La famille des Saladin de Montmorillon

Partie 2

 

D'or, à l'aigle de gueules

In Armorial historique et archéologique du Nivernais, T. 2,
par le Cte Georges de Soultrait, pl. XXI

 

Les blasons des Montmorillon (de)

Source : euraldic.com (payante)

Après la description du blason figure le nom de l'auteur

 

• MONTMORILLON Bourbonnais, Nivernais
D'or à l'aigle de gueules. Rietstap (Europe)

• SALADIN DE MONTMORILLON Bourgogne
D'or, à une aigle le vol abaissé de gueules. (Livre 3). Rietstap-Rolland (Europe)

• MONTMORILLON (de) France
D'or, à l'aigle de gueules, Commarque (France)

• MONTMORILLON (DE) Hector-Antoine, sgr. de Chazolles, demeurant au diocèse de Nevers
D'or, à une aigle de gueules, les ailes étendues. Hozier (d') (France)

• MONTMORILLON (DE)
D'or, à l'aigle éployée de gueules. Dubuisson (France)

• MONTMORILLON Bourgogne (JM24383)
Ecartelé ; aux 1 & 4 d'or, à une aigle éployée de gueules ; aux à 2 & 3, d'azur, à une croix engrêlée d'argent, Jougla de Morenas (France)
. Grand armorial de France.

• MONTMORILLON François de, escuyer, sr. de Chasselot, cy-devant capitaine des grenadiers au régiment du Plessis Bellière et major de Montmélian. (Elect. de Versailles)
D'or à une aigle éployée de gueules couronnée de mesme 82. Meurgey (Alentour de Paris)

• MONTMORILLON (DE)
D'or, à l'aigle éployée de gueules, Paul (Velay)

• MONTMORILLON (DE) Originaire du Poitou, avec des branches, an Auvergne, Bourbonnais, Bourgogne, Nivernais
D'or, à l'aigle éployée de gueules. Tardieu (Auvergne)

• MONTMORILLON Réf: AT.: Tab. Nievre Inv.
Ec: -au 1-4: d'azur à la croix "endenchée" d'argent -au 2-3: d'or à l'aigle de gueules becquée et membrée de sable, Marchand (Bourgogne)


• MONTMORILLON Réf: NEB: AT.: RIET (BOURBONNAIS NIVERNAIS): ANI: CHE: IA p.477
D'or à l'aigle de gueules, Michel Marchand (Bourgogne)


• MONTMORILLON : XVIème Réf : Tableau. Saladin M. Chapelle du château de Vignes-le-Haut (commune NEUFFONTAINES).
D'or à l'aigle de gueules, Michel Marchand (Bourgogne)


• MONTMORILLON (DE) Louise, "mariée au Marquis de Folin, habitait Tournus en 1815" [?],
D'or, à l'aigle de gueules. (Alias: Ecartelé: aux 1 et 4, d'azur, à la croix endentée d'argent; aux 2 et 3, d'or, à l'aigle de gueules becquée et membrée de sable). Martin-Meurgey (Bourgogne)

Source probable dans l'ouvrage de Jean Martin et Jacques Meurgey : Armorial du pays de Tournus, édité par Laffitte Reprints (1978).


• MONTMORILLON (DE) Châtel-Montagne, feudataires du Forez, XIIIe
D'or, à l'aigle de gueules. Gras (Forez)


• CHATELPERRON-MONTMORILLON
Ecartelé d'or & de gueules ; au lambel de 5 pendants d'azur. Gras (Forez)

• MONTMORILLON (DE)
d'or, à l'aigle éployée de gueules, Sornay (Nivernay)

• MONTMORILLON (DE)
d'azur, à la croix engreslée d'argent, Sornay (Nivernay)

• MONTMORILLON (DE) Châtellenie de Monceau-le-Comte, de Metz-le-Comte, Seigneurs de Vésigneux, de Breuny, Comtes et Marquis de Montmorillon
D'or, à l'aigle de gueules, Soultrait (Nivernais)


• MONTMORILLON (DE) Louise, héritière de la branche nivernaise femme du comte de Bourbon-Busset en 1600.
Ecartelé : aux 1 & 4, d'azur, à la croix engreslée d'argent ; aux 2 & 3, d'or, à l'aigle de gueules, becquée et membrée de sable, Soultrait (Nivernais).

Source : Georges de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais, Michot, 1879, Tome 2, p. 99. 2 vol. fig. et pl. in-4 (ouvrage numérisé disponible sur Gallica).

Saladin de Montmorillon, seigneur de Bazoches et de Vésigneux, baron de Saint-Martin-du-Puy, etc., et Jacqueline de Vésigneux, sa femme, sont représentés de chaque côté d’un crucifix sur un tableau dans la chapelle du château de Vignes (commune de Neuffontaines); Saladin, en costume militaire du XVIe siècle, porte une cotte d’armes semée d’aigles; il est assisté de saint Jean-Baptiste; sa femme est accompagnée de saint Jacques-le-Majeur.
L’écu de Louise de Montmorillon, héritière de la branche nivernaise de sa famille, femme du comte de Bourbon-Busset, est ainsi peint sur un aveu de 1600, mentionné par Marolles : Ecartelé : aux 1 et 4 d’azur, à la croix engrêlée d’argent; et aux 2 et 3 d’or, à l’aigle de gueules, becquée et membrée de sable. Il est probable que cette écartelure était propre à la branche nivernaise; peut-être était-elle au blason de la famille de Vésigneux éteinte au XVIe siècle dans les Montmorillon en la personne de Jacqueline, femme de Saladin. Un fragment généalogique sur cette famille se trouve dans le Dictionnaire de la noblesse.


• MONTMORILLON (DE) Illustre famille originaire du Poitou, Bernard, surnommé Quatre-Barbes, fin du Xe siècle
D'or à l'aigle éployée de gueules. Arbaumont (Bourgogne)


• SALADIN DE MONTMORILLON François, écuyer seigneur d'Essenles
D'or, à une aigle, le vol abaissé de gueules, (Tome II ; Autun) Bouchot (Dijon).

 

Note de Roger Ripert

M. Marchand fait bien référence au blason des Montmorillon figurant sur le tableau de la chapelle castrale de Vignes-le-Haut. Comme indiqué par l'auteur (janvier 2011), son manuscrit a été déposé à la Bibliothèque municipale de Dijon.

Blasons de Bourgogne tirés des armoriaux locaux, généraux et manuscrits par Michel Marchand, de 1975 à 2001. Ce travail est en cours d'augmentation par le relevé des sceaux armoriés, pierres tombales et de nombreuses références données par l'héraldique de terrain (tableaux, vitraux, sculptures, bornes, orfèvrerie, etc.)

MAISON DE MONTMORILLON

DE MONTMORILLON, seigneurs de Vésigneux, de Breugny, de Chalaux, du Meix-Richard, de Dun, de La Chaux, de Gouloux, de Villette, de Bazoches, du Mont-de-Marigny, du Bouchet, de Mazignien, d'Athée, d'Urbigny, de Ville-Urbain, de Saint-Martin-du-Puy ; comtes et marquis de Montmorillon. Originaires du Bourbonnais, Bourgogne et Nivernais.

Châtellenies de Monceaux-le-Comte et de Metz-le-Comte.

Alliance : de Vésigneux, de Chastellux, de L'Hôpital- Saint-Mesme, de Bourbon-Busset, de La Perrière, etc.

D'or, à l'aigle de gueules. — P1. XXI.

Marolles. — Noms féodaux. — Guill. Revel. — Archives de l'Allier. — Nobiliaire d'Auvergne. — Dictionnaire de la noblesse. — Armorial du Bourbonnais. — La Noblesse aux Etats de Bourgogne.

Les ouvrages généalogiques donnent pour berceau à cette famille la ville de Montmorillon en Poitou ; nous ne savons sur quelles preuves on peut appuyer cette origine. Ce qui est positif, c'est que les Montmorillon possédaient, aux XIIIe, XIVeet XVe siècles, des fiefs considérables dans les montagnes du Bourbonnais, entre autres le château de Montmorillon, dont les ruines, en partie du XIIIe siècle, en partie du XVe, sont fort imposantes, et la baronnie de Châtel-Montagne. Quelques membres de la famille qui nous occupe portèrent exclusivement le nom de Châtel-Montagne. Un sceau de Guy, sire de Châtel-Montagne, appendu à une charte de 1374 conservée aux archives de l'Allier, porte un écu à une aigle. Dans l'Armorial de Guillaume Revel, on trouve Loys de Montmorillon , dont l'écu est d'or, à l'aigle de gueules, avec ce cri de guerre : Chasteau de Montaigne !

Saladin de Montmorillon [Jean-Baptiste], seigneur de Bazoches et de Vésigneux, baron de Saint-Martin-du-Puy, etc., et Jacqueline de Vésigneux, sa femme, sont représentés de chaque côté d'un crucifix sur un tableau dans la chapelle du château de Vignes (commune de Neuffontaines); Saladin, en costume militaire du XVIe siècle, porte une cotte d'armes semée d'aigles; il est assisté de saint Jean-Baptiste; sa femme est accompagnée de saint Jacques-le-Majeur.

L'écu de Louise de Montmorillon, héritière de la branche nivernaise de sa famille, femme du comte de Bourbon-Busset, est ainsi peint sur un aveu de 1600, mentionné par Marolles :

Ecartelé : aux 1 et 4 d'azur, à la croix engrêlée d'argent ; et aux 2 et 3 d'or, à l'aigle de gueules, becquée et membrée de sable.

Il est probable que cette écartelure était propre à la branche nivernaise; peut-être était-elle au blason de la famille de Vésigneux éteinte au XVIe siècle dans les Montmorillon en la personne de Jacqueline, femme de Saladin.

Un fragment généalogique sur cette famille se trouve dans le Dictionnaire de la noblesse.

In Armorial historique et archéologique du Nivernais, T. 2, par le Cte Georges de Soultrait, pp. 98-99

(Fonds numérique BnF-Gallica : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31389110f).

Croix pattée des Croisés,
dite templière


Cette croix est gravée sur le contrefort d'angle sud-est de la chapelle du Mont Sabot

Une croix pattée est un type de croix dont les bras sont étroits au niveau du centre et larges à la périphérie.
Le nom vient du fait que les bras de la croix font penser à des pattes.

SALADIN

 

Salâh ad-Dîn (Saladin)

Source Wikipedia : Saladin

Saladin

Source inconnue

 

Broché: 768 pages
Editeur : Flammarion; Édition : édition revue et corrigée (9 novembre 2016)
Collection : COLL GRANDES BI

ISBN-13: 978-2081395121

 

Pour le monde arabo-musulman, Saladin est une figure mythique : de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants du XXe siècle qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire.
A Damas, son mausolée est aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s'est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l'islam et souverain d'un immense empire.
Par-dessus tout, il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaires chrétiens, notamment Richard Coeur de Lion, un sentiment proche de l'admiration.
Dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, Anne-Marie Eddé a voulu comprendre la formidable popularité qui fut celle de Saladin, une popularité à laquelle il veilla toujours de très près. Une propagande inlassable encensait le sultan, défenseur de l'islam, serviteur fidèle du calife de Bagdad, parangon de justice, magnanime et généreux envers ses sujets comme envers ses ennemis...
S'efforçant de faire la part de l'imaginaire et de la réalité, Anne-Marie Eddé replace le personnage dans l'époque tourmentée qui fut la sienne. Elle décrit l'ascension d'un homme doté d'un grand sens politique, qui parvint à étendre sa domination sur un territoire allant du Nil à l'Euphrate et du Yémen au nord de la Mésopotamie ; un homme authentiquement intéressé par la vie religieuse, soucieux d'appliquer la loi musulmane, sans concessions mais sans excès non plus, notamment à l'égard des communautés juives et chrétiennes qu'abritait son empire; un homme qui fut un guerrier infatigable, mais aussi un administrateur doué d'une prodigalité qui faisait le désespoir de ses proches. Un homme, enfin, qui montra autant de volonté dans la maladie, le deuil et les combats déçus que sur les chemins de la gloire.

Biographie de l'auteur
Anne-Marie Eddé est historienne, spécialiste du Moyen Age arabe. Après avoir dirigé l'institut de recherche et d'histoire des textes au sein du CNRS, elle est actuellement professeur d'histoire médiévale des pays d'Islam à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle est l'auteur de travaux portant sur la dynastie des Ayyoubides, fondée par Saladin, et sur l'histoire de la Syrie aux XIIe et XIIIe siècles.


Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, ou Saladin (Tikrit, 1138 ; Damas, 4 mars 1193) est le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Égypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260. Lui-même dirige l’Égypte de 1169 à 1193, Damas de 1174 à 1193 et Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nâsir, signifie «celui qui reçoit la victoire de Dieu» et Saladin signifie la «rectitude de la Foi». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les musulmans en 1187.

Pour mémoire, il est intéressant de noter l'existence, en 1429, d'un certain "Salahadin" (sans doute de la famille des Saladin de Montmorillon), mentionné dans un ouvrage consacré aux archives d'Avallon antérieures à 1790.

«1429 - Compte de Guillaume de Praelles- ... Payé à Colas Politie, envoyé au Vaul porter à messire Salahadin un message relatif au siège de Larrey, 4 bl.»

Série CC. 86 - Cahier in-quarto, de 38 feuillets.

Source : Inventaire analytique des archives d'Avallon antérieures à 1790, rédigé par M. L. Prot, Emile Odobé, impr. de la mairie, Avalllon, 1882 (fonds de la Société d'études d'Avallon). Voir les pages 85 et 86.

 

La légende des Saladin de Montmorillon

 

par Georges de Soultrait

«Comme plusieurs races de très anncienne noblesse, les Montmorillon ont une légende que voici :
un chevalier croisé de cette famille aurait été pris par le sultan Saladin * qui, plein d'admiration pour la brillante valeur de son prisonnier, l'aurait autorisé à aller dans son pays chercher la valeur de sa rançon, lui faisant jurer, sur sa foi de chevalier et de chrétien, qu'il reviendrait dans le cas où il n'aurait pu trouver la somme demandée pour sa liberté.
Le sire de Montmorillon n'ayant pas réussi, revint, fidèle à la foi [sa promesse] donnée, se remettre entre les mains de son vainqueur.
Le sultan, touché de cette loyauté, rendit au chevalier sa liberté et le combla de présents, lui demandant en retour la promesse que les aînés de sa race porteraient le prénom [surnom] de Saladin

In Epigraphie héraldique, Georges de Soultrait, p. 249.

Note RR : ce surnom de Saladin est à l'origine de bien des erreurs généalogiques dans la mesure où certains historiens ont omis de mentionner, outre le surnom, le prénom des différents Saladin de Montmorillon. La "légende" pourrait se rapporter à la troisième croisade (1187-1192), comme il est indiqué dans un article publié dans dans la revue "Mémoires de la société éduenne", nouvelle série, Tome 45, Autun, 1924, p. 252 (source Gallica).

* Malek-an-Nasr-Salah-Eddyn

 

LE TEMPS DES CROISADES EN MORVAN

du XI au XIII ème siècles


Les expéditions de l'Europe chrétienne vers les Lieux saints de Palestine s'étendent du XI au XIII ème siècles.
La première croisade permet la création du royaume de Jérusalem en 1099, la deuxième, est prêchée par saint Bernard.

En 1187, Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion et Frédéric Barberousse participent à la troisième croisade.
La quatrième croisade est détournée contre les chrétiens orthodoxes de l'Empire byzantin, avec le sac de Constantinople en 1204. Le roi saint Louis meurt pendant la dernière croisade en 1270


Au XIème siècle, les pèlerinages étaient l'un des principaux actes de dévotion des chrétiens. En 1095, fut prêchée la première croisade. Il s'agissait "d'arracher des mains des infidèles" le tombeau du Christ à Jérusalem. Ainsi, des seigneurs et chevaliers du Morvan s'engagèrent dans la conquête comme Seguin de Lormes ou Hugues de Chastellux. Mais cinquante ans plus tard, il fallut relancer la conquête.

Bernard, abbé de Clairvaux et fondateur de l'ordre cistercien, appelé par le roi de France, prêcha la seconde croisade à Vézelay en 1146. Son sermon réussit, non seulement à convaincre la noblesse jusque-là réticente, mais aussi toutes les autres couches de la société. Le Morvan se vida de ses hommes qui partirent en croisade pour 'sauver la croix du Christ'... Selon la légende, l'abbé, surpris par le nombre de fidèles prêts à se coudre la croix des croisés sur leurs vêtements, dut sacrifier les siens, pour fournir toute l'étoffe nécessaire.

En 1187, Jérusalem est reprise par les Sarrasins. Le roi de France, Philippe Auguste, et celui d'Angleterre, Richard Ier, se retrouvent à Vézelay avec de nombreux seigneurs pour partir à sa reconquête. La plupart des seigneurs morvandiaux s'impliquent dans cette troisième croisade qui ne dura que deux ans.

En 1198, le pape Innocent III décide une quatrième croisade. Partie en 1202, elle se termine par le sac de Constantinople par les croisés, sans s'être approchée davantage de son but. A nouveau et comme par tout le royaume, la noblesse morvandelle s'engage massivement.

Source : le site du Parc naturel régional du Morvan : La spirale du temps

La seconde croisade prêchée par Saint Bernard à Vézelay en 1146

Le 31 mars 1146, à Vézelay, Saint Bernard prêche la Deuxième Croisade, en présence du roi de France Louis VII et de la reine Aliénor d’Aquitaine.
C’est l’occasion qu’attendait le monarque pour s’investir dans cette mission divine qui lui donnera, il en est sûr, la rédemption de toutes ses infractions aux commandements de Dieu.

 

Louis VII dit le Jeune

Louis VII prenant le Croix et Aliénor d'Aquitaine (son épouse)

Source des illustrations : Jean-Marie Borghino

Source : https://www.youtube.com/watch?v=CO4K4CVUnx0

Inscription figurant au-dessus de la porte de l'ancienne infirmerie à Vézelay

... de Louis VII

dit le Jeune

2ème croisade de 1146 [?]

St Bernard

Photo RR du 1/9/15

 

Aliénor d’Aquitaine, une reine puissante du XIIe siècle

Au XIIème siècle, un mariage entre l’héritier au trône de France et la duchesse d’Aquitaine allait avoir des conséquences importantes sur les rapports entre la couronne de France et d’Angleterre.

En 1137, Aliénor alors puissante duchesse d’Aquitaine et comtesse de Poitiers s’unit à Louis VII le Jeune, roi des Francs. Ce mariage, orchestré par Suger le proche conseiller du roi, apporte à la couronne des territoires conséquents et repousse ainsi les frontières du royaume capétien. Les premières années conjugales furent bonnes malgré des personnalités très opposées. Ce bonheur allait être de courte durée.

Reine de France et d’Angleterre

Louis VII a été élevé à l’abbaye de Saint Denis, n’étant pas destiné à régner, il se préparait à devenir clerc ou moine. De cette éducation, il allait conserver une empreinte monastique évidente qui fera dire plus tard à son épouse :

 

« J’ai parfois l’impression d’avoir épousé un moine ».

Le manque d’expérience, qui parfois frise le manque de compétence, fera commettre à Louis VII un certain nombre d’erreur comme la dispute avec l’influent Bernard de Clairvaux ou avec Thibaut de Champagne. Mais ce manque d’habileté politique allait être compensé par sa capacité à savoir s’entourer de personnages éminents. Il faudra la clairvoyance de son fidèle conseiller l’abbé Suger pour contenir et arranger ses maladresses.

La piété de Louis VII était évidente mais elle allait prendre un tournant en 1143. Alors en guerre en Champagne contre Thibaut de Champagne, les troupes royales incendièrent une église emplie de la population locale innocente. Marqué et bouleversé par ce drame, la personnalité de Louis VII devient sombre voire mystique. Il lui fallait expier ses fautes, il se décida alors de se croiser. Les époux royaux prirent la route vers Antioche, la seconde croisade débuta en 1147.

A leur retour en France, les premiers reproches entre les époux commencèrent. Le bonheur conjugale des débuts s’effrita. Aliénor, lui reprocha son austérité, son ascétisme, Louis, lui reprocha de l’avoir entraîné dans des guerres inutiles, de n’avoir pas été indifférente à quelques seigneurs locaux lorsqu’ils étaient en croisade et surtout de ne lui avoir donné aucun héritier mâle.

Brouillés, Aliénor d’Aquitaine et Louis VII veulent se séparer. Son conseiller Suger et le pape Eugène III usèrent de leur influence pour empêcher cette désunion. Les conséquences politiques en seraient désastreuses. A la mort de Suger en 1151, plus rien n’empêcha la séparation, un prétexte de parenté trop proche fut trouvé pour justifier l’annulation du mariage.

Louis se remaria et engendra le futur Philippe Auguste qui allait remettre de l’ordre dans la maison capétienne et Aliénor épousa Henri Plantagenêt futur roi d’Angleterre. Cette femme réussit la prouesse de devenir reine à deux reprises.

Cette séparation allait avoir des conséquences politiques désastreuses, certains y voient même l’élément déclencheur dans la rivalité entre les rois de France et d’Angleterre.

 

 

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Richard Cœur de Lion (à gauche) contre Saladin (à droite)

Source Wikipedia

 

La 3ème croisade contre Saladin : 1189 à 1192

 

La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s'acheva en 1192, est une série d’expéditions menées par Frédéric Barberousse, empereur germanique, Philippe Auguste, roi de France et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, dans le but de reprendre Jérusalem et la Terre sainte à Saladin.

Cette croisade a permis la reprise d’un certain nombre de ports de Terre sainte, mais n’a pas permis la reconquête de l’hinterland palestinien, ni la reprise de Jérusalem. Cependant, la libre circulation à Jérusalem fut autorisée aux pèlerins et marchands chrétiens. Voir Wikipedia.

«Les premiers hôtes de marque qui passèrent à Bazoches à cette époque [fin du XIIe siècle] furent le roi Philippe Auguste et son cousin Richard Coeur de Lion, lorsque quittant Vézelay où venait d'être prêchée la troisième croisade et guidés par le Comte de Chastellux, seigneur de la région, ils se dirigeaient vers la terre sainte. L'empereur [Frederic] Barberousse s'arrêta également à Bazoches.» *

* Extrait du Guide du château de Bazoches-du-Morvan rédigé et publié par Arnaud de Sigalas, p. 4. Cahier de 34 pages, non daté. Propriété de Jean-Claude Hernando.

 

 

 

http://www.richardcoeurdelion.fr/richard_aquitain.html

 

Richard et la 3ème Croisade

Source : Les Monts de Châlus

 

La Troisième Croisade fut l’un des évènements marquant de la vie de Richard Cœur de Lion, et l’un de ses faits guerriers les plus connus. Elle marqua le début de son règne, et contribua durablement, ainsi que la capture qui s’ensuivit, à forger le mythe de Richard Cœur de Lion

 

Un trajet semé d’embuches



Jérusalem, qui était aux mains des croisés depuis presque un siècle, avait été reprise en 1188 par les musulmans commandés par Saladin, un puissant « prince » et chef militaire. La troisième croisade, dont le but était de reprendre la ville sainte, fut donc prêchée partout en Europe. Les plus grands monarques de leur temps, Henri II puis Richard, Philippe Auguste et Frédéric Barberousse, empereur germanique, jurèrent tous de prendre la croix.

Richard et Philippe partirent ensemble de Vézelay le 4 Juillet 1190 vers la Terre Sainte. Les deux rois arrivèrent à Messine, en Sicile. Un conflit éclata alors entre Richard et le roi de Sicile Tancrède de Leucce qui avait usurpé le trône et emprisonné Jeanne, sœur de Richard, et veuve du précédent roi de Sicile. Suite à des exactions perpétrées par les troupes croisées, les habitants de Messine se révoltèrent. Richard en profita pour prendre la ville le 4 Octobre 1190. Cela lui permit d’imposer un traité à Tancrède qui stipulait la libération de la reine Jeanne. Richard et Philippe reconnurent Tancrède comme roi de Sicile, à condition qu’il désigne Arthur, duc de Bretagne et neveu de Richard, comme héritier. Par la suite, les tensions s’accrurent entre Richard et le roi de France. Philippe Auguste quitta la Sicile pour la Terre Sainte juste avant l’arrivée d’Aliénor d’Aquitaine qui amena avec elle Bérangère de Navarre, promise de Richard. L’amitié entre les deux rois fut alors définitivement rompue car le mariage entre Richard et une sœur de Philippe prévu auparavant était définitivement annulé.

 

Dispute entre Richard et Philippe à Messine (Guillaume de Tyr, Historia, XIIIème siècle, BNF).

 

Dispute entre Richard et Philippe à Messine




Les armées croisées reprirent leur lent périple. Philippe Auguste prit de l’avance alors que Richard fut contraint de s’arrêter à Rhodes en Avril 1191 afin d’éviter une tempête. En Mai, il repartit mais une autre tempête provoqua l’échouage de plusieurs de ses navires sur la côte de l’île de Chypre. Là, Richard entra en conflit avec Isaac Doukas Comnène, qui dirigeait l’île après s’être affranchi de la domination byzantine. Richard s’empara de l’île en Mai 1191. Le mariage avec Bérangère de Navarre eut lieu à Limassol le 12 Mai 1191.

La conquête de Chypre par Richard Cœur de Lion eut plusieurs conséquences sur la situation des Etats Latins d’Orient. L’île fut ainsi très utile pour le ravitaillement des Royaumes chrétiens de Terre Sainte. Elle servit également de refuge aux barons chrétiens, lorsque leurs possessions en Orient furent définitivement prises par les musulmans au cours du XIIIème siècle. Mais la présence de Chypre a également poussé les barons chrétiens syriens à se désintéresser de leurs possessions sur le continent et à se réfugier sur l’île, ce qui accéléra la déliquescence des derniers Etats Latins d’Orient.

 

Richard Cœur de Lion et Guy de Lusignan ( Boccace, De Casibus , XVème siècle, BNF).

 

Richard Cœur de Lion et Guy de Lusignan




Ces évènements eurent d’autres conséquences plus immédiates. Richard accueillit Guy de Lusignan, ancien roi de Jérusalem tombé en disgrâce et rejeté par les barons francs de Terre Sainte qui lui préféraient Conrad de Montferrat, héroïque défenseur de Tyr. Alors que Philippe apportait son soutien à Conrad, Richard décida de soutenir Guy, en tant que seigneur d’origine aquitaine et en remerciement de son aide lors de la conquête de Chypre. Cette affaire aggrava encore les dissensions entre le roi d’Angleterre et le roi de France.

 

Richard Cœur de Lion massacrant les prisonniers d’Acre
(Sébastien Mamerot, passages outre mer, XVème siècle, BNF).

 

Richard seul à la tête de la croisade



Le roi de France tomba malade pendant le siège d’Acre. Richard récoltait pour lui toute la gloire. Courroucé, Philippe décida de repartir dans son royaume après la prise de la ville. Il ne laissa qu’un petit contingent sous les ordres du duc de Bourgogne. Richard se retrouva donc seul à la tête de la croisade. Il parvint à instaurer parmi les chevaliers turbulents une certaine discipline, vertu que ne possédaient pas les armées médiévales de l’époque.

Avant de poursuivre sa route, Richard ternit sa réputation en ordonnant le massacre des défenseurs de Saint Jean d’Acre, parce que Saladin faisait trainer le paiement de la rançon, et notamment la restitution de la Vraie Croix, relique sacrée pour les Chrétiens prise pendant la bataille d’Hattin. Cet acte rompit tout contact diplomatique. Il renforça la soif de vengeance des musulmans qui ne montrèrent plus aucune pitié envers leurs propres prisonniers.

Richard passa à l’offensive. Il mit en œuvre tous ses talents de stratège et de combattant. Il mena l’armée croisée vers le Sud, accompagné par les ordres religieux militaire des Hospitaliers, et ce qu’il restait des Templiers, décimés pendant la bataille d’Hattin quatre ans auparavant. Les croisés longèrent la côte. Ils ne s’encombrèrent pas de bagages et la flotte assurait leur ravitaillement. Ainsi, lourdement protégés, les chevaliers de l’armée purent résister au harcèlement des troupes de Saladin.

Les troupes musulmanes étaient extrêmement mobiles et connaissaient mieux le terrain. En revanche, elles étaient bien moins lourdement armées que les croisés, en grande partie composés de chevaliers équipés de cottes de mailles, de casques et de boucliers. Cependant, les cavaliers turcs de Saladin mirent en œuvre une tactique qui surprit énormément les premiers croisés. Celle-ci consistait à harceler les troupes chrétiennes de flèches puis de simuler une fuite visant à leur tendre un piège en les incitant à les suivre. En masse compacte, disciplinés et bien protégés, les croisés ne connurent que peu de pertes et repoussèrent chaque assaut sans toutefois tomber dans les pièges tendus par les cavaliers musulmans. Les Chrétiens purent ainsi descendre la côte palestinienne et menacer les villes d’Ascalon et de Jaffa.

 

 

 

 

 

Saladin, héros des croisades

 

Source : http://www.site-du-jour.com/index.html

 

Celui qui deviendra le héros des seconde et troisième croisades voit le jour à Takrit, en Mésopotamie, en l'an 1137. D'origine Kurde, Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, dit Saladin, ne commence sa vie politique que vers l'âge de trente ans, alors qu'il accompagne, vers 1167, l'un de ses oncles, Shirkuh (?-1169), appelé par le souverain turc de Syrie Nur ad-Din (v.1117-1174), pour une mission en Égypte. Son oncle décède deux ans plus tard, lui laissant la place de vizir, ce qui donne au jeune Saladin un nouveau pouvoir qu'il va employer à la réalisation de ses projets personnels, contre toute attente, et contre la volonté du prince Nur ad-Din surtout.

Intelligent, stratégique et débordant de ressources malgré son inexpérience, Saladin crée des alliances provisoires qui vont le mener de victoire en victoire, lui permettant de repousser les occupants occidentaux, résolu à chasser par tous les moyens cet envahisseur. En 1171, il a la finesse d'esprit de supprimer le califat fatimide et se proclame sultan d'Égypte, ralliant désormais les chi'ites et les sunnites du pays à une même cause. En 1174, après avoir soumis l'Arabie méridionale et annoncé son indépendance définitive du califat abbasside auquel appartenait Nur ad-Din, mort la même année, Saladin entreprend la conquête de la Syrie. Il entre victorieux à Damas et devient régent du pays.

Multipliant les avancées et les triomphes, les armées de Saladin gagnent en réputation. Par ailleurs, privilégiant une politique d'alliances avantageuses, le sultan s'engage dans une trêve avec les Francs en 1180, puis conclut un traité avec Byzance l'année suivante. Cependant, Saladin se frotte à un brigand franc qui ne respecte aucun accord et qui attaque les caravanes de pèlerins se rendant à La Mecque. Ce franc, Renaud de Châtillon (1120-1187) suscite la colère du sultan, avec raison, et cristallise en quelque sorte les désirs de vengeance de Saladin à l'égard des Occidentaux. Saladin, héros des croisades

Dès 1183, Saladin, gardant en suspens les attaques du fourbe de Châtillon, termine l'unification de la Syrie en s'emparant d'Alep. Entre temps, ses troupes ayant affaibli les positions franques à plusieurs endroits, notamment lors des défaites de Beaudoin IV le Lépreux (1161-1185), roi de Jérusalem, dans la forêt de Panéas ou encore lors de la raclée que subissent les Francs à la bataille de Marj Ayoun, toutes deux en 1179, Saladin a pratiquement encerclé les Occidentaux. Mais comme Saladin a conclu une trêve avec le comte Raimond III de Tripoli (v.1140-1187), on tente de part et d'autre de respecter une paix toute relative.

Beaudoin IV meurt (1186), suivit un an plus tard par Beaudoin V, un enfant de dix ans. Le trône de Jérusalem, vacant, ira à Guy de Lusignan (1159-1194). Ce dernier tente de faire respecter en Galilée les mêmes ententes qui figurent à la trêve entre Saladin et Raimond III. Mais Renaud de Châtillon, qui n'a jamais cessé de se comporter en brigand, attaque et pille une nouvelle caravane en 1187, dans laquelle se trouve cette fois la sœur du sultan. Sommé de réparer cet affront, de Châtillon refuse et de Lusignan reste impuissant à le faire obéir. Saladin conçoit dès lors une haine qui ne trouvera apaisement que dans l'extermination des Francs et la mise à mort de Renaud de Châtillon.

La célèbre victoire des armées de Saladin sur les forces chrétiennes à Hattin scelle le destin des Occidentaux à court terme, notamment celui de Renaud de Châtillon. Saladin le fait prisonnier avec Guy de Lusignan et quelques autres chefs de guerre, dont des templiers. Les Croisés, affamés et assoiffés, n'ont pu que s'effondrer sous les coups précis des soldats de Saladin. Alors qu'il se retrouve enfin face à ses pires ennemis, le sultan offre à boire à Lusignan, Châtillon reste privé d'eau. Ce geste tout simple indique à Renaud de Châtillon que cette fois, il est allé beaucoup trop loin et que l'heure des comptes est arrivée. Saladin le fait exécuter sans honneur ainsi que les templiers et Hospitaliers capturés. Dorénavant, plus rien n'empêche Saladin de marcher sur Jérusalem et de reprendre la ville sainte à l'ennemi d'Occident. Le 2 octobre 1187, c'est chose faite : Jérusalem redevient possession des troupes islamiques, mais la nature honnête et intègre de Saladin permet aux chrétiens de quitter la ville avec leurs biens sans représailles de la part du sultan. De plus, s'il rend la mosquée de Al-Aqsa aux musulmans, il restitue également le Mur des Lamentations aux juifs et laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre. Chacune des religions se voit reconnue par cette mansuétude. Ce sont d'ailleurs ces gestes de générosité symbolique, tout à l'honneur de Saladin, qui feront énormément pour sa postérité. Désormais craint, mais respecté, Saladin devient le vrai héros des croisades.

Toutefois, l'Occident n'a pas encore dit son dernier mot. Le comté de Tripoli résiste toujours, la principauté d'Antioche aussi. Une autre grande ville refuse également de tomber aux mains des soldats de Saladin, défendue vaillamment par Conrad de Montferrat (v.1145-1192), du côté libanais : Tyr. Montferrat, sonne alors l'alerte afin que le pape réagisse et envoie des renforts. L'appel à la troisième croisade est lancé. Les plus grands princes d'Occident y répondent : l'empereur d'Allemagne Frédéric 1er Barberousse (1122-1190), le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion (1157-1199) et le roi français Philippe II Auguste (1165-1223).

Malgré la noyade inespérée du redoutable empereur allemand Frédéric Barberousse, Saladin ne parvient pas à maintenir un rythme de conquêtes acceptables contre la nouvelle coalition des armées françaises et anglaises : en 1191, il perd Saint-Jean-d'Acre aux mains des Croisés. Alors Richard Cœur de Lion, courageux et fin stratège, déjoue les pièges de Saladin et prend avantage sur lui à Arsouf. Cependant, Richard ne pousse pas plus loin cet avantage et engage des négociations avec Saladin. Il semble que Saladin éprouve une sorte d'empathie pour Richard, lui dépêchant son médecin personnel alors qu'il est malade, lui faisant également parvenir des chevaux lorsque le sien meurt… Les chroniqueurs affirment qu'en fait, une relation teintée de respect et d'admiration mutuels entre Saladin et Richard aurait tout simplement mené les deux hommes à statuer en termes de paix sur l'avenir de Jérusalem en 1192 : désormais la cité serait de confession musulmane, mais resterait ouverte aux chrétiens qui souhaitent y vivre.

C'est peu après le départ de Richard Cœur de Lion que le grand Saladin s'éteint dans la nuit du 3 au 4 mars 1193, à Damas. Par sa détermination et la noblesse de ses actes, Saladin a su convaincre les Occidentaux qu'il n'était pas qu'un ennemi, mais aussi un homme de grande valeur. Sa mémoire est aujourd'hui honorée par de magnifiques statues équestres (notamment à Damas et à Jérusalem), un somptueux mausolée à Damas, restauré en 1898 aux frais de l'empereur Guillaume II d'Allemagne afin de commémorer sa double victoire sur les Français et les Anglais, une province irakienne nommée Salah ad-Din et enfin par de nombreuses chroniques et poésies célébrant sa bravoure et la pureté de son cœur. Les véritables chevaliers de ces tristes croisades n'étaient peut-être pas ceux que l'on croyait…

 

 

 

 

 

The Life and Legend of the Sultan Saladin, de Jonathan Phillips, The Bodley Head, 2019..

  • Hardcover: 496 pages
  • Publisher: Bodley Head (25 April 2019)
  • Language: English
  • ISBN-10: 1847922147
  • ISBN-13: 978-1847922144

 

 

Saladin, l’unificateur

 

Youssouf ibn Ayyoubi, dit Salah ed-din (« rectitude de la foi ») ou Saladin, est né vers 1137 dans une famille kurde de Tikrit (dans l’Irak actuel), et a grandi dans un Moyen-Orient fragmenté en micro-émirats loyaux aux califes sunnites de Bagdad, miné par les rivalités entre les dynasties chiites d’Égypte et de Palestine, et occupé en partie par les premiers croisés.

 

À sa mort en 1193, le paysage n’était plus le même. Il avait unifié l’Égypte, la Syrie et la Mésopotamie, imposant au passage le sunnisme. Il avait également repris Jérusalem aux chrétiens et repoussé les assauts de la troisième croisade.

 

L’historien britannique Jonathan Phillips, spécialiste des croisades, lui consacre une nouvelle biographie. Non que ce sultan médiéval n’en compte pas déjà plusieurs, mais Phillips « explore de nouvelles thématiques et exploite de nombreuses sources arabes jusque là sous-utilisées voire totalement négligées, et qui ne sont pas le fruit de l’entourage de Saladin. Il s’agit entre autres d’écrits du médecin irakien Abd al-Latif al-Baghdadi, d’Ibn Abi Tayy, un admirateur du sultan, du chroniqueur du XVe siècle al-Maqrizi, et des poètes satiriques Ibn Unayn et al-Wahrani », précise l’historien Robert Irwin dans la Literary Review.

 

Surtout cet « excellent » ouvrage, estime le journaliste Jason Burke dans The Spectator, s’attache autant à l’homme qu’au mythe. Car, et c’est l’un des paradoxes soulevés par Phillips, le personnage est autant respecté en Orient qu’en Occident.

 

Au XIXe siècle, une recrudescence de récits à la gloire de Saladin accompagne les débuts du nationalisme arabe. Plus récemment, les islamistes en ont fait un de leurs héros. Oussama ben Laden glorifiait « son épée conquérante trempée dans le sang des infidèles ».

 

Les Européens, juste après la prise de Jérusalem, en 1187, le considèrent comme l’une des têtes de la bête de l’Apocalypse. Mais le temps faisant et face à l’ampleur de la défaite, il fallait que l’adversaire soit un opposant à la mesure, un souverain chevaleresque. Dans la Divine Comédie, Dante en fait l’un des trois musulmans à accéder aux limbes avec les médecins et philosophes Avicenne et Averroès. Voltaire l’encense et Walter Scott, dans un complet renversement de perspective, en fait un vrai prince, face à un Richard Cœur de Lion cruel et violent.

Amandine Meunier

Superbly researched and enormously entertaining .. one of the outstanding books of the year' The Times

An epic story of empire-building and bloody conflict, this ground-breaking biography of one of history’s most venerated military and religious heroes opens a window on the Islamic and Christian worlds’ complex relationship.

When Saladin recaptured Jerusalem from the Crusaders in 1187, returning the Holy City to Islamic rule for the first time in almost ninety years, he sent shockwaves throughout Christian Europe and the Muslim Near East that reverberate today.

It was the culmination of a supremely exciting life, fraught with challenges and contradictions but blessed occasionally with marvellous good fortune. Born into a significant Kurdish family in northern Iraq, Saladin shot to power in faraway Egypt thanks to the tutelage of his uncle. Over two decades, this warrior and diplomat fought under the banner of jihad, but at the same time worked tirelessly to build an immense dynastic empire that stretched from North Africa to Western Iraq. Gathering together a turbulent and diverse coalition he was able to capture Jerusalem, only to trigger the Third Crusade and face his greatest adversary, King Richard the Lionheart. 

Drawing on a rich blend of Arabic and European sources, this is a comprehensive account of both the man and the legend to which he gave birth, describing vividly the relentless action of his life and then tracing its aftermath through culture and politics all the way to the present day. It reveals the personal qualities that explain his enduring reputation as a man of faith, generosity, mercy and justice, even while showing him to be capable of mistakes, self-interest and cruelty. After Saladin’s death, it goes on to explain how in the West this Sunni Muslim became famed for his charm and chivalric virtue, while across much of the Islamic world he stands as one of history’s greatest heroes, an inspiration to be admired and emulated.

The Life and Legend of the Sultan Saladin shows how this one man’s life takes us beyond the crude stereotypes of the ‘Clash of Civilisations’ even while his legacy helps explain them: an intimate portrait of a towering figure of world history that is thrillingly relevant today.

 

 

 

 


The Life and Legend of the Sultan Saladin, de Jonathan Phillips, The Bodley Head, 2019..

 

 

 

 

Les chevaliers hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem

La commanderie des Templiers du Saulce à Island près de Vézelay (89)


La chapelle du Saulce d'Island dont la construction remonte vraisemblablement à la première moitié du XIIème siècle est le seul vestige que nous pouvons voir actuellement de la Commanderie des hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, bien que l'édifice d'origine modeste, ait été remplacé au XIIIème siècle.
La générosité des frères Templiers au Saulce d'Island permet la création d'une Commanderie, le Temple, ordre militaire et religieux fut fondé en 1118 et dissous en 1314.
Située dans un lieu de rayonnement intense de la foi, entre Avallon et Vézelay, la chapelle d'architecture gothique, située en pleine campagne est accessible par un chemin pierreux, mais attention il s'agit d'une propriété privée qui d'ailleurs est habitée par un couple qui l'a restaurée.
Il est possible de se garer et de prendre des photos de cet édifice de 24 mètres sur 8,50 mètres, qui présente trois travées carrées, et dont le chevet est plat.
Une tour d'angle abrite un escalier.
La sculpture sur le tympan du portail, représente une Vierge assise de face tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, aux pieds de laquelle s'agenouillent deux hommes barbus et seraient des frères du Temple.
En 1569 les Protestants brisèrent les vitraux et mirent le feu à la toiture.
A dater de l'époque de la révolution, ou avant, elle servira d'étable et de grenier à foin.
En 1926 elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des M.H et ensuite en 1960, elle sera classée Monument Historique.

Voir : Le Petit patrimoine

Note RR : Parmi les chevaliers de cette Commanderie de la Langue de France, il est mentionné un certain Saladin de Montmorillon, 1524-1525.

Voir : Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Oeuvres de l'abbé de Vertot, Histoire de Malte, tome 7, Paris, Lequien fils, libr., 1830, p. 191. Livre au format pdf téléchargeable via Google livres.

 

 

Photo par Guy Meysen

 

Château de Lucenier

et famille Saladin de Montmorillon

(autre branche bourguignonne des Saladin *)

 

Département Saône-et-Loire
Commune La Chapelle-au-Mans (71130)

Source Wikipedia



Le château de Lucenier est situé sur la commune de La Chapelle-au-Mans en Saône-et-Loire, dans un vallon verdoyant, en partie entouré par l'eau d'un étang.

Description
Vieille place forte du Moyen Age, Lucenier (autrefois appeler Lussinié) fut construite au cours du XIVe siècle et faisait partie de la défense du duc de Bourgogne. À cette époque, le duc de Bourgogne demandait à ses vassaux de construire des châteaux forts ou des maisons fortes pour protéger les frontières de son duché. La partie résidentielle est formée d'un corps de logis de plan complexe de la fin du XIVe siècle avec deux tours rondes et une aile ajoutée au xviiie siècle qui occupent l'angle oriental de l'enceinte. Le reste de la cour intérieure est fermé par des bâtiments agricoles modernes avec cependant, à l'ouest, l'ancienne poterne d'entrée convertie en habitation.

Le château est une propriété privée et ne se visite pas.

Historique
- Avant 1603 : Bertrand de Priezac est propriétaire de la terre et de la maison forte
- 1603 : il vend à Jehan de Montmorillon, seigneur d'Essanlé; cette famille conserve le domaine jusqu'à la Révolution
...
- François Saladin, comte de Montmorillon (1704 - 1778)
- Charles Louis François Saladin de Montmorillon (1756 - 1819), fils du précédent (voir ci-dessous)
- 1794 : Jean-Baptiste Perrot, maître des forges à Gueugnon achète la propriété début du XIXe siècle : l'ensemble est cédé à Hugues Desplaces
- 1829 : Léopold Saladin, marquis de Montmorillon (1789 - 1862), fils de Charles Louis François Saladin, rachète la demeure qui restera désormais propriété de la famille
- 1862 : Hector de Montmorillon (1831-1898)
- époque moderne : propriété du marquis de Montmorillon...

Le propriétaire actuel (2014) : Claude de Montmorillon.


* Voir Ranulf de Montmorillon et Gérard de Villeneuve, Essai généalogique, Lucinier (château de), 1984.

Bibliographie
Les forteresses du Val de Loire autunois, de P. LAHAYE (1973)

 

Extrait de la brochure Essai génalogique, p. 6

Par Ranulf de Montmorillon et Gérard de Villeneuve

 

La descendance de la branche aînée de Louis de Montmorillon

 

Document tranmis par M. Philippe Le Grontec, début mars 2016,

L'épouse de M. Le Grontec est Anne-Marie de Montmorillon, descendante d'Antoine de Montmorillon, branche cadette des Montmorillon subsistante. Son père était Ranulphe marquis de Montmorillon, auteur du document appelé « Essai généalogique sur la maison de Montmorillon » avec le concours de Gérard de Villeneuve.

Anne-Marie de Montmorillon

Devant le tableau de la chapelle et la grille du château de Vignes-le-haut

Photos R. Ripert du 1/9/2016

 

Au sujet du tableau

 

L'avis de M. Philippe Le Grontec (email du 3 mars 2016)


J’ai relu avec attention le texte du contrat de mariage de Saladin de Montmorillon et Jacqueline de Vésigneux.
Il apparait clairement (p. 2) que Charlotte de Montmorillon est bien la fille de Saladin et de Charlotte de Chastellux et que Christofle d’Igny est bien le fils de Jacqueline et de Philibert d’Igny. En bas de la p. 2 on trouve aussi François d’Igny frère de Christofle.
Par contre le nom d’Anlezy n’apparait pas. Cependant on voit à droite du tableau les hermines du blason Anlezy.

Aussi, à mon avis, pour les 4 enfants du tableau, je crois que :

A droite sont d’abord Charlotte de Montmorillon en blanc, puis Françoise d’Anlezy (hermines).
A gauche Christofle d’Igny et ensuite François de Montmorillon en blanc aussi, qui peut être le fils de Saladin et Charlotte de Chastellux, ou bien fils de Saladin et Jacqueline de Vésigneux.
Je ne crois pas que ce soit François d’Igny qui aurait changé de nom après ce mariage pour s’appeler François Saladin de Montmorillon. Seuls les actes de baptême nous renseigneront..

 

Réponse de Roger Ripert (email du 21/3/2016)


Pour ce qui est des hypothèses généalogiques concernant les enfants figurant sur le tableau, je pense qu'il faudrait faire des recherches complémentaires de documents sur les familles d'Igny et d'Anlezy (copie d'actes de mariage via les généalogistes de Geneanet : M. Patrick Deret, M. Michel de Monval, etc.) et, si possible, rencontrer M. Amaury de Segalas, qui possède sûrement des documents sur Charlotte de Chastellux, notamment.

Comme vous, je pense que le tableau date de 1930, avant le décès, en 1931, de Jean-Baptiste Saladin de Montmorillon.

Par contre, je pense que l'hypothèse selon laquelle Charlotte de Montmorillon serait la fille née du mariage de  Jean-Baptiste Saladin de Montmorillon avec Charlotte de Chastellux et non la fille adoptée pose un problème de concordance d'âge avec le tableau. En effet, le mariage ayant eut lieu "vers 1518", la naissance de Charlotte daterait de 1519 et, par conséquent, Charlotte aurait 11 ans sur le tableau, ce qui n'est manifestement pas le cas...

 

Montmorillon (Louis-François-Claude-Saladin, marquis de)

 

Montmorillon (Louis-François-Claude-Saladin, marquis de), chevalier, seigneur de Lucenier (2), né le 18 octobre 1756 de François-Saladin, capitaine au régiment de Royal-Vaisseau et de Marie-Sophie de France d'Anglure; ancien capitaine au régiment de Royal-Normandie-cavalerie, demeurant à la Chapelle-au-Mans et en dernier lieu à Saint-Amour (Jura) (2).

Il appartenait à une famille possessionnée en Charollais au XVI e siècle et dont la branche aînée s'était établie à Saint-Amour.

Son prénom de Saladin rappelait l'acte héroïque d'un de ses ancêtres. Fait prisonnier, au cours de la troisième croisade (1187-1192), par le sultan d'Egypte Malek-an-Nasr-Salah-Eddyn, vulgairement Saladin, ce Montmorillon avait été renvoyé en France pour y trouver de quoi payer sa rançon, mais avec engagement d'honneur, s'il n'y réussissait pas, de revenir se constituer prisonnier. C'est ce qui arriva. Emerveillé de cette fidélité à la parole donnée, le sultan lui rendit la liberté en lui demandant simplement de joindre à son prénom et à ceux de ses descendants le nom de Salah-Eddyn.

2. Commune de la Chapelle-au-Mans, canton de Gueugnon, arr. de Charolles.
3. Arr. de Lons-le-Saunier, Franc-Amour pendant le Révolution.

Source de l'article : Mémoires de la société éduéenne, Nouvelle série, Tome 45, pp. 252-253, Autun.

 

 

Bibliographie nobiliaire

 

- Villenaut (Adolphe de Mullot de), Nobiliaire de Nivernois. Familles de gentilshommes fixées en Nivernois et y étant en possession de la noblesse avant 1560, avec notices nivernaises de leurs alliances. Impr. de G. Vallière (Nevers), 1900, deuxième volume, pp. 370-674. [le 1er volume ne se trouve nul part ?!].
Catalogue Gallica : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb342093546
Voir le fichier pdf des pages se rapportant aux Montmorillon.

 

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