substances vénéneuses depuis le 7 avril 2009, jusqu'en octobre 2011 où son inscription passe à la liste II. Malgré ces mesures législatives, elle se trouverait encore commercialisée hors officine en 2014. (source Wikipedia).

 

La mélatonine

 

Par William C. Dement *

 

«Au début des années 1990, certains de mes collègues se sont demandé s'ils pouvaient utiliser une hormone, la mélatonine, comme remède aux troubles du sommeil. Ils ont donc entrepris une expérimentation sur des animaux de laboratoire pour en déterminer les effets secondaires ou la toxicité. Satisfaits des résultats, ils ont demandé à la branche de la Food and Drug Adminisrrarion (FDA) chargée des médicaments l'autorisation de pratiquer des tests sur l'homme. La FDA leur a refusé cette autorisation et demandé de poursuivre plus avant l'expérimentation animale. Peu de temps après, dans la plus pure tradition bureaucratique, où la main droite ignore ce que fait la main gauche, la branche de la FDA chargée de l'alimentation autorisait la vente de la mélatonine comme complément alimentaire

En tant que «substance naturelle», la mélatonine fut donc offerte aux consommateurs sans aucun test préalable. Un tapage publicitaire orchestré par l'édition et la presse encouragea le public à en consommer, non seulement pour mieux dormir mais aussi pour s'assurer santé, bonheur, longévité et virilité — sans que ces affirmations, considérées par certains d'entre nous comme parfaitement ridicules, aient jamais reçu la moindre validation scientifique. Ainsi commença, sans contrôle et sans réglementation, l'une des plus importantes expérimentations jamais entreprise sur l'homme.

Ce que nous savons de la mélatonine, c'est qu'elle est sécrétée par la glande pinéale (située dans le cerveau) et qu'elle prévient l'organisme que la nuit est tombée. Chez l'homme, cette information incite l'organisme à se préparer à dormir; chez les animaux nocturnes, comme le rat, elle indique qu'il est temps de se réveiller. Les longues nuits d'hiver induisent des taux de mélatonine plus élevés dans le corps, et les courtes nuits d'été des taux plus réduits. Chez les mammifères non humains, les variations du taux de mélatonine régulent des comportements tels que l'hibernation, l'activité sexuelle et la production d'hormones sexuelles. Dans la mesure où les humains sont sexuellement actifs en toute saison, la mélatonine semble n'avoir aucun effet sur ces cycles. Pourtant, au moment de la puberté, c'est un changement du taux de mélatonine qui déclenche le développement sexuel.

En provoquant le sommeil, la mélatonine joue le rôle inverse de la lumière. À très faible dose (jusqu'à 0,5 milligramme pour l'adulte), elle peut donc décaler l'horloge biologique. Le taux de mélatonine augmente naturellement juste avant l'endormissement, et des comprimés de cette hormone peuvent avoir le même effet. La mélatonine affectera plus sûrement la phase de l'horloge biologique si elle est prise au moment du changement de luminosité. Par exemple, si vous n'arriviez pas à dormir avant 1 heure du matin, vous y réussirez peut-être en prenant un comprimé de mélatonine juste après le coucher du soleil. Autrement dit, prise le soir, la mélatonine fait avancer l'horloge biologique (plus tôt couché, plus tôt levé), alors que prise le matin elle retarde l'horloge (tard levé, tard couché).

Mais la mélatonine peut avoir un effet constrictif sur les vaisseaux sanguins et à ce titre elle risque d'être dangereuse pour les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires. Les biologistes ont aussi observé des effets sur le sperme et les ovules humains. La mélatonine pourrait avoir sur les cycles de reproduction humains des effets analogues à ceux constatés sur la reproduction des autres mammifères.

Quand des patients me demandent s'ils peuvent essayer la mélatonine, je leur rappelle que les additifs alimentaires sont moins purifiés et moins bien dosés que les médicaments, et qu'il reste beaucoup de recherches à faire quant à son action sur l'homme. Toutefois, puisque cette substance semble réussir à certains, je ne décourage pas les patients intéressés de l'essayer, à faibles doses, en cas d'insomnie passagère ou pour rattraper un décalage horaire. Elle peut aussi aider les travailleurs de nuit à mieux dormir pendant la journée, et les aveugles peuvent s'en servir pour synchroniser leur horloge biologique à la place de la lumière

 

* In William C. Dement et Christopher Vaughan, Avoir un bon sommeil, éd. Odile Jacob, 2000, pp. 162-163 (Fonds Oniros n° 1426).

 

L'imbroglio de la vente de la mélatonine

La mélatonine encore en vente libre malgré l'interdiction !


Par Damien Mascret

LE FIGARO - 26/6/2014 - Depuis février, cette molécule ne devrait plus être délivrée que sur ordonnance.
Aujourd'hui, rien de plus facile que d'aller sur Internet, dans une pharmacie ou un magasin de produits bio pour acheter de la mélatonine, cette hormone qui agit contre les troubles du sommeil. Pourtant, il s'agit bien d'un médicament qui, théoriquement, ne devrait être accessible que sur prescription médicale. «Nous avons saisi la DGCCRF pour que des contrôles soient effectués, explique-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, la mélatonine est un produit qui ne peut être délivré que dans les pharmacies et sur prescription. La vente de mélatonine est interdite dans tous les autres lieux, notamment les grandes surfaces.»
Il y a trois ans, le ministère de la Santé avait pris un arrêté pour le rappeler à tous les acteurs de la santé : «Est classé sur la liste II des substances vénéneuses (potentiellement dangereuses pour la santé, NDLR) le produit suivant sous toutes ses formes : mélatonine.»
Colère des industriels qui en commercialisent sous forme de compléments alimentaires, à faible dose. L'affaire fut donc été portée devant le Conseil d'État par cinq industriels.
Les sociétés Natural Distribution, Vitamins, Noria Distribution, l'Institut de recherche biologique et les laboratoires Arkopharma pensaient avoir trouvé un allié de poids pour contrecarrer le ministère de la Santé français: l'Europe. En effet, le 16 mai 2012, l'Union européenne avait édicté un règlement récapitulant les allégations santé pouvant porter sur des denrées alimentaires.

«Une substance présentant pour la santé des risques directs ou indirects»

Dans la soixantaine de produits pouvant alléguer un bienfait pour la santé - essentiellement des vitamines et des minéraux - se glissait une hormone, la mélatonine. Dès lors, une denrée alimentaire contenant au moins 0,5 mg par portion pouvait prétendre «contribuer à atténuer les effets du décalage horaire», et même «réduire le temps d'endormissement» si elle contenait 1 mg par portion.
C'est la position adoptée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). «La dose qui doit faire considérer la mélatonine comme médicament est de 2 mg», explique au Figaro le Pr Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l'Anses.
Ce n'est pourtant pas l'avis du Conseil d'État, qui confirmait, dans une décision rendue le 26 février 2014, le bien-fondé du ministre de la Santé «en estimant que la mélatonine devait être regardée comme une substance présentant pour la santé des risques directs ou indirects».

«L'absorption de mélatonine peut aboutir à des effets indésirables graves»

Ce n'est pas non plus l'avis de l'Agence du médicament (ANSM). Pour la Direction des affaires juridiques et réglementaires de l'ANSM, la situation de la mélatonine est désormais très claire: «D'une façon générale, tout produit contenant une substance inscrite sur les listes des substances vénéneuses définies à l'article L.5132-6 du Code de la santé publique est soumis aux conditions de la réglementation des substances vénéneuses, en particulier pour ce qui concerne les modalités de prescription et de délivrance des produits en contenant.» La mélatonine est classée sur la liste II de substances vénéneuses par arrêté du 23 septembre 2011. Elle est donc désormais soumise à ces dispositions particulières «quelle que soit la forme sous laquelle elle est présentée», donc quelle que soit la dose sous laquelle elle est vendue.
Plus inquiétant peut-être, la juridiction administrative constatait qu'il ressort «notamment des extraits de la base nationale de pharmacovigilance produits par le ministre, que l'absorption de mélatonine peut aboutir à des effets indésirables graves».
Cela suffira-t-il à activer les contrôles de la DGCCRF ? À moins qu'il ne s'agisse pas d'une priorité ?

La mélatonine, une nouvelle arme contre l'insomnie ?


Marine Corniou


Créé le 25 mars 2009

Club Doctissimo

 

Désormais disponible en pharmacie en France, la mélatonine ou "hormone du sommeil" peut être proposée pour réduire l'insomnie chez les plus de 55 ans. Doctissimo fait le point sur ce médicament prometteur et ses conditions d'utilisation.

Insomnies, réveils multiples, difficultés à s'endormir... Les troubles du sommeil touchent entre 25 et 40 % des personnes de plus de 55 ans. Or le taux de mélatonine, l'hormone essentielle pour une bonne qualité du sommeil, a tendance à diminuer avec l'âge. Pour corriger ce déficit et aider à vaincre les insomnies, un médicament à base de mélatonine, le CIRCADIN® (laboratoire Lundbeck) est désormais disponible en France.

La mélatonine, l'hormone du sommeil

La mélatonine est une hormone produite naturellement par l'épiphyse (ou glande pinéale, au centre du cerveau) qui joue un rôle crucial dans le cycle veille-sommeil. En temps normal, elle est libérée dès la tombée de la nuit pour faciliter l'endormissement. La sécrétion atteint un pic entre 2 et 4 heures du matin puis diminue durant la seconde moitié de la nuit, pour préparer le réveil.

Chez les personnes âgées, la production de mélatonine est souvent insuffisante, ce qui peut entraîner des troubles du sommeil. Pour retrouver un sommeil réparateur, la prise de mélatonine, qui "resynchronise" l'horloge interne, peut alors être efficace.

Mieux dormir sans risque de dépendance ?

Le CIRCADIN®, premier médicament à base de mélatonine à être commercialisé en Europe, vient donc de faire son entrée dans nos pharmacies. En libérant la mélatonine progressivement, il mime sa sécrétion naturelle. Selon deux études scientifiques, il réduit, certes modestement, les troubles du sommeil des personnes âgées.

Mais le CIRCADIN® a de nombreux avantages, comparé aux somnifères classiques, à commencer par un faible risque d'effets secondaires. Il diminue le temps nécessaire pour s'endormir (latence d'endormissement) sans pour autant induire de somnolence le lendemain. De plus, il n'entraîne aucun risque de dépendance, contrairement à des médicaments utilisés en tant que somnifères comme les benzodiazépines.

Il est indiqué après 55 ans en cas d'insomnie "primaire", c'est-à-dire non expliquée par une maladie ni par une cause psychologique ou environnementale.

En pratique, CIRCADIN® doit être pris pendant 3 semaines, à raison d'un comprimé par jour (2 mg) 1 à 2 heures avant le coucher et après le repas. Il n'est pas remboursé à ce jour par la Sécurité sociale.

Pourquoi l'accès est-il restreint au plus de 55 ans ?

En vente libre dans de nombreux pays, la mélatonine est utilisée depuis plusieurs années contre les troubles du sommeil ou la fatigue liée au décalage horaire. Plusieurs études non confirmées lui ont aussi prêté des propriétés antivieillissement ou anticancéreuses, ce qui a suscité un fort engouement pour cette "hormone miracle". Vendue comme un produit "naturel", elle est présentée aux Etats-Unis comme un complément nutritionnel....

Pourtant, il s'agit bien d'un médicament dont les effets à long terme ne sont pas connus, ce qui explique les contrôles stricts liés à la commercialisation du CIRCADIN® en Europe. Son efficacité et son innocuité n'ayant pas été confirmées chez les moins de 55 ans, CIRCADIN® n'est disponible sur ordonnance qu'après cet âge, en particulier pour sa possible contribution à la diminution de la consommation de benzodiazépines en France. La Haute Autorité de Santé réévaluera ce médicament à l'aune de la consommation de benzodiazépines et des résultats complémentaires des études de suivi.

Si la mélatonine peut vous aider à mieux dormir, n'oubliez cependant pas les mesures d'hygiène de base pour éviter les insomnies : profitez de la lumière du jour en marchant quotidiennement, évitez les siestes après le repas ou devant la télévision, et limitez le café ou le thé dans l'après-midi et les excitants, quels qu'ils soient (jeux vidéo, caféine...), avant de vous coucher !

Sources :

Mayo Clinic. Drugs and supplements. Melatonin, consulté en ligne le 25 mars
Rapport européen public d'évaluation de CIRCADIN® (Emea), mai 2007
Haute Autorité de Santé, avis de la commission de la transparence, 10 décembre 2008

A PROPOS DE L'ADÉNOSINE

Source de l'article : Le cerveau à tous les niveaux !

 

Il semble que deux processus doivent se superposer correctement dans l’organisme pour que l’on puisse s’endormir.

Le premier est un rythme dit «circadien», c'est-à-dire réglé sur une période de 24 heures par notre horloge biologique, et qui orchestre la sécrétion cyclique de plusieurs hormones dont la mélatonine, impliquée dans le sommeil.

Le deuxième processus est l’accumulation de substances «hypnogènes» durant les 16 heures de la journée, substances qui induisent une envie de dormir ne disparaissant qu’avec le sommeil.

L’endormissement ne serait donc possible que lorsque, d’une part, votre horloge biologique a amené votre organisme dans une conformation hormonale favorable au sommeil, et d’autre part que cela fait un bon moment que vous n’avez pas dormi.

L’un de ces facteurs hypnogènes les plus étudiés est l’adénosine, une petite molécule qui agit comme neuromodulateur au niveau de très nombreuses synapses du cerveau. Depuis très longtemps, des antagonistes naturels des récepteurs de l’adénosine sont ingérés par l’être humain pour se garder éveillé plus longtemps. La caféine du café ou la théophylline du thé, qui sont deux de ces substances, sont bien connues pour leur effet stimulant.

C’est au début des années 1980 que la raison pour laquelle tant de gens boivent du café pour se réveiller devint évidente : la caféine, la substance psychoactive du café, empêche l’adénosine de se fixer sur certains neurones du cerveau.
C’est à partir de ce moment-là que l’adénosine a commencé à intéresser de plus en plus de neurobiologistes travaillant sur le sommeil.

Plusieurs expériences sur des animaux ont "éventuellement confirmé" [sic] un rôle certain pour l’adénosine dans le cycle veille/sommeil : le blocage de son action augmente le niveau de vigilance; l’injection d’un agoniste de l’adénosine induit le sommeil; la concentration d’adénosine augmente naturellement dans certaines régions du cerveau durant la journée et diminue durant la nuit; cette même concentration augmente si l’on force l’animal à rester éveillé durant la nuit; etc.

Ces expériences montrent donc que l’adénosine, avec la sérotonine et la mélatonine par exemple, est l’une des molécules dont la concentration dans le cerveau influence la venue du sommeil.

Mais comment, exactement, l’influence-t-elle ? Pendant l’éveil, l’activité neuronale augmente le taux d’adénosine. Par ailleurs, l’effet que produit l’adénosine sur un grand nombre de neurones est inhibiteur. Et parmi les neurones ainsi inhibés par l’adénosine figurent ceux qui sont les plus actifs durant la veille, soit les systèmes à noradrénaline, à acétylcholine et à sérotonine.

Des expériences ont par exemple démontré que lorsqu’on élève artificiellement le taux d’adénosine dans le télencéphale basal, ses neurones qui projettent sur l’ensemble du cortex produisent moins d’acétylcholine. Cela entraîne par conséquent un ralentissement de l’activité corticale et de la somnolence.

L’activité cérébrale synchronisée caractéristique du sommeil lent va alors pouvoir s’imposer et, au bout d’un certains temps de sommeil lent, les taux d’adénosine vont se mettre à décliner. L’activité des systèmes responsables de l’état de veille va pouvoir alors augmenter à nouveau, provoquant le réveil et le recommencement du cycle. Il s’agit là, à n’en pas douter, d’une rétroaction négative très bien huilée.

 

 

 

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